
Environ 30 a 70% des sujets âges hospitalises sont denutris. Peu de travaux ont actuellement porte sur les strategies visant a reduire le risque a aggravation ae la denutrition ae ces patients au cours des hospitalisations. Cette etude menee dans une unite de court sejour geriatrique en Nouvelle Zelande a pour but d'evaluer successivement 3 strategies de prevention de la denutrition chez les patients âges hospitalises souffrant de demence. La premiere strategie comportait la mise a disposition a volonte de supplements nutritionnels jour et nuit et un elargissement des horaires de repas. La deuxieme strategie comportait une optimalisation des prises alimentaires grâce au concours de benevoles pour assister les sujets partiellement dependants. La troisieme modalite consistait a une amelioration de l'ambiance au moment du repas grâce a de la musique pendant le temps du repas. Lors de la prise en charge habituelle, les patients aggravent leur statut nutritionnel avec notamment une reduction significative de l'IMC (indice de masse corporelle). Dans chacun des protocoles proposes, on constate une amelioration significative de l'IMC ainsi que des prises caloriques. Cette etude confirme que des interventions simples peu couteuses et faciles a mettre en place permettent d'ameliorer le statut nutritionnel des patients dements hospitalises.
Objectif: Developpement et validation d'un outil de depistage rapide et simple pour la detection precoce de la denutrition de residents de maisons de retraite et de maisons residentielles. Design: Etude d'observation multicentrique croisee. Lieu: Maisons de retraite et de maisons residentielles. Participants: L'outil de depistage a ete developpe chez 308 residents au total (echantillon de developpement; groupe A) et valide de facon croisee dans un nouvel echantillon de 720 residents (echantillon de validation) compose de 476 residents de maison de retraite (groupe B1) et de 244 residents de maison residentielles (groupe B2). Mesures: Les patients etaient definis comme severement denutris lorsqu'ils presentaient au moins un des criteres suivants: IMC ≤ 20kg/m 2 et/ou une perte de poids involontaire ≥ 5 % au cours du dernier mois et/ou une perte de poids involontaire ≥ 10 % au cours des 6 derniers mois. Les patients etaient definis comme moderement denutris s'ils repondaient aux criteres suivants: IMC de 20.1-22 kg/m 2 ou une perte de poids involontaire de 5-10 % au cours des six derniers mois. Les questions plus predictives (provenant d'instruments de depistage deja developpes) de denutrition ont ete selectionnees dans le groupe A et validees de facon croisee dans le groupe B. Dans une deuxieme etape, l'IMC a ete ajoute au SNAQRC dans le groupe B. La precision diagnostique de l'outil de depistage dans les echantillons de developpement et de validation a ete exprimee en termes de sensibilite, specificite et valeurs predictives positive et negative. Resultats: Les quatre questions les plus predictives de denutrition etaient liees a: une perte de poids involontaire de plus de 6 kg au cours des 6 derniers mois et de plus de 3 kg dans le mois precedent, la capacite de manger et boire avec aide et la diminution de l'appetit pendant le mois precedent. La precision diagnostique de ces questions seules etait insuffisante (Se = 45 %, Sp = 87 %, VPP = 50 % et VPN = 84 %). Toutefois, en combinant les questions avec la mesure de l'IMC ceci permettait d'ameliorer suffisamment la precision du diagnostic (Se = 87 %, Sp = 82 %, VPP = 59 % et VPN = 95 %). Conclusion: La detection precoce de la denutrition des residents de maisons de retraite et de maisons residentielles est possible par quatre questions de depistage et la mesure de l'IMC.
L'objectif de cette etude est de presenter le lien entre la vitesse de marche et les capacites cognitives d'une cohorte de personnes âgees sans deficit cognitif apparent (cohorte GEM ; Ginkgo Evaluation of Memory). Methode: Cette etude transversale concerne 3035 participants evalues par des tests cognitifs, fonctionnels et de performances motrices (vitesse de marche a pas normal et en marche rapide). Resultat: On constate apres ajustement sur les facteurs confondants (l'âge et les comorbidites) que le risque de presenter un faible score au 3MSE est deux fois plus eleve pour les personnes ayant une vitesse de marche lente (quartile le plus bas) comparativement aux participants ayant la vitesse de marche rapide (quartile le plus haut) (OR: 1.96, 95% intervalle de confiance(IC), 1.25-3.08). Les mesures des performances motrices sont associees aux faibles capacites cognitives mieux que ne le sont les mesures rapportees en auto-questionnaires (ADL, IADL). Conclusion: Il existe une association statistiquement significative entre un faible score au 3MSE et une vitesse de marche lente. Chez ces personnes âgees en bonne sante, une tâche motrice necessitant une reserve fonctionnelle elevee, comme un test de marche rapide, semble etre le mode d'evaluation le plus sensible pour mettre en evidence cette relation entre cognition et performance motrice.
Objectif: Decrire le statut nutritionnel des personnes âgees vivant a domicile, etudier les facteurs determinants dans l'evaluation du statut nutritionnel, et decrire la relation eventuelle entre le statut nutritionnel et la qualite de vie liee a la sante. Schema d'etude: Une etude longitudinale utilisant des donnees obtenues de personnes âgees nees entre 1916 et 1925. Les donnees ont ete recueillies a 3 reprises separees par des intervalles de 4 ans. Contexte: le recueil des donnees a ete effectue au domicile des participants. Un experimentateur a realise tous les tests et procede aux interrogatoires. Participants: 258 personnes vivant toutes a domicile ont ete incluses a partir d'une selection randomisee du Swedish Twin Register. Mesures: Le statut nutritionnel a ete determine en utilisant le Mini Nutritional Assesssment (MNA), les fonctions cognitives ont ete evaluees a partir du Mini Mental State Examination (MMSE) et la qualite de vie liee a la sante par le Nottingham Health Profile (NHP). Des questions concernant les facteurs physiques, psychologiques et sociaux qui semblent avoir un impact sur le statut nutritionnel ont egalement ete abordees. Resultats: Approximativement 17% des participants ont ete juges comme etant a risque de denutrition ou denutris. L'alteration des fonctions cognitive, reduisant la perception de la sante, un sejour recent a l'hopital et le fait de beneficier du portage des repas etaient des facteurs associes avec le risque de denutrition. Conclusion: Le risque de denutrition est frequent chez les personnes âgees vivant a domicile, et plusieurs facteurs sont associes avec une augmentation de ce risque avec l'avancee en âge. La reconnaissance de ces facteurs lors des soins prodigues aux personnes âgees semble etre importante pour la prevention des problemes nutritionnels.
L'objectif de cette etude prospective randomisee etait d'evaluer l'impact d'un programme educatif visant a diminuer la iatrogenie evitable chez des malades âges hospitalises. L'etude a ete realisee dans 16 unites de soins de suite et rehabilitation de l'APHP (Assistance Publique - Hopitaux de Paris) representant 526 lits (capacite de 15 a 57 lits). Tous les malades de 65 ans et plus qui etaient hospitalises durant les 4 semaines de l'etude ont ete inclus. Durant une premiere periode de 2 semaines, il n'y a pas eu d'intervention et tous les evenements indesirables medicamenteux ont ete releves. Puis les unites ont ete randomisees, avec et sans intervention. La periode de formation (programme educatif) a dure une semaine, sans releve des evenements indesirables. Puis, pendant une periode de deux semaines les evenements indesirables ont a nouveau ete releves dans les unites ayant ete formees a la prevention et dans les unites controles. Les evenements indesirables ont ete note par les infirmieres a l'aide d'une liste standardisee et verifies chaque semaine par les investigateurs. Un groupe d'expert a ensuite ete charge d'analyser chacun des evenements declares, de les valider, de verifier s'ils etaient evitables et de les classer. 576 patients consecutifs (âge moyen 83,6 ± 7,9 ans) ont ete inclus. Le nombre moyen de medicaments par malade a l'inclusion etait de 9,4 ± 4,24. Sur 755 evenements declares, 223 ont ete considerees comme des evenements indesirables d'origine medicamenteuse «probable» (29,5%). Parmi ces 223 effets indesirables, 62 (28%) ont ete consideres comme evitables. Les erreurs les plus frequentes etaient: dose trop elevee (26%), doublon medicamenteux (21%), dose trop faible (13%), medicament inapproprie (13%), interaction medicamenteuse (6%), patient presentant une intolerance deja connue a ce medicament (3%) et autre (11,2%). Apres un programme specifique de formation des soignants, il y avait moins d'effets indesirables dans le groupe intervention (n = 38, 22%) que dans le groupe controle (n = 63, 36% ; p = 0,004). En conclusion, un programme educatif specifique de prevention de la iatrogenie peut faire diminuer les evenements indesirables medicamenteux de 14%.
Des analyses volumetriques de l'atrophie de differentes structures cerebrales ont ete developpees afin d'evaluer et de suivre la progression de la maladie d'Alzheimer. L'objectif de cette etude est de comparer de facon longitudinale les modifications des analyses volumetriques en IRM et les modifications des echelles cognitives classiquement utilisees dans les essais cliniques de la maladie d'Alzheimer. Le taux d'atrophie cerebrale et/ou d'augmentation de taille du systeme ventriculaire etaient correles avec le declin aux performances des echelles cognitives. La plus forte association a ete retrouvee entre l'atrophie cerebrale et le MMSE. Le taux d'atrophie hippocampique n'etait correle a aucune des echelles cognitives. Il semble donc important d'etre prudent dans l'interpretation des modifications volumetriques comme marqueurs de la progression de la maladie d'Alzheimer. Il ne semble donc pas exister de marqueur ideal de la progression de la maladie que ce soit en IRM en PET-scan ou encore clinique. Ces differents marqueurs sont donc probablement complementaires afin de pouvoir mieux analyser l'effet potentiel de nouveaux traitements sur la progression de la maladie d'Alzheimer.
Une grande majorite des residents d'institution en France sont carences en vitamine D et relevent d'une supplementation. L'interet de la supplementation en vitamine D de cette population n'est plus a demontrer. Pourtant, les modalites de dispensation de la vitamine D ne sont pas consensuelles en institution pour personnes âgees. Les auteurs de cette etude randomisee controlee portant sur 338 residents ont donc compare l'effet sur le taux serique de vitamine D d'une supplementation par 600 ui par jour ou 4 200 ui par semaine ou 18 000 ui par mois de vitamine D3. A 4 mois, la dose quotidienne etait plus efficace que les doses hebdomadaires ou mensuelles.
Parmi les macronutriments, les acides gras polyinsatures de la serie n-3 representent une famille importante impliquee dans de nombreux processus biologiques. Un certain nombre de travaux soulignent recemment l'influence des omega-3 sur le risque de survenue de la maladie d'Alzheimer (MA) ou encore sur les maladies inflammatoires. Dans leurs Travaux, Vedin et al ont etudie les effets d'une supplementation en acides gras omega-3 durant 6 mois sur la synthese de cytokines et de facteurs de croissance par les cellules sanguines mononuclees. Ce travail a ete realise dans une population de patients presentant une MA legere a moderee ayant participe a l'etude OmegAD. Ils ont montre qu'il existait une relation etroite entre les concentrations plasmatiques d'acides gras et la synthese de cytokines par les cellules sanguines mononuclees. De nouvelles etudes semblent interessantes a mener dans cette voie, notamment pour determiner si une supplementation en acides gras omega-3 permettrait de diminuer la production de cytokines par les cellules cerebrales au cours de la maladie d'Alzheimer. Ceci semble d'autant plus pertinent qu'un travail recent a montre que les concentrations plasmatiques d'IL-1, de TNF et de facteur de croissance granulocytaire sont des facteurs de risque de developper une MA.
Objectifs: Determiner si, dans l'etude actuelle, l'apport d'une boisson enrichie en nutriments, donne des resultats positifs sur les fonctions mentales et physiques chez les sujets âges en institution. Schema d'etude: Un essai d'intervention d'une duree de 24 semaines, randomise en double aveugle, controle par placebo, a groupes paralleles. Cadre: Institutions et maisons de retraite aux Pays-Bas. Participants: personnes âgees de plus de 60 ans pensionnaires de maisons de retraite ayant un IMC ≤ 30 kg/m2 et un score d'au moins 10 points au Mini-Mental State Examination (MMSE). Intervention: En complement de leur regime habituel, les participants (n=176) ont recu soit une boisson enrichie en nutriments soit une boisson placebo deux fois par jour pendant 24 semaines. Mesures: Les mesures fonctionnelles comprenaient la fonction cognitive, l'humeur, les performances physiques et les capacites a realiser les activites de la vie quotidienne. Resultats: Dans le groupe ayant beneficie d'une boisson enrichie, un effet favorable a ete observe sur le poids corporel (1.6kg de difference entre les deux groupes ; p = .035), la circonference du mollet (0.89cm de difference entre les deux groupes; p = .048) et les dosages sanguins (ex: Hcy diminue de 16.8 a 11.2 μmol/L dans le groupe ayant beneficie d'un supplement). Pour l'ensemble du groupe aucun effet significatif sur les criteres fonctionnels n'a ete constate. Toutefois, apres 24 semaines de supplementation, un sous-groupe de participants ayant un IMC a l'inclusion inferieur a 24.4 kg/m2 a obtenu un meilleur score a l'Alzheimer's Disease Assessment Scale (ADAS-cog) (p = .09), et un meilleur resultat dans son sous score permettant d'evaluer le langage (p = .01). Conclusion: Les resultats sur le groupe complet suggerent que le supplement nutritionnel utilise dans le cadre de cet essai ameliore l'etat nutritionnel. De plus, les resultats de cet essai suggerent qu'il est efficace comme traitement de la baisse des fonctions cognitives dans un sous-groupe de personnes âgees placees en institutions et ayant un faible IMC.
Les effets deleteres de la confusion mentale chez les malades âges hospitalises sont bien connus en termes de mortalite et de capacites fonctionnelles. En revanche, les couts de sante et les consequences sur la qualite de vie n'ont ete que peu investigues. Les auteurs ont realise une etude randomisee controlee chez 174 malades âges confus hospitalises comparant une intervention geriatrique multifactorielle a une prise en charge habituelle sur la qualite de vie mesuree par l'echelle 15D et sur les couts de sante calcules dans l'annee suivant l'episode confusionnel. L'âge moyen des patients etait de 83 ans, 31 % etaient dements. A l'issue de l'hospitalisation, 71 % des patients du groupe intervention se consideraient en bonne sante contre 49 % du groupe controle (P = 0.05). La confusion entrainait une deterioration de la qualite de vie dans les deux groupes, elle etait cependant moins importante dans le groupe intervention (- 0.026 IC 95 %: -0.055 a -0.001) que dans le groupe controle (-0.065 IC 95 %: -0.09 a -0.04) p = 0.034. Les couts de sante comportant le sejour hospitalier et les depenses de sante dans l'annee suivant l'hospitalisation se sont eleves en moyenne a 19 737 euros par patient du groupe intervention contre 19 557 euros par patient du groupe controle, soit une difference non significative de 180 euros. En conclusion, une intervention geriatrique multidimensionnelle ameliore la qualite de vie des patients confus sans augmenter les depenses de sante.
Cette etude randomisee controlee sur 11 semaines a teste une intervention associant une approche nutritionnelle (chocolat, supplements oraux « maison »), des exercices en groupe bihebdomadaire (intensite moderee, de 45 a 60 min) et des soins buccaux versus une prise en charge classique associant supplements nutritionnels si besoin et kinesitherapie. Sur 120 residents d'EHPAD de plus de 65 ans inclus, 62 ont beneficie de l'intervention. Les changements de poids, d'index de masse corporelle et de scores de fonctionnalite etaient plus importants dans le groupe interventionnel. Les 2 groupes ont perdu le meme pourcentage de poids apres l'etude, mais au total la perte de poids etait plus importante pour le groupe controle. Il est possible d'ameliorer l'etat nutritionnel et la fonctionnalite chez les patients âges vivant en maison de retraite par une intervention combinee, associant chocolat, supplements maison, exercice musculaire et soins buccaux.
L'etat nutritionnel des residents en institution en France est peu connu. Cette etude decrit le statut nutritionnel des residents d'etablissements (EHPAD et USLD) dans la region aquitaine et cherche a identifier les facteurs (facteurs de risque et politique institutionnelle) associes a un taux eleve de denutrition. Cette enquete a porte sur les 514 institutions de la region Aquitaine dans lesquelles un questionnaire portant sur le ratio de personnel, les procedures de prise en charge alimentaire, la formation des equipes soignantes et de nombreuses informations relatives au champ de la nutrition en institution etait adresse. Au sein de ces institutions 600 residents vivants dans 42 etablissements tires au sort ont ete evalues sur le plan nutritionnel. Il apparait que 19% des residents sont denutris (14-24,2) avec un taux plus eleve dans les USLD (48%) que dans les EHPAD (14,5%). La denutrition etait principalement liee a l'etat de sante des residents. Les politiques institutionnelles en place ne semblent pas etre en cause dans la prevalence elevee de la denutrition chez les residents.
Un certain nombre d'etudes realisees chez l'animal et chez l'homme ont suggere que le curcumin (compose polyphenolique) permettait de diminuer les concentrations seriques de cholesterol. Cet effet n'a cependant pas encore ete demontre dans le cadre d'un essai randomise. L'objectif de l'etude de Baum et al, etait de tester l'efficacite d'une consommation de curcumin sur le profil lipidique dans une population de sujets âges. Au total, 36 sujets ont ete inclus dans cet essai randomise et ont recu pendant 6 mois soit 4g/jour de curcumin, soit 1g/jour de curcumin, soit du placebo. Les concentrations plasmatiques de curcumin et de ses differents metabolites ont ete mesurees a l'inclusion, a 1 mois et a 6 mois. La consommation de curcumin, quelle que soit la dose journaliere, ne modifiait pas de maniere significative les concentrations plasmatiques de triacyglycerols, d'HDL cholesterol ou de LDL entre le 1er et le 6eme mois. Une correlation positive significative etait cependant observee entre les concentrations plasmatiques de curcumin et les concentrations seriques de cholesterol.