
Health Sciences and Disease, is an open source, peer reviewed medical journal that covers all aspects of medicine, pharmacy, biomedical and health sciences, including public health and societal issues. It is an online first publication, which means that all the publications articles appear on the website before being included in the print journal. The papers are published in full on the website, with open access. Our vision is to be the leader medical journal in our region. Our mission is to inform and educate all the health professionals and to promote constructive debate on health issues that matter in the management not only of diseases but of health as a whole.Health Sciences and Disease is the official publication of the Faculty of Medicine and Biomedical Sciences of the University of Yaounde I. Its team is based in Yaounde (Cameroon). Health Research in Africa (HRA) is a partner journal of HSD.
RÉSUMÉIntroduction. Les grossesses chez les adolescentes constituent un problème majeur de santé publique en Afrique subsaharienne, avec un risque accru de complications maternelles et périnatales. Les adolescentes référées pour accouchement constituent un sous-groupe particulièrement vulnérable, mais leur profil de risque est mal documenté. Cette étude visait à identifier les facteurs associés aux complications chez les parturientes adolescentes référées à l'Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé (HGOPY). Méthodes. Nous avons mené une étude cas-témoins avec collecte rétrospective de données (2014-2018), incluant 58 cas (parturientes adolescentes référées ayant présenté des complications) et 140 témoins (référées sans complications). Les données ont été extraites des dossiers médicaux. L'analyse multivariée par régression logistique a identifié les facteurs indépendamment associés aux complications, exprimés en Odds Ratios ajustés (ORa) avec IC à 95 %. Résultats. L'âge moyen était de 17,8 ± 1,2 ans. Les complications à l'accouchement étaient dominées par la déchirure du périnée (45,0 %), la fièvre maternelle (22,5 %) et la rétention des débris placentaires (15,0 %). En post-partum, l'hémorragie (44,0 %), l'anémie (20,0 %) et l'endométrite (16,0 %) prédominaient. En analyse multivariée, trois facteurs étaient indépendamment associés aux complications : l'antécédent de pathologie anténatale (ORa = 4,31 ; IC95 % : 1,53-12,20 ; p = 0,006), le diagnostic de phase latente à l'admission (ORa = 3,39 ; IC95 % : 1,14-12,99 ; p = 0,030), et l'absence de recours à l'épisiotomie lorsque nécessaire (ORa = 7,25 ; IC95 % : 1,95-26,89 ; p = 0,003). Conclusion. Les complications chez les adolescentes référées sont associées à des facteurs identifiables et potentiellement modifiables. Le dépistage et la prise en charge des pathologies anténatales, la réduction du délai de référence en phase active de travail, et la pratique raisonnée de l'épisiotomie constituent des leviers prioritaires pour améliorer le pronostic maternel dans cette population à risque. ABSTRACTIntroduction. Adolescent pregnancies are a major public health issue in sub-Saharan Africa, with an increased risk of maternal and perinatal complications. Referred adolescent parturients constitute a particularly vulnerable subgroup, but their risk profile is poorly documented. This study aimed to identify factors associated with complications among referred adolescent parturients at the Yaoundé Gynaecology, Obstetrics and Paediatrics Hospital (YGOPH). Methods. We conducted a case-control study with retrospective data collection (2014-2018), including 58 cases (referred adolescent parturients with complications) and 140 controls (referred without complications). Data were extracted from medical records. Multivariate logistic regression identified factors independently associated with complications, expressed as adjusted Odds Ratios (aOR) with 95% CI. Results. Mean age was 17.8 ± 1.2 years. Delivery complications were dominated by perineal tears (45.0%), maternal fever (22.5%), and retained placental fragments (15.0%). In the postpartum period, hemorrhage (44.0%), anemia (20.0%), and endometritis (16.0%) predominated. In multivariate analysis, three factors were independently associated with complications: history of antenatal pathology (aOR = 4.31; 95% CI: 1.53-12.20; p = 0.006), diagnosis of latent phase at admission (aOR = 3.39; 95% CI: 1.14-12.99; p = 0.030), and failure to perform episiotomy when indicated (aOR = 7.25; 95% CI: 1.95-26.89; p = 0.003). Conclusion. Complications in referred adolescents are associated with identifiable and potentially modifiable factors. Screening and management of antenatal pathologies, reducing referral delays during active labor, and judicious use of episiotomy are priority levers to improve maternal outcomes in this at-risk population.
Les manifestations psychiatriques associées à l'infection par le VIH sont polymorphes et peuvent représenter un défi diagnostique, en particulier chez les patients immunodéprimés. Nous rapportons un cas d'épisode psychotique aigu associé à une infection par le VIH chez une patiente non suivie régulièrement. Il s’agissait d’une patiente de 43 ans, infectée par le VIH depuis 11 ans avec une observance irrégulière du traitement antirétroviral, admise pour une agitation psychomotrice progressive évoluant depuis deux semaines. L'examen psychiatrique a révélé un délire persécutif, une logorrhée et une hétéro-agressivité. La tomodensitométrie cérébrale et l'analyse du liquide céphalorachidien étaient normales. Le bilan immuno-virologique a montré une lymphopénie CD4 à 186 cellules/mm³ et une charge virale à 58 copies/mL. Devant l'agitation sévère, une sédation par kétamine intramusculaire a été nécessaire. L'évolution a été marquée par une stabilisation psychiatrique sous halopéridol, une reprise du traitement antirétroviral et une régression des idées délirantes. Les épisodes psychotiques aigus associés au VIH peuvent survenir à un stade avancé d'immunodépression et nécessitent une prise en charge multidisciplinaire urgente associant psychiatres, infectiologues et urgentistes.
Introduction. Hypertension and type 2 diabetes (T2DM) are major risk factors for cardiovascular diseases (CVDs). The combination of hypertension and T2DM leads to a significant increase in CVD risk. There is limited data on the joint effect of hypertension and diabetes on the type and outcome of CVD in Africa. Objective. Determine the prevalence of hypertension and the impact of hypertension and T2DM on the first manifestation of CVD and the outcomes among patients with T2DM in Cameroon. Methods. We identified cases of three incident overt clinically manifest CVD complications (acute myocardial infarction [AMI], stroke, and heart failure. We compared hypertensive diabetics and non-hypertensive diabetics. Results. Hypertension was present in 206 (77%) patients. The distribution of CVD was similar between hypertensive and non-hypertensive diabetic groups. Length of stay was longer in the non-hypertensive diabetic group (p=0.08). The duration of hospitalization of >7 days was significantly higher in the non-hypertensive group (p=0.01). Mortality was higher in the hypertensive group (p=0.12). The composite of hospital stays of >7 days and death occurred in 16 (6.1%, 95% CI: 3.5 – 9.8) patients and this was non-significantly higher in the hypertensive group. After adjusting for age and gender, patients with hypertension were twice likely to die as well as twice likely to have a composite of hospital stay of >7 days and death. Conclusion. Although hypertension was prevalent in about three quarters of patients with T2DM, the joint interaction of hypertension and diabetes did not significantly affect the type of CVD and the outcomes. There is need to treat and control hypertension among patients with diabetes mellitus.
Introduction. L'utilisation inappropriée des antibiotiques est un facteur majeur de l'émergence de l'antibiorésistance, particulièrement préoccupante dans les pays à ressources limitées où les options thérapeutiques sont restreintes. En République démocratique du Congo, les données sur la rationalité des prescriptions antibiotiques en pédiatrie sont rares. Cette étude visait à évaluer l'utilisation des antibiotiques dans les services pédiatriques de la ville de Butembo et à identifier les facteurs associés à une prescription conforme aux recommandations de l'OMS (classification AWaRe). Méthodes. Nous avons mené une étude rétrospective analytique du 1er juillet 2022 au 30 juin 2023 dans six hôpitaux de Butembo, incluant 1 077 enfants âgés de 0 à 15 ans. L'échantillonnage était aléatoire stratifié par zone de santé et par structure. Les données ont été extraites des dossiers médicaux. La variable dépendante était l'adhésion à la catégorie ACCESS de la classification AWaRe. Des régressions logistiques binaires (méthode backward stepwise) ont identifié les facteurs associés, avec un seuil de significativité fixé à p < 0,05. Résultats. Les diagnostics infectieux représentaient 66,2 % des hospitalisations. Parmi les enfants ayant reçu un antibiotique (90,7 %), l'antibiotique n'était pas indiqué dans 52,0 % des cas, était de première intention dans 45,6 % et appartenait à la catégorie ACCESS (OMS) dans 41,6 % des cas. Le nombre moyen d'antibiotiques administrés par patient était de 2,05. En analyse multivariée, l'affiliation religieuse de l'institution (OR catholique vs protestante = 0,046 ; IC95 % : 0,02-0,11 ; p < 0,001) et le nombre d'antibiotiques administrés (OR = 1,30 ; IC95 % : 1,04-1,63 ; p = 0,024) étaient significativement associés à la probabilité d'adhésion aux recommandations AWaRe. Conclusion. L'utilisation des antibiotiques en pédiatrie à Butembo est marquée par une forte proportion de prescriptions non indiquées (52 %) et un faible recours aux antibiotiques de la catégorie ACCESS (42 %). Des interventions ciblées, incluant la formation des prescripteurs et le renforcement des programmes d'antibiostewardship, sont nécessaires pour améliorer la rationalité des prescriptions, en particulier dans les structures d'affiliation protestante où le risque de non-adhésion est plus élevé.
RÉSUMÉIntroduction. L'ascite constitue un problème de santé publique en Afrique subsaharienne, avec une prévalence hospitalière variant de 4 % à 17 %. Au Burkina Faso, les données épidémiologiques sur cette pathologie restent limitées, particulièrement dans la région du Nord. Cette étude visait à décrire les aspects épidémiologiques, cliniques, étiologiques, thérapeutiques et évolutifs de l'ascite au Centre Hospitalier Universitaire Régional de Ouahigouya. Méthodes. Une étude transversale analytique à collecte prospective a été menée du 1er mars au 31 août 2025 dans le département de médecine et spécialités. Tous les patients âgés de 15 ans ou plus, hospitalisés pour une ascite confirmée cliniquement ou échographiquement, et ayant donné leur consentement éclairé, ont été inclus. Les données sociodémographiques, cliniques, paracliniques, thérapeutiques et évolutives ont été collectées à l'aide d'une fiche standardisée. L'analyse statistique a utilisé le logiciel STATA version 17.0, avec un seuil de signification fixé à 5 %. Résultats. Sur 863 hospitalisations, 84 patients présentaient une ascite, soit une fréquence hospitalière de 9,73 %. L'âge moyen était de 43,97 ± 15,2 ans avec une prédominance masculine (sex-ratio de 1,9). La distension abdominale était le principal motif d'hospitalisation (66,7 %). La séroprévalence de l'antigène de surface du virus de l'hépatite B atteignait 36,7 %. Les étiologies hépatiques dominaient (61,9 %), notamment la cirrhose (33,3 %) et le carcinome hépatocellulaire (28,6 %). Le traitement reposait sur les diurétiques (64,3 %), les antibiotiques (65,5 %) et les paracentèses (22,6 %). La mortalité hospitalière était de 16,7 %, le carcinome hépatocellulaire constituant un facteur pronostique majeur (OR=9,9 ; IC95 % : 1,78–48,42 ; p=0,008). Conclusion. L'ascite touche principalement des adultes jeunes de sexe masculin dans le nord du Burkina Faso, avec une prédominance des étiologies hépatiques liées au virus de l'hépatite B. L'amélioration du dépistage, de la vaccination contre l'hépatite B et de l'accès aux soins est cruciale pour réduire la morbi-mortalité dans ce contexte.ABSTRACTIntroduction. Ascites is a public health problem in sub-Saharan Africa, with a hospital prevalence ranging from 4 % to 17 %. In Burkina Faso, epidemiological data on this condition are limited, particularly in the northern region. This study aimed to describe the epidemiological, clinical, etiological, therapeutic, and outcome features of ascites at the Regional University Hospital of Ouahigouya. Methods. A cross-sectional analytical study with prospective data collection was conducted from March 1 to August 31, 2025, in the department of medicine and specialties. All patients aged 15 years or older, hospitalized for ascites confirmed clinically or by ultrasound, and who gave informed consent, were included. Sociodemographic, clinical, paraclinical, therapeutic, and outcome data were collected using a standardized form. Statistical analysis used STATA version 17.0, with a significance level set at 5 %. Results. Among 863 hospitalizations, 84 patients had ascites, a hospital frequency of 9.73 %. Mean age was 43.97 ± 15.2 years, with a male predominance (sex ratio 1.9). Abdominal distension was the main reason for hospitalization (66.7 %). HBsAg seroprevalence reached 36.7 %. Hepatic etiologies predominated (61.9 %), including cirrhosis (33.3 %) and hepatocellular carcinoma (28.6 %). Treatment relied on diuretics (64.3 %), antibiotics (65.5 %), and paracenteses (22.6 %). In-hospital mortality was 16.7 %, with hepatocellular carcinoma as a major prognostic factor (OR=9.9; 95 % CI: 1.78–48.42; p=0.008). Conclusion. Ascites mainly affects young adult males in northern Burkina Faso, with a predominance of hepatic etiologies related to hepatitis B virus. Improving screening, hepatitis B vaccination, and healthcare access is crucial to reduce morbidity and mortality in this context.
RÉSUMÉIntroduction. Les traumatismes vasculaires des membres (TVM) constituent une urgence médico-chirurgicale majeure. Le pronostic fonctionnel et vital dépend étroitement de la rapidité du diagnostic et de la qualité de la prise en charge. Le but de ce travail était d’en décrire le profil épidémiologique, clinique, thérapeutique et d’analyser les facteurs associés aux complications. Méthode. Étude transversale descriptive et analytique menée de janvier 2020 à décembre 2025 dans le service de Chirurgie Thoracique et Cardio-vasculaire des Cliniques Universitaires de Kinshasa. Tous les patients porteurs de TVM ont été inclus. Les tests du Chi² et de Fisher ont été utilisés (p < 0,05), les odds ratios (OR) avec IC 95 % ont été calculés. Résultats. Quarante-deux patients ont été colligés, dont 31 hommes (73,8 %) et 11 femmes (26,2 %). L’âge médian était de 28 ans. Les traumatismes pénétrants (54,8 %) et les lésions iatrogènes (33,3 %) étaient les plus fréquents. Les membres inférieurs étaient les plus atteints (64,3 %). Le délai de prise en charge était : ≤ 6h (42,9 %), 6-24h (26,2 %), > 24h (31 %). Le taux de complications postopératoires était de 41,3 %. La mortalité était de 8,7 %. En analyse bivariée, l’âge et l’étiologie (p = 0,03), le sexe et l’étiologie (p = 0,01), le mécanisme et le type de plaie (p = 0,04) étaient associés. Un score MESS ≥ 7 était prédictif des amputations (p = 0,046). Le délai > 6h (OR = 14,0 ; IC95 % 1,6 -118,7 ; p = 0,006), la plaie souillée (OR = 5,2 ; IC95 % 1,3-20,8 ; p = 0,02) et l’hospitalisation prolongée (p = 0,02) étaient également associés aux complications. Conclusion. Les TVM à Kinshasa présentent un profil épidémiologique marqué par la violence urbaine et l’iatrogénie. Les retards de prise en charge aggravent le pronostic.ABSTRACT Introduction. Limb vascular injuries (LVI) are a major surgical emergency. Their management remains complex, particularly in resource-limited settings. This study aims to describe the epidemiological and clinical profile, treatment, and factors associated with complications. Method. A descriptive and analytical cross-sectional study was conducted from January 2020 to December 2025 in the Thoracic and Cardiovascular Surgery Department of the University Clinics of Kinshasa. All patients with LVI were included. Chi-square and Fisher’s exact tests were used (p < 0.05), and odds ratios (OR) with 95% confidence intervals (CI) were calculated. Results. Forty-two patients were included, 31 men (73.8%) and 11 women (26,2%). Median age was 28 years. Penetrating trauma (54.8%) and iatrogenic injuries (33.3%) were the most frequent. Lower limbs were most affected (64.3%). Time to treatment was ≤ 6 hours in 42.9%, 6-24 hours in 26.2%, and > 24 hours in 31.0%. The postoperative complication rate was 41.3%. Mortality was 8.7%. Bivariate analysis showed significant associations: age and etiology (p = 0.03), sex and etiology (p = 0.01), mechanism and wound type (p = 0.04). A MESS score ≥ 7 was predictive of complications (p = 0.046). Multivariate analysis identified time > 6 hours (OR = 14.0; 95% CI 1.6-118.7; p = 0.006), contaminated wound (OR = 5.2; 95% CI 1.3-20.8; p = 0.02), and prolonged hospital stay (p = 0.02) as factors associated with complications. Conclusion. LVI in Kinshasa have a distinct epidemiological profile, characterized by urban violence and iatrogenicity. Treatment delays worsen outcomes.
Introduction. Les affections cutanées demeurent un enjeu majeur de santé publique dans le monde, et particulièrement en Afrique subsaharienne où l’accès aux soins dermatologiques reste limité. L’objectif de cette étude était de décrire le profil épidémiologique des dermatoses infectieuses prises en charge dans le service de dermatologie‑vénérologie de l’hôpital national de Zinder (Niger). Matériels et méthodes. Nous avons mené une étude rétrospective descriptive incluant tous les patients, des deux sexes, chez qui une dermatose infectieuse avait été diagnostiquée cliniquement par un dermatologue senior entre le 1er mai 2023 et le 30 avril 2024. Les données sociodémographiques, cliniques et diagnostiques ont été extraites des dossiers médicaux à l’aide d’une fiche standardisée. Résultats. Sur 1 926 consultants, 992 (51,5 %) présentaient une dermatose infectieuse. La majorité résidait en ville de Zinder (88,2 %). Le prurit était le motif le plus fréquent (44,8 %). Les infections fongiques prédominaient (42,2 %), avec une nette avance des teignes (26,7 %) et des intertrigos (24,1 %) ; les infections bactériennes représentaient 22,9 % des cas, dominées par les folliculites (46,0 %). Les consultations étaient plus nombreuses en saison des pluies (36,4 %). Conclusion. Les dermatoses infectieuses, en particulier mycosiques et bactériennes, concernent plus de la moitié des patients vus en dermatologie dans cet hôpital de référence du Niger. Le renforcement des compétences des agents de santé primaires et des mesures d’hygiène ciblées pourrait améliorer significativement leur prise en charge.
RÉSUMÉIntroduction. Les candidoses digestives sont des infections fongiques opportunistes fréquemment associées au diabète de type 2, dont le profil épidémiologique et la résistance aux antifongiques sont mal documentés en Afrique centrale. Cette étude avait pour but de déterminer la prévalence des candidoses digestives, les espèces de Candida en cause et leur profil de résistance aux antifongiques chez les patients diabétiques de type 2 suivis à N'Djamena, Tchad. Méthodes. Nous avons mené une étude transversale de juin à novembre 2023 incluant 153 patients diabétiques de type 2. Des échantillons de selles et d'écouvillons buccaux ont été analysés par culture sur Sabouraud-chloramphénicol et milieu chromogène (CHROMagar Candida). L'identification des espèces a été réalisée sur la base de la pigmentation des colonies. Les tests de sensibilité à cinq antifongiques ont été effectués selon les recommandations de l'EUCAST. Résultats. Sur 153 participants, 141 (92,2 % ; IC95 % : 87,0–95,5) étaient porteurs d'au moins une espèce de Candida : 135 (88,2 %) dans les selles et 131 (85,6 %) en muqueuse buccale. Quatre espèces ont été identifiées : C. albicans (67,0 % des isolats ; n=219), C. glabrata (21,0 % ; n=69), C. krusei (8,5 % ; n=28) et C. tropicalis (3,7 % ; n=12). Des co-infections étaient présentes chez 62 participants, dominées par C. albicans–C. glabrata (33 cas). Les taux de résistance les plus élevés concernaient l'itraconazole (C. albicans : 71,2 % ; C. glabrata : 63,8 % ; C. krusei : 89,3 % ; C. tropicalis : 91,6 %) et le clotrimazole (49,8 à 91,6 % selon les espèces). En revanche, la nystatine, l'amphotéricine B et le fluconazole conservaient une bonne activité (sensibilité ≥ 60 % pour la plupart des espèces). Aucune association significative n'a été observée entre la positivité et l'âge, le sexe, la durée du diabète ou le taux de sucre (p > 0,05 pour toutes les comparaisons). Conclusion. La colonisation digestive par Candida chez les diabétiques de type 2 à N'Djamena est quasi-systématique (92 %), dominée par C. albicans, avec des résistances élevées aux azolés (itraconazole, clotrimazole). La nystatine, l'amphotéricine B et le fluconazole demeurent des options thérapeutiques valables. Le dépistage mycologique systématique et l'antifongigramme sont recommandés avant toute prescription. ABSTRACT Introduction. Digestive candidiasis is an opportunistic fungal infection frequently associated with type 2 diabetes, yet its epidemiological profile and antifungal resistance patterns are poorly documented in Central Africa. This study aimed to determine the prevalence of digestive candidiasis, the Candida species involved, and their antifungal resistance profiles in type 2 diabetic patients followed in N'Djamena, Chad. Methods. We conducted a cross-sectional study from June to November 2023 including 153 type 2 diabetic patients. Stool and buccal swab samples were analyzed by culture on Sabouraud-chloramphenicol and chromogenic medium (CHROMagar Candida). Species identification was based on colony pigmentation. Susceptibility testing to five antifungals was performed according to EUCAST guidelines. Results. Among 153 participants, 141 (92.2%; 95% CI: 87.0–95.5) carried at least one Candida species: 135 (88.2%) in stool and 131 (85.6%) in buccal mucosa. Four species were identified: C. albicans (67.0% of isolates; n=219), C. glabrata (21.0%; n=69), C. krusei (8.5%; n=28), and C. tropicalis (3.7%; n=12). Co-infections were present in 62 participants, dominated by C. albicans–C. glabrata (33 cases). The highest resistance rates were observed for itraconazole (C. albicans: 71.2%; C. glabrata: 63.8%; C. krusei: 89.3%; C. tropicalis: 91.6%) and clotrimazole (49.8 to 91.6% depending on species). In contrast, nystatin, amphotericin B, and fluconazole maintained good activity (susceptibility ≥ 60% for most species). No significant association was found between positivity and age, sex, diabetes duration, or blood glucose level (p > 0.05 for all comparisons). Conclusion. Digestive colonization by Candida in type 2 diabetic patients in N'Djamena is almost systematic (92%), dominated by C. albicans, with high resistance to azoles (itraconazole, clotrimazole). Nystatin, amphotericin B, and fluconazole remain valid therapeutic options. Systematic mycological screening and antifungal susceptibility testing are recommended before any prescription.
RÉSUMÉIntroduction. Les traumatismes de membres constituent une cause majeure d'hospitalisation dans les services d'orthopédie-traumatologie en Afrique subsaharienne, où les accidents de la circulation routière en sont la première étiologie. Leur épidémiologie est mal documentée en Côte d'Ivoire. Cette étude avait pour but de décrire le profil épidémiologique des traumatisés récents de membres hospitalisés au CHU de Yopougon, Abidjan. Méthodes. Nous avons mené une étude observationnelle transversale à collecte rétrospective, incluant tous les patients âgés de plus de 15 ans hospitalisés dans le service de Traumatologie-Orthopédie du CHU de Yopougon entre janvier 2024 et décembre 2025, pour un traumatisme récent de membre (fracture et/ou luxation) survenu dans les 48 heures précédant l'admission. Les variables étudiées comprenaient les données sociodémographiques, l'étiologie, le siège et la nature des lésions (classées selon Gustilo-Anderson pour les fractures ouvertes). Les données ont été analysées avec le logiciel Epi Info version 7. Résultats. Sur 498 patients inclus (âge moyen 37,2 ans ; extrêmes 16-84 ans ; 78,3 % d'hommes), 698 lésions ostéoarticulaires ont été recensées. Les accidents de la circulation routière dominaient (77,7 %), touchant principalement des conducteurs/aides-conducteurs (21,4 %) et des commerçants (19 %). Les lésions uniques prédominaient (65,6 %). Les fractures ouvertes représentaient 31,9 % des lésions (223/698), avec une prédominance du type IIIA de Gustilo-Anderson (41,2 %). Le membre inférieur était le plus touché (76 % des lésions), le fémur (30,6 %) et la jambe (29,5 %) étant les segments les plus fréquemment atteints. Des lésions associées (crânio-maxillo-faciales, rachidiennes ou abdominales) étaient présentes chez 20,7 % des patients. Conclusion. Les traumatismes de membres à Abidjan touchent principalement des hommes jeunes, victimes d'accidents de la circulation. La prédominance des lésions du membre inférieur et des fractures ouvertes de type IIIA souligne la gravité potentielle de ces traumatismes et la nécessité de renforcer les mesures de prévention routière et les capacités de prise en charge chirurgicale.ABSTRACTIntroduction. Limb trauma is a leading cause of hospitalization in orthopedic departments in sub-Saharan Africa, where road traffic accidents are the primary etiology. Its epidemiology is poorly documented in Côte d'Ivoire. This study aimed to describe the epidemiological profile of patients with recent limb trauma hospitalized at Yopougon University Hospital, Abidjan. Methods. We conducted a cross-sectional observational study with retrospective data collection, including all patients aged over 15 years hospitalized in the Orthopedics-Traumatology Department of Yopougon University Hospital between January 2024 and December 2025, for recent limb trauma (fracture and/or dislocation) occurring within 48 hours prior to admission. Studied variables included sociodemographic data, etiology, location, and nature of lesions (classified according to Gustilo-Anderson for open fractures). Data were analyzed using Epi Info version 7. Results. Among 498 included patients (mean age 37.2 years; range 16-84 years; 78.3% male), 698 osteoarticular lesions were recorded. Road traffic accidents predominated (77.7%), mainly affecting drivers/drivers' assistants (21.4%) and traders (19%). Single lesions were most common (65.6%). Open fractures accounted for 31.9% of lesions (223/698), predominantly Gustilo-Anderson type IIIA (41.2%). The lower limb was the most affected (76% of lesions), with the femur (30.6%) and leg (29.5%) being the most frequently injured segments. Associated lesions (craniofacial, spinal, or abdominal) were present in 20.7% of patients. Conclusion. Limb trauma in Abidjan mainly affects young men, victims of road traffic accidents. The predominance of lower limb injuries and type IIIA open fractures underscores their potential severity and the need to strengthen road safety measures and surgical care capacities.
ABSTRACTIntroduction. Cervical cancer is the second most common cancer among women in Cameroon, with an estimated incidence of 33.7 per 100,000 women. Despite the availability of effective prevention strategies (VIA screening, HPV vaccination), population knowledge of precancerous lesions remains poorly documented. This study aimed to assess the level of knowledge of cervical precancerous lesions (CPL) and to identify associated factors among women aged 30 years and above in the Penka-Michel Health District. Methods. We conducted a cross-sectional analytical study from April 1 to June 30, 2025 in all 13 health areas of the district. A pretested questionnaire was administered to 398 consenting women. Knowledge level was assessed using a score from 21 questions, categorized as: poor (<50%), moderate (50-79.99%), and high (≥80%). Multinomial logistic regressions identified associated factors. Results. Only 10 participants (2.5%) had a high knowledge level. Factors associated with high knowledge were: absence of partner's history of genital ulcer (adjusted OR = 0.15; 95% CI: 0.02-0.95; p = 0.044), absence of STI history (adjusted OR = 0.12; 95% CI: 0.02-0.63; p = 0.012), and being a government worker (adjusted OR = 0.46; 95% CI: 0.26-0.80; p = 0.006). Prior cervical cancer screening was associated with moderate knowledge (adjusted OR = 3.44; 95% CI: 1.35-8.77; p = 0.009). Nearly three-quarters of participants (73.1%) mistakenly believed that vaccinating children can cause CPL. Conclusion. Knowledge of CPL is insufficient in the Penka-Michel district. Awareness interventions should target less educated women and housewives, and correct persistent misconceptions (particularly regarding HPV vaccination). Integrating educational messages into screening campaigns could improve knowledge. RÉSUMÉIntroduction. Le cancer du col de l'utérus est le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes au Cameroun, avec une incidence estimée à 33,7 pour 100 000 femmes. Malgré l'existence de stratégies préventives efficaces (dépistage par IVA, vaccination anti-HPV), les connaissances de la population sur les lésions précancéreuses restent mal documentées. Cette étude visait à évaluer le niveau de connaissance des lésions précancéreuses du col de l'utérus (LPCU) et à identifier les facteurs associés chez les femmes de 30 ans et plus dans le district de santé de Penka-Michel. Méthodes. Nous avons mené une étude transversale analytique du 1er avril au 30 juin 2025 dans les 13 aires de santé du district. Un questionnaire pré-testé a été administré à 398 femmes ayant consenti à participer. Le niveau de connaissance a été évalué par un score sur 21 questions, catégorisé en : faible (<50 %), modéré (50-79,99 %) et élevé (≥80 %). Des régressions logistiques multinomiales ont identifié les facteurs associés. Résultats. Seules 10 participantes (2,5 %) présentaient un niveau de connaissance élevé. Les facteurs associés à un niveau de connaissance élevé étaient : l'absence d'antécédent d'ulcère génital chez le partenaire (OR ajusté = 0,15 ; IC95 % : 0,02-0,95 ; p = 0,044), l'absence d'antécédent d'IST (OR ajusté = 0,12 ; IC95 % : 0,02-0,63 ; p = 0,012), et le statut de fonctionnaire (OR ajusté = 0,46 ; IC95 % : 0,26-0,80 ; p = 0,006). Le dépistage antérieur du cancer du col était associé à un niveau de connaissance modéré (OR ajusté = 3,44 ; IC95 % : 1,35-8,77 ; p = 0,009). Près de trois quarts des participantes (73,1 %) croyaient à tort que la vaccination des enfants peut causer des LPCU. Conclusion. Le niveau de connaissance sur les LPCU est insuffisant dans le district de Penka-Michel. Les interventions de sensibilisation doivent cibler les femmes moins éduquées et les ménagères, et corriger les idées fausses persistantes (notamment sur la vaccination anti-HPV). L'intégration de messages éducatifs dans les campagnes de dépistage pourrait améliorer les connaissances.
Osgood-Schlatter disease and Sinding-Larsen-Johansson syndrome are forms of knee apophysitis commonly seen in athletic children. These two conditions can coexist, causing pain in the front of the knee in children. We report the case of a 14-year-old non-athletic child with psychomotor delay. He presented with mechanical knee pain. Imaging confirmed a combination of Osgood-Schlatter disease and Sinding-Larsen-Johansson syndrome. Conservative treatment consisting of rest, orthotics, and anti-inflammatory medication led to improvement.
RÉSUMÉIntroduction. Le cotrimoxazole, association de sulfaméthoxazole et de triméthoprime, est un antibiotique essentiel dans les pays à ressources limitées pour le traitement des infections bactériennes et la prophylaxie du pneumocystis. Le contrôle qualité de ses formulations nécessite des méthodes analytiques fiables, rapides et économes en solvants. La pharmacopée américaine (USP) propose une méthode de référence, mais son débit élevé (2 mL/min) induit une consommation importante d'acétonitrile. Cette étude visait à optimiser une méthode HPLC pour le dosage simultané du sulfaméthoxazole et du triméthoprime, réduisant le temps d'analyse et la consommation de solvants. Méthodes. Nous avons mené une étude expérimentale d'optimisation chromatographique à l'aide d'une colonne C18 (4,6 × 100 mm, 3,5 µm), avec une phase mobile eau/acétonitrile/triéthylamine (80:20:0,1 v/v, pH 5,9). Les paramètres suivants ont été modifiés pour évaluer leur impact : longueur d'onde (210-270 nm), température (25-45°C), débit (1,0-1,5 mL/min), volume d'injection (10-30 µL) et type de colonne. La méthode a été validée selon les critères de l'ICH. Résultats. La longueur d'onde optimale était 210 nm, offrant une sensibilité maximale (aires : triméthoprime = 6 230 ; sulfaméthoxazole = 9 295). La température de 35°C a été retenue (pas d'effet significatif ; p = 0,949). Le débit de 1,2 mL/min a été sélectionné comme le meilleur compromis (temps d'analyse réduit à 4 min vs 5 min pour la méthode USP, économie de 40 % d'acétonitrile). La colonne C18 4,6 × 100 mm 3,5 µm a donné les aires les plus élevées pour les deux analytes. La méthode optimisée a permis une séparation en 4 minutes avec des temps de rétention de 1,858 min (triméthoprime) et 3,742 min (sulfaméthoxazole). Conclusion. La méthode HPLC optimisée réduit le temps d'analyse de 20 % et la consommation d'acétonitrile de 40 % par rapport à la méthode USP, tout en maintenant une résolution et une sensibilité satisfaisantes. Elle constitue une alternative pertinente pour le contrôle qualité du cotrimoxazole dans les laboratoires à ressources limitées.ABSTRACT Introduction. Cotrimoxazole, a combination of sulfamethoxazole and trimethoprim, is an essential antibiotic in resource-limited settings for treating bacterial infections and preventing pneumocystis pneumonia. Quality control of its formulations requires reliable, fast, and solvent-efficient analytical methods. The United States Pharmacopeia (USP) provides a reference method, but its high flow rate (2 mL/min) leads to significant acetonitrile consumption. This study aimed to optimize an HPLC method for the simultaneous assay of sulfamethoxazole and trimethoprim, reducing analysis time and solvent consumption.Methods. We conducted an experimental chromatographic optimization study using a C18 column (4.6 × 100 mm, 3.5 µm), with a mobile phase of water/acetonitrile/triethylamine (80:20:0.1 v/v, pH 5.9). The following parameters were varied to assess their impact: wavelength (210-270 nm), temperature (25-45°C), flow rate (1.0-1.5 mL/min), injection volume (10-30 µL), and column type. The method was validated according to ICH criteria.Results. The optimal wavelength was 210 nm, providing maximum sensitivity (areas: trimethoprim = 6,230; sulfamethoxazole = 9,295). A temperature of 35°C was selected (no significant effect; p = 0.949). A flow rate of 1.2 mL/min was chosen as the best compromise (analysis time reduced to 4 min vs 5 min for USP method, 40% acetonitrile saving). The C18 4.6 × 100 mm 3.5 µm column gave the highest areas for both analytes. The optimized method achieved separation in 4 minutes with retention times of 1.858 min (trimethoprim) and 3.742 min (sulfamethoxazole).Conclusion. The optimized HPLC method reduces analysis time by 20% and acetonitrile consumption by 40% compared to the USP method, while maintaining satisfactory resolution and sensitivity. It is a relevant alternative for cotrimoxazole quality control in resource-limited laboratories.
RÉSUMÉIntroduction. La lombalgie chronique commune est une affection musculosquelettique fréquente, responsable d'une incapacité fonctionnelle et d'une altération significative de la qualité de vie. Au Congo, les données sur son impact restent limitées. Cette étude visait à évaluer l'incapacité fonctionnelle et la qualité de vie chez les patients souffrant de lombalgie chronique commune à l'hôpital général de Loandjili (Pointe-Noire). Patients et Méthodes. Il s'agissait d'une étude transversale descriptive et analytique menée sur trois mois (janvier – avril 2026). L'incapacité fonctionnelle a été évaluée par l'Oswestry Disability Index (ODI) et la qualité de vie par le questionnaire SF-36. Résultats. Quatre-vingt-cinq patients ont été inclus (âge moyen 41,4 ± 10,0 ans ; 54,1 % de femmes). La durée moyenne d'évolution de la lombalgie était de 17,1 mois. L'intensité douloureuse était élevée (EVA moyenne 7,34/10). Le score ODI moyen était de 41,3 %, traduisant une incapacité modérée à sévère, avec 51,8 % des patients présentant une incapacité sévère ou très sévère. La qualité de vie était altérée chez 37,7 % des patients. L'anxiété associée était significativement associée à une incapacité plus sévère (p < 0,001). En analyse multivariée, l'intensité douloureuse élevée (OR = 3,12) et l'anxiété (OR = 4,08) étaient indépendamment associées à une incapacité fonctionnelle sévère. Conclusion. La lombalgie chronique commune à Pointe-Noire est associée à une incapacité fonctionnelle sévère et à une altération significative de la qualité de vie, particulièrement en présence d'anxiété.ABSTRACTIntroduction. Common chronic low back pain is a frequent musculoskeletal condition, responsible for functional disability and a significant reduction in quality of life. In the Congo, data on its impact remain limited. This study aimed to assess functional disability and quality of life in patients with common chronic low back pain at Loandjili General Hospital (Pointe-Noire). Patients and Methods. This was a descriptive and analytical cross-sectional study conducted over three months (January–April 2026). Functional disability was assessed using the Oswestry Disability Index (ODI) and quality of life using the SF-36 questionnaire. Results. Eighty-five patients were included (mean age 41.4 ± 10.0 years; 54.1% women). The mean duration of low back pain was 17.1 months. Pain intensity was high (mean VAS 7.34/10). The mean ODI score was 41.3 per cent, indicating moderate to severe disability, with 51.8 per cent of patients experiencing severe or very severe disability. Quality of life was impaired in 37.7 per cent of patients. Associated anxiety was significantly associated with more severe disability (p < 0.001). In multivariate analysis, high pain intensity (OR = 3.12) and anxiety (OR = 4.08) were independently associated with severe functional disability. Conclusion. Chronic low back pain, which is common in Pointe-Noire, is associated with severe functional disability and a significant reduction in quality of life, particularly where anxiety is present.
La leucémie aiguë myéloblastique (LAM) est une hémopathie maligne caractérisée par une prolifération clonale de blastes myéloïdes. La forme LAM2 (classification FAB] est fréquente et peut se compliquer d'un syndrome de leucostase, une urgence médicale majeure. Nous rapportons le cas d’un patient de 36 ans, admis pour altération de l'état général et polyadénopathies fébriles, chez qui une LAM2 hyperleucocytaire (223 000 GB/mm³) a été diagnostiquée. L'évolution a été marquée par l'apparition brutale de troubles neurologiques secondaires à une leucostase cérébrale confirmée par l’imagerie. Malgré les soins de support, l'issue fut fatale. Ce cas illustre la gravité de cette complication ischémique et la nécessité d'une prise en charge immédiate, idéalement incluant la leukaphérèse.
RÉSUMÉIntroduction. La maladie rénale diabétique constitue une complication microvasculaire majeure du diabète et la première cause d'insuffisance rénale terminale dans le monde. En Afrique subsaharienne, et particulièrement en Guinée, les données épidémiologiques sur cette atteinte restent rares, limitant l'élaboration de stratégies de dépistage adaptées. Notre étude visait à déterminer la prévalence et à décrire les caractéristiques cliniques, biologiques et ophtalmologiques de l'atteinte rénale chez les patients diabétiques suivis à l'Hôpital Régional de Conakry. Méthodes. Cette étude transversale descriptive a été menée du 5 mai au 4 novembre 2024 dans le service de diabétologie de l'Hôpital Régional de Conakry. Tous les patients diabétiques de type 1 ou de type 2 présentant une atteinte rénale documentée, ayant réalisé les examens de dépistage requis et ayant consenti à participer ont été recrutés de façon exhaustive et consécutive. Résultats. Sur 500 patients diabétiques recensés, 152 présentaient une atteinte rénale, soit une prévalence de 30,4 % (IC95 % : 26,4–34,4). L'âge moyen était de 58,5 ± 13,5 ans et les femmes représentaient 73,0 % des cas. L'hypertension artérielle, antécédent le plus fréquent, était retrouvée chez 84,2 % des patients. Les principales anomalies urinaires étaient la leucocyturie (96,0 %), la protéinurie (95,0 %) et la glucosurie (80,3 %). Une créatininémie supérieure à 130 µmol/L était observée chez 97,4 % des patients, témoignant d'une atteinte rénale déjà avancée. Une rétinopathie diabétique était présente chez 79,6 % des sujets, dont 42,1 % de forme proliférante. La néphropathie diabétique représentait 79,6 % des atteintes rénales diagnostiquées. Conclusion. L'atteinte rénale est fréquente chez les patients diabétiques suivis à Conakry, avec une prédominance de la néphropathie diabétique, souvent associée à une hypertension artérielle et à une rétinopathie. Ces résultats plaident pour un dépistage systématique et précoce, fondé sur l'évaluation régulière du débit de filtration glomérulaire et de la microalbuminurie, afin de freiner la progression vers l'insuffisance rénale terminale dans ce contexte guinéen.ABSTRACTIntroduction. Diabetic kidney disease is a major microvascular complication of diabetes and the leading cause of end-stage renal disease worldwide. In sub-Saharan Africa, and particularly in Guinea, epidemiological data on this condition are scarce, limiting the development of appropriate screening strategies. This study aimed to determine the prevalence and describe the clinical, biological, and ophthalmological features of renal involvement in diabetic patients followed at Conakry Regional Hospital. Methods. A descriptive cross-sectional study was conducted from May 5 to November 4, 2024, in the diabetology department of Conakry Regional Hospital. All type 1 or type 2 diabetic patients with documented renal impairment, who had undergone the required screening tests and consented to participate, were recruited exhaustively and consecutively. Results. Among 500 diabetic patients screened, 152 had renal involvement, a prevalence of 30.4 % (95 % CI: 26.4–34.4). Mean age was 58.5 ± 13.5 years, and women accounted for 73.0 % of cases. Hypertension, the most frequent comorbidity, was present in 84.2 % of patients. The main urinary abnormalities were leukocyturia (96.0 %), proteinuria (95.0 %), and glucosuria (80.3 %). Creatininemia >130 µmol/L was observed in 97.4 % of patients, reflecting already advanced renal damage. Diabetic retinopathy was present in 79.6 % of patients, with 42.1 % showing a proliferative form. Diabetic nephropathy accounted for 79.6 % of all diagnosed renal impairments. Conclusion. Renal impairment is frequent in diabetic patients followed in Conakry, with diabetic nephropathy predominating, often associated with hypertension and retinopathy. These findings argue for systematic and early screening based on regular assessment of glomerular filtration rate and microalbuminuria, to slow progression toward end-stage renal disease in this Guinean context.
ABSTRACTIntroduction. Forgoing primary healthcare remains a major challenge to achieving Universal Health Coverage in sub–Saharan Africa. In Burkina Faso, despite recent health financing reforms, households continue to experience unmet healthcare needs due to persistent socio economic and systemic barriers. This study assessed the determinants and barriers associated with forgoing primary healthcare among households in the Hauts Bassins region. Method. A cross-sectional household survey was conducted among 391 households selected through multistage sampling across urban and rural areas of the Hauts Bassins region. Data were collected using structured questionnaires administered through face-to-face interviews. Descriptive statistics summarized household characteristics and reasons for forgoing care, while multivariate logistic regression identified factors independently associated with forgoing primary healthcare. Results were reported as odds ratios (ORs) with 95% confidence intervals (CIs). Results. Nearly half of households (47.3%) reported forgoing primary healthcare when needed. High healthcare costs were the most frequently cited barrier (37.8%), followed by distance to facilities (7.4%) and lack of health staff (2.0%). Households headed by individuals with higher education were significantly less likely to forgo care (OR = 0.36; p = 0.034), as were households with monthly incomes above 100,000 FCFA (OR = 0.48; p = 0.006). In contrast, very large households (>8 members) were more likely to forgo healthcare (OR = 1.25; p = 0.002). Other socio demographic characteristics were not significantly associated. Conclusion. Financial barriers remain the dominant determinant of forgone primary healthcare in the Hauts Bassins region. Strengthening financial protection, improving health literacy, and prioritizing support for large and economically vulnerable households are critical for reducing unmet healthcare needs and improving equitable access to primary care.RÉSUMÉ Introduction. Le renoncement aux soins de santé primaires reste un défi majeur pour parvenir à la couverture sanitaire universelle en Afrique subsaharienne. Au Burkina Faso, malgré les récentes réformes du financement de la santé, les ménages continuent de faire face à des besoins de santé non satisfaits en raison de barrières socio-économiques et systémiques persistantes. Cette étude a évalué les déterminants et les obstacles associés au renoncement aux soins de santé primaires parmi les ménages de la région des Hauts-Bassins. Méthode. Une enquête transversale a été menée auprès de 391 ménages sélectionnés par échantillonnage à plusieurs degrés dans les zones urbaines et rurales de la région des Hauts-Bassins. Les données ont été collectées à l'aide de questionnaires structurés administrés lors d'entretiens en face à face. Des statistiques descriptives ont résumé les caractéristiques des ménages et les motifs de renoncement aux soins, tandis qu'une régression logistique multivariée a identifié les facteurs indépendamment associés au renoncement aux soins de santé primaires. Les résultats ont été présentés sous forme de rapports des cotes (OR) avec des intervalles de confiance à 95 % (IC). Résultats. Près de la moitié des ménages (47,3 %) ont déclaré avoir renoncé à des soins de santé primaires en cas de besoin. Le coût élevé des soins de santé était l'obstacle le plus fréquemment cité (37,8 %), suivi par la distance jusqu'aux structures sanitaires (7,4 %) et le manque de personnel de santé (2,0 %). Les ménages dirigés par des personnes ayant un niveau d'études supérieures étaient significativement moins susceptibles de renoncer aux soins (OR = 0,36 ; p = 0,034), tout comme les ménages ayant un revenu mensuel supérieur à 100 000 FCFA (OR = 0,48 ; p = 0,006). En revanche, les ménages très nombreux (> 8 membres) étaient plus susceptibles de renoncer aux soins de santé (OR = 1,25 ; p = 0,002). Les autres caractéristiques sociodémographiques n'étaient pas associées de manière significative. Conclusion. Les barrières financières restent le principal déterminant du renoncement aux soins de santé primaires dans la région des Hauts-Bassins. Renforcer la protection financière, améliorer la littératie en santé et prioriser le soutien aux ménages de grande taille et économiquement vulnérables sont des mesures cruciales pour réduire les besoins de santé non satisfaits et améliorer l'accès équitable aux soins primaires.
RÉSUMÉIntroduction. La neuropathie périphérique (NP) est une complication majeure et invalidante du diabète de type 2, dont la prévalence est mal documentée en Afrique centrale. Si l'hyperglycémie chronique en est le principal facteur causal, le rôle protecteur de l'activité physique (AP) reste débattu. Cette étude visait à déterminer la prévalence de la NP, ses facteurs associés et son lien avec l'AP chez les patients diabétiques de type 2 à Douala, Cameroun. Méthodes. Nous avons mené une étude transversale dans trois structures hospitalières de Douala (Hôpital Général, Hôpital Laquintinie, Centre Nextis) auprès de 200 diabétiques de type 2. La NP a été diagnostiquée par monofilament de Semmes-Weinstein (10g) et vibrotest. L'AP a été évaluée par le questionnaire IPAQ (version courte). Des régressions logistiques ont identifié les facteurs associés à la NP. Résultats. L'âge moyen était de 58 ± 11 ans (61 % de femmes). La prévalence de la NP était de 31,5 % au monofilament et de 37 % au vibrotest. Les facteurs significativement associés étaient : l'âge > 50 ans (OR = 2,12 ; IC95 % : 1,08-4,16 ; p = 0,02), l'ancienneté du diabète de 5 à 10 ans (OR = 2,40 ; IC95 % : 1,01-5,70 ; p = 0,01) ou > 10 ans (OR = 2,55 ; IC95 % : 1,18-5,54 ; p = 0,04), la survenue d'un accident vasculaire cérébral (OR = 10,39 ; IC95 % : 1,12-96,27 ; p = 0,03), et la présence de plus de deux comorbidités cumulées (OR = 18,38 ; IC95 % : 1,80-187,75 ; p = 0,01). Aucune association significative n'a été observée entre le niveau d'AP (modérée ou intense) et la NP, pas plus qu'avec la sédentarité (p > 0,20 pour toutes les comparaisons). Conclusion. La neuropathie périphérique touche plus d'un tiers des diabétiques de type 2 à Douala. Les facteurs de risque classiques (âge, ancienneté du diabète, AVC, comorbidités cumulées) sont confirmés. En revanche, l'AP n'apparaît pas comme un facteur protecteur dans cette population, ce qui suggère que la prévention de la NP doit prioriser le contrôle glycémique et la prise en charge des comorbidités. ABSTRACT Introduction. Peripheral neuropathy (PN) is a major and disabling complication of type 2 diabetes, yet its prevalence remains poorly documented in Central Africa. While chronic hyperglycemia is the main causal factor, the protective role of physical activity (PA) is still debated. This study aimed to determine the prevalence of PN, its associated factors, and its relationship with PA among type 2 diabetic patients in Douala, Cameroon. Methods. We conducted a cross-sectional study in three hospitals in Douala (General Hospital, Laquintinie Hospital, Nextis Center) involving 200 type 2 diabetic patients. PN was diagnosed using the Semmes-Weinstein 10g monofilament and vibrotest. PA was assessed using the short-form IPAQ questionnaire. Logistic regressions identified factors associated with PN. Results. Mean age was 58 ± 11 years (61% women). PN prevalence was 31.5% by monofilament and 37% by vibrotest. Significantly associated factors were: age > 50 years (OR = 2.12; 95% CI: 1.08-4.16; p = 0.02), diabetes duration of 5-10 years (OR = 2.40; 95% CI: 1.01-5.70; p = 0.01) or > 10 years (OR = 2.55; 95% CI: 1.18-5.54; p = 0.04), history of stroke (OR = 10.39; 95% CI: 1.12-96.27; p = 0.03), and more than two cumulative comorbidities (OR = 18.38; 95% CI: 1.80-187.75; p = 0.01). No significant association was found between PA level (moderate or vigorous) and PN, nor with sedentarity (p > 0.20 for all comparisons). Conclusion. Peripheral neuropathy affects over one-third of type 2 diabetic patients in Douala. Classical risk factors (age, diabetes duration, stroke, cumulative comorbidities) are confirmed. However, PA does not appear to be a protective factor in this population, suggesting that PN prevention should prioritize glycemic control and comorbidity management.