
La gastroenterite a eosinophiles est une pathologie rare, entrainant une infiltration par les polynucleaires eosinophiles des parois digestives. En fonction de la profondeur de l'atteinte parietale muqueuse, musculeuse ou sereuse, la symptomatologie clinique sera variable. Nous rapportons un cas de gastroenterite a eosinophiles avec stenose antropylorique predominante, traitee efficacement par corticoides. De presentation parfois trompeuse, la gastroenterite a eosinophiles est une entite a ne pas meconnaitre afin d'eviter des exereses abusives.
En rapportant six cas personnels de tumeurs phyllodes du sein, les auteurs engagent une discussion sur les caracteristiques cliniques et diagnostiques de ces tumeurs et leur traitement. Le diagnostic des tumeurs phyllodes est essentiellement clinique. Dans la plupart des cas, ni l'echographie, ni la mammographie, ni la cytologie ne permettent d'en realiser un diagnostic correct, car il est impossible d'identifier des criteres valables pour les differencier des autres affections du sein, en particulier des fibroadenomes. Bien que la chirurgie limitee ait enregistre une plus grande incidence de recidives locales par rapport a la mastectomie, l'exerese suffisamment large de la tumeur elle-meme represente son meilleur traitement. Enfin, le curage ganglionnaire axillaire apparait superflu dans le traitement des sarcomes phyllodes du sein.
L'evolution de certaines thyreotoxicoses associees a la prise d'amiodarone peut etre particulierement grave et rapide, menacant le pronostic vital. De declenchement brutal, sans relation avec la duree du traitement par amiodarone, elles peuvent survenir aussi bien chez des sujets porteurs de thyroidopathies meconnues ou negligees au moment de l'induction du traitement, que chez des patients apparemment indemnes de toute pathologie thyroidienne pre-existante. Le traitement medical conservateur est le plus souvent inefficace. Dans ces cas, il convient de poser sans hesitation, l'indication d'une thyroidectomie la plus radicale possible. Ce rapport traite de l'evolution post-operatoire spectaculaire et favorable de 13 cas consecutifs de thyreotoxicose severe associee a la prise d'amiodarone. La validite de l'approche chirurgicale repose sur la correction rapide et definitive de l'etat toxique apres exerese glandulaire. La morbidite quasi nulle liee au geste chirurgical est la seule alternative therapeutique antithyroidienne existante qui permette de poursuivre un traitement par amiodarone lorsque celui-ci est indique pour controler une arytmie menacante
Dans le but d'evaluer la tolerance au glucose et la secretion d'insuline dans la transplantation pancreatique nous avons effectue une epreuve d'hyperglycemie orale classique de cinq heures (HGPO) chez tous nos patients diabetiques de type 1 ayant beneficie d'une greffe combinee rein-pancreas (KPTx) un a deux mois apres l'intervention et une fois par an ensuite. Chez six patients pour lesquels nous possedons un recul de trois ans, les moyennes glycemiques et insuliniques 0 - 5 heures au cours de l'HGPO etaient de 112 ± 7 mg/dl et 33 ± 6 μU/ml un a deux mois apres la greffe. Exprimees en pourcentage de leurs valeurs de depart, les moyennes glycemiques au cours de l'HGPO sont restees pratiquement stables (103 ± 10 %, 93 ± 16% et 109 ± 10 % a 1, 2 et 3 ans) alors que les moyennes insulinemiques se sont significativement accrues (142 ± 34 %, 171 ± 44 % et 283 ± 39 % a 1, 2 et 3 ans). Les resultats des patients KPTx ont ete ensuite compares a ceux obtenus chez six patients non diabetiques greffes renaux apparies pour l'âge, la fonction renale, leur traitement immunosuppresseur et l'âge du greffon (KTx). Aucune difference significative n'a ete constatee entre les groupes KPTx et KTx pour la glycemie a jeun (82 ± 4 vs 81 ± 2 mg/dl), la moyenne glycemique pendant les 5 heures de l'HGPO (103 ± 8 vs 103 ± 9 mg/dl) ni l'HbAlc (4,9 ± 0,2 vs 5,1 ± 0,1 %). Par contre, par comparaison au groupe KTx, le groupe KPTx presente un hyperinsulinisme franc tant a l'etat de basal (14 ± 1 vs 9 ± 1 μU/ml ; p < 0,001) que pendant l'HGPO (74 ± 14 vs 27 ± 8 μU/ml/min ; p < 0,01). Les valeurs correspondantes de C-peptidemie etaient respectivement dans les groupes KPTx et KTx de 4,4 ± 0,7 vs 2,1 ± 0,4 ng/ml (p < 0,01) a l'etat basal et de 12,0 ± 2,0 vs 7,2 ± 1,0 ng/ml-min (p = 0,09) au cours de l'HGPO. En conclusion, dans la greffe KPTx, la tolerance au glucose n'est maintenue qu'au prix d'un hyperinsulinisme marque en partie secondaire a une hypersecretion vraie d'insuline. Cette derniere constatation peut etre interpretee comme traduisant l'existence d'une insulinoresistance plus importante dans la greffe combinee rein-pancreas que dans la greffe de rein isole, phenomene qui semble s'accroitre au cours du temps.
La surrenalectomie sous coelioscopie est desormais pratiquee dans plusieurs Centres mais elle n'est pas encore devenue routiniere. Les auteurs presentent une serie de 41 surrenalectomies consecutives avec une seule conversion. Ces operations se sont deroulees dans l'espace de deux ans. Le temps operatoire a ete de 110 minutes en moyenne. L'echographie per-operatoire a ete utilisee dans un certain nombre de cas pour ameliorer le reperage de la glande et reduire la duree de l'intervention. Il n'y a pas eu de complications majeures, et l'hospitalisation et la douleur post-operatoire ont ete significativement reduites par cette technique. Les indications de cette intervention doivent etre encore mieux precisees, mais nous pensons que seuls les cancers cortico-surrenaliens et les tumeurs de grosse taille (10 cm) peuvent constituer une contre-indication absolue a cette approche chirurgicale. Les pheochromocytomes enfin ne posent pas de problemes hemodynamiques plus importants qu'en chirurgie ouverte.
Buts de l'etude : evaluer l'influence des facteurs de pronostic et la validite du geste chirurgical en fonction de l'index de pronostic initial tel qu'il fut defini par l'E.O.R.T.C. Etudier les recidives locales (compartiment central), regionales (chaines ganglionnaires laterales) et l'apparition de metastases ainsi que le devenir des patients en termes de survie. Materiel et methodes : 291 patients (PTS) (86 hommes, 205 femmes) consecutivement operes de 1955 a 1994 dans notre Institution pour des cancers differencies de la glande thyroide furent regulierement suivis sous traitement suppresseur par hormones thyroidiennes (suivi moyen pour les patients en vie : 10,6 ans ; suivi median : 8,1 ans ; extremes = 0,1 a 39 ans). Types histologiques: 213 cancers papillaires, 31 folliculaires bien differencies, 47 folliculaires moyennement differencies. 26 PTS avaient eu des chirurgies diverses avant d'etre referes. La chirurgie definitive realisa : 120 thyroidectomies totales, 38 lobectomies subtotales bilaterales, 37 lobectomies totales unilaterales et subtotales controlaterales et 90 lobectomies unilaterales. 6 PTS : isthmectomie ou tumorectomie. Tracheotomie : 12 PTS. Curage recurrentiel : 77 PTS, curage cervical ganglionnaire lateral : 80 PTS. Administration I 131 : 140 PTS (10 pour metastases d'emblee, 32 pour envahissement ganglionnaire central, 9 pour recidives locoregionales, les autres comme doses ablatives). 34 PTS eurent de la radiotherapie externe. L'âge moyen des PTS fut 46,5 ans au moment du traitement initial (7 a 81 ans). Resultats : 42 PTS ont presente une effraction glandulaire (T 4 ), 57 PTS une invasion ganglionnaire du compartiment central, 86 PTS une invasion ganglionnaire compartiment lateral, 16 PTS presentaient des metastases a distance d'emblee. 235 PTS sont en vie, 55 PTS sont decedes dont 33 en recidive. Parmi les 208 patients n'ayant ni metastase d'emblee, ni tumeur residuelle dans le compartiment central apres chirurgie, l'index pronostique (I.P.) inferieur a 50 (n = 94) predit une survie a 10 ans de 99% versus 74% pour 114 PTS avec I.P. superieur a 50 (p < 0,0001). Parmi les 6 patients decedes dans le groupe I.P. inferieur a 50, aucun n'est mort de son cancer bien qu'un soit decede avec une recidive 22 ans apres son traitement. La survie des PTS d'l.P. inferieur a 50 ayant eu une chirurgie seule (n = 62), moins etendue qu'une thyroidectomie totale, n'est pas differente de celle des PTS du meme groupe ayant eu une thyroidectomie totale (avec ou sans I 131 adjuvant, n = 21). L'administration adjuvante d'l131 dans le groupe d'l.P. superieur a 50 (sans metastase ni tumeur residuelle post-chirurgie) demontre une survie a 10 ans de 84 % (n=54 ; 7 deces) contre 67% (n = 60 ; 19 deces) pour ceux n'en ayant pas beneficie (p = 0,14 Log Rank). Conclusions : ces resultats valident l'attitude conservatrice (lobectomie thyroidienne, pas d'administration d' I 131 ) pour les patients d'l.P. inferieur a 50, tandis qu'ils justifient une attitude chirurgicale radicale et l'administration d'l131 adjuvant pour les autres patients. Les recidives du lobe heterolateral et ganglionnaires cervicales apres lobectomie simple pour les patients d'l.P. inferieur a 50 sont aisement rattrapables, mais pas celles des autres patients.
Soixante-dix patients souffrant d'une hyperparathyroidie secondaire a une insuffisance renale impossible a controler par un traitement medical furent soumis a une parathyroidectomie totale suivie d'une greffe sous-cutanee presternale de tissu parathyroidien. La duree du suivi va de 4 mois a 7 ans (mediane : 21 mois). Le controle du metabolisme phosphocalcique est satisfaisant chez 58 malades, l'hyperparathyroidie a persiste dans 2 cas et nous avons observe 6 cas de recidive de la maladie. La greffe sous-cutanee de tissu parathyroidien est une intervention simple et efficace. En cas de recidive, l'excision des greffons hypertrophies est aisee et permet la correction des anomalies du metabolisme phosphocalcique.
De 1991 a 1994, 1313 abords laparoscopiques realises en vue d'une intervention antireflux par 25 chirurgiens du groupe RGO de la F.D.C.L. ont ete etudies retrospectivement. Il y a eu 86 conversions en laparotomie (6,5%) et au sein de ce groupe il y a eu 5 complications (4,7%): 1 hemorragie, 3 complications de paroi, une splenectomie et un deces (1,2%). 1122 (93,5%) interventions ont ete realisees entierement par laparoscopie. Parmi ce groupe il y a eu 43 complications (3,5%): 19 pathologies respiratoires, 3 hemorragies, 2 perforations gastriques, 2 perforations œsophagiennes et divers
La surrenalectomie sous coelioscopie est desormais pratiquee dans plusieurs Centres mais elle n'est pas encore devenue routiniere. Les auteurs presentent une serie de 41 surrenalectomies consecutives avec une seule conversion. Ces operations se sont deroulees dans l'espace de deux ans. Le temps operatoire a ete de 110 minutes en moyenne. L'echographie per-operatoire a ete utilisee dans un certain nombre de cas pour ameliorer le reperage de la glande et reduire la duree de l'intervention. Il n'y a pas eu de complications majeures, et l'hospitalisation et la douleur post-operatoire ont ete significativement reduites par cette technique. Les indications de cette intervention doivent etre encore mieux precisees, mais nous pensons que seuls les cancers cortico-surrenaliens et les tumeurs de grosse taille (10 cm) peuvent constituer une contre-indication absolue a cette approche chirurgicale. Les pheochromocytomes enfin ne posent pas de problemes hemodynamiques plus importants qu'en chirurgie ouverte.
Cent soixante-dix huit transplantations hepatiques orthotopiques ont ete realisees chez 167 patients. La reconstruction biliaire a ete une choledoco-jejunostomie sur anse en Y dans 39 cas, une choledoco-hepaticostomie dans 139 cas. 26 complications biliaires ont ete enregistrees chez 21 patients (14,5%). Ces complications ont ete responsables du deces de 3 patients. Les fistules biliaires ont essentiellement ete liees a la confection d'une choledoco-jejunostomie sur anse en Y; leur revelation etait precoce, survenant dans le premier mois post-operatoire. Les complications les plus frequentes mais de moindre gravite ont ete liees a l'ablation du drain biliaire tuteur des choledoco-hepatocostomies
Les auteurs rapportent leur experience dans le traitement chirurgical de l'hypospadias a propos de 557 cas. De 1974 a 1980, 94 cas ont ete operes selon des procedes anciens en un temps (interventions de Mathieu, Van Der Meulen, Perlemutter) ou en plusieurs temps pour les formes les plus posterieures (interventions de Duplay ou Leveuf et Cendron precedees ou non d'une uretroplastie de Cahuzac). L'etude des resultats obtenus sur une deuxieme serie de 463 cas operes de 1981 a 1992, toujours en un seul temps quel que soit le siege du meat, et si possible vers l'âge de 18 mois ou 2 ans, permet de proposer actuellement le schema therapeutique suivant: ― hypospadias balanique: intervention de MAGPI, ― hypospadias balano-preputial: intervention de Duplay, ― hypospadias penien juxta-balanique: intervention de Mathieu, ― hypospadias penien anterieur ou moyen sans coudure: patch preputial pedicule en «onlay», ― hypospadias penien avec coudure: lambeau preputial tubulise de Duckett, ― hypospadias peno-scrotal ou perineal: Duckett plus Duplay posterieur ou greffe libre de muqueuse buccale
Les auteurs decrivent un chylothorax compliquant une sclerose endoscopique de varices œsophagiennes. Il s'agit d'une observation exceptionnelle puisque, a leur connaissance, il s'agit du quatrieme cas decrit par la litterature. Ils presentent les autres cas rapportes, evoquent les etiologies possibles puis abordent les differentes modalites de traitement de ce type particulier de chylothorax
Un des principaux problemes que pose le traitement chirurgical du goitre thyroidien est celui de la recidive en raison des difficultes et des risques que comporte une reintervention thyroidienne. Rapportant leur experience, les auteurs evaluent la possibilite de prevenir la recidive apres une thyroidectomie par opotherapie avec L-Thyroxine. L'etude porte sur 78 patients operes entre 1980 et 1986. Le suivi post-operatoire moyen a ete de 8,5 ans. 28 de ces patients (35,9%) ont recu une opotherapie preventive avec L-Thyroxine, immediatement apres l'intervention et 50 ne recevaient pas de traitement. Chez 15 de ces derniers un traitement avec L-Thyroxine a ete instaure apres l'apparition secondaire d'une hypothyroidie clinique ou biologique. La recidive est survenue chez 7,1% des patients soumis a une opotherapie prophylactique, chez 8,6% des patients sans traitement et chez 6,6% des patients ayant commence le traitement a l'apparition d'une hypothyroidie
Un malade presentait a la suite d'une splenectomie une hypertension portale par bloc pre-hepatique (thrombose etendue spleno-porto-mesenterique avec calcifications veineuses), et un cavernome portal. Il etait adresse douze ans apres un premier episode isole d'hemorragie digestive; cinq mois apres ce diagnostic il presentait un ictere avec hyperbilirubinemie tres elevee et une lithiase de la vesicule et des voies biliaires intra- et extra-hepatiques pouvant expliquer l'ictere. Il fut mis en place trois drainages biliaires transhepatiques dans le but d'ameliorer l'etat general en vue d'un eventuel geste chirurgical, mais sans succes
Le traitement des polypes degeneres du colon enleves par endoscopie reste controverse. La chirurgie s'impose: lorsque la zone de coupe est envahie, lorsqu'existent des embolies neoplasiques lymphatiques ou vasculaires, et lorsque la lesion est peu differenciee. Les incertitudes d'une excision complete en cas de polype sessile orientent vers une attitude plus chirurgicale pour ce type de lesion. Les auteurs rapportent une serie de 40 polypes avec cancer invasif enleves endoscopiquement avec chirurgie complementaire indiquee du fait du non respect des criteres de Morson. Il y avait deux fois une tumeur residuelle, jamais d'adenopathie metastatique mais 3 malades ont developpe par la suite des metastases hepatiques
Introduction This article reviews the different forms of pulmonary disease caused by aspergillus and discusses the possible surgical treatments. The most well known is the classic aspergilloma which develops as a fungal ball in the centre of a pre-existing pulmonary cavity.State of knowledge One can distinguish simple (few symptoms, thin walled cavity without immediate complications) and complex forms (patient generally unwell, thick cavity, complications). In the complex form, surgical intervention must be considered as a last resort. In the simple form, surgery is relatively benign and prevents disease progression. Pleural aspergillosis can occur, usually following the surgical removal of a cavity either in the short or medium term. Given the loss of lung parenchyma thoracoplasty is often the only option.Outlines Two different scenarios occur in acute invasive aspergillosis where surgery may be indicated: firstly, surgery can be considered in the event of haemoptysis related to vascular erosion; secondly, resection of mycotic sequestrations before intensification or resumption of therapy may prevent a relapse. Semi-invasive aspergillosis usually occurs in territories of post-radiation fibrosis: after a phase of invasion equivalent to a lobar pneumonia, a secondary cavity appears containing a small fungal ball. Thoracoplasty is often the only surgical option. Ulcerating tracheobronchial aspergillosis has been observed following (cardio-) pulmonary transplant and this may progress to a characteristic invasive aspergillosis.Conclusions Finally, rare observations of parietal aspergillosis could be treated by surgical resection and associated with systemic antifungal therapy. Optimum management of these patients requires a multidisciplinary approach.