
Deux nouveaux anticoagulants directs actifs par voie orale — Dabigatran etexilate prodrogue ou Pradaxa® inhibiteur du facteur IIa et Rivaroxaban ou Xarelto® inhibiteur du facteur Xa — ont reçu en Europe et au Canada l’autorisation de mise sur le marché (AMM) dans la prévention des accidents thromboemboliques veineux en chirurgie orthopédique majeure. Le Dabigatran est enregistré dans la fibrillation auriculaire en Amérique du Nord.
L’identification des champignons filamenteux, moisissures et dermatophytes, repose actuellement sur l’étude morphologique macroscopique et microscopique des colonies et, par conséquence, sur l’expérience du mycologue. Cette approche longue et fastidieuse, souvent imprécise, est incompatible avec les exigences actuelles de diagnostic des infections fongiques. L’identification des champignons filamenteux par MALDI-TOF est un champ d’innovation en pleine expansion. Bien que très peu d’études soient encore disponibles, les premiers travaux ont montré que la spectrométrie de masse MALDI-TOF permet d’obtenir une identification précise des espèces de champignons filamenteux, y compris au sein des complexes d’espèces. La spectrométrie de masse MALDI-TOF représente ainsi le premier outil permettant une identification rapide, précise et standardisée des champignons filamenteux. Les bases de données actuellement disponibles doivent être désormais évaluées dans les différents laboratoires de mycologie cliniques et complétées afin d’élargir le spectre des espèces identifiées.
Recent profiling has identified the aminopeptidase N/CD13 inhibitor actinonin as a selective soluble secreted matrix metalloproteinase (MMP) inhibitor. Given that actinonin’s effects against membranebound MMPs remain unknown and that MT1-MMP has been linked to chemo- and radio-therapy resistance in brain tumour development, we therefore assessed MT1-MMP functional inhibition by actinonin in U87 glioblastoma cells. We show that actinonin inhibits concanavalin-A (ConA)-induced proMMP-2 activation, while it does not inhibit ConA-induced MT1-MMP gene expression suggesting post-transcriptional effects of the drug may possibly be mediated through the membrane-anchored protease regulator RECK. Specific gene silencing of MT1-MMP with siRNA abrogated the ability of ConA to activate proMMP-2. Functional recombinant MT1-MMP, whose constitutive expression led to proMMP-2 activation, was also efficiently antagonized by actinonin. We provide evidence for actinonin’s new therapeutic application in the direct targeting of MT1-MMP-mediated proMMP-2 activation, an essential step in both brain tumour infiltration and in brain tumor-associated angiogenesis.
Le diagnostic des infections bactériennes repose sur l’isolement du pathogène, qui ne peut pas être réalisé dans le temps du soin. Egalement, la culture est mal adaptée au diagnostic des infections polymicrobiennes. Une alternative est la détection de séquences ADN spécifiques dans l’échantillon clinique par les puces à ADN. La première utilisation des puces à ADN en tant qu’outil diagnostic date de 1995. Cette revue porte sur la mise au point de différentes puces à ADN pour la détection des bactéries pathogènes au cours des infections respiratoires, digestives et systémiques. Ces études ont permis de montrer que les puces à ADN sont un outil fiable, rapide et reproductible pour le diagnostic des maladies infectieuses d’origine bactérienne. Le coût et la technicité demeurent deux freins au déploiement en routine de cette technologie pour le diagnostic des infections bactériennes.
Le cancer du sein se situe, en France, au 2e rang de tous les cancers et représente près de 37 % des nouveaux cas de cancers chez la femme. Malgré un nombre de décès en diminution régulière, ce cancer reste la 1re cause de mortalité par cancer chez la femme et un vrai problème de santé publique. Historiquement, on distingue 2 types de cancers très différents en fonction de leur contenu en récepteurs hormonaux (RH): récepteur aux oestrogènes (RE) et récepteur à la progestérone (RP). Près de 70 % des tumeurs du sein sont RH-positives et dites hormono-dépendantes parce que dépendantes des hormones stéroïdes pour leur croissance et donc ciblées par l’hormonothérapie. En clinique, cette hormonodépendance est déterminée par évaluation de la présence des récepteurs en immunohistochimie sur coupe de tissu fixé. Cependant, initialement, ce sont des techniques quantitatives biochimiques ou d’immunoanalyse, relativement lourdes, qui ont mis en évidence le bénéfice de l’hormonothérapie. En thérapeutique, cette évaluation des RH ne suffit pas à prédire la réponse au traitement hormonal, ni a prédire l’apparition de résistances au traitement. Cette évolution des techniques d’évaluation de l’hormonodépendance est à questionner. Egalement la découverte de nombreux autres acteurs importants dans la signalisation oestrogénique complique la compréhension de ce sous type tumoral. Ainsi, l’évaluation de cette hormonodépendance est à nouveau en question et l’apparition de nouveaux biomarqueurs pertinents et de nouvelles technologies permet de reconsidérer la problématique pour tendre vers une médecine personnalisée pertinente.
Pour ce numéro consacré aux technologies innovantes en biologie clinique et sans mésestimer les progrès accomplis dans l'ensemble des disciplines biologiques, la part belle est faite au changement de paradigme dans le domaine du diagnostic microbiologique.Au pays de Pasteur et sa tradition analytique, l'étude des microbes a reposé pendant un siècle sur l'isolement du germe, sa culture, son identification et la mise en évidence éventuelle de l'efficacité des différents traitements disponibles notamment les antibiotiques.La démarche microbiologique est souvent apparue en marge de l'automatisation des autres secteurs du laboratoire d'analyses biologiques ces 30 dernières années.Même l'hématologie a basculé et fait appel à de nombreux appareillages aussi bien en cytologie qu'en hémostase.L'introduction des techniques de biologie moléculaire n'a pas échappé également à cette tendance.Il faut toutefois rappeler que le diagnostic sérologique infectieux a relevé rapidement de méthodes immunologiques automatisées.Il n'empêche que le coeur de la microbiologie clinique c'est-à-dire l'identification du microbe quelle que soit sa nature reposait encore sur des principes mis en musique il y a des décennies.Les antibiogrammes ont été plus ou moins automatisés.La mise en culture en faisant appel aux milieux liquides s'est standardisée.Mais imaginer que l'approche physicochimique permettrait d'établir des raccourcis saisissants en matière d'identification en routine il y avait un pas à franchir.La détermination des agents infectieux par hybridation moléculaire était en fait devenue accessible et réalisable.De nombreux laboratoires l'avaient intégré à titre ponctuel.La définition physicochimique de la structure des germes avec prétraitement y compris du point de vue nucléotidique ne pouvait pas échapper à une réflexion innovante pour plusieurs raisons.La première per met d'accélérer le processus diagnostique et de stabiliser la reproductibilité technique.La seconde plus prosaïque est économique avec épargne du temps technicien pour ce qui est un travail de routine afin de renforcer des postes plus complexes au sein du laboratoire de biologie clinique.La troisième raison vise à augmenter la capacité de traitement analytique face à la prescription et aux demandes diagnostiques de plus en plus précises et répétées.Si l'application des puces à ADN en microbiologie notamment pour les infections bactériennes et virales peut apparaitre logique vu la précision de ces outils qui arrivent à disposition sur le marché, l'emploi d'appareillages physicochimiques puissants issus de la recherche fondamentale ou pharmaceutique devient une réalité.Ces évolutions rapides télescopent les bouleversements organisationnels et structurels des laboratoires d'analyses biologiques de notre pays.Elles interpellent les professionnels et risquent de modifier singulièrement la configuration des paillasses en faisant appel à des compétences humaines nouvelles.Ces outils ne relèvent pas dans ces applications d'une réflexion de recherche mais bien d'une utilisation journalière en biologie diagnostique de routine.Dans ces conditions, le questionnement est réel.Les choix à faire sont clairement au premier plan.Quelles que soient les organisations en place du laboratoire privé à la plateforme publique, il apparaît évident que l'irruption de technologies innovantes considérées comme lourdes dans le secteur de la microbiologie clinique va impacter le paysage de nos laboratoires.Il sera nécessaire de vérifier l'intérêt des progrès éventuels apportés en matière de diagnostic biologique auprès des patients et vis-à-vis des prescripteurs.¼
Les héparines de bas poids moléculaire (HBPM) sont constituées d’un mélange de chaînes de longueur différente, en proportion variable en fonction des préparations d’HBPM. Il en résulte des propriétés pharmacologiques et pharmacocinétiques propres à chaque molécule. Etant donnée l’élimination rénale prépondérante des HBPM, il existe un risque de surdosage et/ou d’accumulation des HBPM chez les insuffisants rénaux et chez les patients âgés de plus de 75 ans dont la fonction rénale est fréquemment altérée mais ces patients ont souvent été exclus des essais cliniques. Actuellement, les contre-indications de prescription d’HBPM sont basées sur le calcul de la clairance de la créatinine par la formule de Cockcroft et Gault, qui doit donc être la seule utilisée, notamment chez le sujet âgé de plus de 75 ans. Chez ces derniers, l’utilisation de la formule MDRD semble surestimer la clairance de la créatinine. Chez les patients insuffisants rénaux traités par HBPM à dose prophylactique, la surveillance de l’activité anti-Xa ne permet pas de dépister les patients à risque accru de saignement et n’est donc pas préconisée. Lorsqu’ils sont traités à dose curative, les sujets insuffisants rénaux présentent d’une part, un risque accru de saignement par rapport à ceux non insuffisants rénaux et d’autre part, un risque d’accumulation de l’activité anti-Xa avec certaines molécules d’HBPM. Chez ces patients, la surveillance de l’activité anti-Xa est préconisée pour dépister une accumulation. Cependant, aucune étude n’a permis de montrer que cette surveillance permettait de prédire le risque de saignement et donc d’améliorer la sécurité des HBPM chez ces patients. Le prélèvement pour la mesure de l’activité anti-Xa doit être réalisé au pic d’activité et l’interprétation du résultat doit se faire en fonction de chaque molécule. En cas de surdosage, il n’y a pas de recommandation précise et la conduite à tenir est totalement pragmatique.
Les causes des exacerbations des broncho-pneumopathies chroniques obstructives (BPCO) sont multiples, infectieuses dans plus de la moitié des cas. Ces exacerbations sont traitées de façon abusive par les antibiotiques alors que seulement 40 % sont d’origine bactérienne. La procalcitonine (PCT) figure actuellement parmi les meilleurs marqueurs biologiques des infections d’origine bactérienne. Nous proposons de montrer l’apport de son dosage dans la réduction de l’antibiothérapie lors des exacerbations de BPCO (EABPCO). Notre population était constituée de 91 patients répar tis aléatoirement en 2 groupes: 50 patients dans le groupe témoin et 41 patients dans le groupe PCT. L’antibiothérapie était guidée dans le groupe PCT par les valeurs de celle-ci (au dessus de 0,25 ng/ml, mise en place d’une antibiothérapie; en dessous de 0,25 ng/ml, pas de traitement antibiotique). Le groupe témoin bénéficiait de la prise en charge usuelle (antibiothérapie délivrée par le médecin traitant selon l’état du malade et indépendamment des valeurs de la PCT). Dans le groupe PCT, 6 malades (14,6 %) ont reçu une antibiothérapie. Dans le groupe témoin, 32 malades (64 %) ont reçu une antibiothérapie, dont seulement 22 % étaient justifiées (11 malades) [PCT ≥ 0,25 ng/ml]. 21 malades (42 %) ont reçu une antibiothérapie en excès, malgré une faible concentration de PCT (< 0,25 ng/ml) [p < 0,01]. Donc la PCT permet de réduire l’usage d’antibiotiques dans 42 % des cas pour lesquels ils auraient été injustifiés. Ainsi Cette étude souligne l’importance de la PCT, marqueur spécifique d’infection bactérienne, pour guider la prescription d’antibiotiques. La PCT devrait donc être intégrée dans des algorithmes décisionnels pour la prescription d’antibiotiques au cours des pathologies infectieuses, notamment lors des EABPCO.
Depuis plus de cinquante ans, les antagonistes de la vitamine K (AVK) constituent la seule famille de médicaments anticoagulants actifs par voie orale.Ils agissent en inhibant
Avec l’explosion ces dernières années de la demande, a des fins cliniques ou de recherche, de dosage de la 25-hydroxyvitamine D, le choix de la meilleure méthode pour un laboratoire de biologie médicale peut être particulièrement difficile avec le nombre important de méthodes actuellement disponibles. Les immunodosages offrent le meilleur compromis de simplicité, débit d’échantillons, coût et qualité de résultat, mais souffrent de limitations qui font de la CL-SM/SM la technique de référence, bien que plus coûteuse, pour sa flexibilité, sa sensibilité et sa spécificité.
Les antagonistes de la vitamine K (AVK) et les héparines sont les thérapeutiques de référence de la prévention des accidents thromboemboliques veineux et artériels. Ils ont de nombreux avantages et un petit nombre d’inconvénients: iatrogénicité et nécessité d’une surveillance biologique pour les AVK, activité limitée à la voie parentérale pour les héparines.
Le facteur VIII est une glycoprotéine dont le rôle dans la cascade de la coagulation est essentiel. Les taux de facteur VIII dépendent à la fois de déterminants environnementaux (notamment physiologiques) et génétiques. La diminution du facteur VIII peut être responsable de syndromes hémorragiques. Cette diminution peut se rencontrer dans l’hémophilie A maladie et chez les conductrices d’hémophilie A mais aussi dans les différents types de maladie de Willebrand (particulièrement pour la forme 2N), dans l’hémophilie A acquise et dans un déficit hémorragique rare appelé déficit combiné en facteurs V et VIII. A l’inverse, l’augmentation des taux de facteur VIII peut être associée à une augmentation du risque thrombotique artériel et veineux. Cette élévation est principalement réactionnelle, et le plus souvent d’origine inflammatoire, mais il existe également une forme d’augmentation primitive isolée familiale.
La surveillance biologique des héparines de bas poids moléculaires (HBPM) et du fondaparinux fait appel à la mesure de l’activité anti-Xa, rendue en UI d’anti-Xa/ml. L’arrivée sur le marché de nouveaux anticoagulants comme le rivaroxaban (Xarelto®) ayant une activité anti-Xa spécifique et directe (indépendante de l’antithrombine) suscite un intérêt pour une mesure de l’activité anti-Xa plasmatique même s’il n’y a pas actuellement d’indication à la surveillance biologique de ces nouveaux produits en routine. Ces derniers, bien que possédant une activité anti-Xa, ont des caractéristiques différentes des HBPM ou du fondaparinux. C’est pourquoi, les tests habituels de mesure de l’activité anti-Xa et l’expression des résultats présentent des limites et devront être adaptés. Actuellement, la mise au point des tests de mesure d’activité anti-Xa basés sur des principes proches de ceux que nous connaissons et permettant de rendre des concentrations plasmatiques en ng/ml de produit est en bonne voie. De futures études devraient permettre d’avancer vers une meilleure interprétation des résultats biologiques et de démontrer leur pertinence clinique.
Depuis quelques années, la spectrométrie de masse de type MALDI-TOF (Matrix Assisted Laser Desorption/Ionization Time-Of-Flight) se développe dans les laboratoires de microbiologie clinique. Cette technologie permet l’identification rapide et précise en routine des principaux micro-organismes isolés à partir, soit de colonies obtenues en cultures, soit directement de certains prélèvements (hémocultures, urines). D’autres applications sont en cours d’étude comme le typage des souches, la recherche de facteurs de virulence ou encore de marqueurs de résistance aux antimicrobiens.
Recent profiling has identified the aminopeptidase N/CD13 inhibitor actinonin as a selective soluble secreted matrix metalloproteinase (MMP) inhibitor. Given that actinonin’s effects against membranebound MMPs remain unknown and that MT1-MMP has been linked to chemo- and radio-therapy resistance in brain tumour development, we therefore assessed MT1-MMP functional inhibition by actinonin in U87 glioblastoma cells. We show that actinonin inhibits concanavalin-A (ConA)-induced proMMP-2 activation, while it does not inhibit ConA-induced MT1-MMP gene expression suggesting post-transcriptional effects of the drug may possibly be mediated through the membrane-anchored protease regulator RECK. Specific gene silencing of MT1-MMP with siRNA abrogated the ability of ConA to activate proMMP-2. Functional recombinant MT1-MMP, whose constitutive expression led to proMMP-2 activation, was also efficiently antagonized by actinonin. We provide evidence for actinonin’s new therapeutic application in the direct targeting of MT1-MMP-mediated proMMP-2 activation, an essential step in both brain tumour infiltration and in brain tumor-associated angiogenesis.
Nous avons évalué la qualité méthodologique du Rémic (référentiel en microbiologie médicale — bactériologie et mycologie) de la Société Française de Microbiologie, édition 2007, en utilisant les critères AGREE, qui font consensus au niveau international, notamment à l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et à l’Union Européenne. Le Rémic apparait être d’une qualité méthodologique sub-optimale. Ce défaut de qualité concerne surtout l’applicabilité (domaine AGREE no 5), l’absence de prise en compte des opinions des patients (item AGREE no 5) et l’absence de déclaration des conflits d’intérêt (item AGREE no 23). Les utilisateurs du Rémic doivent avoir conscience de ces quelques lacunes afin d’appliquer ses recommandations avec discernement. En conclusion, nous invitons le comité de rédaction du Rémic à insérer, au minimum, un chapitre méthodologique dans sa prochaine édition.
Les puces à ADN en cancérologie sont des outils d’une nouvelle discipline de recherche, l’oncogénomique. Les puces dites « pangénomiques » détectent à l’échelle du génome entier les lésions de l’ADN (amplifications, délétions et autres mutations), permettent de préciser les interactions protéines-ADN dans les régions promotrices (puces ChIP-on-chip) et quantifient les niveaux d’ARN (puces d’expression, puces pour microRNA). L’analyse des données générées nécessite des moyens statistiques spécifiques aux grandes bases de données et est devenue une discipline à part entière de la bioinformatique. L’objectif de ces analyses est de mettre en évidence de nouvelles cibles thérapeutiques et de fournir un nombre limité de marqueurs biologiques pertinents pour la classification ou le pronostic des cancers. Ces marqueurs sont accessibles aux techniques de routine des laboratoires de biologie clinique (PCR, immundosages...) ou d’anatomie pathologie (immunohistochimie). Néanmoins la réduction des couts de production des puces rend possible aujourd’hui l’utilisation de puces dédiées dans les laboratoires d’analyses pour détecter des signatures moléculaires basées sur 50 à 100 gènes ou pour la détection rapide de mutations de suppresseurs de tumeurs comme p53.