
La France fait face à une mortalité infantile préoccupante, accentuée par la réorganisation du système de santé. Le don d’organes en périnatalité, encore peu exploré, représente une alternative thérapeutique. Cette revue souligne le manque d’attention portée aux facteurs influençant les décisions parentales et la nécessité de mieux former les équipes médicales pour aborder le sujet avec tact. L’implication de représentants religieux pourrait faciliter le dialogue. Une réflexion éthique, sociale et médicale, ainsi que le développement d’outils de communication et d’approches interdisciplinaires sont essentiels pour intégrer le don d’organes périnatal et sauver des vies.
Le retrait social est un signe de détresse organique et émotionnelle chez le nourrisson, associé, entre autres facteurs, à la prématurité. Objectif : analyser les propriétés psychométriques de l’échelle d’alerte de retrait du nourrisson (ADBB) et évaluer le retrait social chez les nourrissons participant au programme de soins kangourou. Nous avons également cherché à déterminer s’il existe une relation entre le retrait social du nourrisson et la dépression maternelle, et à étudier d’éventuelles différences en fonction de la présence ou non d’interventions médicales invasives. Quatre nourrissons et leurs mères ont été évalués lors de consultations dans le cadre du programme de soins kangourou. Le retrait social a été évalué à l’aide de l’échelle ADBB et la dépression post-partum à l’aide du questionnaire de dépression postnatale d’Édimbourg EPDS. L’échelle ADBB a montré une bonne fiabilité et une bonne concordance interjuges. 61,8 % des nourrissons ont ainsi montré des signes de retrait social. Aucune relation n’a été trouvée entre le retrait social du nourrisson et la dépression maternelle. Un retrait social plus important a été observé chez les nourrissons ayant nécessité une admission en unité de soins intensifs néonatals (USIN) ou une oxygénothérapie. Cette étude fournit des données sur la validité de l’échelle ADBB pour une utilisation en Colombie dans le programme kangourou. Le niveau élevé de repli social observé souligne la nécessité de dépister ce signe d’alerte chez les nourrissons admis en unité de soins intensifs néonatals ou nécessitant une assistance respiratoire.
La psychose du post-partum (PP) qui touche environ 1 à 2 femmes sur 1 000 est une urgence psychiatrique mère-enfant en raison des risques de suicide et d’infanticide. À partir d’une analyse qualitative de 51 récits de femmes ayant traversé un épisode de PP, cet article a pour objectif de décrire leurs expériences psychologiques et leurs parcours de soins dans la phase aiguë. La notion d’obstacle a émergé comme une clé de lecture permettant de mieux comprendre les enjeux psychologiques et systémiques ainsi que leurs similitudes expérientielles qui traversent la trajectoire du devenir mère de ces femmes.
La fente labiopalatine (FLP) est une dysmorphose congénitale fréquente due à l’absence de fusion des bourgeons faciaux au cours de l’embryogenèse. La naissance d’un enfant porteur de FLP est un événement traumatique vécu par les parents. Il s’agit d’une étude qualitative réalisée grâce à huit entretiens semi-directifs invitant les interviewés à mettre en récit leur vécu avant et après la naissance de leur enfant avec FLP. Dans cette étude, quel que soit le moment d’annonce du diagnostic de FLP, l’impact sur les parents s’apparente à un choc psychique, pourtant, le recours à une aide psychologique n’a pas eu lieu. Internet et les avis médicaux étaient les principaux moyens pour se rassurer. Les inquiétudes principales des parents étaient : l’esthétique, l’alimentation, le regard des autres et le développement du langage. La plupart des enquêtés ont eu le soutien de leurs familles et trouvent les informations fournies par l’équipe de soins insuffisantes. L’acceptation de la malformation et l’adaptation semblent être la seule issue. L’acceptation de la malformation est modulée par la capacité de l’individu à s’adapter et par ses croyances religieuses. Le traumatisme psychologique et le besoin d’accompagnement vécus par les parents des enfants porteurs de FLP sont un appel pour convoquer la pluridisciplinarité.
En temps de guerre, les cliniciens sont eux-mêmes exposés à des menaces pour leur survie. Mon expérience personnelle, à la fois en tant qu’individu et en tant que professionnelle, depuis le début de la guerre entre le Hamas et Israël, a soulevé des questions fondamentales sur l’impact d’un environnement partagé et potentiellement mortel sur l’essence même de la psychothérapie parent-nourrisson, ainsi que sur les processus contre-transférentiels. Dans quelle mesure la liberté du clinicien est-elle entravée par l’agressivité ambiante, surtout lorsque le patient — enfant ou adulte — s’identifie à l’agresseur ? Quelle est la difficulté, pour les thérapeutes comme pour les parents, de mettre de côté leurs idéologies politiques afin de se concentrer sur les effets du traumatisme de guerre sur leur très jeune enfant ? À mes yeux, le plus grand danger pour les cliniciens en temps de guerre est de perdre notre capacité de contenance et de réflexion, et de tomber dans une vision dichotomique du bien et du mal. Je pense que notre rôle ne se limite pas à permettre de « dire l’indicible », mais consiste aussi — et peut-être surtout — à maintenir l’espoir et la confiance fondamentale dans l’humanité, malgré les actes inhumains qui nous entourent.
L’alliance thérapeutique constitue un facteur commun à toutes les thérapies dont l’intérêt clinique n’est plus à démontrer. Elle a cependant été peu étudiée dans les thérapies de jeunes enfants. Après avoir défini le concept, nous présentons ses spécificités chez l’enfant, son intérêt clinique et les outils d’évaluation existants. Face au manque d’outil spécifique aux thérapies précoces, nous avons adapté le ‘Working Alliance Inventory’ pour aboutir à l’Inventaire d’Alliance de Travail 0-4 ans. Les deux versions, parent et thérapeute, ont montré une structure différenciant trois facteurs : expérience négative de la relation de soin, alliance positive et alliance avec l’enfant. Comme pour les adultes et enfants, l’alliance apparaît associée au devenir : les deux versions prédisent l’évolution de l’enfant, la version parent prédit aussi celle de la mère. Cet outil aux bonnes propriétés psychométriques peut désormais être utilisé pour parfaire nos connaissances sur l’alliance dans des populations de jeunes enfants.
La présente étude avait pour objectif d’évaluer l’efficacité d’un soin conjoint par stimulations proprioceptives sur la nature des représentations parentales de mères de bébés grands prématurés hospitalisés en médecine néonatale. L’analyse thématique du discours de neuf mères a permis de mettre en évidence une bonne acceptabilité de ce soin ainsi que ses effets bénéfiques sur l’élaboration des représentations maternelles positives – que cela soit sur l’enfant, sur la relation dyadique ou sur son propre rôle parental –, la construction de la « constellation de la maternité », et la satisfaction des besoins psychologiques fondamentaux des mères.
Les capacités réflexives ou de mentalisation des professionnels de l’accueil de la petite enfance peuvent avoir un impact sur le développement des compétences psychosociales des jeunes enfants dont ils ont la charge au quotidien. Dans cet article, nous présentons les résultats préliminaires d’une étude en cours portant sur l’impact d’une formation aux compétences psychosociales des jeunes enfants, destinée à des assistantes maternelles, sur leurs capacités réflexives. Au total, 23 assistantes maternelles ont bénéficié de la formation. Leurs capacités réflexives ont été examinées à deux temps de mesure, avant (T0) et 6 mois après la formation (T1), au moyen d’entretiens selon la méthode Mind-Mindedness Interview, en termes d’attributs mentaux, physiques, comportementaux ou généraux utilisés pour décrire un enfant accueilli. Globalement, les assistantes maternelles utilisent davantage d’attributs comportementaux pour décrire les enfants, que ce soit à T0 ou à T1. Toutefois, 6 mois après la formation, le nombre d’attributs mentaux augmente, leur proportion passant de 26.8% à 35.8% alors que le taux d’hésitations baisse. Ces données indiquent que les capacités de mentalisation augmentent suite à la formation reçue et soulignent l’intérêt d’investir dans la formation des assistantes maternelles. Des données complémentaires sur le profil des assistantes maternelles sont également présentées et discutées.