
Cet article présente l’élaboration d’une grille visant à observer et à caractériser des pratiques d’enseignement ordinaires orientées investigation en sciences dans l’enseignement secondaire et supérieur. Cette grille prend appui sur une revue de littérature comportant cinq dimensions. Cette élaboration porte sur la caractérisation d’un enseignement par investigation scientifique et quatre enjeux qui sont au coeur d’un tel enseignement : 1) l’équité sociale et de genre, 2) la coopération entre apprenants, 3) le développement de leur autonomie et 4) le développement de leur créativité dans un cadre scolaire. La grille a été construite via un processus itératif confrontant les premières grilles issues de la revue de littérature aux données de terrain (films de séance, entretiens avec l’enseignant, notes de terrain) recueillies par une équipe de recherche pluridisciplinaire. L’usage de la grille finale comportant 25 indicateurs est illustré sur une séance de physique en classe terminale de lycée en France. Une brève discussion sur les potentialités et les limites méthodologiques de la grille conclut l’article.
Travailler l’oral en l’articulant avec l’écrit autour d’un genre textuel est une perspective prometteuse pour remédier aux difficultés exprimées par les enseignants et asseoir conjointement les compétences orales et scripturales des élèves du primaire. Pour répondre à la nécessité de tester empiriquement cette relation, les auteurs ont engagé un processus rigoureux de développement d’un outil d’évaluation d’anecdotes produites à l’oral et à l’écrit, selon une méthodologie garantissant sa validité. Le processus de construction de l’outil a permis le passage en revue des critères d’évaluation et la mise sur pied d’échanges et de négociations au sujet de leur formulation et de leur compréhension. Le présent article rend compte de ce processus de conception itératif et collaboratif.
La validité est la qualité la plus importante d’une évaluation. En revanche, c’est souvent un concept peu maîtrisé par le corps enseignant en sciences de la santé (professeurs, cliniciens-enseignants, etc.). Cet article vise à aider le corps enseignant en sciences de la santé à comprendre comment documenter ou juger la validité d’une évaluation. Il aborde la validation d’une évaluation par des méthodes qualitatives et quantitatives selon l’approche la plus reconnue, soit celle décrite dans les Standards for Educational and Psychological Testing (AERA, APA, & NCME, 2014). Nous décrivons les différents types de preuves de validité, tout en expliquant comment il est possible de les documenter dans un contexte d’évaluation en sciences de la santé.
Les évaluations conventionnelles ont des effets néfastes sur la persévérance et sur la santé des personnes étudiantes (Gaudreau, 2018 ; Hétu, 2019). Les pratiques alternatives de notation (PAN) y remédient en donnant l’occasion à l’étudiante ou à l’étudiant de se reprendre sans pénalité (Nilson et al, 2023 ; Voisard et al, 2024). Cet article présente une PAN que les professeures et professeurs peuvent aisément adopter, les examens portfolios, et analyse son utilisation auprès de 341 personnes étudiantes dans cinq types de cours, préuniversitaires comme techniques, au collégial québécois, entre 2015 et 2022. La quasi-totalité de ces personnes se sont dites « Satisfaites » de cette méthode qui a diminué leur stress et les a aidées à mieux comprendre. Les notes ont augmenté significativement dans trois des cinq types de cours, sans diminuer la cote des meilleures pour leur admission à l’université. Somme toute, l’évaluation par examens portfolios semble être une excellente méthode, appréciée et aidante, pour évaluer en continu les compétences.
Malgré les avantages de la formation à distance (FAD) en matière de flexibilité et d’accessibilité, les environnements numériques d’apprentissage (ENA) restent souvent rigides et déconnectés des pratiques d’apprentissage des personnes étudiantes. Pour dépasser cette limite, nous avons conçu le GENérateur d’eSpace PRivé de Travail (GENeSPRIT), un dispositif intégré permettant aux personnes apprenantes de créer et de gérer leurs propres environnements personnels d’apprentissage (EPA). Cette recherche, inscrite dans une épistémologie didactique clinique, explore comment le rapport au numérique peut devenir un levier pour différencier les pratiques d’apprentissage dans un ENA novateur. Les résultats obtenus permettent de repérer des profils singuliers de personnes apprenantes et d’envisager une personnalisation accrue de la formation. Ils ouvrent la voie à la formalisation de pistes heuristiques pour la conception d’une nouvelle génération d’ENA adaptatifs, mieux alignés avec les besoins des personnes étudiantes.
Notre étude, basée sur le modèle ADDIE, vise à analyser les besoins de la population étudiante marocaine pour l’intégration de l’apprentissage hybride dans leur processus éducatif. Une enquête en ligne a été réalisée afin de recueillir un large éventail de réponses. Les résultats révèlent des différences selon les spécialités (sciences humaines, sciences et technologies, gestion) et confirment les hypothèses initiales. Des corrélations statistiques montrent des liens entre les caractéristiques des personnes étudiantes et leur niveau de compétences numériques. Ces conclusions suggèrent l›adoption d›une pédagogie différenciée dans l›enseignement hybride, basée sur l’utilisation des plateformes d’apprentissage, pour mieux répondre aux besoins des apprenantes et des apprenants.
Cet article explore les mécanismes de reproduction et de transformation des rapports sociaux de sexe en éducation à la citoyenneté numérique dans le contexte scolaire suisse romand. L’enquête ethnographique, menée auprès de huit classes primaires (élèves de 8 à 12 ans), analyse la distribution des interactions et les rapports différenciés aux savoirs numériques. Les observations révèlent une reconnaissance préférentielle des garçons comme détenteurs légitimes de compétences techniques. Ceux-ci occupent une place centrale dans les échanges lors des séances consacrées aux sciences informatiques. Les filles font davantage l’objet de régulations portant sur les dimensions expressives et relationnelles de leurs pratiques en ligne, notamment sur les réseaux sociaux. Les interactions pédagogiques, qu’elles procèdent ou non d’une intention différenciatrice explicite, perpétuent certaines assignations sexuées en structurant l’accès à la parole et la reconnaissance des compétences. L’analyse invite à porter attention aux processus discrets de reconduction des inégalités dans le développement d’une citoyenneté numérique.
Cet article participe à la compréhension des processus d’enseignement et d’apprentissage associés au fait de donner un ordinateur à des élèves pour surmonter des difficultés d’apprentissage dans une perspective de différenciation pédagogique. L’étude mobilise les concepts d’affordance et de genèse instrumentale pour comprendre les défis. Les témoignages des enseignants et des enseignantes spécialisés montrent que l’élève a souvent un rôle secondaire dans le déploiement d’outils standardisés. Sur cette base, nous proposons un instrument de mesure de la place de l’élève dans la gestion de son environnement personnel d’apprentissage (EPA). Cet instrument, bien que conceptuel, suggère trois axes : l’accompagnement à l’identification des affordances, la gestion de l’EPA comme objectif d’apprentissage et le soutien à l’agentivité de l’élève. Finalement, nous discutons des implications d’une telle approche dans les déploiements numériques.
Cet article analyse les discours portés par des personnes décisionnaires d’éducation numérique sur un territoire donné à propos du matériel numérique scolaire. Explicitant la mission de l’école, la pédagogie différenciée et son approche dans l’idéologie humaniste, l’auteur cherche par l’analyse de discours à identifier les conditions des décisions prises. Il tente de caractériser les postures adoptées par ces personnes dans cet espace décisionnel spécifique, ainsi que les justifications apportées à ces décisions et l’idéologie sous-jacente. Les résultats montrent que les enjeux de marché dépassent ceux de la technique et de la pédagogie. Cette entrave enjoint les praticiens et les praticiennes de pédagogie différenciée ainsi que les chercheurs et les chercheuses à adopter une posture critique au-delà d’une technophilie ou d’une technophobie par rapport aux valeurs véhiculées dans les discours technologiques et les artefacts numériques qui leur sont soumis.
L’éducation inclusive et le numérique ont de fortes répercussions sur les pratiques éducatives, réinterrogeant les compétences enseignantes nécessaires pour intégrer le numérique dans une perspective inclusive. Nous examinons, par une étude secondaire de travaux conduits récemment, en quoi l’éducation inclusive au et par le numérique renouvelle et/ou reconfigure les compétences enseignantes. Cette contribution montre la nécessité de favoriser une approche réflexive et critique du numérique pour inclure, constituée d’un travail sur les postures et les représentations, des compétences techniques, légales, collaboratives, pédagogiques et didactiques. Cette approche vise à développer la prise en compte de la diversité, la gestion polyvalente de la différenciation, de la variété et de la flexibilité des supports, des tâches, des évaluations et des stratégies, le partenariat avec les personnes concernées, la littéracie et la citoyenneté numériques. Dans cette perspective, une didactique des gestes professionnels inclusifs soutenus par le numérique gagnerait à être développée.
Introduction. Health promoting behaviour tools abound in English, while they are scarce or almost non-existent in French. This article aimed to validate a composite questionnaire to identify health promoting or risky behaviours. Method. The ten steps of adapting psychological tests/scales provide by Gana et al. (2021) were applied to data collected from 343 adolescents and young adults aged 15-25 (mean = 17.6 ± 1.76) who completed a questionnaire of 51 items derive from three pre-existing scales. Results. Exploratory and confirmatory analyses support the eight dimensions structure with 27 items explaining 56.69% of variances: spiritual health; interpersonal relationship; physical exercise; stress management; appreciation of life; sleep hygiene; responsibility in health; and social support. Conclusion. The Composite Health Promotion Behaviour Assessment Questionnaire (AHPB-27) is valid for identifying health promoting behaviours among adolescents and young adults in the francophonie
Research on spatial ability is interested in identifying the cognitive processes which characterise it. It has been related to success in science, technology, engineering, and mathematics. Completed as part of the French research project EXAPP_3D e-FRAN, our study has focused on measuring engineering freshmen’s spatial and 3-D modelling skills. Pen-and-paper tests are currently the most popular method used to measure spatial skills. Our research has shown that performance on these tests is not indicative of the skills targeted by the tests alone: Our first subjects reported a variety of solving strategies. The sensitivity of spatial tests to bypass strategies, in the sense that those used do not correspond to the skills targeted by the test, presents the challenge of defining an experimental protocol that characterises both the performance measured in these tasks, as well as the skills they engage. This article presents a mixed methodology which addresses this twofold issue.
In Switzerland, at the end of their initial vocational education, retail apprentices take a practical exam at the company where they are being trained. This exam, which is both certifying and eliminating, lasts between one and one and a half hours, depending on the type of training. It is conducted by two professionals in the field known as examiners. The objectives of this study are, firstly, to understand the validity attributed to the practical exam by the examiners and, secondly, to define the reasons for this assessment. To achieve this, a sample of 189 examiners answered a questionnaire on the validity of this exam. The data were processed by exploratory factor analysis, and three expert profiles were extracted by latent classes. The results of this study highlighted the heterogeneity of the examiners profiles. They differ according to their experience as examiners and their language.
Assessment of cognitive processes involved in the learning of geometry is a real challenge to understand difficulties learners faced. This article investigates the assessment of cognitive processes through two studies on the spatial visualization ability, a first in plane geometry and a second in 3D geometry. The first study uses a paper-and-pencil test used to assess the ability to visualize plane figures at the end of primary education. The second employs a test that uses virtual material, as an alternative to paper-and-pencil test, to assess 3D spatial visualization with primary and secondary learners. After a description of the two assessment tools, the aim of this article is to take a critical look at the evaluation of cognitive processes by presenting the limits relating to these tools and by identifying the alternatives offered notably with the emergence of new technologies.
The credibility given to evaluation results by stakeholders remains a significant concern for evaluators. How do stakeholders, who are interested parties, perceive the evaluation process and the credibility of the generated results? This article presents the documented perceptions of stakeholders as to the credibility of the obtained results and the overarching process. These perceptions are then compared to evaluators’ points of view. The discourses converge on several levels; however,a potential divergence is underlined in the way stakeholders and evaluators come to understand the aim of the evaluation process. The analysis thus focuses on this divergence and its implications of the evaluation process in such a way that an innovative solution is submitted, which requires, nevertheless, a repositioning of the evaluators’ relationship to the approach and to stakeholders.
The article outlines the development and validation process of the measurement scale for socio-affective presence in e-learning. This scale was constructed based on the theoretical model of social presence in e-learning (Jézégou, 2022). The study is based on a sample of 309 students enrolled in a fully online Master’s program in Education and Training Sciences, offered by French universities. First, an exploratory factor analysis reveals a three-factor structure with strong internal consistency. Second, a confirmatory factor analysis validates this structure and confirms the relationships between the three identified factors. The results demonstrate that this scale serves as a robust psychometric instrument for studying and analyzing socioaffective presence in e-training while opening new avenues for future research.
Instruments used to measure test anxiety in school have generally been validated using English-speaking populations. Moreover, these instruments are often lengthy, making their administration in school settings more complex. Based on the Children’s Test Anxiety Scale (CTAS; 2004), this paper develops a French adaptation titled Questionnaire d’anxiété évaluative scolaire (QAES), followed by a short version, the Questionnaire d’anxiété évaluative scolaire-Courte (QAES-C). The psychometric properties of the QAES-C were examined in two complementary studies involving 1,212 and 387 Quebec students, respectively. Exploratory factor analysis (Study 1) and confirmatory factor analysis (Study 2) revealed a structure reflecting the three components of test anxiety (i.e., cognitive, physiological and behavioral). In both studies, these three subscales demonstrated high internal consistency. Overall, the findings suggest that the QAES-C has satisfactory psychometric properties, supporting its use for assessing test anxiety among French-speaking adolescents.