
Les concentrations naturelles en nitrates dans les eaux souterraines de France, ont été déterminées. Pour ce faire, ont été sélectionnées dans la base de données ADES [ades.eaufrance.fr] les eaux des sources dont le bassin versant est entièrement en milieu peu affecté par des influences anthropiques : forêts, landes, alpages. Les valeurs médianes montrent une vague relation avec l’altitude des sources : au-delà de 1500 m les nitrates sont à 2 mg.L–1 ; à plus basse altitude, 500 m ou moins, elles sont de l’ordre de 3 mg.L–1 environ. Lorsque les concentrations en nitrates excèdent ces valeurs, certains anions montrent eux aussi une différence par rapport à leurs valeurs « naturelles » ; la tendance n’est cependant pas toujours la même. Ainsi lors de chroniques de mesures sur plusieurs années, les sulfates montrent parfois une augmentation, lorsque les nitrates diminuent : cela s’observe surtout lorsque le milieu géologique est à même de fournir du soufre aux eaux souterraines, par exemple dans des milieux de schistes. Au contraire les chlorures, montrent toujours une relation positive avec les nitrates ; c’est aussi vrai pour une diminution, que pour une augmentation. Il ne peut s’agir avant tout, d’apports conjoints de sulfates ou chlorures, aux nitrates : le cas des sulfates, qui peuvent varier en sens inverse de ces nitrates, en est un exemple évident. Celui des chlorures est moins net : leur variation est souvent proportionnelle à celle des nitrates, dans la diminution comme dans l’augmentation. Toutefois, les calculs d’extrapolation vers des valeurs « naturelles » en nitrates, comme ceux qui résulteraient de lois de mélange ou de dilution (relations linéaires), conduisent à des résultats aberrants pour les chlorures. Des calculs fondés sur des relations non linéaires, exponentielles par exemple, fournissent de meilleures estimations : ceci implique la prise en compte des phases solides, pour l’évolution des concentrations en anions ; en d’autres termes, il s’agirait de chimie de milieux hétérogènes. Les données bibliographiques issues du monde de l’agronomie et du traitement de l’eau, vont dans ce sens. Elles montrent des relations de compétition entre anions (chlorures, nitrates, sulfates) dans les sols et/ou lors du traitement. Les nitrates en particulier seraient sorbés sur certaines particules du sol, avec une attraction particulière sur les ions trivalents Fe3+ et Al3+. Il en résulterait un effet-retard de la migration de ces nitrates vers les eaux souterraines, donc une sorte d’hystérésis.
La Mitidja est une plaine situee au sud d’Alger, elle s’etend sur une superficie de 1450 km2 , les aquiferes qui la constituent representent la principale source d’approvisionnement en eau potable de toute la region centre du pays (ANRH). Cette plaine est parcourue par plusieurs oueds qui coulent vers le nord pour se deverser dans la mer.Une etude physico-chimique des eaux souterraines de la Mitidja menee sur une periode de trois annees hydrologiques (2004–2007), a revele des concentrations en elements physico-chimiques repondant a la norme algerienne relative aux eaux de consommation, a l’exception des nitrates dont les concentrations sont largement superieures au seuil fixe par la meme norme (50 mg/L).Afin d’identifier les sources de cette pollution par les nitrates, en sachant que ceux-ci representent un indicateur de pollution d’origine anthropique, nous avons mene une enquete se rapportant aux differentes activites socio-economiques exercees dans la Mitidja.Il appit au cours de notre etude que la presence de nitrates dans les eaux souterraines de la Mitidja a essentiellement trois origines :1) Une origine agricole : la Mitidja est une region a vocation agricole, ou le taux de fertilisation a atteint dans sa region ouest pres de 400 kg d’azote/hectare (Hadjoudj, 2008. These de doctorat, Universite d’Alger, 370 p.).2) Une origine urbaine : les rejets urbains draines par le reseau d’assainissement public ne sont pas epures en totalite et sont donc deverses dans les oueds parcourant la plaine, les nappes aquiferes de la Mitidja etant alluviales, une partie des eaux polluees alimente les nappes sous-jacentes.3) Une origine industrielle : la region est de la Mitidja connait une tres forte activite industrielle, dont les effluents sont deverses directement dans les oueds sans traitement prealable.Il en ressort essentiellement que la region est est la plus affectee par cette pollution ou les concentrations en nitrates atteignent en moyenne 120 mg/L (Hadjoudj, 2008. These de doctorat, Universite d’Alger, 370 p.), consequence de la tres forte pression socio-economique exercee sur cette partie de la Mitidja par les activites industrielles, agricoles et urbaines.Neanmoins, des mesures correctives ont ete mises en œuvre par les pouvoirs publics, et ce afin de reduire l’impact de toutes ces sources de pollution sur la qualite des eaux souterraines de la Mitidja.
Dans les bassins versants marqués par une agriculture intensive, les limites imposées à l’utilisation de fertilisants et donc de nitrates ne suffiront probablement pas à obtenir un bon état des eaux de surface. Suite à la fermeture d’une usine de production d’eau potable en Bretagne (bassin versant de la rivière Ic) du fait de concentrations en nitrates supérieures à 50 mg-NO3–/L, Veolia a initié le projet de recherche Aquisafe. Son objectif était 1) de démontrer les performances épuratrices de zones réactives simples (de type fossés réactifs, lagunes, …) collectant les eaux de ruissellement et de drainage avant leur retour à la rivière, 2) de développer des outils (modèle numérique SWAT/SIG) permettant de localiser où installer les systèmes au sein des bassins versants, mais aussi 3) d’évaluer l’efficacité à attendre des stratégies envisagées à l’échelle d’un bassin versant via l’utilisation d’un modèle numérique (SWAT). Afin d’atteindre le premier objectif, de nombreux travaux ont été effectués à différentes échelles (laboratoire/plateforme expérimentale-pilote/grandeur réelle). C’est en laboratoire que plusieurs types de matériaux ainsi que les temps de résidence nécessaires à une dénitrification efficace ont été évalués (Krause Camilo et al., 2013. Ecological Engineering, 55, 101–113). À l’échelle de la plateforme expérimentale (pilote), des zones réactives construites sur la base des premiers résultats en laboratoire ont fait l’objet d’études sur l’influence de la température et des débits durant deux ans. Il a été démontré qu’une réduction de 80 % des nitrates peut être atteinte grâce à de tels systèmes. Enfin, les connaissances acquises ont pu être vérifiées in situ sur trois zones réactives installées en Bretagne dans le bassin versant de la rivière Ic. Une lagune, un bassin d’infiltration ainsi qu’un fossé réactif ont été construits et suivis durant deux saisons pluvieuses. Les règles de dimensionnement obtenues à petite échelle ont ainsi pu être validées (Wicke et al., 2014. Abstract accepted for IWA 14th International Conference on Wetland Systems for Water Pollution Control (ICWS), Oct. 2014). Au préalable, la localisation des sites en Bretagne s’est faite grâce au modèle numérique SWAT (Soil and Water Assessment Tool). Ce modèle a permis de calculer les flux d’eau et d’éléments nutritifs, et ainsi de définir les zones les plus contributrices à la pollution en nitrates, où il convenait d’installer en priorité les zones tampons. En complément, une méthode simple basée sur les Systèmes d’information Géographique (SIG), nécessitant moins de données que le modèle et permettant une localisation plus fine, a été développée et testée spécifiquement dans ce contexte et s’est avérée prometteuse (Orlikowski et al., 2011. Water Science and Technology, 892–898). Enfin, le modèle SWAT a été complété d’un module « zone réactive » pour permettre d’évaluer la performance des différentes stratégies d’aménagement et de gestion du bassin versant quant à l’amélioration de la qualité de l’eau à la prise d’eau pour la production d’eau potable. De premières simulations de scénarios ont ainsi pu être réalisées. Grâce au projet Aquisafe, les outils nécessaires à la conception et l’implantation de zones tampons pour atténuer les flux de nitrates au niveau des bassins versants sont ainsi disponibles.
Les recents deboisements de la Champagne crayeuse, dite seche, a permis sa mise en culture intensive favorisant l’implantation d’importantes industries agroalimentaires. Par ailleurs la faible fracturation de la craie a l’aplomb des cretes piezometriques induit des vitesses de percolation faibles et l’existence d’eaux anciennes de plus de cinquante ans. Cela permet ainsi de definir le fond geochimique local de la nappe libre de la craie. La faible densite de population permet par ailleurs l’emploi de l’epandage des effluents de ces industries, afin de les eliminer a moindre cout, sur la base de leur teneur en fertilisants (N, P et K). Cet epandage est regi par des arretes prefectoraux imposant a la fois un suivi agronomiques des parcelles epandues tout autant qu’un suivi hydrogeologique annuel de la nappe phreatique sous les zones epandues ou sont implantees des cultures intermediaires pieges a azote nitrique (CIPAN). Il s’effectue sur des parcelles agricoles presentant moins de 7 % de pente, pour eviter le ruissellement. Les hauteurs d’eaux epandues par hectare sont fonction des apports en azote ne devant pas depasser les 30 kg et le rapport C/N devant rester superieur a 8. Par ailleurs, l’epandage s’effectue a plus de cinq cent metres des captages AEP (adduction d’eau potable), servant de temoins de reference. D’un point de vue agroenvironnemental, les nappes d’eaux etendues ont chute de plus de moitie en dix ans tandis que se mettaient en place des cultures intermediaires pieges a azote nitrique sur les parcelles recevant l’epandage avec suivi agronomique annuel permettant des conseils de fertilisation raisonnee, fonction des reliquats postculture et des exportations par la biomasse vegetale. La presente note fait le point sur les resultats observes apres plus de vingt annees d’epandage raisonne.
Les fontaines réfrigérantes, fréquemment utilisées dans les bureaux, entreprises, et établissements de santé, délivrent une eau de boisson fraîche, désaltérante, sans goût de chlore. Malgré les traitements répétés de nettoyage et de désinfection, les fontaines classiques ne permettent pas toujours de fournir une eau de qualité bactériologique constante et sont parfois soumises à des épisodes récurrents de contamination. Le système FireWall UVC, intégré au point d’usage de la fontaine, détruit, lors de l’écoulement de l’eau, les micro-organismes présents dans l’eau et ceux contaminant le robinet afin de prévenir la rétro- contamination du tube verseur. Une étude, réalisée durant 5 jours, sur une fontaine installée dans dix établissements, a démontré l’efficacité anti-bactérienne du système FireWall UVC dans 99,1 % des échantillons d’eau analysés en amont et en aval de la fontaine ainsi que la permanence de la désinfection au cours du temps et la maîtrise du risque de rétro-contamination. Elle confirme les essais effectués en laboratoire après inoculation bactérienne, notamment après stagnation d’eau et après rétro-contamination du point d’usage. Le système Firewall UVC permet ainsi d’obtenir la qualité bactériologique recommandée pour l’eau de boisson, en particulier dans les établissements hébergeant des personnes vulnérables.
Corrosion of heat exchangers and installations in evaporative cooling systems is a serious problem of industry, as it may lead to increased maintenance effort, damages, up to plant shutdown causing high cost. Furthermore, there may be a high environmental impact due to the discharge of water containing heavy metals or hazardous compounds from leakages. State of the art corrosion inhibitor programs are based on phosphate, phosphonates, zinc and combinations thereof. Although generally satisfying control of corrosion can be achieved, all programs suffer environmental drawbacks, such as lack of biodegradability or content of heavy metals. Consequently, corrosion inhibitors with improved environmental profile and/or an improved performance are needed. This paper shows the first results of two new heavy metal free corrosion inhibitors with improved biodegradability, one additionally doesn’t contain phosphorous. Corrosion tests have been carried out with carbon steel specimen in dependence of inhibitor concentration, water composition and temperature. Electrochemical methods, beaker tests and long term tests in cooling circuit simulating devices were applied. Furthermore, the anti-scaling efficiency of the new inhibitors was studied. The results of the corrosion tests clearly show an excellent efficiency of both substances, that meets the performance of commercially available corrosion inhibitors. Furthermore, the phosphorous containing molecule shows a calcium carbonate scale inhibition, similar or even better compared to the performance of modern polycarboxylates. Thus, it could be the backbone of a complete treatment program for cooling systems. The second corrosion inhibitor could be applied in phosphorous and heavy metal free corrosion inhibition programs.
La France comporte de nombreuses decharges communales abandonnees en milieu rural. Devant l’attente des habitants, les enjeux touristiques, ou encore la preservation des milieux naturels, les collectivites souhaitent souvent connaitre l’impact des anciennes decharges communales sur le milieu naturel, et ce malgre leurs faibles moyens financiers. Dans le cas ou ces decharges ont ete implantees en bordure d’une zone humide, ce travail presente l’interet des mesures de conductivite electrique pour evaluer, dans une premiere approche, l’etendue de la diffusion du panache de pollution. Cette methodologie permet alors de positionner les points d’echantillonnage pour l’analyse des eaux et des sols d’une maniere optimale a la fois pour la reduction des couts et la qualite du diagnostic.L’exemple donne ici concerne une ancienne decharge municipale a ciel ouvert et sans amenagement. Elle est positionnee en bordure d’une tourbiere (superficie 0,16 km 2 ) d’interet patrimonial important et situee sur une commune de moins de 200 habitants. Il a ete evalue que 1,61 × 10 6 kg de dechets menagers avaient ete deposes entre le milieu des annees 1960 et 2003, le massif representant actuellement un volume d’environ 30 000 m 3 .La conductivite electrique mesuree dans les eaux des sols hydromorphes de la zone humide decroit de la base du massif de dechets vers le talweg de la zone humide. La superficie de la zone humide impactee est ainsi estimee a 10 200 m 2 . Les analyses montrent un enrichissement en certains elements mineraux des sols et des eaux a la base de la decharge. L’augmentation de la conductivite electrique des eaux est en partie due a un enrichissement en Ca 2+ et SO 4 2– , vraisemblablement issus de la lixiviation de gravats a base de plâtre deposes ces dernieres annees malgre la fermeture de la decharge. On notera aussi que les eaux et les sols impactes sont enrichis en elements particuliers (comme le Ba, Cs, Ga, Rb, Sb, Sr, U) lies a une mobilite accrue des elements du fond pedo-geochimique due aux changements de pH et de teneur en matiere organique. L’analyse en composantes principales des donnees ainsi que le calcul de ratios ioniques permet d’attribuer la diminution des teneurs en elements dans les eaux de la tourbiere (i) au phenomene de dilution ou (ii) a des associations avec certaines phases solides comme les oxydes et hydroxydes.
Les procedes de traitement des eaux usees tels que le lagunage, concentrent la charge microbiologique initialement contenue dans les effluents bruts recus en station d’epuration. Les œufs d’helminthes parasites, qui en sont elimines par decantation, constituent un danger et un risque reels lies a l’epandage des boues formees au fond des bassins. Ils sont l’un des principaux agents pathogenes cibles dans les nouvelles lignes directrices de l’Organisation Mondiale de la Sante pour la reutilisation des eaux usees et boues residuaires en agriculture et aquaculture. Le present travail evalue le contenu en œufs d’helminthes viables des boues de l’un des bassins anaerobie apres 7 annees de fonctionnement. La technique suivie pour l’isolement et la numeration des œufs d’helminthes est celle de la triple flottation au sulfate de zinc amelioree. Les techniques adoptees pour apprecier la viabilite sont tributaires du genre d’helminthes, pour les œufs de Taenides, la technique utilisee est celle fondee sur une coloration au Methyl Tetrazolium (MTT) qui est une norme experimentale AFNOR. Pour les autres genres d’œufs d’helminthes, l’etude de leur viabilite a repose sur leur aptitude a s’embryonner apres incubation a 30 °C pendant une duree determinee. La charge moyenne recensee est de 40 œufs/1,5 g de matiere seche avec un taux de viabilite de 34,2 %.
Le developpement de l’utilisation de l’eau de pluie (EPR) en France au cours de ces dernieres annees conduit a s’interroger de plus en plus sur l’adaptation de la qualite sanitaire de l’eau collectee aux usages actuellement reglementes : usages exterieurs (arrosage des pelouses et nettoyage des sols) et usages interieurs (chasses d’eau des toilettes, nettoyage des sols et, « a titre experimental », lavage du linge). Si la reglementation francaise associe a certaines categories d’usages des obligations de moyens, il n’existe pas de criteres de qualite passant par le respect de valeurs de reference sur un ensemble de parametres bien definis, ni meme de methodes d’analyse eprouvees pour caracteriser correctement la qualite d’une EPR destinee a etre utilisee.Dans ce contexte, l’objectif de cet article est triple. Le premier vise, a travers une etude bibliographique, a identifier les parametres frequemment utilises pour evaluer la qualite de l’EPR. Le second est de proposer quelques modifications aux protocoles d’analyse generalement mis en œuvre afin de les adapter a l’evaluation de la qualite de l’EPR. Le dernier est d’analyser quelques referentiels etrangers specifiquement dedies a l’evaluation de la qualite de l’EPR en vue d’etablir des valeurs guides en fonction des usages.
The hydrothermal complex of Moulay Yacoub is located in the north center of Morocco. It is well-known for its large therapeutic benefits and is the most visited thermal station by Moroccans and foreign tourists. To determine the physicochemical composition and to assess the hygienic quality of these thermal waters, the water of the source and on others three points of use was studied monthly, from June 2009 to June 2010. The results of this study showed that these waters are characterized by high temperature (53.13 °C) and high values of the sodium (>1000 mg.L−1), chlorides (17440 mg.L−1) and calcium (1058 mg.L−1). This study demonstrates also that the water of the source is free from bacterial contamination, including Legionella. However, different rates of contamination were detected in the waters at several points of use (women pool, mixed pool), which are associated to visitor activities. The physicochemical characteristics and mineral composition of these thermomineral waters explain the benefit effect associated to its use in the therapy of some pathologies. The use of thermal water from the source is not associated to any risk of bacterial contamination. However, hygiene precautions must be applied and imposed to curists, in order to improve the hygienic quality of the water in different points of use.
On sait l’importance vitale de l’eau au Proche-Orient et les enjeux politiques, économiques et humains qu’elle recèle. L’avenir de la mer Morte est au centre de cette question puisqu’elle est menacée de dessèchement total si rien n’est fait « Carrefour des croyances, des religions, des histoires et des mythologies », elle impose une approche « socio historiographique » car elle est le symbole de la rencontre entre le judaïsme, le christianisme et l’islam depuis 2000 ans. Mais la mer Morte et l’eau sont depuis le début de l’aventure sioniste au cœur du projet politique de construction d’un État Juif en Palestine. C’est ce que cet article explique, à travers un rappel historique mais aussi les différents projets de préservation de cet espace unique au monde envisagés dans la region et par le pays.
Après plus de deux ans d’une étude sur la formation de biofilm dans une eau potable, les résultats obtenus sur des tubes en divers matériaux, dans lesquels l’eau circule à l’intérieur, alors qu’elle est quasi stagnante à l’extérieur, ont permis de tirer un certain nombre de conclusions utiles pour la compréhension des phénomènes liés au développement des biofilm. Ceux-ci ont été prélevés régulièrement, tout au long de la période de 2 ans, pour la caractérisation des micro-organismes (par culture et/ou PCR), de la fraction inorganique par spectrométrie infrarouge et de la topographie par microscopie électronique à balayage.
Introduction: Streptococcus gordonii is one of the pioneer colonizer of the oral cavity and may be isolated from dental unit waterlines (DUWL) mixed with saliva because of antiretraction valve dysfunction.Aims: The behavior of S. gordonii in tap-water and the influence of low saliva concentrations (0–10% v/v) on bacterial proliferation were investigated. We evaluated the effect of saliva on bacterial survival in tap-water in order to know if it could facilitate or not the biofilm formation in the context of DUWL.Materials and methods: S. gordonii’s (DL1) survival ability was evaluated in tap-water with or without saliva supplementation (0–10% v/v) at 20 °C and 27 °C. Whole unstimulated saliva (WUS) and artificial saliva (AS) were both tested in this study. A gas chromatography and mass spectrometry (GC/MS) analysis was performed on filtered lyophilized WUS and the effect of each AS’s components were evaluated on S. gordonii’s survival.Results: S. gordonii survived in tap-water no longer than: 24 h at 27 °C and 72 h at 20 °C; water supplementation with saliva induced the bacterial inoculum maintained at 20 °C (>1% v/v) and enabled bacteria to survive up to 7 days at 27 °C (≥5% v/v). Various most simples structural artificial saliva’s compounds (both proteic and carbohydrate) seemed participate to this survival improvement.Discussion: Even if saliva contains some antimicrobial agents like lysozyme, it can also have a positive effect on S. gordonii. Very few information are known on saliva’s compounds responsible of this effect.Conclusion: Saliva, even in low proportions (1–10% v/v), was able to facilitate the survival of S. gordonii in tap-water. Several of its components seem participate on this effect.
L’utilisation de ressources alternatives à l’eau potable suscite un intérêt croissant en France depuis déjà plusieurs années. Parmi ces ressources, deux plus particulièrement peuvent être produites, utilisées et stockées à l’échelle du bâtiment : l’eau de pluie en provenance des toitures et les eaux grises domestiques (eaux usées domestiques à l’exception des eaux de vannes et des eaux de cuisine). Si de nombreuses études les caractérisant existent dans la littérature, peu portent sur leur évolution au cours du temps pendant le stockage. L’objectif de cet article est de caractériser et d’étudier l’évolution de la qualité microbiologique de ces eaux stockées en tant qu’eaux brutes (i.e. avant tout traitement). Des expériences préliminaires ont été menées sur ces deux sources d’eau alternatives au sein du bâtiment expérimental AQUASIM du CSTB à Nantes. Le temps de suivi a été adapté au type d’eau. Pour l’eau de pluie, le suivi s’est échelonné sur 3 mois (avril-juin 2012) ; pour l’eau grise, le suivi a été limité à une semaine (décembre 2011). Les résultats montrent que les eaux grises présentent une plus forte charge bactérienne globale et fécale que l’eau de pluie, ce qui est en accord avec la littérature. Des pathogènes ont aussi été détectés dans l’eau de pluie et l’eau grise.
L’eau des piscines publiques est désinfectée à l’aide de différents traitements, la chloration étant la plus fréquente. Dans les eaux de baignade les concentrations en sous-produits de désinfection (SOD) varient en fonction des caractéristiques des substances désinfectantes. Notre étude se focalise sur le chlorate et le bromate, substances persistantes et s’accumulant car elles ne sont retenues par aucun filtre et leur oxydation n’est pas possible. Celles-ci augmentent jusqu’à ce que l’eau des bassins soit totalement renouvelée. Par l’analyse statistique de 553 échantillons d’eau de baignade nous dégageons les facteurs qui influencent significativement les concentrations en chlorate ou bromate. Durant huit ans, les échantillons ont été prélevés à intervalles irréguliers dans 42 piscines.
Parmi les divers indices d’agressivité, de stabilité ou de corrosivité des eaux vis-à-vis des métaux ferreux, seul l’indice de Larson est censé évaluer la corrosivité des eaux vis-à-vis des métaux ferreux. Nous montrons que cet indice est clairement expliqué par les réactions de complexation du fer divalent émis par le métal. Mais l’effet des ions hydrogénocarbonate ne peut totalement s’expliquer que par leur rôle dans les réactions d’oxydation du fer divalent. Cet effet ne peut exister sans la présence de cations alcalino-terreux (calcium et magnésium notamment). En effet, seul les complexes CaHCO3+ et MgHCO3+ ont un effet inhibiteur d’oxydation de Fe2+. On est donc amené à prendre en compte la présence des cations calcium et magnésium dans l’évaluation de la corrosivité. On propose donc d’ajouter un indice complémentaire (IC = TAC/TH). Une eau présentant une faible corrosivité doit présenter une valeur de IC proche de l’unité (0,7 < IC <1,3). On sait par ailleurs que la protection des ouvrages en matériau ferreux nécessite que l’eau soit calcifiante. Le caractère calcifiant est généralement évalué par le Saturatio : Saturatio = [ca2+][CO2-3/K's]. Toutefois la valeur cible du Saturatio doit être choisie de manière à protéger les ouvrages sans conduire à un entartrage anormal. Elle doit aussi être suffisante pour que le dépôt protecteur puisse se mettre en place quelle que soit la corrosivité de l’eau. Le présent article rappelle brièvement les réactions chimiques liées à la corrosivité des eaux et en particulier l’effet des ions hydrogénocarbonate qui conduit à la définition de l’indice complémentaire, IC. Puis à partir d’un exemple, on montre les relations entre la valeur de Saturatio permettant de protéger les ouvrages, et la corrosivité des eaux.
The distribution of groundwater for their use in the field domesticates or industrial often poses technical problems of corrosion or incrustation of the installations.To treat this water amounts studying the chemical composition and balances calcocarbonic of water.These balances result from the presence of ions coming from solubilization from the rocks by natural water such as (CO2− 2 , HCO− 3 , Cl− , SO2− 4 , Na+ , K+ , Mg2+ , Ca2+ ).Accordingly we have to treat a very hard water of Hamma which is intended for the supply of the town of Contantine of drinking water and having a hardness of 60 french degrees by the use of a chemical process in the presence of lime, soda, sodium carbonate and to plot the corresponding calcocarbonic curves of balance.The results revealed that 0.16 g.L−1 of lime or 0.04 g.L−1 of soda made it possible to bring the water of Hamma close to the equilibrium calcocarbonic curve. Moreover, the use of 0.08 g.L−1 of sodium carbonate gives the best treatment.
Grease traps are widely used in restaurants and food industry to reduce oil and grease discharge into public sewers. Although enhancement of grease trap performance often use microbial biomasses, yet little is known about the natural microbial assemblages that colonize and settle inside grease trap and may be used for grease degradation processes. This study evaluates the diversity and composition of bacterial assemblages colonizing the greasy layer in a public restaurant grease trap. Using a culture-independent approach, the dynamic of these assemblages have been studied before (Monday) and after (Friday) a week of restaurant activity. Bacterial diversity was quite low: 16S rRNA gene clones were affiliated with only three phyla, of which Firmicutes, Proteobacteria, and Bacteroidetes were represented in all libraries. Anaerobes, facultative anaerobes and microaerophilic taxa dominated the clone libraries. Sequences similar to Selenomonas spp., Lactobacillus spp. and Dialister spp. represented respectively 23.2%, 13.0% and 8.7% of the two libraries together. The Monday and Friday libraries were quite similar (70% similarity), however diversity indices showed that bacterial diversity seemed greater at the end of the week. Several taxa were only detected on Friday, including Acetobacter spp., Gulbenkiania spp., Aeromonas spp., Petrobacter sp., Escherichia sp. and Desulfovibrio sp. The description of metabolic capabilities of surveyed species is beyond the range of the clone libraries, however several taxa were fermenting or anaerobic-respiring organisms which could be likely involved in lipid degradation.
Because of their historically high records of disinfection by-products, four water bodies serving as sources for drinking water in four cities of Castilla y León, Spain, were selected for a further study. With moderate to high contents of organic matter, an important part of it corresponded to algal biomass, as confirmed by the enormous values of chlorophyll a (Chl a) – means of 130–140 μg.L−1 in two of them. These two water bodies presented a moderate to low aromatic character of the dissolved organic carbon (DOC), as indicated by their low values of specific ultraviolet absorbance (SUVA means of 1.61 and 1.89 L.mg−1·m), which suggests an important contribution of the algal-derived compounds to this DOC. Upon chlorination, three of the water systems studied presented mean values of trihalomethanes potential formation (THMFP) in the order of 250 μg.L−1, but the specific one (STHMFP) revealed great differences of reactivity between them and, moreover, waters with higher SUVA showed lower STHMFP. This confirms the hypothesis that non-aromatic structures can also be reactive with chlorine. To investigate if the reactivity of the global DOC increases as its algal-derived DOC becomes more abundant, THMFP was tested versus Chl a/DOC, but the regression coefficients did not show any tendency. As compared with other studies, the values for THMFP can be considered of moderate to high (of up to 370 μg.L−1), but those of STHMFP are among the highest ever reported (some of them above 125 μg.mg−1), which means very reactive organic matter and, moreover, in waters with a very low SUVA.
La réglementation sanitaire française applicable aux piscines, autres que celles réservées à l’usage personnel d’une famille, est codifiée dans le code de la Santé Publique et prévoit que le contrôle sanitaire réglementaire est effectué à la diligence de l’ARS qui peut réaliser les prélèvements ou confier leur réalisation au laboratoire agréé chargé du contrôle sanitaire des eaux.