
Modifier la terminologie d’une pratique médicale n’a rien d’anodin, c’est le reflet d’une évolution : en l’occurrence d’un progrès historique et sociétal qui sert les droits des femmes mais n’évince pas les dimensions insubstituables de ce qui demeure une épreuve. L’interruption volontaire de grossesse est une expérience intime dont le vécu est à la merci des variations de la morale et du concept de liberté.
Le service sanitaire des étudiants en santé est un dispositif pédagogique obligatoire qui associe enseignements théoriques, travail interprofessionnel et actions de terrain. Il vise à sensibiliser les étudiants aux déterminants de santé, à développer leurs compétences psychosociales et à favoriser l’intégration durable de la prévention dans leurs pratiques professionnelles. Malgré ses limites, il représente pour les sages-femmes une opportunité de renforcer leur rôle en tant qu’actrices de premier recours en prévention et en santé sexuelle.
Face aux évolutions du paysage périnatal, les politiques ont promu les sorties précoces en maternité mais leur mise en œuvre reste hétérogène. Une étude mixte a été menée via des entretiens auprès de patientes, soignants hospitaliers et sages-femmes libérales pour explorer les perceptions qui motivent la décision de sortie à l’aune de la justice organisationnelle. Le manque d’informations freine ces sorties. Mieux informer les mères et renforcer le réseau de ville les optimiseraient.
Le dépistage néonatal, qui reposait initialement sur un système associatif, est désormais inscrit dans une politique nationale structurée. Le programme national de dépistage néonatal garantit que tous les enfants nés en France bénéficient à la naissance d’un dépistage qualitatif.
Le dépistage néonatal, qui a pour objectif de détecter dès la naissance certaines maladies rares mais graves par des examens biologiques, fait l’objet, en France, d’un programme national depuis 1972. Ce programme est porté par le Centre national de coordination du dépistage néonatal et des centres régionaux de dépistage néonatal, en lien avec les maternités et les agences régionales de santé. Aujourd’hui, seize maladies peuvent être détectées chez les nouveau-nés dans le but de leur proposer une prise en charge précoce.
Les professionnels de santé, dont les sages-femmes qui sont souvent en première ligne, jouent un rôle majeur dans le programme national de dépistage néonatal : information des parents, recueil du consentement, réalisation du prélèvement ou gestion d’un potentiel refus. Leur formation est essentielle pour maintenir leurs connaissances à jour et harmoniser les pratiques.
La tuberculose est redevenue récemment la première cause de mortalité infectieuse dans le monde. Sa prévention repose sur le dépistage des populations à risque, la prise en charge des infections latentes et, bien entendu, la vaccination par le vaccin bacille de Calmette-Guérin, qui est recommandée chez les nourrissons à haut risque en France.
Ces dernières années, le programme national de dépistage néonatal a connu de nombreuses évolutions organisationnelles qui ont contribué à une importante extension du nombre de maladies dépistées. Depuis septembre 2025, trois nouvelles pathologies font partie de ce programme, parmi lesquelles l’amyotrophie spinale infantile et les déficits immunitaires combinés sévères dont la particularité repose sur le fait d’introduire un test génétique en première intention, soumis à une réglementation spécifique.
La clinique périnatale s’est complexifiée en intégrant, dans ses outils de compréhension et d’action, la composante culturelle. Grossesse, accouchement, mise en place des interactions précoces et construction de la parentalité sont des actes profondément intimes, intrapsychiques et intersubjectifs mais aussi sociaux et culturels, qui s’inscrivent dans les processus de transmission de la vie dans un groupe ouvert. L’articulation entre intrapsychique dans sa dimension consciente et inconsciente, intersubjectif et culturel est analysée à partir de la clinique quotidienne avec les migrants et leurs enfants.
La profession de sage-femme connaît un déficit d’attractivité. Dans un contexte où des places restent, chaque année, vacantes au sein des établissements de formation, il est important de prendre en compte les freins des étudiants à s’engager dans les études de maïeutique.
Les femmes sont exposées aux violences sexistes, à la maltraitance, au harcèlement et aux agressions, donc à la violation de leurs droits, tout au long de leur vie. La période de la grossesse peut les exposer à une vulnérabilité supplémentaire face à ces risques. La sage-femme joue un rôle protecteur important dans la prévention, le repérage et le signalement des faits de violence envers les femmes et les femmes enceintes.
L’échographie gynécologique s’impose comme une compétence essentielle des sages-femmes formées, répondant aux attentes des femmes face à l’errance diagnostique. Au-delà de l’obstétrique, elle permet d’explorer endométriose, fibromes, troubles du cycle et douleurs pelviennes dès la première ligne de soins. Associant temps clinique et rigueur technique, elle nécessite une formation continue solide. L’hystérosonographie complète cette approche diagnostique. Développer cette pratique réduit les délais et améliore l’accès au diagnostic pour toutes les femmes.
L’intelligence artificielle est devenue pour beaucoup un outil, ponctuel ou systématique, dans la vie privée comme dans la pratique professionnelle. Quelques précautions doivent être prises pour en faire un usage respectueux des règles de l’art et des frontières juridiques des responsabilités professionnelles.
La rupture des membranes à terme avant travail est un des facteurs de risque les plus fréquents d’infection néonatale bactérienne précoce (INBP). En 2017, la Société française de néonatalogie a mis à jour le champ des recommandations de la prophylaxie des INBP, ne validant que la voie intraveineuse. Une étude rétrospective a cherché à évaluer si l’usage de la voie orale avant travail était associé à une augmentation de l’incidence des INBP.
Le gouvernement a décidé de prolonger la grande cause nationale dédiée à la santé mentale en 2026. Les jeunes font partie des populations les plus fragiles de ce point de vue. Les résultats des enquêtes bien-être réalisées par l’Association nationale des étudiant·e·s sages-femmes mettent en évidence le mal-être de ces étudiants, une situation préoccupante qui entraîne des conséquences sur le vécu de la formation et l’attractivité de la profession.
L’échographie obstétricale occupe une place singulière dans le parcours de grossesse. Elle est à la fois un examen médical de dépistage et un moment fondateur pour les futurs parents. Le dépisteur se trouve au cœur d’une tension entre objectifs médicaux et attentes parentales. Appréhender le regard du praticien sur cette double dimension, les difficultés concrètes rencontrées et les postures permettant de concilier rigueur technique et accompagnement des couples dans leur transition vers la parentalité est riche d’enseignements.
L’échographie obstétricale exige une formation initiale solide, une formation continue régulière et une analyse rigoureuse des pratiques. La complexité croissante des examens et l’évolution technologique imposent une mise à jour permanente des connaissances. La compétence échographique repose sur trois dimensions : professionnelle, personnelle et matérielle. La formation continue se structure graduellement, des webinaires aux diplômes universitaires. L’analyse de pratique constitue un outil essentiel d’amélioration de la qualité.