
Le kinesitherapeute travaillant en cabinet liberal est tres souvent confronte a la prise en charge de la scoliose idiopathique (SI) en pediatrie. C'est une pathologie complexe tant dans ses mecanismes physiopathologiques que dans ses facteurs evolutifs, ce qui explique la difficulte de la mise en place des strategies de prise en charge et les controverses associees. Les traitements conservateurs ont pour objectifs d'arreter la progression de la deformation a la puberte (ou la reduire), de prevenir ou de traiter les dysfonctions respiratoires et les douleurs, d'ameliorer l'esthetique par la correction posturale et d'eviter la chirurgie. L'efficacite de la kinesitherapie isolee sur la reduction de l'evolutivite de l'angle de Cobb est controversee, meme si certaines revues semblent montrer des resultats benefiques. Les exercices seraient efficaces pour diminuer les effets secondaires des SI, comme les troubles de l'equilibre, l'asymetrie musculaire et les desaxations posturales. De plus, lorsque la kinesitherapie accompagne le traitement par corset, l'efficacite sur la diminution de l'angle de Cobb est plus importante qu'en cas de traitement par corset isole. Un bilan de qualite incluant des tests de quantification de la deformation et l'evaluation des perturbations associees est indispensable pour le depistage, pour le suivi et pour definir la strategie de reeducation. Les objectifs de traitement varient selon le type de scoliose, les consequences associees, l'âge du patient, l'angle de Cobb, l'evolutivite de la deformation et les autres traitements mis en place. Cet article, qui fait suite a celui intitule « La scoliose idiopathique : evidences scientifiques et implications cliniques », a pour objectif de decrire le bilan et les axes du traitement de la SI a partir des dernieres connaissances scientifiques. Scoliose idiopathique, Pratique fondee sur les preuves, Bilan, Traitement, Kinesitherapie
Dans un monde où les notions d'évaluation, de bilan, de score s'imposent pratiquement dans toutes les activités, le bilan articulaire apparaît au rééducateur comme un geste courant, simple, un peu fastidieux par le nombre de ces « petites articulations de la main, quel qu'en soit le nombre ». En réalité, un bilan articulaire exige tout d'abord une parfaite connaissance de l'anatomie articulaire mais aussi neuromusculaire correspondante. Compte tenu des exigences actuelles de qualité, un bilan doit être validé et pour cela répondre à un certain nombre de critères. Pour être utilisé par le plus grand nombre il doit être accepté, standardisé. Cependant, profitant des progrès informatiques, il est en pleine évolution, en pleine recherche, tant au niveau de la saisie des données qu'à celui de leur traitement ou de la présentation des résultats. La multiplicité des possibilités offre un choix précieux en face de demandes, de contextes différents. En effet, un bilan postchirurgical n'a pas le même objectif qu'un suivi rééducatif ou une expertise en vue de réparation du dommage corporel. Le bilan « classique » au goniomètre conserve une place privilégiée, que nous lui laisserons dans ce rappel des techniques. Classiques aussi mais hélas encore trop nombreuses pour que l'on puisse dire qu'aucune ne se soit imposée, les fiches, numérisées ou non, visualisant, outre les résultats, les secteurs de mobilité, et « normaux » restent pour l'instant encore le moyen le plus simple de présenter les résultats. Cependant, les techniques de saisie directement numérisée et de traitement informatique après avoir ouvert des perspectives nouvelles à la recherche, semblent promises à révolutionner la pratique courante.
En quelques années, le monde de la santé et celui de la rééducation ont complètement changé de par la technologie et les rapports sociaux. L'évaluation est devenue un point central de la politique de santé et une préoccupation quotidienne des professionnels concernés pour développer la qualité des soins. Le concept d'évaluation a, lui aussi, évolué pour couvrir un champ bien distinct de la recherche qui nécessite d'être développé en tant que tel. Les résultats de recherche participent à l'établissement de référentiels partagés. Dans le champ de la rééducation où la relation humaine est présente tout au long du traitement, l'évaluation prend en compte, à travers des critères, la subjectivité et l'objectivité au sein des projets du patient, des thérapeutes et des institutions. La volonté politique de développement de l'évaluation en santé qui se décline du côté qualitatif avec l'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé (ANAES) et du côté quantitatif avec le Programme de médicalisation du système d'information (PMSI) ainsi que par l'intermédiaire de la Sécurité sociale, est relayée dans les pratiques d'évaluation par les acteurs que sont les patients et les praticiens. L'amélioration de la qualité des soins passe par cette exigence d'une évaluation « multivoies » sans cesse renouvelée qui repose pour une grande part sur les compétences des praticiens dans une situation clinique singulière.
La dépression en rééducation est une maladie fréquente, difficile à identifier dans le contexte troublé des affections somatiques invalidantes, et complexe dans ses mécanismes étiologiques. Les risques pour le sujet et ses proches parents sont ceux d'une évolution défavorable de la réadaptation, de la santé et de la qualité de vie, dans une confrontation durable à la tourmente de la souffrance morale. Reconnaître la dépression, la traiter et en suivre l'évolution sont parmi les missions importantes des professionnels qui accueillent et soignent des personnes handicapées.
Les fossiles humains sont parmi les plus complets des fossiles de mammifères. Une espèce ancestrale de base, l'Australopithecus afarensis, présente un squelette postcrânien bien préservé qui permet la reconstitution des événements importants de l'évolution de notre squelette locomoteur. Lorsqu'on la compare aux grands singes actuels et aux Hommes modernes, cette espèce donne de nombreuses informations sur l'origine et la structure du squelette humain moderne ainsi que sur les événements sélectifs qui ont guidé l'évolution de ce dernier au cours des trois derniers millions d'années. Les aspects évolutifs de la colonne vertébrale et du pelvis humain sont passés en revue, ainsi que leur impact sur plusieurs caractères de la marche et de la posture importants en clinique.
En ce qui concerne les mammifères, les fossiles humains sont parmi les plus complets. Une espèce ancestrale de base, l'Australopithecus afarensis, montre un squelette postcrânien bien préservé qui permet la reconstitution d'événements importants de l'évolution de notre squelette locomoteur. Comparé à ceux des grands singes vivants et des Hommes, il apporte un éclairage sur l'origine et la conception du cadre humain moderne. Les aspects évolutifs de la hanche et de la cuisse humaines sont passés en revue ; ils incluent l'étude de la structure corticotrabéculaire inhabituelle du fémur proximal humain ainsi que l'étude de notre membre inférieur considérablement allongé. On fait l'hypothèse selon laquelle cet allongement pourrait être plus en rapport avec la capacité de parturition qu'avec la locomotion.
L’insuffisance respiratoire aiguë (IRA) des insuffisants respiratoires chroniques (IRC) regroupe sous un même vocable les accidents évolutifs des insuffisants respiratoires chroniques obstructifs (IRCO) et des insuffisants respiratoires chroniques restrictifs (IRCR). C’est la survenue d’un épisode aigu sur fond de maladie chronique, associant anomalies primaires et anomalies compensatrices, qui explique l’essentiel des différences cliniques entre une détresse respiratoire aiguë survenant chez un IRC et une détresse respiratoire aiguë sur poumons antérieurement sains. Lorsque survient une IRA, la priorité est de participer à son traitement et à la prise en charge de ses complications éventuelles, quelle que soit la pathologie à l’origine de l’IRA. L’analyse physiopathologique de l’IRA et le contexte étiologique sont fondamentaux pour construire une démarche diagnostique kinésithérapique pertinente afin que la kinésithérapie prenne toute sa place dans le traitement. Les données du problème sont très différentes entre la décompensation d’une maladie respiratoire obstructive où la kinésithérapie aide à soulager la charge de travail des muscles inspirateurs et la période postopératoire d’une chirurgie thoracique ou abdominale haute où la kinésithérapie s’attache d’abord à prévenir l’hypoventilation, cause potentielle d’IRA. Au-delà de la problématique de l’IRA, la kinésithérapie doit anticiper et prévenir d’éventuelles complications à moyen ou long terme liées à l’évolution naturelle de la maladie respiratoire ou à un alitement prolongé, risque de grabatisation et de désocialisation. Sont donc abordés dans ce chapitre, à titre d’exemple pour les maladies respiratoires obstructives, la décompensation d’une bronchopneumopathie chronique obstructive puis la période postopératoire d’une chirurgie thoracique ou abdominale haute, que le patient soit porteur ou non d’une pathologie pulmonaire chronique et la phase aiguë d’une pleurésie comme approches de la prévention de séquelles respiratoires prévisibles.
Le problème de la récupération de la marche chez le paraplégique souffrant de lésions au niveau dorsal est important, surtout depuis que la rééducation précoce et les progrès des traitements médicaux, chirurgicaux ainsi que ceux des techniques rééducatives offrent aux patients, même à ceux souffrant de paralysies complètes des membres inférieurs, une qualité de vie de niveau acceptable et parfois résolument bonne. Il s'agit cependant d'un objectif difficile à atteindre. Pour cette raison, au cours des dernières années, les propositions tendant à faciliter cette récupération se sont multipliées : bien que les résultats ne soient pas pour l'instant très satisfaisants, il est prévisible que dans un proche avenir nous disposerons de solutions efficaces dans ce domaine.
Les pathologies des hanches s’accompagnent d’une perturbation de la marche avec boiterie liée aux douleurs, raideurs et déficit musculaire à des degrés variables en fonction de l’histoire de la maladie. Un traitement chirurgical palliatif est proposé pour les dysplasies peu arthrosiques ; leur rééducation comprend dans un premier temps un entretien en attente de consolidation puis une rééducation orientée essentiellement vers la relance, le renfort musculaire et le travail de la marche. Pour les arthroses évoluées ou les pathologies rhumatismales destructrices de l’articulation, l’arthroplastie est nécessaire. La rééducation en est guidée par l’histoire de la maladie, l’état clinique préopératoire, le choix des techniques chirurgicales, les consignes du chirurgien. Elle est élaborée à partir d’un bilan clinique précis avec une analyse fine des observations puis sera adaptée en fonction de l’évolution et des objectifs préalablement définis. Cette rééducation est essentiellement manuelle et individuelle, périodiquement réévaluée, avec une attention particulière aux signes pouvant évoquer la survenue d’une complication que le kinésithérapeute est souvent le premier à constater. La rééducation d’une hanche opérée n’obéit pas à un protocole appliqué de manière systématique ; elle répond à certaines règles mais s’adapte surtout à chaque hanche et à chaque patient en fonction de l’histoire de l’articulation, de la technique opératoire et de l’évolution, des suites et de la rééducation appréciée par des bilans successifs. Tantôt, la rééducation se limite à sa plus simple expression, basée sur les conseils et la surveillance postopératoire comme dans l’arthroplastie de première intention sur une coxarthrose primitive. Ailleurs, la rééducation prend une place primordiale, nécessitant d’être débutée dans un centre avant de se poursuivre en soins de ville pendant de nombreux mois, comme c’est le cas après une désarthrodèse ou une chirurgie de reconstruction complexe de hanche. La qualité de l’analyse initiale est la base du bon choix et de la richesse de la démarche thérapeutique.
Cet article traite de l'affection qui se traduit par une douleur antérieure du genou, connue sous le nom de syndrome fémoropatellaire. Il décrit l'anatomie fonctionnelle et la biomécanique du genou, y compris celles du mouvement normal, ainsi que les facteurs qui peuvent déstabiliser le genou et le prédisposer à une lésion. L'angle « Q » controversé est discuté, ainsi que ses relations avec la douleur fémoropatellaire. L'accent est mis sur l'importance d'une musculature équilibrée pour l'intégrité du genou, ainsi que sur les conséquences éventuelles d'une faiblesse ou d'une contracture musculaire. L'examen du genou inclut l'anamnèse, les tests orthopédiques standards, l'observation de la posture et de la marche, et la palpation ; tous ces éléments sont résumés. Des protocoles de traitement pour la phase aiguë, la phase de réadaptation et la phase de consolidation sont décrits. Ils incluent des techniques de mobilisation douce, d'exercices à domicile et l'utilisation éventuelle d'une genouillère ou d'orthèses du pied.
Le chapitre « Fonctions motrices » traite de l'ensemble des structures, réseaux et voies qui interviennent dans le contrôle et la régulation du mouvement et/ou de la locomotion. Ainsi sont impliqués les grands secteurs à compétence motrice : cortex, sous-cortex, cervelet et moelle épinière. La distinction entre motricité centrale et périphérique conduit à inclure la physiologie de l'appareil neuromusculaire. En respectant, au plan des structures et de l'organisation hodologique, une hiérarchie jacksonienne ascendante, de la moelle épinière au cortex, on s'attache à faire émerger une vision dynamique tant de la physiologie neuronale unitaire que de celle des réseaux et circuits cortico-sous-corticaux. L'accent est mis sur des points saillants tels : les générateurs de la locomotion au niveau spinal, la kinesthésie, le codage des messages à compétence motrice dans les territoires corticaux primaires (cortex moteur et somesthésique) et associatifs (cortex prémoteur et aire motrice supplémentaire, cortex préfrontal et cortex pariétal postérieur), l'intervention des réseaux formés au sein des noyaux gris centraux dans le contrôle du mouvement, le rôle de la « circuiterie » cérébelleuse dans l'apprentissage moteur.