
Most of a pelvic bone of a large eider duck (Somateria cf. mollissima) was collected in place in a unit of stratified clay and sandy silt near Shawinigan, Québec. The fossil is important because it is the first bird specimen from Champlain Sea deposits to be identified to the generic level. Evidently the duck died and was deposited near the northern shore of the Champlain Sea a few hundred years before the sea drained. A sample from a bed of large, marine mollusc shells (Mya arenaria) found in place just above the eider duck fossil yielded a radiocarbon date of 10 300 ± 100 years BP.
The role of freeze-thaw action in coastal environments, with particular reference to the formation of sub-horizontal shore platforms in Gaspé, Québec, was investigated experimentally. Rock cores and crushed rock samples were subjected to: two freeze-thaw cycles of twelve and twenty-four hour durations; fresh water and three artificial sea water solutions of about half, one and a half, and 'normal' salinity; and two drainage conditions representing rock pools and vertical well drained surfaces. These variables were selected to simulate some of the local environments which exist between the cliff top and low tide level in coastal Gaspé. Shales were the most susceptible to frost breakdown, followed in turn by argillites, calcisiltites and dolomitic silty argillites, and graywackes. Greatest disintegration tended to be associated with sea water solutions of about half-normal salinity. The data suggest that breakdown is greatest in the lower portions of the cliff. Freeze-thaw may produce the moat-like pools commonly found at the back of shore platforms. Although the process undoubtedly facilitates wave erosion of the platform and cliff, however, there is no evidence to suggest that it causes shore platforms to assume subhorizontal gradients.
Trois types majeurs de mouvements glaciaires ont été reconnus au droit de la péninsule de Gaspé, à l’est de la rivière au Renard : 1) un écoulement radial vers la baie de Gaspé et le golfe du Saint-Laurent à partir des crêts appalachiens, écoulement qui est associé à une calotte locale et qui fut identifié grâce à la présence de cirques sur les hauteurs, à l’évidence de l’occupation des vallées par la glace et par la dispersion des erratiques sur la péninsule; 2) un écoulement important dans la baie de Gaspé qui a pu être déterminé à partir de stries glaciaires, de la lithologie du till et de la bathymétrie de la baie; 3) des apports glaciaires sur la côte du golfe dûs à l’inlandsis laurentidien qui correspondent soit à une plate-forme de glace flottante, soit à des masses glaciaires importantes, icebergs, provenant de la côte nord du Saint-Laurent. Des stries glacielles et des éléments précambriens dans les dépôts glacio-marins le long de la côte du golfe appuient cette hypothèse. Les datations au radiocarbone permettent d’établir que la déglaciation le long du littoral est synchrone avec celle de la côte de l’estuaire maritime, soit vers 13 400-13 600 ans BP. Un niveau marin à 30 m semble correspondre à la limite atteinte par la mer de Goldthwait. Cependant, des aplanissements côtiers, des encoches perchées dans les falaises et certains sédiments semblent indiquer que la région a connu plusieur fluctuations du niveau marin relatif avant la glaciation et durant le Quaternaire. Les processus géomorphologiques holocènes les plus importants sont les mouvements de masse, les crues fluviales, la sédimentation lacustre et l’érosion et la sédimentation littorales.
Un mauvais usage persiste dans l'emploi de mots fort répandus tels que slikke et schorre. L'auteur présente les chercheurs qui ont modifié l'interprétation de ces termes. La caractérisation de la slikke donnée par JACQUET (1949) et VERGER (1966) doit faire époque; elle correspond bien à un habitat côtier sur substrat meuble occupé par les phanérogames. Il est ensuite reconnu que le niveau des «pleines mers moyennes» (MHW) peut servir à démarquer la slikke et le schorre. Ce niveau bathymétrique s'avère d'ailleurs universel, du moins pour les milieux abrités où s'établit le marais salé. Dans un deuxième volet, l'auteur traite de la végétation et des sols de la slikke aux environs de l'Isle-Verte; il s'agit d'une slikke (hydrolittoral moyen) située le long du Saint-Laurent au début de la sous-zone polyhaline ß.
Entre l’embouchure du Saguenay et Blanc-Sablon, sur la Côte Nord du Saint-Laurent, des indices géomorphologiques et parfois sédimentologiques permettant de reconstituer la position frontale de la calotte laurentidienne en récession ont été relevés sur plus de 1 000 km. Les diverses positions frontales cartographiées semblent appartenir à trois grands systèmes : 1) le système morainique de Brador qui pourrait se raccorder au système de Saint-Narcisse daté de 10 900 à 11 200 ans BP et qui pourrait aussi être contemporain de la récurrence du Ten Mile Lake, à Terre-Neuve, datée d’environ 11 000 ans BP; 2) le système morainique de Baie-Trinité qui pourrait être contemporain de la pause de Métabetchouane datée de 10 100 à 10 300 ans BP. Le segment morainique de la rivière du Sault aux Cochons près de Forestville pourrait en être un des éléments; 3) le système morainique de Manitoy-Matamek, qui englobe la moraine du lac Daigle et la position de Manitou-Matamek, qui englobe la moraine du lac Daigle et la position frontale de Natashquan, ne se raccorde à aucun système connu. Il est plus jeune que la pause de Métabetchouane et plus vieux que le système de Sakami daté de 7900 BP. Les faits démontrent, en partie du moins, qu’il est synchrone de la transgression maximale de la mer de Goldthwait vers 9500 à 9600 ans BP, dont l’altitude est de 128-131 m dans la région entre Moisie et Mingan.
Sept datations, utilisant la méthode 230Th/234U, ont été obtenues sur six échantillons stalagmitiques provenant d’une grotte récemment découverte sur le plateau gaspésien. Les âges mesurés s’étalent entre 102 000 et 223 000 ans AA. L’absence de traces de dissolution dans la calcite des échantillons semble indiquer que la grotte, aux passages de type « conduite forcée », a été asséchée et l’est demeurée depuis plus de 200 000 ans. Cette très vieille grotte ayant survécu, semble-t-il, à quelques périodes glaciaires contient aussi une grande quantité d’ossements variés dont certains sont recouverts de dépôts de calcite.
Des géliformes reliques et d’autres actuellement actives, observées sous forêt à près de 400 km au sud de la limite méridionale du pergélisol, ont fait l’objet d’une étude dans le sud de l’Abitibi (Québec). En plus de décrire ces phénomènes et de dégager leur signification paléoclimatique, les auteurs soulignent leurs effets sur la pédogénèse. Si dans le passé, au Québec méridional, les cryoturbations de paléoclimats périglaciaires ont contribué au façonnement secondaire des dépôts glaciaires (géliformes reliques), encore aujourd’hui, même hors de la zone de pergélisol, des cryoturbations continuent d’interférer avec des processus de la pédogenèse. Celle-ci tend à différencier le sol en horizons distincts; la cryoturbation, par le brassage qu’elle détermine, contribue à augmenter la variabilité du sol sur de courtes distances. La classification de ces sols cryoturbés, en l’absence de pergélisol, n’étant pas prévue dans le système canadien de classification des sols, il est suggéré d’ajouter un nouveau grand-groupe à l’ordre des sols cryosoliques ou de prévoir des sous-groupes intergrades cryoturbiques à l’intérieur des autres ordres concernés.
Ground temperature studies, begun in 1977, revealed the presence of permafrost at the summit of Mont Jacques-Cartier (1270 m), in Gaspésie. Temperature profile data to a depth of 30 m in a drill hole indicates an active layer slightly thicker than 5.75 m, overlying a permafrost body extending beyond the base of the hole. Downward extrapolation of the profile, based on heat flow data and thermal conductivity measurements show that this permafrost body is from 45-60 m thick. That the permafrost is contemporary is indicated by the proximity of the permafrost table to the surface, by the low mean annual air temperature for the site (-3°C to -5°C), and by the lack of a thick insulative blanket of snow in the winter. A mean annual ground surface temperature of -1°C to -1.5°C is estimated for the site. The Mont Jacques-Cartier data enabled a regional lower limit of 1,000 — 1,100 m to be established for extensive permafrost in the Chic-Chocs Mountains in treeless exposed situations. A limited amount of ground temperature data from Mont Logan and Mont Albert tends to confirm the validity of this regional limit, which was then used, in association with our knowledge of the vegetation cover, to map the distribution of extensive permafrost bodies for the entire eastern Chic-Chocs Mountains. Although not observed in this study, permafrost may exist below this regional limit, in either coarse debris accumulations, or in organic terrains at high altitudes subject to sufficiently thick accumulations of peat
The distribution of permafrost in the southern part of the discontinuous zone in Québec and Labrador is described. At the southern limit of this subzone islands of permafrost vary in extent from a few tens of square metres to several hectares and in thickness from a few centimetres to a metre or so. Northward to the middle of the discontinuous zone permafrost becomes increasingly widespread reaching a thickness exceeding 100 metres. Permafrost occurs mainly in peatlands, on some north facing slopes and above treeline on mountain summits. The relationships of permafrost distribution to climatic and terrain factors, including air temperature, vegetation, drainage and snow cover are discussed, the last being particularly important. The paper concludes with an analysis of some prominent air photo patterns.
Ice streams that drain marine ice sheets are particularly susceptible to catastrophic retreat because they flow through bedrock troughs, and grounding line migration would produce a calving bay filled either with an ice shelf or with icebergs. Geological evidence suggests that a calving bay formed in the Laurentian Channel and the St. Lawrence valley after the late-Wisconsin maximum. Retreat rates in this calving bay are calculated for a variety of possible models assuming that locally the late-Wisconsin Laurentide ice sheet extended to the edge of the continental shelf. If an ice shelf forms in front of the retreating grounding line, and the shear stress between the ice shelf and its margins is one bar, retreat continues for only 150 km. Further retreat requires lubrication by ice with a strain-dependent preferred crystal fabric that develops between the ice shelf and its sides, or by complete removal of the ice shelf. Under these conditions the first 300 km of retreat takes at least 3000 to 6000 years. Thereafter, further retreat is rapid until, if a lubricated ice shelf is present, a new equilibrium grounding line is established about 1100 km from the edge of the continental shelf. If massive calving of icebergs occurred at, or near the grounding line, then retreat would continue up the St. Lawrence valley through to Lake Ontario. Of the various models considered, the minimum time taken for retreat from a point 300 km inland from the edge of the continental shelf through to Lake Ontario is about 2000 years.
Lorsque sur une « population » d’individus, d’objets ou de faits semblables, on étudie la relation existant entre deux critères x et y, le report dans les coordonnées cartésiennes des mensurations forme un « nuage de points » auquel on peut superposer une famille d’;ellipses concentriques. Tous les points d’une même ellipse possèdent vis-à-vis de la relation générale de x par rapport à y la même probabilité de conformité, d’;où leur nom d’« ellipses équiprobables ». La construction d’une seule de ces ellipses de probabilité quelconque permet de déterminer graphiquement un certain nombre de caractères de la population étudiée. La comparaison par cette méthode graphique d’investigation de populations voisines permet d’en définir l’identité ou la disparité ou encore de pressentir des mélanges ou des métissages. Après avoir exposé une méthode simple de calcul et de construction de ces ellipses, l’auteur donne trois exemples d’application de ce procédé, deux en paléontologie, un en sédimentologie, aux conséquences intéressantes.
La datation au radiocarbone naturel peut être utilisée pour caractériser la stabilité de la matière organique des sols. Dans la zone de surface, où se trouvent les racines, la datation donne une idée de la stabilité de la matière organique et de ses différentes fractions. Dans les sols profonds, le but de la méthode est de dater les substances organiques complexées avec l’argile et les autres particules minérales pour déterminer l’âge de la sédimentation, il y a moins de 30 000 ans. Les résultats obtenus démontrent que l’âge moyen de la matière organique dans la couche de surface est moderne, mais que certaines de ses fractions ont un âge plus grand que 1000 ans BP, indiquant ainsi que 50% de la matière organique est très résistante à la décomposition. Sous la zone des racines, la datation à La Pocatière a démontré que la terrasse la plus près du fleuve (16 m au-dessus du niveau de la mer) est de 1850 ± 90 ans BP, tandis que les autres terrasses (115 et 140 m au-dessus du niveau de la mer) ont respectivement 10 310 ± 140 et 10180 ± 270 ans BP. A une altitude de 150 m au-dessus du niveau de la mer, on a trouvé un âge de 16 170 ± 230 ans BP pour un sol situé à L’Acadie, près de Montréal. Cette date apparaît cependant plus élevé que l’âge des sédiments sur lequel le sol s'est développé.
Dans cette étude, le cadre stratigraphique, défini antérieurement par Gadd, est précisé et de nouvelles interprétations paléogéographiques sont proposées. Le till de Bécancour est présent sur trois coupes. Les dépôts argilo-silteux de Saint-Pierre évoquent un environnement semblable à celui de l’actuel lac Saint-Pierre mais avec un niveau des eaux supérieur. La végétation fossile indique un climat légèrement plus froid qu’aujourd'hui. Son âge, environ 67 000 ans BP, est celui d’un interstade du Wisconsinien. Le stade de Gentilly débute ensuite par le lac glaciaire de Deschaillons, dont le niveau relatif est à 30 m au moins au-dessus du niveau actuel de la mer. On compte seulement 800 varves sur la rive nord du Saint-Laurent, surmontées par les sables lacustres proglaciaires des Vieilles-Forges, qui passent progressivement au till de Gentilly. Ce till, mis en place entre 60 000 et 11 500 BP, présente aux Vieilles-Forges deux niveaux de sédimentation aquatique intercalés, qui indiquent un changement de dynamique glaciaire. A la fin du Wisconsinien supérieur, la déglaciation est marquée par le recul progressif du front de l’inlandsis ancré à son lit. Les dépôts glacio-marins à la base du complexe morainique de Saint-Narcisse semblent correspondre à une halte du front glaciaire entre 11 300 et 11 000 BP. Plus récent que 11 000 BP, le complexe lui-même reflète une réactivation de la glace correspondant au refroidissement mondial du Dryas III. Au nord de ce système, les dépôts glaciaires de Mékinac sont les derniers témoins de l’inlandsis en retrait. La transgression de la mer de Champlain a débuté vers 11 500 BP à l’emplacement actuel de la rive nord du Saint-Laurent mais plus tard au nord du complexe morainique.
Evidence from scattered stratigraphie sections, from the relationship of a sequence of ice flow indicators to a raised interglacial marine platform, together with the limits of freshly glaciated terrain against weathered bedrock areas, indicates that late Wisconsinan glaciers spread weakly toward, and in many areas not beyond, the present coast. These were fed by a complex of small ice caps located on broad lowlands and uplands. The limiting factor was the deep submarine channels that transect the region. Thus, Laurentide ice was limited to northern Gulf of St. Lawrence. With this pattern of centripetal flow toward the Gulf, large areas remained unglacierized. There is now better geological corroboration of Fer-nald's hypothesis of nunatak botanic réfugia, though there was, perhaps during early Wisconsinan time, grounded ice in the Gulf and an outlet glacier in Laurentian Channel. Raised postglacial shorelines fit the model, with a general tilt toward the main shield ice sheet, but with two broad domes reflecting the ice complexes over New Brunswick and Newfoundland. Older emerged and submerged shorelines beyond the glacial limit complicate the pattern. At present northern regions are still rebounding while a zone of subsidence is migrating inland from the continental margin.
Wide, boulder-strewn intertidal flats occur around the head of Frobisher Bay and along parts of the shoreline of Cumberland Sound, in southeast Baffin Island. The coastal environment is characterized by large tidal ranges, severe winter sea ice conditions, and a relative sea level history which involves rapid and then decreasing land emergence during the earlier part of the Holocene, succeeded by slight recent submergence. Summer field investigations were carried out at two sites, Koojesse Inlet on Frobisher Bay, where ice breakup conditions were also monitored, and Pangnirtung Fiord off Cumberland Sound. The results are summarized under three headings: physical and biological zonation across the tidal flats; tidal action and sea ice processes; and geological evolution of the tidal flats. Comparisons are made with similar settings described by others in Labrador and Ungava Bay. The sedimentary shores at both Baffin Island sites exhibit a distinct physical zonation, most evident in the concentration of boulders in the middle tidal flat zone at Koojesse Inlet and in the boulder barricade at the seaward margin of the Pangnirtung flats. Biological observations show a zonation of intertidal flora and fauna across the intertidal zone at Koojesse Inlet. An outstanding problem concerns the mode of transport of very large boulders. Pushing and rolling, by ice floes which are confined to the intertidal zone by the solid ice in the offshore zone during the critical early phase of breakup may be more appropriate processes than ice rafting.
Mining exploration and production activities in the permafrost regions of Canada have increased rapidly over the last twenty years. This paper deals with the effects of permafrost on mining iron ore in the Schefferville area of Northern Quebec and Labrador. Problems associated with drilling and blasting, digging and crushing, transportation and handling of frozen ore are briefly outlined. The three dimensional delineation of frozen ground is achieved by a combination of ground temperature measurements and geophysical techniques. Finally some of the studies that are planned to be undertaken in the Schefferville area are briefly mentioned.
Les observations quotidiennes de l’ensoleillement de l’observatoire météorologique de l’université McGill à Montréal ont été analysées pour la période allant du 1er janvier 1882 au 31 décembre 1975. Nous en avons dégagé une climatologie sous forme de moyennes annuelles, mensuelles et quotidiennes. Une chaîne de Markov simple a été ajustée aux séquences observées de jours nuageux consécutifs; la loi de Gumbel des valeurs extrêmes a été utilisée pour représenter les plus longues séquences nuageuses (par mois). Après avoir calculé des statistiques intra-annuelles pour les classes d'ensoleillement, nous avons analysé le changement séculaire; il révèle un minimum de l’ensoleillement annuel en 1935. Ce changement séculaire se reflète dans l’organisation annuelle et intra-annuelle des classes d’ensoleillement. Nous avons comparé ce changement à celui des précipitations totales annuelles qui montre également un maximum pendant la même année.
Les contraintes que le gel développe dans une roche poreuse humide sont de deux espèces : 1) des contraintes d’origine thermique intrinsèquement en régime transitoire; 2) des contraintes dues au gonflement de l’eau humectant la roche lors de l’engel. Ce sont ces contraintes que nous étudions ici à partir d’un modèle mathématique simple : une sphère creuse à l’intérieur de laquelle se développe une pression pi. Lamé (1852) a donné l’équation des contraintes qui apparaissent en un point quelconque de la masse solide en fonction de pi. Par ailleurs, les théories de l’élasticité permettent de déterminer la pression Peq qui se développe dans la cavité au moment de l’engel. Connaissant cette pression, la répartition des contraintes qu’elle provoque dans la matière et la résistance de la roche, on peut déterminer s’il y a ou non fissuration ou éclatement de la roche sphérique. En étendant ce principe aux roches poreuses, il est possible de déterminer un taux critique de porosité au-dessus duquel le gel conduit à la rupture. Mais dans les roches, il faut tenir compte du fait que les canalicules du réseau de porosité débouchant à l’extérieur, il y a extrusion de la glace au moment de l’engel. D’autre part, les roches de la couche superficielle de l’écorce terrestre ayant subi de nombreux cycles de contraintes dues aux variations de température en particulier accusent une certaine fatigue qui diminue leur résistance mécanique.
Des mesures ont été effectuées en hiver 1977-78 afin d’estimer la quantité de neige enlevée par la formation de trous en forme de beigne autour de troncs d’arbres dans une forêt de feuillus. En admettant que la neige enlevée disparaît complètement de la couche neigeuse et que la géométrie de ces trous est semblable à celle d’un cylindre, nous avons calculé que 2,6 % de la couche neigeuse est remplacée par ces trous et qu’un volume additionnel de 1,3 % est occupé par les troncs. Cette valeur de 2,6 % correspond à une couche de neige dense et compacte et pourrait être plus élevée si on l’appliquait à une accumulation de neige fraîche. De plus, la taille de ces trous, qui s’élargissent vers la fin de l’hiver, peut modifier le pourcentage de 2,6 %. Ainsi, la présence de ces trous dans la couche neigeuse augmente le risque d’erreur dans le calcul des précipitations neigeuses, spécialement dans les plus grands bassins-versants.
Les traits majeurs du relief de la région de Barberton, au pied du Drakensberg du Transvaal, section du Grand Escarpement d’Afrique australe, relèvent d’une érosion différentielle très nuancée dans le socle cristallin précambrien, à partir d’une surface d’aplanissement gauchie, provisoirement datée de l’Éogène. Les recherches poursuivies par les géologues de l’université du Witwatersrand (Johannesburg) dans le Transvaal oriental montrent quel fructueux parti la géomorphologie peut tirer des reconnaissances détaillées portant sur la pétrographie et le mode de gisement des roches cristallines. Les granites leucocrates de coupole et les granites des plutons superficiels se placent au sommet d’une échelle de résistance, tandis que les granites des plutons plus profonds, les granodiorites en massifs circonscrits et les gneiss infras-tructuraux occupent une position déprimée. Grâce aux racines d’une vieille chaîne de plissement pincées au sein du socle, la distribution des affleurements granitiques s’éclaire dans un contexte tecto-orogénique : au-delà de la composition chimique et minéralogique et de l’arrangement des minéraux, cette relation appelle l’attention sur la fissuration et la perméabilité parmi les facteurs d’érosion différentielle dans les roches cristallines.