L’objet de cette etude est d’analyser les relations entre la migration et l’integration sociale. Notre analyse se propose d’etudier l’hypothese selon laquelle l’integration sociale des immigres differe essentiellement de celle des natifs en raison de la duree de residence dans le pays d’accueil, facteur qui constitue dans notre analyse un indicateur de la distance sociale des migrants aux natifs. Les determinants de la participation sociale et de la confiance interpersonnelle sont analyses au niveau individuel et institutionnel. A partir des donnees de l’enquete SHARE, completees par des series macroeconomiques, nous analysons dans un premier temps l’influence de la duree de residence dans le pays d’accueil des immigres sur les deux indicateurs d’integration sociale. Nous etudions ensuite le role joue par les caracteristiques institutionnelles sur les differences de vitesse d’integration entre les pays europeens (i.e. la probabilite d’un immigre d’etre integre selon sa duree de residence dans le pays d’accueil). Les resultats indiquent que la population immigree presente une plus faible probabilite que la population native de participer a des activites collectives et d’avoir confiance en autrui. Cependant, l’integration sociale des immigrees s’accroit avec la duree de residence dans le pays d’accueil mais l’analyse revele, par ailleurs, des differences de vitesse d’integration entre les pays europeens. Ces differences sont expliquees par les series macroeconomiques telles que le coefficient de GINI et l’indice de corruption. D’un point de vue des politiques publiques, nos resultats suggerent que l’integration sociale des immigres est plus rapide dans les societes caracterisees par un environnement social favorable, ou les niveaux d’inegalite de revenu et de corruption sont faibles.
Depuis deux décennies, les débats académiques vont croissant quant à la validité et à l’utilité des évaluations par assignation aléatoire dans le champ du développement. Cet article s’appuie notamment sur la parution récente par les auteurs d’un ouvrage de synthèse croisant les analyses des principaux protagonistes de cette controverse scientifique. Il souligne les principales lignes de force qui partagent tenants et détracteurs de la méthode expérimentale : divergences épistémologiques et méthodologiques, mais aussi sur la signification même du développement et la responsabilité éthique des chercheurs à l’égard des personnes qu’ils étudient. Classification JEL : A14, D04, C83, C93, O10