
Cet article analyse les lettres d’auditeurs et d’auditrices adressées dans les années 1930-1940 à des musiciens et animateurs d’émissions radiophoniques diffusant de la old-time music. Il les inscrit dans une histoire sociale de la radio et des pratiques musicales ordinaires. Ces documents permettent d’observer, du point de vue de l’audience, les effets de la commercialisation du médium radiophonique et la marchandisation de la musique. L’article montre ainsi que les lettres sont un produit commercial qui permet à l’audience d’aborder sa pratique personnelle de la musique et donnent à voir le rapport marchand qu’entretiennent auditeurs et auditrices avec leurs pratiques musicales.
L’un des récits enchâssés de Baumgartner est un récit autoréférentiel dans lequel Auster conçoit une vision de l’écrivain comme un prisonnier condamné à créer des phrases à perpétuité. Toutes les phrases qu’il forge n’ont pas le même poids, mais celles qui constituent le seuil du monde fictif sont toujours d’une importance capitale. Auster a souvent affirmé que la phrase la plus importante d’un livre est la première phrase et que tout le reste en découle. Cet article examine attentivement les premières phrases de son dernier roman afin d’élucider la façon dont elles sont conçues, dont elles anticipent les principales préoccupations et la trajectoire narrative du roman et englobent l’ensemble de l’univers fictionnel de son auteur.
L'amorce des poemes de Paul Auster ne se contente pas de declencher un acte de parole, un acte d'enonciation lyrique. Elle prefigure aussi la fermeture ou l'extinction de son discours et, par la-meme, l'ouverture et la fermeture du poeme se produisent, pour ainsi dire, simultanement. Le poeme et son poete reconnaissent la tache orphique de la poesie, mais se retournent contre eux-memes en refusant cette tache. Cette mise en scene, qui se repete poeme apres poeme, est a son tour liee a un theme omnipresent dans l'a?uvre d'Auster, la tension entre le hasard et le destin.
La premiere phrase de The Invention of Solitude de Paul Auster est memorable de par son envergure et sa clarete. Elle marque le passage effectue par Auster de la poesie a la prose et annonce le theme de la fugacite qui traverse l'ensemble de son a?uvre. Get article analyse la convergence entre le debut et la fin des deux parties du diptyque qui structure le roman et souligne, dans les deux cas, la mise en valeur du caractere transitoire des premiers mots du texte. Il s'agira de demontrer que The Invention of Solitude fonctionne comme un creuset pour l'ensemble de l'a?uvre de Paul Auster, dont elle constitue elle-meme le commencement.
Cet article propose de lire Moon Palace et Invisible comme deux exemples de modification du bildungsroman, et aussi comme les itérations précoces des préoccupations du roman ultérieur d’Auster, 4 3 2 1 . Plus précisément, cet article soutient qu’Auster ne crée pas de personnages correspondant à l’idée du héros américain tel que R. W. B. Lewis le définit, et que chez Auster les aventures du héros ne s’accordent pas avec un récit de réalisation de soi comme allégorie de la nation.
Cet essai s’articule autour du thème de la guerre dans Man in the Dark (2008) de Paul Auster, en prenant comme cadre théorique l’étude psychologique sur la guerre de James Hillman. Dans le roman figurent deux récits de guerre, l’un imaginaire et l’autre réel. Ils permettent de comprendre le mythe de la guerre en tant que nouveau départ, ainsi que la réalité de la guerre comme bouleversement profond. En toile de fond de ce double récit de guerre se trouve une Amérique en déclin, une puissance hégémonique en chute libre aux mains d’une classe dirigeante néolibérale.
Le sens naît dans la musique des mots, et la première phrase donne le ton. Paul Auster parlait de son ouvrage tardif 4 3 2 1 (2017) comme d’une composition musicale, c’est pourquoi cet essai est dédié à son ouverture magistrale. Ce livre gigantesque équivaut à quatre romans en un. Il relate quatre vies possibles d’un seul personnage, Archie Ferguson ; cependant, ce quadruple récit contient de nombreux épisodes plus courts. Cet article se concentre sur l’un d’entre eux, le récit d’ouverture qui déclenche la saga familiale : l’histoire d’Ichabod Ferguson, le grand-père d’Archie. Le roman est introduit par une longue phrase qui peut sembler différente des premières lignes caractéristiques élaborées par Paul Auster depuis sa première œuvre en prose The Invention of Solitude . Mais cette phrase permet aussi d’entrer dans le récit par voie de condensation. Elle met en scène le voyage archétypal d’Est en Ouest, l’arrivée de l’ancêtre dans le Nouveau Monde, tel un seuil dévoilant la sombre réalité des mythes américains. Si la première phrase de 4 3 2 1 relève du pacte et de la promesse, elle tient aussi, comme toutes les légendes, de la supercherie.
Get essai evoque les auvres autobiographiques d'Auster, en particulier Report from the Interior, et propose de lire ce dernier comme un precurseur du long roman 4 3 2 1 paru recemment. Je propose ainsi de voir chez Auster un modele d'auteur juif americain different de ceux qui l'ont precede et explique en quoi cette difference complique sa place dans la litterature americaine contemporaine.
This article examines letters sent by radio listeners to musicians and hosts of programs broadcasting old-time music in the 1930s and 1940s. It situates these sources within a social history of radio and everyday musical practices. These documents allow us to look at the commercialization of radio and the commodi (R) cation of music from the audience's perspective. The article shows that those letters functioned as a commercial product through which listeners engaged with their own musical practices. It also sheds light on the market-oriented lens through which they saw music-making.
Cet article analyse les premiers mots du roman de Paul Auster publié en 1987, In the Country of Last Things , en accordant une attention particulière à la toute première phrase : « Ce sont les dernières choses, a-t‑elle écrit. » Cette réflexion s’articule autour de trois axes. Dans un premier temps, la dette du roman envers les conventions de la fiction apocalyptique, mais sachan que les multiples significations du mot « dernières » révèlent une critique de la conception apocalyptique du temps qui renforce les structures de pouvoir dominantes. Puis, cet essai examine l’utilisation par Auster de la deuxième personne pour passer d’un niveau narratif à l’autre et soutient que ce choix fait partie intégrante de sa critique du mode apocalyptique car, s’exprimant à travers les domaines géographiques, temporels et ontologiques, ce choix perturbe la téléologie linéaire de la destruction et de la renaissance et prône en retour la persévérance dans les domaines de la mémoire et du langage en tant qu’entreprise intersubjective cruciale. Enfin, cet article évoque les enjeux de l’éthique narrative et de la littérature du témoignage. Le récit intitulé In the Country of Last Things y est considéré comme un acte éthique, un don à l’autre, une invitation à témoigner et à forger des relations interpersonnelles. Le livre, qui subsiste comme témoignage de cet effort et comme motif d’optimisme, se veut un élément clé de la lutte pour préserver notre humanité.