
Une récidive, après 6 ans d'intervalle, d'une fièvre bilieuse hémoglobinurique chez une jeune patiente, résidente en Côte d'Ivoire, est rapportée. Le diagnostic a été chaque fois évoqué devant la survenue d'un accès fébrile, une hémolyse brutale, une hémoglobinurie, un ictère cutanéomuqueux et une insuffisance rénale aiguë consécutive à une prise d'antipaludéens (sulfadoxine-pyrimétamine [Fansidar®], acide acétylique et sels de quinine). Les investigations paracliniques ont permis d'objectiver un déficit enzymatique en glucose 6 phosphate déshydrogénase (G6PD). Au cours de la seconde hospitalisation, la prise en charge efficace a été possible grâce à de nombreuses transfusions sanguines et à l'épuration extrarénale. La morbidité qui en découle reste préoccupante, notamment le risque de complications infectieuses nosocomiales et transfusionnelles.
Les accidents dus à des ruptures de barrages sont trés rares mais leurs conséquences peuvent être catastrophiques. Une alerte, donnant un délai de quelques heures pour la mise en sauvegarde des populations, peut sauver beaucoup de vies humaines. Les consequences des ruptures éventuelles peuvent être étudiées sur modéles de calcul numérique. Pour les plus grands barrages, la réglementation française impose la préparation d'un plan particulier d'intervention comprenant l'analyse des risques, un local de surveillance et des dispositifs d'alerte aux autorités et aux populations menacées proche du sinistre.
Le Samu de la Réunion est intervenu récemment sur deux accidents d'avion survenus dans la région Océan Indien. La mise en œuvre difficile des premiers secours dans ces pays à faible budget de santé rend compte de la nécessité d'une intervention extérieure rapide et performante ainsi que du faible nombre de survivants et de blessés de moyenne gravité. Une logistique complexe peut être mise sur pied en 3 à 4 heures. La vocation humanitaire régionale du Samu de la Réunion permet, en parfaite complémentarité avec la logistique de l'armée française, un relais dans la prise en charge des rescapés.
Le plan Mash (mise en alerte des services hospitaliers) a été activé à l'hôpital de Nevers lors d'une toxi-infection alimentaire (Tiac) survenue dans un établissement scolaire. Cent dix enfants ont été concernés et 30 d'entre eux hospitalisés. La sous-évaluation du probléme par l'infirmerie scolaire a entraîné un retard dans la mise en place d'un PMA. La deuxiéme vague de victimes gérée sur le site a permis une orientation directe (pédiatrie, gastroentérologie…). L'afflux de victimes a ainsi pu être évité au Sau. Un service de 40 lits a été installé par le personnel soignant en astreinte dans l'éventualité d'un nombre élevé d'hospitalisés. Les médecins traitants ont été contactés et des conseils par voie de presse prodigués. La DDASS ayant été prévenue, une étude étiologique et épidémiologique a été mise en œuvre. L'activation du plan Mash, pour une pathologie sans gravité majeure, a permis de dedramatiser son approche et d'affiner son elaboration.
Certaines intoxications médicamenteuses par antiarythmiques restent, de nos jours, de pronostic relativement sévère malgré les progrès de la réanimation, surtout lorsqu'il s'agit d'absorption massive dans un but d'autolyse. Nous décrivons ici le cas d'une femme de 39 ans, sans antécédents médicaux, ayant volontairement absorbé une dose supposée équivalente à 6 g de Flécaïne® (flécaïnide, classe lc de Vaughan-Williams) associée à plusieurs comprimés de Corgard® (nadolol, bêtabloquant). Malgré une prise en charge intensive et précoce en réanimation, l'évolution de cette intoxication va devenir défavorable, marquée par un état de choc cardiogénique sévère, réfractaire à toute thérapeutique, avec des troubles graves du rythme cardiaque et de la conduction. Le taux de Flécaïne® retrouvé dans le sang (1,9 mg/L) va alors démontrer un taux plasmatique certes toxique, mais en fait peu en rapport, d'une part avec la sévérité clinique de l'intoxication et, d'autre part, avec la dose de 6 g supposée ingérée par la patiente. C'est pourquoi, l'ingestion associée d'un bêtabloquant pourrait, en tant que facteur aggravant, avoir précipité l'évolution de cette intoxication vers une issue malheureusement fatale.
Les accidents autoroutiers massifs par mauvaises conditions météorologiques représentent une situation à haut risque reproductible d'année en année. Une parfaite coordination des secours est indispensable autant sur site qu'au niveau des différentes structures de décision. Cette coordination doit être concrétisée au sein d'un plan d'intervention spécifique. La gestion de telle situation est difficile tout particulièrement dans son estimation initiale, elle exige une activation très large des moyens à engager.
Lors d'une fête de la mer à La Cotiniére (île d'Oléron), un chalutier a chaviré, cinq personnes ont péri, 15 ont été hospitalisées et quatre ont été portées disparues. Les secours et les soins ont été perturbés par l'affluence de personnes plus ou moins impliquées. L'expérience a montré la nécessité d'adapter l'organisation des soins et secours à l'événement mais aussi à la réponse spontanée d'une population. Cet accident souligne également la nécessaire coordination entre autorités maritimes et terrestres. II rappelle l'acuité des problémes de communication et d'acheminement des moyens logistiques et humains.
Au décours d'un accident ischémique cérébral, constitué ou transitoire, l'échographie cardiaque transœsophagienne a acquis une place primordiale, en particulier chez le sujet jeune, permettant avec une meilleure efficience que l'échographie transthoracique, la mise en évidence d'anomalies cardiaques potentiellement emboligènes, tel un foramen ovale perméable, ou un anévrysme du septum interauriculaire. Cependant, de telles découvertes ne peuvent être systématiquement retenues comme cause de l'accident cérébral. Des critères de franche perméabilité sont ainsi nécessaires, d'autant que les mécanismes physiopathologiques restent encore non résolus. Les agrégants plaquettaires et les antivitamines K sont généralement prescrits, mais leurs indications respectives et la durée du traitement, de même que la fermeture chirurgicale des pathologies, ne font pas encore l'objet d'un consensus.
La Cour de cassation a rendu le 20 novembre 2012 un arrêt très attendu dans l’affaire dite « du nuage de Tchernobyl » (Chambre criminelle, 20 novembre 2012). La Cour confirme l’arrêt de non-lieu rendu par la chambre de l’instruction de Paris, sur les deux volets, à savoir les blessures involontaires et la tromperie.
L’usage de cathinones est un phénomène récent lié à l’émergence de nouvelles substances psychoactives. Certains groupes de la population peuvent être davantage exposés comme, par exemple, les hommes qui ont des activités sexuelles avec d’autres hommes sous l’influence de substances psychoactives. Cette pratique porte le nom de « chemsex ». Les auteurs rapportent une observation originale qui a conduit au décès de façon indirecte d’un consommateur. Le matin à 10h30, une dispute éclate au sein d’un couple homosexuel. L’un d’eux pourrait être consommateur de stupéfiants. Il aurait consommé des cathinones plusieurs fois en deux jours. Afin d’éviter une phase de descente désagréable, il voulait consommer à nouveau des drogues, mais son conjoint s’y est opposé. À 20h35, l’individu est découvert pendu sur son lieu de travail. À l’autopsie, les observations sont compatibles avec un mécanisme de pendaison. Une expertise toxicologique de référence est ordonnée, qui a mis en évidence de la 3-méthylmethcathinone (3-MMC) dans les prélèvements, selon les concentrations suivantes : sang fémoral (49 ng/mL), sang cardiaque (53 ng/mL), urines (310 ng/mL), contenu gastrique (74 ng/mL) et bile (205 ng/mL). Une analyse en GC-MS a été indispensable afin de différencier la 3-MMC et la 4-MMC (méphédrone). L’analyse des poils pubiens a donné les résultats suivants : 12 pg/mg de MDMA, 4 pg/mg de 3-MMC et 28 pg/mg de buphédrone. L’analyse d’une fiole retrouvée au domicile de la victime a mis en évidence de la buphédrone. Enfin, sur les vêtements que portait la victime (tee-shirt et sous-vêtement), il a été retrouvé de la 3-MMC ainsi que des traces de MDMA, de MDA et de buphédrone, démontrant un usage correspondant à la période où ils ont été portés. Toutes les concentrations de 3-MMC sont probablement sous-estimées, du fait de l’instabilité chimique bien connue de cette molécule. Le suicide semble correspondre au phénomène de descente difficile, après consommation répétée de stimulants. Les circonstances apparaissent comme superposables aux rares cas décrits dans la littérature, avec une prévalence importante de la pendaison.The use of cathinones is a recent phenomenon linked to the emergence of new psychoactive substances. Certain population groups, such as men who have sex with other men (MSM) while under the influence of stimulants, known as “chemsex”, may be more exposed. The authors report an original finding that seems indirectly linked to the death of a user. At 10.30 a.m., an argument broke out between a homosexual couple. One may have been a narcotics user and had taken cathinones several times in two days. To prevent an unpleasant comedown, he wanted to take some more drugs but his companion was opposed to it. At 8.35 p.m., the individual was found hanged at his workplace. The autopsy findings were consistent with hanging. A standard toxicological expertise was ordered that revealed the presence of 3-methylmethcathinone (3-MMC) at the following concentrations: femoral blood (49 ng/mL), cardiac blood (53 ng/mL), urine (310 ng/mL), stomach contents (74 ng/mL), and bile (205 ng/mL). GC/MS was essential to differentiate 3-MMC from 4-MMC (mephedrone). The pubic hair analyses revealed the following: 12 pg/mg of MDMA, 4 pg/mg of 3-MMC, and 28 pg/mg of buphedrone. The analysis of a vial found at the victim's home revealed the presence of buphedrone. Finally, 3-MMC and traces of MDMA, MDA, and buphedrone were found on the victim's clothes (T-shirt, underwear). All the 3-MMC concentrations were most probably underestimated owing to the renowned chemical instability of this molecule. The suicide appears to be related to the comedown described after taking stimulants. The circumstances seem similar to the rare cases described in the literature with a high prevalence of hanging.
Les inondations de l'hiver 1995 ont confronté les Ardennes à une situation de catastrophe naturelle. Les plans de secours préétablis sont multiples et adaptés soit au type de catastrophe soit à son ampleur. Ils reposent tous sur un accueil plus ou moins massif de victimes dans une structure hospitaliére. Mais que se passe-t-il lorsque cette même structure devient « la victime? Face à cette situation inhabituelle et paradoxale, les 170 patients de l'hôpital Corvisart ont dus être évacués par les équipes du Samu 08 vers une structure d'accueil située en lieu sûr.
Les auteurs rapportent un cas d'ingestion de 250 mL de formol à 35 % suivi d'une bonne évolution. Ils soulignent le caractère psychiatrique singulier au cours de cette évolution, l'intérêt du transport médicalisé et de la prise en charge précoce en milieu de réanimation.
Nous rapportons le cas d'une intoxication aiguë mortelle au bromure de méthyle par inhalation, chez un jeune homme de 27 ans. Le tableau clinique initial était dominé par des signes neurologiques (syndrome cérébelleux, myoclonies généralisées), suivis d'un œdème avec troubles du rythme ventriculaire graves à l'orígine du décès du patient 48 h après l'exposition.