
Malgré la capacité des objets connectés en santé mobile à offrir aux patients une plus grande autonomie dans le suivi de leur santé et de leurs symptômes, leur adoption n’a pas encore atteint le même niveau que celle d’autres technologies portables, comme les smartphones. Il convient par conséquent d’étudier les motivations des consommateurs afin d’examiner leurs effets sur l’intention d’adoption des objets connectés en santé. La Théorie de l’Auto-Détermination (TAD) a été mobilisée pour examiner le rôle de la motivation intrinsèque, la motivation extrinsèque, l’amotivation ainsi que le risque perçu et l’innovativité spécifique à un domaine sur l’intention d’adoption de ces objets. Une étude quantitative a été menée sur un échantillon de 407 individus. Les résultats ont révélé que l’intention d’adoption des objets connectés en santé est influencée par la motivation intrinsèque autodéterminée, et introjectée ainsi que par l’innovativité spécifique à un domaine. Code JEL : M30, I12
Les technologies de santé numérique ont émergé pendant la pandémie de Covid-19 en tant qu’outils critiques, mais leur adoption demeure difficile. Cette recherche met en lumière plusieurs mécanismes nouveaux qui approfondissent la compréhension de l’adoption des technologies de santé dans un contexte de crise sanitaire. Elle examine comment ces facteurs influencent l’intention d’adopter l’application numérique de santé publique pendant la pandémie. Une étude empirique a été menée auprès de 817 participants durant l’hiver 2021, utilisant un modèle UTAUT2 enrichi par des variables spécifiques à la crise : évitement de la contamination, lieu de contrôle de la santé et résilience psychologique. Les résultats révèlent que l’habitude constitue le déterminant le plus fort, que l’évitement de la contamination et l’influence sociale renforcent significativement l’intention d’adoption ; l’âge influence ces relations : les jeunes adultes sont plus sensibles aux influences sociales, tandis que les personnes âgées privilégient l’utilité et la sécurité. Ils fournissent des orientations concrètes pour optimiser les stratégies de communication ciblées et renforcer la confiance citoyenne. JEL CODES: I0, O33
Les technologies 4.0 transforment profondément le secteur de la santé en réorganisant les pratiques médicales, l’accompagnement médico‑social et les parcours de santé. L’IA et ses usages numériques (téléconsultation, télésurveillance, objets connectés, chatbots, etc.) favoriseraient une médecine plus prédictive, personnalisée et participative, tout en renforçant l’autonomie des patients et la coordination entre professionnels. Ces innovations posent néanmoins des enjeux majeurs en matière de sécurité des patients, de performance des soins, d’éthique, de transparence algorithmique et d’acceptabilité sociale. Elles modifient les rôles des acteurs et nécessitent une gouvernance collaborative intégrant soignants, développeurs, institutions et patients. Le numéro thématique analyse ces transformations à travers cinq articles portant sur l’adoption d’objets connectés, l’usage de Tous Anti‑Covid, la co‑construction de Mon Espace Santé, l’expérimentation de la cyclologistique en milieu hospitalier et le co‑développement R&D en vaccinologie et bio‑informatique. Ensemble, ils éclairent les impacts organisationnels, managériaux et sociotechniques des technologies 4.0 en santé. Codes JEL : I1, I18, O3, O32
Face à l’optimisation croissante des flux hospitaliers et aux enjeux de durabilité, la cyclologistique apparaît comme une alternative prometteuse. Cette étude comble un vide en analysant ses freins, ses leviers d’adoption et ses implications systémiques, à la lumière de la théorie de Rogers et de la RSE, dans un centre hospitalier breton (CHB). Menée en deux phases, l’étude qualitative, fondée sur des entretiens semi-directifs et des observations sur site, a permis d’identifier des facteurs déterminants d’ordre individuel, organisationnel, ainsi que des éléments propres à l’innovation. Codes JEL : I1, I15, O3, Q56
L’Intelligence Artificielle occupe une place croissante dans les projets d’innovation en santé, tout en suscitant des jugements simultanément positifs et négatifs. La littérature analyse généralement cette ambivalence comme un obstacle à l’appropriation ou un problème à résoudre, via les notions de dilemmes, de paradoxes ou de tensions organisationnelles. Cet article propose un déplacement analytique en abordant l’ambivalence non plus seulement comme une expérience individuelle ou un frein à l’innovation, mais comme une dynamique susceptible d’être régulée par des dispositifs organisationnels. À partir d’une revue de littérature et l’étude de travaux empiriques récents, l’article identifie et analyse trois tensions récurrentes entre : surveillance et care , standardisation et personnalisation, et contraintes organisationnelles et autonomie professionnelle. Il montre que ces tensions peuvent devenir bénéfiques lorsqu’elles sont reconnues, organisées et soutenues par des dispositifs de gouvernance adaptés. L’article introduit ainsi le concept d’ambivalence constructive comme levier d’appropriation située de l’IA en santé. Codes JEL : I1, L2, O3
Après 20 ans d’échec, le Dossier médical partagé, a été généralisé en 2022 aux patients via la nouvelle plateforme Mon Espace Santé, lancée à travers une stratégie d’État Plateforme, et une volonté affichée de co-construire la politique du numérique en santé avec les acteurs du système de santé. Dans une perspective en économie politique de la santé et pluridisciplinaire, cet article porte un regard sur le processus et le résultat de la co-construction du service public avec les patients. L’enquête qualitative menée en souligne les tensions : si elle se veut démocratique, la co-construction participe à élaborer, dans le sillage des systèmes d’information en santé existants, un outil visant à améliorer la coordination des soins, et à réduire les dépenses de santé en responsabilisant davantage les patients. Résultat d’un compromis avec les autres acteurs du système de santé, la politique co-construite ne répond pas toujours aux attentes d’une démocratie sanitaire. Codes JEL : O350, I180
L’article analyse comment huit groupes biopharmaceutiques articulent la bio-informatique et la vaccinologie dans leurs processus de R&D à la veille de la crise de la COVID-19. Pour ce faire, deux lectures structurales sont utilisées : des graphes de citations pour retracer les interdépendances technologiques et des graphes de co-présences pour mesurer la cohérence interne des bases de connaissances de ces entreprises. La notion de co-développement constitue le cœur conceptuel, méthodologique et empirique de l’étude. Les résultats révèlent une forte hétérogénéité dans le choix des formes du co-développement technologique dans ces entreprises. La bio-informatique sert surtout d’input ponctuel pour plusieurs d’entre elles. Une boucle d’amélioration continue entre bio-informatique et vaccins n’apparaît que chez Sanofi. Cette entreprise est également la seule à inclure ces technologies dans la même communauté cohérente de brevets. Code JEL : O32, L65
Cet article analyse le processus de réforme tarifaire engagé par le concessionnaire du système hydraulique de la Neste (sud-ouest de la France), pour prendre en compte l’évolution de la ressource en eau, tout en garantissant son partage équitable et une couverture durable des coûts par les bénéficiaires. Ce processus a été accompagné par une équipe de chercheurs, en associant les parties prenantes, notamment les abonnés au service. Cette procédure innovante a permis d’identifier collégialement les principes sur lesquels cette réforme devait reposer, et de discuter des modalités tarifaires à privilégier. Mais le poids politique d’élus agricoles non représentatifs de la diversité des agriculteurs irrigants a réduit fortement les ambitions initiales, conduisant à une réforme tarifaire inachevée. L’analyse critique du processus permet d’identifier les facteurs à considérer dans l’élaboration de réformes tarifaires et questionne le rôle des chercheurs dans ce type d’innovation. Codes JEL : Q25, D24, D470, D420
La gestion de l’eau est devenue un enjeu majeur pour l’innovation, du fait de la pression anthropique croissante sur cette ressource, accentuée par le changement climatique. Elle constitue un domaine particulier d’innovation car l’eau est un bien commun, qui circule sur la planète, qui est nécessaire à la vie et à tous les secteurs économiques, et dont la gestion combine étroitement des dimensions technologiques, organisationnelles, institutionnelles et sociales. L’article précise ces enjeux et appelle à un renforcement des échanges entre « Water Studies » et « Innovation Studies », l’objectif qui a motivé le forum innovation 2023 « innover pour une gestion durable et concertée de l’eau ». Après une synthèse des fronts possibles de recherche entre ces deux communautés, l’article introduit les articles de ce numéro spécial d’ Innovations , en montrant leurs contributions complémentaires pour une analyse des innovations dans des situations contrastées de gestion de l’eau sur la planète. Codes JEL : O13, O30, Q15, Q25
Les données d’observation de la Terre reposant sur des méthodes de télédétection présentent un potentiel d’innovation pour la gestion de l’eau. Cet article explore le rôle des living labs comme dispositifs organisationnels permettant de relever plus ou moins efficacement ces défis, en s’appuyant sur l’étude d’un projet international salué lors de la COP26 : MOSIS. Ce dernier vise à utiliser la télédétection spatiale pour une gestion intégrée des ressources en eau du bassin versant du fleuve Sénégal, coordonnée par un living lab français en partenariat avec divers acteurs. Notre analyse qualitative, basée sur des entretiens avec les parties prenantes de MOSIS, révèle d’une part les difficultés liées à l’intégration des technologies d’observation de la Terre dans la gestion de l’eau, et d’autre part les pratiques adoptées par le living lab pour les surmonter. Malgré plusieurs obstacles, nos résultats mettent en évidence l’intérêt des living labs comme catalyseurs d’innovation dans la gestion de l’eau. Code JEL : M00
Les données d’observation de la Terre reposant sur des méthodes de télédétection présentent un potentiel d’innovation pour la gestion de l’eau. Cet article explore le rôle des living labs comme dispositifs organisationnels permettant de relever plus ou moins efficacement ces défis, en s’appuyant sur l’étude d’un projet international salué lors de la COP26 : MOSIS. Ce dernier vise à utiliser la télédétection spatiale pour une gestion intégrée des ressources en eau du bassin versant du fleuve Sénégal, coordonnée par un living lab français en partenariat avec divers acteurs. Notre analyse qualitative, basée sur des entretiens avec les parties prenantes de MOSIS, révèle d’une part les difficultés liées à l’intégration des technologies d’observation de la Terre dans la gestion de l’eau, et d’autre part les pratiques adoptées par le living lab pour les surmonter. Malgré plusieurs obstacles, nos résultats mettent en évidence l’intérêt des living labs comme catalyseurs d’innovation dans la gestion de l’eau. Code JEL : M00
Le suivi précis des niveaux dans les zones humides de marais est crucial pour concilier les activités agropastorales et la biodiversité et construire des stratégies de gestion hydraulique. Les innovations mobilisant des technologies à bas coût sont prometteuses pour équiper ces territoires qui nécessitent un réseau dense de points de mesure. L’article étudie un outil expérimenté sur deux marais du littoral atlantique. Utilisant des matériaux simples et une technologie d’acquisition de données géolocalisées, libre et ouverte, il offre un suivi en temps réel, facilement déployable, robuste et reproductible. Il est au cœur de la construction d’un plan de gestion embarquant un collectif représentatif des différents usages du marais et il constitue une opportunité d’instrumentation massive pour mieux comprendre les régimes hydriques sous-jacents aux fonctions des marais. L’analyse de cette innovation low cost et open source questionne plus largement les travaux sur l’innovation dans la gestion d’un bien commun comme l’eau. Codes JEL : Q550, Q570, Q250, Q280
La valorisation des eaux « usées » ou non conventionnelles (REUSE) est l’une des solutions envisagées afin de promouvoir l’économie circulaire de l’eau. L’accélération du changement climatique pousse en effet à envisager d’autres solutions que l’approvisionnement en ressources conventionnelles. L’article montre que les évolutions rapides de la législation peuvent jouer un rôle important dans la transition vers une gestion circulaire de l’eau. Cependant, le succès de cette transition dépend de nombreux facteurs comme la capacité de mise en œuvre effective des lois, l’investissement dans les infrastructures, l’engagement des parties prenantes ou la sensibilisation du public aux avantages de la gestion circulaire de l’eau. Après avoir rappelé les enjeux et le socle juridique encadrant la REUSE en France, les limites de cette pratique innovante sont présentées et discutées, appelant in fine à un changement de paradigme. Les fondements de ce que pourrait être ce nouveau paradigme et son socle juridique sont étudiés en s’interrogeant sur l’accompagnement législatif de ce type d’innovation. Codes JEL : K32, Q25, Q53, Q55
Cet article analyse le processus de réforme tarifaire engagé par le concessionnaire du système hydraulique de la Neste (sud-ouest de la France), pour prendre en compte l’évolution de la ressource en eau, tout en garantissant son partage équitable et une couverture durable des coûts par les bénéficiaires. Ce processus a été accompagné par une équipe de chercheurs, en associant les parties prenantes, notamment les abonnés au service. Cette procédure innovante a permis d’identifier collégialement les principes sur lesquels cette réforme devait reposer, et de discuter des modalités tarifaires à privilégier. Mais le poids politique d’élus agricoles non représentatifs de la diversité des agriculteurs irrigants a réduit fortement les ambitions initiales, conduisant à une réforme tarifaire inachevée. L’analyse critique du processus permet d’identifier les facteurs à considérer dans l’élaboration de réformes tarifaires et questionne le rôle des chercheurs dans ce type d’innovation. Codes JEL : Q25, D24, D470, D420
La démocratisation des IA génératives (IAg) soulève des questions sur leurs impacts sur les activités créatives des enseignants-chercheurs, qui mobilisent l’IAg pour créer du contenu, brainstormer, ou résoudre des problèmes. Cette intégration croissante représente un enjeu majeur dans la création, la formulation, et la sélection d’idées créatives et innovantes dans le domaine académique. Cet article mobilise une méthodologie qualitative exploratoire basée sur 22 entretiens semi-directifs avec des enseignants-chercheurs, une catégorie d’acteurs pour qui l’IAg s’avère essentielle, car elle peut influer sur leur créativité et permettre l’exploration de nouvelles méthodes pédagogiques, ou encore la réalisation de projets de recherche novateurs. Trois grands usages de l’IAg par les enseignants-chercheurs sont identifiés : assistant pour les tâches routinières, source d’inspiration pour la co-création, et accélérateur d’exploration des connaissances ; l’étude mettant aussi en lumière le choix délibéré de certains de ne pas recourir à l’IAg, souvent lié à une inquiétude pour leur créativité. Codes JEL : O33, I23, O31, L86, A29
Le suivi précis des niveaux dans les zones humides de marais est crucial pour concilier les activités agropastorales et la biodiversité et construire des stratégies de gestion hydraulique. Les innovations mobilisant des technologies à bas coût sont prometteuses pour équiper ces territoires qui nécessitent un réseau dense de points de mesure. L’article étudie un outil expérimenté sur deux marais du littoral atlantique. Utilisant des matériaux simples et une technologie d’acquisition de données géolocalisées, libre et ouverte, il offre un suivi en temps réel, facilement déployable, robuste et reproductible. Il est au cœur de la construction d’un plan de gestion embarquant un collectif représentatif des différents usages du marais et il constitue une opportunité d’instrumentation massive pour mieux comprendre les régimes hydriques sous-jacents aux fonctions des marais. L’analyse de cette innovation low cost et open source questionne plus largement les travaux sur l’innovation dans la gestion d’un bien commun comme l’eau. Codes JEL : Q550, Q570, Q250, Q280
Améliorer l’accès aux services « Eau, Assainissement, Hygiène » (EAH) renforce la sécurité des populations, avec des effets positifs aux échelles microéconomique (sortie de pauvreté et amélioration des conditions de vie) et macroéconomique (effet multiplicateur de l’investissement sur l’emploi). Cet article propose une approche holistique des impacts du secteur EAH sur la « sécurité humaine », en mettant en avant le concept de « Sécurité WASH ». Ce concept est d’abord explicité au regard de l’évolution du cadrage international des Nations Unies. Les facteurs de blocage à l’investissement et aux innovations dans le secteur EAH sont ensuite analysés à partir de la littérature et d’études en Afrique subsaharienne, questionnant les méthodes d’évaluation des projets EAH. L’Analyse Coût-Bénéfice (ACB) montre tout l’intérêt d’investir dans le secteur EAH en prenant en compte des externalités « non perçues » (sanitaires, éducatives, environnementales, etc.) souvent sous-estimées dans l’Analyse Financière (AF) ou l’Analyse Coût-Efficacité (ACE). Codes JEL : O13, O22, Q25, K32, H75