
Face à l’évolution des conflits et à la nécessité de renforcer l’autonomie et l’efficience logistique des forces armées, la fabrication additive ou impression 3D émerge comme une technologie de rupture prometteuse. Après des débuts dans le maintien en condition opérationnelle des véhicules de l’armée de Terre et un rôle ponctuel lors de la crise Covid-19, elle devrait s’imposer progressivement dans le soutien médical aux engagements opérationnels, à des fins de formation, de production ou de réparation de dispositifs médicaux ainsi que pour la recherche biomédicale. Cet article propose une synthèse du principe de l’impression 3D et de ses principales technologies actuellement disponibles et applicables au domaine médical, illustrées par différentes applications pour le service de santé des armées, qu’il s’agisse de modèles anatomiques, d’outils chirurgicaux, de bio-impression ou d’organoïdes sur puce. A terme, en prenant en compte le contexte opérationnel et plus particulièrement un engagement majeur avec des phases de haute intensité l’utilisation de l’impression 3D de dispositifs médicaux sur un théâtre d’opération, notamment pour faire face à des consommations imprévues ou pallier un défaut d’approvisionnement, apparaît comme l’usage le plus réaliste. Un logigramme proposé détaille le processus de fabrication d’un dispositif médical sur un théâtre d’opérations, depuis la demande terrain jusqu’au contrôle final, intégrant les rôles des différents acteurs impliqués, et des flux numériques sécurisés par blockchain pour le transfert de fichiers 3D. En permettant une production décentralisée, rapide et potentiellement personnalisée, la FA renforce la résilience du soutien médical. Cependant, son déploiement reste conditionné à l’amélioration des technologies d’impression, à la standardisation des pratiques, à la consolidation d’un cadre réglementaire spécifique et à une mutualisation des moyens avec les autres armées. Bien que ne relevant pas directement du soutien médical aux engagements opérationnels, le volet personnalisation des guides et implants chirurgicaux et des médicaments pourrait trouver des applications au sein des hôpitaux militaires. A plus long terme, la bio-impression ouvre des perspectives en matière de recherche de nouvelles thérapeutiques et de régénération tissulaire plus efficace pour les blessés, à condition de lever des verrous techniques et réglementaires en suspens.
Première cause de mortalité chez le chien militaire en opération extérieure (OPEX), le coup de chaleur demeure un problème majeur en pratique vétérinaire militaire. Il est défini par l’élévation de la température corporelle centrale au-delà de 40,5 °C par le dépassement des mécanismes de thermorégulation. L’étiologie principale comprend le coup de chaleur d’exercice lors d’efforts intenses ou lors d’exercices en conditions climatiques chaudes et/ou humides, ainsi que le coup de chaleur environnemental lors de séjour prolongé en zone chaude non ventilée (véhicule par exemple). Le taux de mortalité élevé (supérieur à 50 %) dans sa forme la plus sévère en fait une urgence diagnostique et thérapeutique. Le traitement repose sur les mesures actives de refroidissement et sur le traitement de réanimation médicale et des lésions secondaires.
Les troubles hémorragiques, tels que l'hémophilie ou la maladie de Willebrand, posent des défis médicaux significatifs, particulièrement dans des contextes exigeants comme celui des forces armées. Ces pathologies, qui se caractérisent par une altération de la coagulation sanguine, peuvent entraîner des saignements prolongés, augmentant ainsi les risques pour la santé dans des situations où l'accès aux soins est limité. Dans le domaine militaire, la gestion de ces troubles nécessite une évaluation rigoureuse de l’aptitude médicale. Les critères varient selon les pays et sont influencés par les impératifs opérationnels et les progrès scientifiques. Les progrès récents dans les traitements, comme les facteurs de coagulation recombinants et la thérapie génique, ont transformé la prise en charge, offrant des solutions durables et réduisant le risque de complications hémorragiques. Ces avancées pourraient permettre d'élargir les critères d'inclusion dans des métiers traditionnellement interdits aux personnes atteintes de ces pathologies. Néanmoins, une harmonisation des pratiques est encore à construire. Les forces armées doivent équilibrer la sécurité des missions et l’intégration des candidats présentant des troubles bien contrôlés. En parallèle, le développement continu des technologies médicales, comme les biomarqueurs prédictifs et les thérapies personnalisées, offre une perspective optimiste pour les individus concernés. En conclusion, les troubles hémorragiques dans le contexte militaire soulèvent des questions complexes. L'intégration des avancées médicales, combinée à une approche humaine et pragmatique, pourrait transformer la manière dont ces pathologies sont perçues et gérées, aussi bien dans les forces armées que dans d’autres environnements professionnels exigeants. Remerciements au linguiste relecteur : Marion Crouan
Les pathologies rachidiennes sont bien documentées chez les parachutistes militaires français. En revanche, les atteintes radiculaires n’ont jamais été spécifiquement étudiées dans cette population. Cette étude vise à estimer l’incidence des radiculopathies entre 2015 et 2023 au sein de dix régiments parachutistes. Elle a également pour but de décrire les données anthropométriques et l’activité parachutiste des patients, les apports de l’imagerie, les traitements proposés et les conséquences sur l’aptitude opérationnelle. Méthode : étude rétrospective et descriptive recensant tous les cas de radiculopathies diagnostiqués de janvier 2015 à décembre 2023 au sein de la 11e Brigade parachutiste (hors École des troupes aéroportées), du 1er Régiment de parachutistes d’infanterie de marine et du 14e Régiment d’infanterie et de soutien logistique parachutiste. Résultats : 212 cas ont été identifiés, soit une incidence de 2,82 cas pour 1 000 personnes-années. Le territoire lombaire est le plus touché (81,1 %), devant les névralgies cervico-brachiales (18,9 %). L’imagerie par résonance magnétique est l’examen le plus prescrit (65,1 %), avec une corrélation radioclinique dans 50,5 % des cas. La kinésithérapie (73,6 %) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (68,9 %) sont les traitements les plus courants. Le neurochirurgien est le spécialiste le plus souvent sollicité (20,3 %). Les conséquences sont notables : 46 % des patients ont eu un congé de maladie (durée moyenne : 37,6 jours), et 77,4 % une inaptitude au saut en parachute (durée moyenne : 89,6 jours). Les récidives sont fréquentes (57 %). Conclusion : bien que moins fréquentes que les rachialgies, les radiculopathies ont un impact opérationnel plus marqué. L’identification de facteurs de risque permettrait d’améliorer leur prévention et de limiter leurs conséquences sur la disponibilité des parachutistes.
Les douleurs de l’épaule sont un des motifs les plus fréquents de consultation en antenne médicale. Pour autant, le diagnostic des dyskinésies scapulaires est souvent retardé alors qu’il peut être établi à l’aide d’examens complémentaires simples, orientés par l’examen clinique. Nous présentons une série de cas cliniques puis nous décrivons cette pathologie en nous concentrant sur la scapula alata puis nous expliquons les modalités de la prise en charge. Les dyskinésies scapulaires sont observées dans les sports impliquant une gestuelle d’armé-lancé ou de frappe d’un projectile. Une altération du contrôle moteur de la scapula est retrouvée dans plus de 60% des pathologies d’épaule. Plusieurs tests cliniques existent, limités par leur faible spécificité. La scapula alata est due à un déficit des muscles stabilisateurs de la scapula généralement secondaire à une atteinte nerveuse. Le diagnostic est confirmé par électromyogramme qui précise les muscles atteints et le degré de dénervation. Le traitement repose avant tout sur la prise en charge rééducative qui doit s’attacher à traiter au préalable le facteur causal de la dyskinésie scapulaire. Le renforcement musculaire analytique et global va aider à une bonne réinnervation ou permettre de suppléer le déficit. Un traitement chirurgical peut parfois être proposé en cas d’absence de récupération et de gêne fonctionnelle persistante, avec des résultats variables.
Les blessures en grimper de corde sont principalement des tendinopathies, et les rares cas de fracture surviennent principalement après la chute. Nous présentons ici le cas d’un jeune militaire ayant subi une fracture spiroïde de l’humérus sans chute au cours d’un exercice de grimper de corde. Cette fracture est survenue à la suite de contraintes biomécaniques similaires à celles exercées sur l’os au cours d’exercices de « bras de fer ». Elle peut se compliquer d’une lésion du nerf radial ; ce type de blessure n’est donc pas à négliger.
Cet article traite d’une lésion dermatologique fréquente : le botriomycome. Elle vise à donner au médecin d’unité les éléments nécessaires à une prise en charge efficiente. Il s’agit d’une hyperplasie vasculaire faisant classiquement suite à un traumatisme. Cette lésion, souvent impressionnante par son aspect bourgeonnant et sa rapidité d’évolution, est cependant bénigne. Elle est très gênante pour le patient car elle saigne au moindre contact, de plus elle est anxiogène quand aucun diagnostic n’a encore été posé. Le diagnostic est clinique et le traitement de choix est l'exérèse chirurgicale. La connaissance de cette entité par le médecin des forces peut lui permettre d’optimiser la prise en charge du patient. En effet, les délais de consultations spécialisées de dermatologie sont de plus en plus longs, sans parler des zones qui en sont dépourvues. Poser le diagnostic rapidement permettrait, comme dans notre cas, d’adresser le patient à un chirurgien pour une exérèse sans attendre de longues semaines ou mois avant d’être pris en charge.
L’endométriose est l’une des étiologies de dysménorrhées secondaires la plus fréquemment évoquée, puisqu’elle touche 10 à 15 % des femmes en âge de procréer. Cette pathologie inflammatoire chronique, souvent diagnostiquée avec retard, constitue un enjeu majeur de santé publique. Dans le milieu militaire, elle pose des défis supplémentaires en raison des exigences physiques et opérationnelles, des conditions extrêmes et de l’accès limité aux soins spécialisés. L’endométriose peut impacter la performance des femmes militaires par la douleur chronique, la fatigue et des troubles associés. Le diagnostic repose sur un faisceau d’éléments cliniques, biologiques et d’imagerie, avec l’IRM comme examen de référence. Toutefois, une imagerie normale ne suffit pas à exclure l’endométriose. Des avancées comme le test salivaire Endotest pourraient améliorer le diagnostic précoce. En attendant, l’interrogatoire clinique reste une première approche indispensable. La prise en charge repose sur une démarche multimodale : anti-inflammatoires, traitements hormonaux, chirurgie, et stratégies complémentaires (kinésithérapie, nutrition). En milieu militaire, des adaptations professionnelles et un suivi spécifique peuvent s’avérer nécessaires pour limiter l’impact sur l’aptitude opérationnelle. Le médecin des forces joue un rôle clé dans l’identification et la prise en charge de cette pathologie. L’optimisation du dépistage et des soins est primordiale pour concilier exigence militaire et qualité de vie des patientes. Des recommandations adaptées et une meilleure formation des médecins militaires sont essentielles pour améliorer la prise en charge et limiter les répercussions sur la carrière des femmes engagées.
Échec sur inaptitude médicale au cours du stage commando marine 152 : Étude rétrospective Le stage commando marine (STAC) élémentaire est l’un des plus difficiles de l’armée française que ce soit sur le plan physique ou psychique avec un taux d’attrition parmi les plus importants : près de 80 à 90% des stagiaires sont éliminés. Parmi ces derniers, 50% l’ont été sur raison médicale en 2012. L’objectif principal de ce travail est de dresser un tableau complet des pathologies retrouvées lors du STAC 152 pourvoyeuses d’inaptitudes, point de départ indispensable pour envisager une prévention. Les pathologies traumatiques aigue représente 54% des consultations et 64% des inaptitudes médicales prononcées. Les pathologies médicales représentent 46% des consultations et 36% des inaptitudes médicales prononcées. Le nombre d’inaptitude médicale est plus important en 2019 (62%) qu’en 2012 (42%). Une attention particulière aux stagiaires présentant des antécédents récents de blessure ostéo-articulaire est à porter, ainsi qu’au plus âgées. Enfin un recul est encore nécessaire pour préconiser le CrossFit comme préparation à privilégier.
Les infections dues aux virus de l’hépatite B et C (VHB et VHC) exposent à des complications graves et peuvent être cause d’inaptitude à servir. Souvent asymptomatiques, elles sont sous-diagnostiquées alors qu’elles sont accessibles à des stratégies thérapeutiques efficaces. De plus, les militaires engagés en opérations extérieures (OPEX) peuvent être exposés aux liquides biologiques et devenir donneurs de sang total pour des transfusions massives en cas d’événement de guerre. Actuellement il n’y pas de stratégie de dépistage systématique des virus VHB et VHC à l’incorporation dans l’armée française, mais uniquement un rattrapage de la vaccination contre l’hépatite B si non réalisée antérieurement et sans détermination du statut immuno-virologique. Une détermination du statut virologique contre le VHB et le VHC sera cependant réalisé lors d’un don de sang en métropole ou lors de la collecte de sang total en opérations. L’objectif de ce travail était de décrire la population militaire dépistée positive aux virus de l’hépatite B et C dans la région Île de France sur une période de 4 ans. Nous avons analysé rétrospectivement sur dossier les données cliniques et biologiques des patients militaires âgés de 18 à 65 ans dépistés porteurs de l’antigène HBs (AgHBs) ou d’anticorps anti-VHC entre le 01/12/2016 et le 31/12/2020. La base de données utilisée était celle du service de biologie médicale de l’Hôpital d’Instruction des Armées (HIA) Bégin, regroupant l’ensemble des sérologies prélevées dans les Centre Médicaux des Armées d’Île de France et des deux HIA parisiens. Les données étaient anonymisées et analysées pour évaluer le motif de dépistage, les caractéristiques démographiques et cliniques de la population étudiée et les conséquences sur l’aptitude opérationnelle. Trente-huit patients présentaient un portage chronique de l’AgHBs, et 6 patients avaient une sérologie VHC positive. Parmi les 38 patients porteurs du VHB, le motif de prescription de la sérologie était disponible pour 27 d’entre eux (71%). Il s’agissait d’un dépistage systématique dans 56% des cas (15/27), d’un dépistage chez des patients avec des symptômes cliniques ou biologiques dans 22% des cas (6/27), et dans 15% des cas (4/27) lors d’un don du sang. Au total, pour 77% des cas (21/27), la découverte était fortuite au cours d’un bilan sans point d’appel clinique. Parmi les 6 patients ayant une sérologie VHC positive, 2/6 (33%) étaient symptomatiques, 2/6 (33%) réalisaient un bilan d’infection sexuellement transmissible et étaient également positifs au VIH et un patient réalisait un bilan d’accident d’exposition au sang (AES) professionnel. Aucun n’avait de charge virale VHC détectable. Parmi les patients porteurs de l’AgHBs avec information disponible, une fibrose significative était présente au diagnostic dans 14% des cas (4/29) et 24% (8/33) présentaient une cytolyse. Aucune infection VHC n’était associée à une réplication virale, un seul patient avait une cytolyse, mais le résultat du bilan hépatique n’était pas disponible pour les cinq autres. Parmi les militaires porteurs de l’Ag HBs, 42% (16/38) étaient nés en Afrique Subsaharienne et 29% (11/38) en départements d’outre-mer et collectivités d’outre-mer (DROM-COM), qui sont des zones de moyenne et de forte endémie avec des taux de prévalence supérieurs à 1% en population générale. La majorité des patients était asymptomatique au diagnostic, et était dépistée à un stade précoce. Un dépistage ciblé des hépatites virales à l’incorporation permettrait la prévention des complications tardives et le maintien de la capacité opérationnelle de ces militaires.
Cinq à 15% des anaphylaxies seraient représentées par l’anaphylaxie induite par l’effort, une entité particulière d’anaphylaxie, induite par l’exercice physique. Dans le cas de l’anaphylaxie alimentaire induite par l’effort (AAIE), les symptômes sont déclenchés par l’exercice, uniquement après consommation d’un aliment. Les militaires français constituent une population jeune, ayant une pratique régulière de l’exercice physique et suivis spécifiquement par les médecins des forces. L’objectif de cette étude épidémiologique descriptive était d’évaluer les connaissances et pratiques des médecins des forces sur l’anaphylaxie alimentaire induite par l’effort. Le support était un questionnaire individuel anonyme, diffusé par mail en 2021 aux internes en fin de formation, puis à tous les médecins des forces. Sur environ 740 médecins et internes, 150 réponses ont été reçues. Seuls 5% des médecins diagnostiquaient l’AAIE dans le cas clinique au stade prodromique, et 14% à la phase précoce d’anaphylaxie. Seulement 8% des médecins avaient eu une formation sur cette pathologie, 9% disaient avoir rencontré un cas au cours de leur pratique. L’AAIE reste une pathologie globalement méconnue, alors que les cas décrits ne sont pas si rares. Les répercussions en terme d’aptitude médicale sont importantes. Elle doit être mieux abordée dans les formations d’urgence ou de médecine du sport.
Les ulcères gastriques chez le cheval sont une affection complexe et multifactorielle, de physiopathologie encore méconnue mais de prévalence souvent élevée. Ce syndrome, divisé en deux maladies correspondant aux deux muqueuses de l'estomac, peut affecter l’ensemble des chevaux d'un effectif selon certaines études, entraînant des effets allant de la contre-performance aux coliques. Si de nombreuses études de prévalence existent dans le milieu des courses ou du sport, les travaux publiés concernant les effectifs militaires sont rares, et tous sud-américains. Ce travail s’est donc attaché à recueillir des données épidémiologiques du syndrome d’ulcération gastrique équin chez les chevaux du régiment de cavalerie de la Garde républicaine. Deux groupes de trente chevaux avec et sans signes cliniques compatibles avec des ulcères gastriques ont été sélectionnés, puis ont subi une gastroscopie. Les prévalences globale, non glandulaire et glandulaire sont respectivement de 88 %, 80 % et 42 % sur l’ensemble de l’échantillon. L’unité d’affectation influait sur cette prévalence, et il est probable qu’il en fût de même pour l’alimentation.
L’appendagite est une pathologie digestive peu fréquente mimant un tableau clinique et parfois biologique d’appendicite aiguë. Cette pathologie plus répandue chez les hommes apparaît le plus souvent entre 40 et 50 ans. Le diagnostic est évoqué à l’aide d’un scanner abdominopelvien injecté mettant en évidence une inflammation de l’appendice épiploïque, sous forme d’un aspect dit du « ring sign » à l’imagerie. Le traitement est médical et repose sur des anti-inflammatoires non stéroïdiens et des antalgiques. La connaissance de cette entité permet d’éviter le recours à une chirurgie abdominale et un rapatriement sanitaire aux militaires en opération.
Le somatoschisis est une malformation vertébrale rare caractérisée par un d’un défaut d’ossification ventrale du corps vertébral aboutissant à une vertèbre fendue en deux. Si cette pathologie est le plus souvent asymptomatique, il en résulte une fragilité rachidienne qui contre indique les activités à haut risque traumatique, notamment le parachutisme ou les activités commandos. Le diagnostic de cette pathologie repose sur l’examen clinique, l’interrogatoire et la radiographie du rachis. Malgré sa rareté, étant donné son impact potentiel sur la santé et l’aptitude à servir des patients atteins, il s’agit d’une pathologie à traquer lors de l’incorporation en unité opérationnelles. Mots clés : Rachistisis. Spina bifida antérieure. Somatoschisis. Vertèbre papillon. Médecine d’armée.
L’enseignement en santé est passé d’une approche par connaissances à une approche par compétences. Dans le cadre du diplôme d’études spécialisées de médecine générale, le collège national des généralistes enseignants a rédigé un référentiel de compétences des médecins généralistes avec six compétences génériques transversales indispensables. De nombreuses grilles d’évaluation des internes en cours de formation en ont découlé. Le médecin des forces est titulaire d’un diplôme d’études spécialiées de médecine générale mais aucun référentiel de compétences décrivant les compétences spécifiques de son milieu d’exercice n’a été élaboré. L’objectif de ce travail était d’élaborer un référentiel de compétences du médecin généraliste militaire. Des entretiens d’explicitation ont été conduits auprès de médecins des forces pour décrire les actions mises en œuvre lors des différentes situations qu’ils rencontrent au cours de leur exercice professionnel. Ces entretiens ont été retranscrits puis analysés en triple aveugle et codés pour obtenir des catégories de capacités, macro-capacités et de compétence. Quarante-deux entretiens ont été réalisés auprès de trente et un médecins militaires. Mille soixante-seize verbatims d’action ont été extraits du corpus ce qui a permis de les classer en dix compétences du médecin des forces : le soignant, le médecin de prévention, opérationnel – militaire, le médecin d’expertise, le chercheur, le leader, le collaborateur-communicateur, l’encadrant, le logisticien et le professionnel. Ce travail propose un référentiel composé de dix compétences déclinées en macro-capacités puis en capacités.
Le service de santé des armées français est capable de déployer une chaine santé complète en opérations extérieures, de la prise en charge de blessés à l’avant jusqu’à l’évacuation vers une antenne chirurgicale puis vers les hôpitaux en métropole. Pour cela, il dispense des formations adaptées aux personnels projetés. L’objectif de cette étude est d’estimer l’impact de la formation reçue (continue et mise en condition finale) avant un départ en opération extérieure sur l’aisance médicale ressentie lors d’une mission réelle d’évacuation médicale par voie aérienne par hélicoptère de manœuvre ou avion tactique. Pour ce faire, un questionnaire a été transmis à 82 médecins militaires ayant participé à ce type de mission au cours de l’opération Barkhane entre 2017 et 2022 avec un taux de réponse s’élevant à 82%. Les résultats sont satisfaisants avec 82% des praticiens interrogés déclarant avoir été à l’aise au cours de leur dernière mission. Malgré cette aisance globale ressentie, 55% décrivent des difficultés. 77% affirment que l’aide apportée par la formation reçue a été significative cependant 66% estiment que des améliorations peuvent être apportées. Cette étude met en évidence que la formation avant départ délivrée lors de la mise en condition finale est globalement de qualité mais est complémentaire avec une pratique régulière des soins critiques.
La folliculite décalvante est une pustulose inflammatoire chronique du cuir chevelu responsable d’alopécie cicatricielle secondaire aux poussées. Il est important de détecter la folliculite décalvante à un stade précoce pour limiter le risque d’alopécie cicatricielle des zones atteintes et l’impact sur la qualité de vie des patients. Cependant cette pathologie est peu connue et le retard diagnostic est important. Le traitement est long et les récidives sont fréquentes. Cet article permettra au médecin généraliste de diagnostiquer cette pathologie et d’initier le traitement.
Les perspectives de guerres hybrides redéfinissent les conditions d’exercice de la médecine du combat. La guerre hybride perturbe les évacuations médicales conventionnelles et peut nécessiter de réaliser des prises en charge prolongées des blessés sur le terrain, avec des ressources limitées. Face à l’allongement des délais d’évacuation médicale et face à la complexité des environnements de la guerre hybride, le Service de Santé des Armées a adapté les réponses médico-chirurgicales de damage control de réanimation et chirurgical. Ces adaptations visent à maintenir et stabiliser les fonctions vitales des blessés au combat jusqu’à la chirurgie définitive, tout en prenant en compte des délais prolongés de prise en charge et des ruptures logistiques. Le renseignement médical, le Global Health Engagement et la diplomatie médicale constituent des réponses médicales stratégiques à la guerre hybride. Elles renforcent l’influence géopolitique, développent la confiance des forces armées partenaires et visent à intégrer les capacités médicales dans un cadre élargi d’objectifs militaires et diplomatiques. Les évolutions futures, incluant les évacuations autonomes des blessés et la prise de décision guidée par l’intelligence artificielle, adapteront davantage la médecine du combat à des environnements dégradés et imprévisibles.
L’aptitude à servir des militaires français était principalement réévaluée, jusqu’au 6 avril 2025, tous les deux ans lors des visites médicales périodiques (VMP). Aucune étude n’a été menée à ce jour sur l’ensemble de la population militaire afin d’évaluer la plus-value des VMP en termes de découverte de pathologie entrainant une inaptitude médicale ou une restriction d’emploi (IRE). Cette étude rétrospective observationnelle a pour objectif de décrire l’incidence des IRE entre la VMP réalisée en 2023 et la VMP précédente, notamment selon l’âge. Cette étude a inclus 3 720 militaires. Il existe un lien significatif entre l’incidence d’une IRE et l’âge, le genre, l’armée, la catégorie professionnelle et le statut. L’incidence de survenue d’une IRE est la plus forte chez les 20-29 ans (36,8%). Concernant les classes d’âge 20-29 ans et 30-39 ans, représentant 71,9% des effectifs des armées, plus de 80% des pathologies sont découvertes entre les VMP et non lors de celle-ci. Ces résultats interrogent la pertinence d’une périodicité de contrôle de l’aptitude commune alors que la plus-value de la VMP en termes de découverte de pathologie cause d’IRE varie en fonction des critères évoqués. Le temps de consultation et de soins apparait ainsi comme le moyen le plus pertinent pour connaître et donc évaluer l’état de santé des militaires.
Un traitement antiparasitaire est indispensable pour préserver la santé du chien et sa capacité opérationnelle. Le collier étudié, à base d’imidaclopride et fluméthrine, présente l’avantage d’avoir une efficacité de huit mois contre les tiques, qui est donc plus longue que celle d’autres formes galéniques. En revanche, ce collier doit être suffisamment serré autour du cou de l’animal pour être efficient. Or les chiens militaires, dont les missions sont variées et parfois intensives, peuvent mettre à rude épreuve la tenue du collier. L’étude a été réalisée de février 2022 à octobre 2022 au 24e groupe vétérinaire de Suippes. Le nombre de colliers perdus, arrachés ou ingérés a été recensé afin d’évaluer la rusticité du collier chez les chiens militaires. Les résultats montrent une tolérance satisfaisante du collier chez le chien militaire. De plus, 23.2% des colliers ont été perdus, arrachés ou ingérés, et 18.5% des chiens ont perdu, ingéré ou arraché leur collier au cours de l’étude. La tenue moyenne d’un collier était de 7.1 mois. Sa rusticité est donc modérée chez le chien militaire.