
L’intelligence artificielle s’installe dans les cabinets, mais tous les praticiens ne sont pas également préparés à cette transition. Cet article défend une idée simple : l’orthodontiste, par sa formation à la pensée systémique et à la synthèse de la complexité, possède déjà les aptitudes cognitives nécessaires pour maîtriser ces outils. Cette opportunité s’accompagne d’un risque : utiliser l’IA comme un raccourci qui atrophie le raisonnement plutôt que comme un amplificateur qui le renforce. Pour distinguer les deux, nous proposons quatre exigences applicables à tout outil d’aide à la décision : raisonnement causal, effort cognitif préservé, anticipation des effets en cascade, et reconnaissance explicite de l’incertitude. Nous illustrons ces exigences par un cas pédiatrique ordinaire, soumis à un prototype développé dans notre laboratoire. Le résultat le plus instructif n’est pas un plan de traitement, mais le signalement par l’outil d’une contradiction clinique qu’une lecture rapide aurait pu lisser. Nous en tirons une thèse : l’IA utile en orthodontie n’est pas celle qui répond vite, mais celle qui doute au bon moment — et la profession est la mieux placée pour exiger cette qualité.
L’intelligence artificielle est un « fétiche » moderne, mais elle s’inscrit en réalité dans une longue tradition mythologique et historique de création de machines pensantes. Définie scientifiquement comme un processus d’imitation de l’intelligence humaine par des algorithmes et des données, elle a évolué de l’approche logique (IA symbolique) vers des modèles probabilistes (IA connexionniste). En orthodontie, ces technologies facilitent déjà l’analyse radiographique et la segmentation 3D, tandis que les modèles génératifs (LLM) optimisent les tâches administratives et de traduction. Toutefois, ces systèmes présentent des limites majeures, notamment des risques d’erreurs ou de biais, car ils ne comprennent pas le sens réel des données traitées. La maîtrise de ces outils impose donc aux praticiens de conserver un regard critique et une expertise clinique forte pour valider des résultats purement statistiques.
Contexte : L’analyse céphalométrique constitue un pilier fondamental du diagnostic en orthodontie et en orthopédie maxillo-dento-faciale (ODF/OMDF) et de la planification thérapeutique. Traditionnellement réalisée manuellement, cette procédure est chronophage, opérateur-dépendante et sujette à une variabilité inter- et intra-observateur significative. L’émergence de l’intelligence artificielle (IA), en particulier l’apprentissage profond, a ouvert de nouvelles perspectives pour l’automatisation de l’identification des repères céphalométriques. Objectif : Cette revue vise à évaluer de manière critique les performances des systèmes d’analyse céphalométrique pilotés par IA, en comparaison avec le tracé manuel, en termes de précision, reproductibilité, efficience temporelle et pertinence clinique. Méthode : Recherche bibliographique structurée dans PubMed, Scopus, Web of Science et la littérature grise (2017-mars 2025). Les études retenues portaient sur la détection automatisée de repères céphalométriques par réseaux de neurones convolutifs (CNN : Convolutional Neural Network) sur téléradiographies latérales 2D et imagerie CBCT 3D, comparée au tracé manuel. Critères : erreur radiale moyenne (ERM ou MRE : mean radial error), taux de détection réussie (SDR : Successful Detection Rate) au seuil de 2 mm, mesures angulaires et linéaires dérivées. Résultats : Les systèmes d’IA atteignent des SDR de 75 à 90 % au seuil de 2 mm, avec une MRE méta-analytique de 1,39 mm. Les mesures dentaires montrent un bon accord avec le tracé manuel, tandis que les mesures squelettiques et des tissus mous présentent des divergences cliniquement significatives. Le temps d’exécution est inférieur à une minute pour l’IA contre 15 à 30 minutes pour le tracé manuel. Conclusion : L’IA représente un outil d’assistance prometteur mais ne peut se substituer à la supervision d’un orthodontiste expérimenté. La collaboration débutant-IA améliore les performances du débutant seul. Les données actuelles soutiennent surtout un pré-tracé IA validé par clinicien, sans supériorité universelle démontrée sur l’expert 27. Des études multicentriques prospectives restent nécessaires.
Contexte : Les systèmes agentiques déplacent l’IA clinique d’une logique d’exécution de tâches vers une logique d’interprétation d’intentions, exposant des mécanismes d’arbitrage souvent implicites. Objectif : Proposer un cadre conceptuel et opérationnel pour analyser les risques liés à la délégation d’intention à un agent d’IA en orthodontie, et préciser des exigences minimales de sûreté et de gouvernance. Approche : Revue narrative et synthèse conceptuelle articulant une définition opératoire de l’intention clinique, une typologie des autonomies agentiques, des risques cognitifs (normalisation silencieuse, sous-exploration, sur-génération) et des risques socio-techniques en contexte connecté (tool-use, workflows, documentation). Points clés : Le risque critique débute souvent au niveau de l’arbitrage (priorisation des contraintes et pondération des compromis) avant toute décision explicite. La sûreté clinique ne se réduit pas à la performance moyenne : elle exige des règles d’arrêt (stop rules), la détection de données manquantes, le refus de conclure en zone grise, l’explicitation des hypothèses/alternatives/incertitudes et une cybersécurité adaptée aux risques LLM en chaîne d’outils. Conclusion : La délégation d’intention n’est acceptable que si elle s’accompagne d’une gouvernance vérifiable : traçabilité minimale, séparation génération/évaluation/validation, supervision humaine praticable et littératie IA clinique, avec intégration du patient dans l’information et le consentement.
Les systèmes d’intelligence artificielle (SIA) sont désormais incontournables en orthodontie (céphalométrie, segmentation CBCT, aligneurs, télé-surveillance) et engagent la responsabilité de trois acteurs : l’orthodontiste, la structure d’exercice et les opérateurs économiques. Le cadre juridique repose principalement sur l’AI Act (Règlement 2024/1689), qui classe la plupart des SIA de santé comme « à haut risque » (application complète au 2 août 2026, 2027 pour les dispositifs médicaux), complété par le RGPD, le MDR, la directive PLD, le Code civil, le Code de la santé publique et les recommandations de la HAS, de la CNIL, du Conseil National de l’Ordre et de l’ADF. Le texte distingue les outils à finalité médicale directe (soumis au MDR) des outils de productivité, et souligne les risques propres à l’orthodontie : erreurs de repérage, acceptation non critique d’un set-up d’aligneurs, limites de la segmentation CBCT, défaut de surveillance à distance. Les LLM doivent rester cantonnés aux tâches non cliniques, le biais d’automatisation et la destruction des compétences « deskilling » constituant des dangers majeurs. L’orthodontiste demeure le pivot de la responsabilité : il répond de son interprétation au regard des données acquises de la science et doit informer le patient. Le modèle direct-to-consumer amplifie les risques, tandis que la directive PLD facilite l’indemnisation des victimes. En conclusion, le texte formule des recommandations pratiques (cartographie des usages, vérification CE/MDR, encadrement des LLM, supervision humaine, traçabilité, information du patient), avec un message central : l’IA doit compléter, et non remplacer, la responsabilité clinique de l’orthodontiste.
équivalente, à celle des experts humains. La photographie numérique, standardisée et intégrée dans des workflows algorithmiques, devient un véritable outil décisionnel. Cette revue de la littérature analyse l’évolution de ces outils, leurs performances cliniques, leurs apports dans la pratique quotidienne et leurs limites éthiques et réglementaires. Elle met en évidence comment la combinaison de l’IA et de l’imagerie numérique contribue à une orthodontie dite « augmentée », plus précise, plus reproductible et plus centrée sur le patient. Enfin, les enjeux de formation, de responsabilité clinique et de protection des données sont discutés afin d’encadrer une adoption raisonnée et scientifiquement fondée de ces technologies.
Cet article décrit le traitement orthodontique par recul en masse sur mini-vis chez un patient adulte présentant une malocclusion de classe III. La décision de traiter par ancrage endo-osseux versus la technique conventionnelle usuelle, était justifiée par les antécédents d’extraction des 35 et 45 et ce pour des raisons endodontiques, générant une situation où le contrôle de l’ancrage se devait d’être optimal. L’ objectif thérapeutique escompté était l’amélioration du rapport labial par repositionnement de l’incisive mandibulaire. À cet effet, deux mini-vis d’ancrage tête-bracket ont été positionnées dans l’espace inter-dentaire, entre les première et deuxième molaires mandibulaires. La configuration des rapports entre les différents éléments de la vis a permis un meilleur contrôle de l’irritation gingivale au cours du traitement. Des ressorts de rétraction en Nickel Titane délivrant une force de 150 g ont été utilisés en vue du recul en masse à l’arcade mandibulaire. Une rétraction couronnée de succès fut obtenue. L’ esthétique faciale s’est améliorée, les relations inter-arcades furent corrigées. La période totale du traitement était de 18 mois.
Les asymétries faciales représentent un défi majeur en orthodontie et en chirurgie maxillo-faciale, en raison de leurs répercussions fonctionnelles, esthétiques et psychologiques. Leur prise en charge nécessite une collaboration étroite entre l’orthodontiste et le chirurgien maxillo- facial, avec une planification rigoureuse et individualisée. L’ avènement de la planification chirurgicale assistée par ordinateur (PSI) et de la chirurgie guidée sur mesure offre de nouvelles perspectives dans la correction des déséquilibres squelettiques. Cette étude rétrospective porte sur dix patients présentant des asymétries faciales traités par protocole orthodontico-chirurgical combinant planification numérique et chirurgie guidée. Après préparation orthodontique par multi-attaches ou aligneurs, une fusion des fichiers DICOM et STL a permis d’établir une planification 3D précise, optimisant les objectifs fonctionnels et esthétiques. Les résultats montrent une moyenne d’écart de 0,79 mm au maxillaire et 1,32 mm à la mandibule entre la planification et le résultat postopératoire à un an, confirmant la précision de l’approche PSI. Les avantages incluent une meilleure anticipation des interférences osseuses, la protection des structures anatomiques sensibles, et une réduction des ajustements peropératoires. Cependant, certaines limites ont été identifiées, notamment une précision légèrement inférieure au niveau mandibulaire et une rigidité limitant les adaptations peropératoires. Cette approche, bien que consommatrice en temps et en ressources, s’avère particulièrement pertinente pour les asymétries faciales marquées. Ces résultats soutiennent l’intérêt croissant de la planification assistée par ordinateur en chirurgie orthognathique et ouvrent des perspectives d’amélioration par l’intégration de technologies comme la réalité augmentée ou le développement de nouveaux matériaux pour les guides chirurgicaux.
Si les effets bénéfiques des traitements orthopédiques sur les plans squelettique et dentaire ont été largement décrits dans la littérature, leurs effets indirects sur la santé générale n’ont jamais été regroupés ni analysés de manière exhaustive. Cette revue de la littérature a pour objectif d’évaluer l’impact des traitements orthopédiques sur la santé générale des enfants afin de déterminer si, selon la dysmorphie, des arguments médicaux peuvent justifier une prise en charge orthopédique. Une recherche électronique utilisant des mots-clés MeSH relatifs aux traitements orthopédiques et à la santé générale a été menée, portant sur des études publiées entre 2009 et 2024 chez des enfants âgés de 2 à 12 ans. Au total, 228 articles ont été examinés pour leur éligibilité, dont 47 ont été jugés pertinents et inclus. Les données disponibles mettent en évidence plusieurs catégories d’effets des traitements orthopédiques sur la santé générale, notamment des impacts au niveau fonctionnel, musculo-postural, psychologique et comportemental. Les bénéfices observés sont principalement liés à une amélioration de la ventilation, en particulier grâce à l’expansion maxillaire rapide (EMR), qui élargit les voies aériennes supérieures et optimise la fonction ventilatoire. Si les effets de la correction orthopédique du sens transversal sont largement documentés, ceux visant la correction sagittale sont moins étudiés et leur impact sur la santé générale reste incertain, justifiant des recherches complémentaires. Ces résultats soulignent l’intérêt d’une approche pluridisciplinaire intégrant différents spécialistes afin d’optimiser les stratégies thérapeutiques, d’améliorer les résultats cliniques et de renforcer le bien-être des patients.
Contexte : Les rapports anatomiques de l’os palatin et de la suture maxillo-palatine latérale (SMPL) au niveau du rhinopharynx peuvent être mis en relation avec la perméabilité des voies aériennes supérieures. Objectifs : démontrer les liens de l’os palatin avec les différents éléments musculaires et faciaux afin de comprendre si ces relations peuvent influencer la res-piration et la croissance du complexe cervico-cranio-facial. La connaissance exhaustive de cette zone anatomique pourrait contribuer au développement de techniques manuelles au niveau de l’os palatin et des structures adjacentes, pour accompagner l’expansion maxillaire dans les déficiences maxillaires transversales. Méthodes : 10 têtes et cous provenant de 10 cadavres humains cryo-formolés (5 femmes, 5 hommes) ont été disséqués bilatéralement. 4 dissections ont été effectuées dans le plan horizontal, 4 dans le plan sagittal et 2 dans le plan frontal. Les schémas du concept de croissance cervico-cranio-faciale du professeur Jean Delaire ont été utilisés en ce qui concerne les éléments de la croissance transversale et sagittale du maxillaire, mais aussi les relations de la langue avec le palais mou et le rachis cervical. Résultats : Il s’est avéré que les schémas du concept de croissance cervico-cranio-faciale du Pr Jean Delaire correspondaient à la réalité anatomique, et qu’il existait d’importantes corrélations entre la formation du rhinopharynx et de l’oropharynx. Conclusion : la croissance du rhinopharynx est dépendante de l’action des structures musculo-aponévrotiques de l’oropharynx. La SMPL et l’os palatin participent à la croissance transversale du rhinopharynx, qui pourrait avoir une grande capacité d’adaptation et influencer la taille et la fonction de l’oropharynx. Ces faits nous amènent à penser l’action que pourraient produire les techniques manuelles sur le bébé, l’enfant en croissance et l’adulte.
L’usure des dents antérieures s’accompagne souvent d’une égression compensatrice permettant le maintien de l’occlusion malgré la perte de substance coronaire. Les approches restauratrices conventionnelles, centrées sur l’addition de matériaux ou l’allongement coronaire chirurgical, peuvent être invasives et négliger ces adaptations biologiques. Cet article propose une stratégie intégrant un temps orthodontique préalable d’ingression des dents égressées afin de corriger les compensations verticales et de créer un espace prothétique antérieur. Deux cas cliniques illustrent l’intérêt de cette approche multidisciplinaire, permettant des restaurations adhésives conservatrices et une amélioration esthétique et fonctionnelle, tout en respectant les principes actuels de dentisterie minimalement invasive.
Le déficit maxillaire transversal (DMT) est une anomalie fréquente associée à des troubles fonctionnels. Dans le cas de DMT d’origine squelettique, chez l’enfant et l’adolescent, le traitement orthopédique repose sur une disjonction maxillaire avec ouverture de la suture médio-palatine. Le dispositif historique de disjonction rapide est le Hyrax, dont la vis d’expansion exerce des forces importantes lors d’activations successives. Plus récemment, le Leaf Expander a été proposé comme alternative. Dans ce dispositif, l’écartement est obtenu par la compression d’un ressort en nickel-titane, qui délivre une force constante, calibrée et moins intense. Ces deux dispositifs présentent des caractéristiques distinctes en termes de cinétique d’expansion, de tolérance et d’effets secondaires. Cette revue de la littérature vise à comparer leurs effets cliniques et biologiques afin d’éclairer le choix thérapeutique selon le profil des patients. Méthodes : nous avons sélectionné des études comparant les effets induits par l’expansion palatine obtenue à l’aide d’un appareil de type Hyrax et du Leaf Expander. Résultats : au total, 27 références ont été évaluées pour leur éligibilité, parmi lesquelles 8 ont été exclues après lecture approfondie. Ainsi, 19 études ont été retenues et incluses dans l’analyse qualitative. Conclusion : le Hyrax et le Leaf Expander présentent des effets distincts sur les structures crânio-faciales. Le Hyrax génère une expansion squelettique rapide, mais peut entraîner une gêne et nécessite une coopération active du patient et de son entourage. Le Leaf Expander, en revanche, offre une expansion progressive, mieux tolérée par les jeunes patients. Ces résultats soulignent l’intérêt d’une approche thérapeutique individualisée. Des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer la stabilité à long terme de ces dispositifs.
Introduction : le polyéther-éther-cétone (PEEK) est un polymère thermoplastique semi-cristallin aux propriétés mécaniques remarquables, initialement utilisé dans l’industrie puis adopté en médecine pour sa biocompatibilité. Son usage en odontologie, notamment en implantologie, s’est récemment étendu à l’orthodontie. La contention, phase finale des traitements orthodontiques, vise à maintenir les résultats obtenus, mais aucun consensus ne permet actuellement de définir le matériau de contention idéal. Le développement de la CFAO a permis l’émergence de nouveaux matériaux, dont le PEEK, encore peu étudié en orthodontie. Matériel et Méthodes : Une revue de la littérature a été réalisée afin d’évaluer les propriétés du PEEK et d’explorer son potentiel en tant que matériau de contention orthodontique. Les publications analysées ont porté sur ses caractéristiques physiques, chimiques, biologiques et ses premières applications cliniques en odontologie et en orthodontie. Résultats : le PEEK présente une série de propriétés favorables : résistance mécanique, biocompatibilité, stabilité thermique et chimique, résistance à la corrosion, faible densité, radio-clarté, et faible affinité pour la plaque. Son module d’élasticité de 3,8 GPa le rend plus souple que la dentine et l’émail, mais suffisamment rigide pour des applications cliniques, et il peut être renforcé pour atteindre 12 GPa. Sa biocompatibilité et sa fabrication sur mesure en CFAO en font un matériau prometteur pour les patients allergiques ou préférant une solution sans métal. Des rapports de cas suggèrent que l’épaisseur optimale pour une contention est de 0,8 mm, assurant un bon compromis entre confort, résistance et mobilité dentaire physiologique. Conclusion : le PEEK apparaît comme une alternative crédible aux matériaux métalliques dans la réalisation de contentions orthodontiques fixes individualisées. Cependant, malgré des caractéristiques mécaniques et biologiques prometteuses, les preuves cliniques restent insuffisantes. Cette revue souligne la nécessité de recherches cliniques rigoureuses à long terme pour valider son efficacité et sa durabilité, tout en ouvrant la voie à des innovations dans les matériaux de contention et les pratiques orthodontiques futures.
Objectif : décrire les bases anatomiques, biologiques et biomécaniques des expanseurs palatins squelettiques Micro 2 et Micro 4 développés par le Dr. Heinz Winsauer, présenter le protocole clinique FCPC (Force-Controlled Polycyclic Expansion) et illustrer leurs applications à travers une série de cas cliniques. Matériel et méthodes : quatre cas cliniques sont présentés, incluant deux adultes (26 et 28 ans), un enfant (9,5 ans) et un adolescent (14 ans), traités par expansion maxillaire squelettique à ancrage palatin exclusif. Le protocole FCPC a été appliqué avec des activations contrôlées et alternées. Résultats : les dispositifs Micro 2 et Micro 4 ont permis une expansion squelettique efficace avec correction des articulés inversés, amélioration fonctionnelle (respiration, ronflements) et stabilité à moyen terme. Les effets dento-alvéolaires indésirables ont été minimisés grâce à l’ancrage squelettique pur. Conclusion : l’expansion maxillaire squelettique à ancrage palatin exclusif représente une alternative fiable aux approches chirurgicales chez l’adulte et constitue une option interceptive pertinente chez l’enfant, à condition de respecter un protocole d’activation biologiquement compatible.
Objectif : évaluer l'effet de la photobiomodulation (PBM) sur la stabilité des minivis orthodontiques par une revue systématique de la littérature récente. Matériel et méthodes : une recherche systématique a été effectuée dans PubMed, Google Scholar et Cochrane Library pour les publications entre janvier 2019 et mars 2024. Les critères d’inclusion comprenaient les revues systématiques, méta-analyses et essais cliniques contrôlés évaluant l’effet de la PBM sur la stabilité des minivis orthodontiques avec mesures objectives (ISQ, torque, taux de survie). La qualité méthodologique a été évaluée avec les outils Cochrane RoB 2.0 (risk of biais)et AMSTAR-2 (Assessing the Methodoligal Quality of Systematic). Résultats : sur 100 articles identifiés après déduplication, 12 ont été inclus dans la synthèse qualitative : deux revues systématiques, cinq méta-analyses et cinq essais cliniques (159 minivis au total). L’évaluation de qualité a révélé un risque de biais faible pour 40% des essais cliniques et une confiance modérée pour 60 % des méta-analyses. Huit études (67 %) rapportent un effet positif de la PBM sur la stabilité secondaire (30-60 jours post-insertion), trois études (25 %) des résultats non-concluants, et une étude (8 %) aucun effet. L’hétérogénéité des protocoles laser était substantielle : longueurs d’onde 635-980 nm, durées d’exposition 10-120 s, et fréquences d’application 1-14 séances. Conclusion : les données actuelles suggèrent un effet potentiellement bénéfique de la PBM sur la stabilité secondaire des minivis orthodontiques, mais l’hétérogénéité substantielle des protocoles et la présence d’études contradictoires empêchent l’établissement de recommandations cliniques définitives. Des essais contrôlés randomisés multi-centriques avec protocoles PBM standardisés sont nécessaires avant application clinique routinière.
Introduction : l’objectif de cet article est de présenter un protocole d’étude radiologique en vue de planifier la pose directe des minivis d’ancrage au niveau de la crête infra-zygomatique. Matériels et méthodes : passer en revue les études qui présentent des recommandations et des protocoles d’insertion des minivis au niveau de la crête infra-zygomatique. Faire la synthèse de ces études et présenter une méthode de planification radiologique avec des Cônes Beam. L’intérêt de cette méthode est : 1- localiser le site de forage. 2- mesurer la quantité d’os. 3-définir l’angle d’insertion. 4- sélectionner la minivis adéquate. Conclusion : l’examen Cône Beam est indispensable pour planifier la pose des minivis d’ancrage au niveau de la crête infra-zygomatique. Notre protocole d’étude radiologique permet de rendre compte avec précision du volume osseux disponible pour une implantation sous-sinusale et établir ainsi une stratégie de pose avec plus de stabilité et de sécurité.