
Medical biology laboratories (MBLs) have been in the spotlight during the COVID-19 crisis. They play an essential role in diagnosis and research, yet they have been little studied in the humanities and social sciences literature. It seems important to highlight the organisation of work in this field, which, to our knowledge, has not yet been the subject of ergonomic studies. This is therefore exploratory research work that forms the starting point for a thesis in ergonomics. We combined observations and interviews in nine public hospital laboratories. We conducted a multi-level organisational analysis (macro, meso and micro), focusing on the sample collection process in order to understand the organisation and work of professionals in these laboratories, as well as their intra- and extra-hospital relationships. It appears that the organisation of medical laboratories is dynamic and complex, mirroring that of healthcare services, and that work influences organisation and vice versa. This study allows us to open up perspectives on the safety of operators in isolated, confined and hostile environments (ICE).
This article provides a methodological contribution to understanding the issue of time in ergonomics. To this end, we will first present some existing methods for diachronic analysis of activity and work systems (for example, research on ageing, regulations related to health issues, the design of work systems that are part of the agro-ecological transition, and the work of the Change Laboratory) and we will specify their particularities in relation to their intended purpose. We will then present the subject that was the focus of this research and which required us to develop an original method of analysis: the entrepreneurial activity of building craftsmen. This activity, which is currently non-covered in ergonomics, plays out over the long history of the company and is confronted with contingencies, both strokes of fate and opportunities, in the face of events and transformations of various kinds (regulatory, economic, human, environmental, etc.). We drew on the conceptual and methodological contributions developed by Pueyo (2020, 2022) to understand long-term changes in order to develop this original method, which we call the historicity chronicle method. This method was used with six craftsmen. The aim was to retrace, in the form of a timeline, the major events in the company's history at several levels, through the perception of its manager. The macro level of society and the sector of activity concerned the implications of socio-economic determinations in the history of the company. The meso level was that of the company's operations, addressed using the concept of productive configuration. We asked the craftsman to present the significant events of the history of his company, explaining whether the event had arisen on his own initiative or whether it had been unforeseen and suffered. The manager's micro-level consisted in establishing a link between the factual events in the company's history (at meso or macro level) and the craftsman's experience, his project, his work and working conditions, and his health. The results were processed in two stages: first, by presenting the finalized chronicles to an employee of the company in order to compare perspectives on the company's history, and then by conducting separate and comparative analyses of the chronicles. The chronicle of historicity provides a first contribution to the analysis of entrepreneurial activity in ergonomics. It has proven its relevance in analyzing such activity, but we have also identified that this method should be combined with synchronic analyses in order to enrich our understanding of the artisan's lived experience.
Dans le secteur de la fonderie, l’ébarbage consiste à enlever les défauts résiduels des pièces notamment à travers le meulage. Ce métier est concerné par la survenue de troubles musculosquelettiques (TMS). Dans le but de prévenir ces pathologies, des solutions de robotique collaborative se développent. Aujourd’hui, peu de travaux considèrent l’articulation des dimensions du geste professionnel comme une clé de compréhension de l’usage d’un cobot dans une visée de prévention des TMS. Nous considérons qu’un des enjeux de prévention des TMS lors de l’usage d’un cobot réside dans la compréhension du geste professionnel et la conception de milieu favorable à son développement. En ergonomie de l’activité, l’analyse du geste professionnel permet de considérer l’articulation des différentes dimensions – biomécanique, cognitive et psycho-sociale – du geste et sa réalisation dans la situation de travail. Dans une visée de prévention des TMS, l’objectif de cet article est de montrer comment les dimensions biomécanique, cognitive et psycho-sociale du geste professionnel s’articulent lors de l’usage du cobot. Le cobot étudié est un robot d’assistance physique sans contention manipulé par l’opérateur lors de l’activité de meulage. La méthodologie déployée dans ce travail concerne 5 ébarbeurs et mobilise des entretiens semi-directifs, des observations, des entretiens au poste de travail et des auto-confrontations individuelles. Cet article montre l’intérêt de l’analyse du geste professionnel pour comprendre les effets de l’usage d’un cobot et identifier les évolutions de la situation de travail à envisager dans une perspective de prévention des TMS.
Dans un environnement professionnel de plus en plus exigeant, la capacité de récupération après le travail est essentielle pour le bien-être des individus et la prévention des risques psychosociaux. Cet article propose une revue systématique et critique de la littérature afin de clarifier ce concept, présenter les outils de mesure disponibles et dégager des pistes de recherche futures. Cette « umbrella review », revue systématique de revues systématiques, a été menée selon la méthode PRISMA. La recherche documentaire, effectuée le 26 mai 2025 dans APA PsycINFO, PubMed/MEDLINE et Cairn, a permis d’identifier 10 articles répondant aux critères de sélection. La récupération est définie comme un processus visant à atténuer les tensions accumulées au travail, permettant un retour à un état de pré-contrainte. Deux cadres théoriques dominent : le modèle Effort-Récupération et la théorie de la Conservation des Ressources, soulignant le « paradoxe de la récupération » où les individus les plus stressés peinent à récupérer. Deux grandes approches sont distinguées : (1) activités de récupération versus expériences psychologiques (détachement, relaxation, maîtrise, contrôle) ; (2) récupération interne (pauses) versus externe (week-ends, vacances). Une récupération efficace améliore le bien-être, l’engagement, la santé mentale et la performance. Deux échelles principales sont identifiées : le Besoin de Récupération (diagnostic) et les Expériences de Récupération (autoévaluation). L’article propose de distinguer récupération (réduction du stress) et ressourcement (renouvellement proactif des ressources), dans une perspective enrichie par le modèle JD-R (Job Demands–Resources). Les recherches futures devraient approfondir la récupération interne, les déterminants organisationnels, les outils de mesure, et l’étude de populations spécifiques (entrepreneurs, métiers à fort stress). Il est essentiel d’encourager des pratiques organisationnelles favorables à la récupération, avec un rôle central des managers. Une approche intégrée et multiniveau de la récupération est essentielle pour promouvoir le bien-être et prévenir les risques psychosociaux au travail.
Considéré depuis l’Antiquité comme une vertu, le courage oppose sa force à l’adversité. De nombreuses disciplines scientifiques le reconnaissent comme une ressource pertinente pour le monde du travail actuel, lieu de multiples tensions. En psychologie, un nombre important d’écrits existent sur le courage au travail mais leur synthèse n’a pas encore été réalisée. Nous proposons une revue de littérature non exhaustive synthétisant les travaux sur le sujet dans le champ des sciences psychologiques qui questionne le construit de courage au travail. Nous nous référons à 27 écrits, réputés de qualité, de la langue française ou anglaise. La sélection des textes s’inspire de la méthode PRISMA (Page et al., 2021). Après la présentation des voies éthiques et ontologiques du courage au travail en psychologie, les questions suivantes, soulevées par ce panorama, sont discutées : (a) le développement du concept de courage au travail ; (b) l’hétérogénéité des fondements théoriques des études sélectionnées ; (c) l’hétérogénéité des perspectives d’analyse ; (d) la responsabilité d’agir au sein des organisations de travail en lien avec le courage au travail. Nous proposons également des pistes de réflexion sur la possibilité de développer le courage dans les milieux professionnels.