
Entre 2000 et 2007, une succession de fouilles preventives a ete menee sur une carriere etendue dans un fond de vallee tourbeux. Fouille rapidement en 2003, le site VII de Warluis a livre des vestiges paleolithiques et mesolithiques. Le Mesolithique est documente par trois concentrations de vestiges. Leur position dans la zone basse de Warluis leur assure un âge Preboreal ou du debut du Boreal. Deux sont rapproches du Mesolithique initial sur des criteres techno-typologiques de l’industrie lithique. Il s’agit probablement de haltes assez breves consacrees a un nombre restreint d’activites. Nettement plus recente, la troisieme est clairement datee de la fin du Preboreal. Les vestiges sont lies a un probable foyer ou ont ete brules du bois de noisetier, des coquilles de noisettes et des ossements d’animaux. L’interpretation s’oriente vers le bivouac d’une famille ou d’un petit groupe de chasseurs. Cette etude est une contribution a une approche plus large des premiers 1 500 ans du Mesolithique a Warluis qui est menee a partir des nombreuses concentrations de vestiges reperees et fouillees sur les 40 hectares de la carriere.
Le site du château de Neuville a fait l’objet de deux diagnostics completes par des recherches documentaires et des observations de surface en dehors de l’emprise des deux operations archeologiques. Les vestiges imposants d’un bâtiment medieval ont ete degages. Cette construction aux caracteristiques monumentales appartient au château de Neuville. Reoccupe pendant la Premiere Guerre mondiale par l’armee allemande, ce bâtiment a fait l’objet d’un reamenagement interieur et un dessin y a ete peint. Pilonne pendant ce conflit, il a ensuite en grande partie ete remblaye. Une restitution du trace de l’enceinte castrale a ete proposee. La confrontation des differents resultats nous a egalement amene a reflechir a l’implantation du château construit au lendemain des guerres de Religion en remplacement de l’ancienne forteresse medievale. L’emprise du cimetiere qui s’etendait dans l’espace situe entre l’eglise et le château a enfin ete partiellement circonscrite. L’une des tombes fouillees indique une occupation relativement precoce de cet espace funeraire dans les annees 1170-1268.
Une fouille preventive prealable a l’extension d’une carriere a mis en evidence une concentration mesolithique dans la vallee du Therain. Cette large plaine alluviale correspondait a l’epoque a une juxtaposition de domes graveleux, de chenaux et de tourbieres. Le site prehistorique etait place pres d’un chenal a une soixantaine de metres d’un abrupt versant crayeux. Les vestiges sont peu nombreux mais comportent des restes fauniques bien preserves de chevreuil et d’aurochs et une industrie lithique restreinte aux produits de plein debitage et aux microburins. La faible extension spatiale de la fouille ne permet toutefois pas de trancher entre plusieurs hypotheses quant a la fonction du site. Il peut s’agir d’une aire specifique d’activite en marge d’un habitat ou d’operations de boucherie et d’entretien d’armes de chasse pres d’un lieu d’abattage. Les caracteristiques typo-technologiques de l’industrie lithique oriente plutot l’attribution vers le Mesolithique initial regional.
The geographical, ethnical and environmental diversity of Cisalpine Gaul before Roman conquest – starting with the foundation of the Latin colony of Ariminum in 268 BC – makes synthetic approaches to the Padan region difficult, if not impossible. Raffaele C. De Marinis’ 1984 hypothesis of regional settlement patterns characterized by scattered villages and farmsteads (often only identified through their associated cemeteries) remains largely valid. In the light of these observations, the data base used in this article can only be considered incomplete and the scope of this research, sub-regional. The objective of this paper is to propose a historiographical synthesis on pre-Roman habitation sites in Cisalpine Gaul. This is illustrated by archaeological examples from the Po Plain and the Val Camonica and Friuli regions. Late Iron Age Cisalpine habitation sites show common morphological and technical features that can be defined as multicultural due to their common occurrence in Venetian, Ligurian, Rhaetian, Celtic and Etruscan contexts. This observation limits the value of habitation sites as cultural markers. Consequently, the concepts of metissage (hybridization), integration and cohabitation will form the basis of this archaeological inquiry.
This article presents the results of excavation in 2007 and 2009 of an early Neolithic settlement located on the alluvial plain of the river Aisne at Vénizel " Le Creulet" (Picardy, France). The discovery of this site provides additional evidence for a dense pattern of early Neolithic settlement in the part of the Aisne valley between Soissons and Missy-sur-Aisne. A total of nine pits were excavated. Three are lateral pits associated with an incomplete houseplan. The other pits may have belonged to houses whose post-holes have not been preserved. As all these features were found on the edge of the excavated area, the original size of the settlement is unknown. The pit fills produced quite low quantities of finds. The analysis of the flint industry indicates two periods of occupation on the site, the earlier dating to the very end of the Seine basin Linear Pottery sequence and the later to Blicquy/ Villeneuve-Saint-Germain. The main distinguishing traits here are blade modules and raw materials. The small amount of pottery evidence is in accord with this chrono-cultural attribution. The faunal data point to consumption mainly of caprines in the earlier occupation, and cattle in the later period. These trends, which are well attested on other sites in the region, fit the dating proposed on the basis of the flint industry. The pits also contained fragments of sandstone macrolithic tools, together with some manufacturing or maintenance flakes. Soil samples from pit fills were analysed for charcoal and carbonised plant remains. Around thirty charcoal fragments were identified (oak, Maloideae, alder, elm), as well as three wheat grains.
La vallée de l’Aisne est une des rares régions à offrir l’opportunité d’étudier l’évolution sur le long terme des savoir-faire et des traditions techniques céramiques néolithiques. Initié par les travaux de Claude Constantin dans les années quatre-vingt sur le Néolithique ancien, ce pan de la recherche a bénéficié de deux thèses sur le sujet, l’une sur le Néolithique ancien et l’autre sur le Néolithique moyen II, et des travaux du PCR sur le Néolithique final. Différents travaux dans le cadre de la recherche préventive et plus récemment dans celui de l’ANR sur le Michelsberg sont venus compléter et approfondir les données. Nous nous proposons dans le cadre de cet article de dresser un tableau forcément rapide des différents résultats et des questions qui en découlent.
Les fouilles menées sur la commune de Pont-sur-Seine au lieu-dit "Le Haut de Launoy" Phase 3 (Aube) en 2012, mettent en évidence plusieurs phases d’occupations sur une superficie de moins de 7 000 m ². Largement représentés, les vestiges affiliés au Néolithique récent comprennent un tronçon de palissade au tracé singulier qui semble enceindre deux bâtiments rectangulaires sur poteaux, deux dépôts d’outils et de nombreux mobiliers fragmentés piégés dans des niveaux de sols. L’article présente les données relatives à la palissade et à son système d’entrée en forme « d’entonnoir » . Il propose une restitution architecturale de la palissade et tente d’établir des comparaisons avec d’autres systèmes palissadés reconnus dans un rayon de moins d’un kilomètre et remet en contexte ces nouvelles données croisées à celles recueillies lors des fouilles limitrophes.
Comme plusieurs sites emblématiques du Néolithique de la vallée de l’Aisne, l’enceinte de Berry-au-Bac " La Croix Maigret" fut découverte par Michel Boureux lors de prospections aériennes. À la faveur de la sécheresse de 1976, est ainsi apparu un fossé continu, doublé d’une palissade. Plusieurs campagnes de fouilles préventives, menées par l’équipe de l’URA 12 du CNRS (aujourd’hui l’UMR 8215-Trajectoires), se sont alors succédées de 1976 à 1980. C’est lors de la campagne de 1978 que fut mise au jour une sépulture du Néolithique moyen II, entre le fossé et la palissade intérieure de l’enceinte. Ce volume d’hommages à Mariannick Le Bolloch est donc l’occasion de la présenter, en référence aux travaux qu’elle consacra à la vallée de l’Aisne en général et à la culture de Michelsberg en particulier. Bien qu’il s’agisse d’une découverte ancienne, cette sépulture n’avait jamais fait l’objet d’une publication exhaustive jusqu’à présent. Datée initialement du Michelsberg par la céramique qu’elle contient, elle a depuis bénéficié d’une datation radiocarbone qui la situe à la toute fin de cette culture, voire au-delà. Elle trouve ainsi place au sein d’un corpus de tombes datées de la fin du Néolithique moyen qui, s’il reste modeste, s’étoffe régulièrement dans cette micro-région.
En 2002, la découverte d’un petit monument très érodé attribuable au Néolithique moyen suscita des interrogations sur la crédibilité d’une telle découverte, inédite dans la vallée de l’Aisne. D’autant que la structure paraissait très détruite et que la définition de son image au sol ne fut jamais bien marquée, même une fois la fouille achevée. Cet article en présente les caractéristiques. Si le plan présente des similitudes avec des monuments Cerny de l’Yonne, les quelques tessons trouvés lors de la fouille révèlent une occupation au Michelsberg. Malheureusement les datations AMS ont échouées du fait de la mauvaise conservation de l’os.
Around 275-250 B. C., a first arciform dwelling was established at Ourcel-Maison. During the two following centuries, the area was to be subject to increasing occupation, especially noticeable from the middle of the 2nd century B. C., with the tripling of the number of enclosures, and at the same time an increase in their surface areas and in the number of domestic units. This spreading out from what might be termed a “ mother” settlement suggests the hypothesis that there was continuous development, as a consequence of the economic vitality of this community, from generation to generation.
Le présent ouvrage rend compte du résultat des travaux de recherche sur le mobilier métallique médiéval et moderne, du IXe siècle au XVIIe siècle. Ils ont été engagés dès 1997 à l’Université de Picardie Jules-Verne dans le cadre d’une thèse de doctorat soutenue en 2001 sous la direction du professeur Philippe Racinet. Le corpus était constitué à partir de lots d’artefacts métalliques issus de fouilles programmées et préventives menées sur le territoire picard, mais également, et dans une moindre mesure, de collections muséales. Il paraissait avant tout incontournable de présenter l’historiographie de ce type de recherche qui rend compte de sa difficile émergence. Un premier chapitre relate ainsi la lente évolution de cette discipline, des années soixante à nos jours, en citant les acteurs les plus emblématiques et leur contribution. Dans la région, le contexte de l’archéologie de sauvetage, puis préventive, ne comptait pas ou très peu dans ses rangs de spécialistes pour les époques médiévale et moderne. Ce type de recherche portait essentiellement sur les objets en fer issus des nécropoles celtiques et mérovingiennes bénéficiant de moyens financiers et de l’un des premiers laboratoires de restauration basé alors à Compiègne. Un second chapitre est consacré à la présentation des sites picards, pour la plupart inédits, et de leur corpus d’objets métalliques. De facto, la période chronologique prise en compte dans le cadre de cette recherche a été bornée d’après les sites retenus. L’intérêt ici était de présenter des lots d’objets issus de sites de statuts différents : le château, le village, le prieuré, la ferme, le contexte urbain, le souterrain-refuge… La prise en compte également de quelques collections muséales était l’occasion de caractériser le type de mobilier sciemment conservé. Le troisième chapitre expose l’étude typologique et fonctionnelle de chaque type d’objet. Ce mobilier, en parallèle d’informations chronologiques, est analysé selon plusieurs problématiques d’ordre principalement technique, puis ethnologique au plus près des données scientifiques extrinsèques : celles des occupations humaines anciennes. Afin de traiter ces questions, le panel d’objets s’est largement enrichi de corpus étudiés postérieurement à la thèse. Enfin, au dernier chapitre est présenté le catalogue d’origine totalisant 800 objets dessinés figurant sous forme de planches et de notices. L’objectif scientifique vise à définir les contours de ce pan de culture matérielle régionale aux époques médiévale et moderne. De cette recherche, il en résulte le constat d’un processus complexe : celui de la diversification et du perfectionnement de l’objet métallique sur une longue période bénéficiant dans la durée du progrès technique. Deux décennies plus tard, et ce malgré l’étude de plus d’une centaine de corpus régionaux et extra-régionaux, le champ d’investigation s’avère bien plus vaste. Cette publication ne constitue donc qu’une simple contribution à cette discipline qui n’a été reconnue officiellement que très récemment.
Bei der Ausgrabung einer neuen Fundstätte der Michelsberger Kultur in der Gemeinde Cuiry-lès-Chaudardes (Departement Aisne, Region Picardie) wurden vier bis sieben unterschiedliche Gebäudegrundrisse entdeckt. Deren Assoziation mit Gräbern und Siedlungsstrukturen erlauben eine Interpretation der Fundstätte als Dorf. Die Radiokarbondatierung dieser Grundrisse, die sich von allen bekannten Grundrissen unterscheiden, in eine späte Michelsberger Phase steht im Einklang mit der Entdeckung eines geschlossenen Keramikensembles in einem kleinen Silo des Dorfes. Die Grundrisse schließen die Lücke zwischen der Michelsberger Periode mit wenigen bekannten Gebäudegrundrisse, und dem Jung-und Endneolithikum, für das zahlreiche Grundrisse bekannt sind, die denen der Michelsberger Periode architektonisch sehr nahe stehen.
La découverte de deux fosses, lors d’un diagnostic prescrit en février 2009 par Mariannick Le Bolloch, a permis de recueillir un lot relativement conséquent de céramique rattachées à la chronologie Bronze final. L’analyse de ce lot est l’occasion de regrouper quelques découvertes, anciennes et récentes, concernant la céramique de l’âge du Bronze final de la confluence de la Miette et de l’Aisne et de débattre des difficultés rencontrées pour l’élaboration d’une chronologie locale du Bronze final.
La fouille réalisée en 2010 sur la ZAC des "Verriers" à Villers-Cotterêts (02) a permis l’observation d’au moins trois occupations successives de l’âge du Bronze final, de la période romaine et de l’époque carolingienne. Elle entre dans une optique de recherche de plus en plus marquée, de ce territoire frontalier jusqu’alors peu documenté par l’archéologie. Cette fouille, de même que les diverses opérations de fouilles et de diagnostics réalisés en périphérie -notamment la récente mise au jour d’occupations du second âge du Fer sur la parcelle voisine -montre la pérennité de l’occupation sur le long terme dans ce secteur de Villers-Cotterêts depuis au moins la fin de l’âge du Bronze et probablement jusqu’à la période moderne.
Depuis une dizaine d’années, les découvertes de gisements du Paléolithique final et surtout du Mésolithique se multiplient dans la moyenne vallée de l’Oise. Elles interviennent dans un contexte jusqu’ici lacunaire et donnent une image plus dynamique de la vallée durant le Tardiglaciaire et surtout la première partie de l’Holocène. Ces nouvelles données autorisent un premier état des lieux des différents contextes sédimentaires et de leurs implications dans la conservation des gisements. Ainsi, cinq contextes sédimentaires ont été distingués : les « montilles » sableuses, les zones aux altitudes plus basses (couche unique), les chenaux secondaires, le lit mineur de l’Oise et enfin les paléoberges de la rivière. Ils ont pour point commun un bilan sédimentaire très faible à nul durant la première partie de l’Holocène. Les conséquences sur les gisements préhistoriques sont des mélanges fréquents et peu de matière organique préservée notamment la faune. Ces faits restreignent les études et les interprétations. Cependant, les dernières informations recueillies permettent d’engager une première réflexion sur la représentation et l’implantation des gisements appartenant à différentes périodes du Paléolithique final et du Mésolithique. Le Paléolithique supérieur n’est pour l’instant retrouvé que sur des buttes de sable souvent mal conservées. Il conviendra de confirmer l’intérêt de ces populations pour ces contextes sableux.