
This paper presents a computational framework for analyzing how popular songwriting encodes and reflects cultural memory across seven decades. Using a corpus of 353 Grammy Song of the Year nominees from 1960 to 2025, this study employs a triangulated methodology combining sentiment analysis, lexical structure examination, and musicological feature analysis to trace systematic shifts in songwriting craft. The findings reveal a pronounced affective inversion: the lyrical optimism that peaked in the 1980s has given way to sustained pessimism in the 2010s and 2020s. This emotional shift is accompanied by measurable structural transformations, including increased lexical complexity, declining adherence to grammatical conventions, and heightened emphasis on repetitive hooks designed for viral memorability. Concurrently, analysis of sonic features demonstrates a migration towards high-energy, electronically produced soundscapes. By integrating digital humanities methods with close reading of case studies, this research demonstrates how peer-curated popular music serves as a quantifiable archive of generational sentiment, linguistic evolution, and cultural zeitgeist. The study contributes a replicable mixed-methods approach for understanding songwriting as both artistic craft and cultural artifact, offering insights into how popular music adapts to and reflects the emotional and linguistic landscape of its time. Cet article propose un cadre computationnel pour analyser la manière dont l’écriture de chansons populaires encode et reflète la mémoire culturelle au cours de sept décennies. En utilisant un corpus de 353 titres nommés pour le Grammy de la chanson de l’année entre 1960 et 2025, cette étude adopte une méthodologie triangulée combinant analyse de sentiment, examen de la structure lexicale et analyse de caractéristiques musicologiques afin de retracer les évolutions systématiques de l’artisanat d’écriture musicale. Les résultats révèlent une inversion affective marquée : l’optimisme lyrique ayant atteint son apogée dans les années 1980 a cédé la place à un pessimisme durable dans les années 2010 et 2020. Ce basculement émotionnel s’accompagne de transformations structurelles mesurables, notamment une complexification lexicale accrue, une diminution de l’adhésion aux conventions grammaticales et une insistance renforcée sur des refrains répétitifs conçus pour favoriser la mémorabilité virale. Parallèlement, l’analyse des caractéristiques sonores met en évidence une migration vers des paysages sonores énergétiques, produits électroniquement. En intégrant des méthodes propres aux humanités numériques à une lecture rapprochée d’études de cas, cette recherche démontre comment la musique populaire choisie par les pairs fonctionne comme une archive quantifiable du sentiment générationnel, de l’évolution linguistique et de l’esprit culturel d’une époque. L’étude propose une approche reproductible, fondée sur des méthodes mixtes, pour comprendre la création de chansons à la fois comme un artisanat artistique et comme un artefact culturel, offrant ainsi des perspectives sur la manière dont la musique populaire s’adapte et reflète le paysage émotionnel et linguistique de son époque.
Is it possible that examining the rules which govern our use of an everyday appliance can assist data practitioners in collecting and using data in ethical and responsible ways? This inquiry is based on a theory that current and emerging frameworks for data ethics share a palpable synergy with social rules that govern our use of everyday technologies, like the household refrigerator. Entrenched in the social norms of the domestic space, I refer to these rules as refrigerator wisdom: a tacit knowledge of boundaries, rights, accessibility, fairness, and reciprocity that has developed over time through our daily interactions with this ubiquitous technology. This paper positions the refrigerator as a metaphorical model by identifying the well-established and commonplace rules governing its use into a theoretical framework for ethical and responsible data engagement. This model provides the basis for nine principles that demonstrate how the socially codified rules of one technology can be applied to digital projects and the ethical use of data. These principles demonstrate the utility of identifying how ethical rules and social boundaries overlap across technologies, and explore broad ethical themes of permission, privacy, reciprocity, accessibility, and social responsibility. Est-il possible que l’examen des règles qui gouvernent notre usage d’un appareil domestique aide les praticiens de la donnée à collecter et employer des données de façon éthique et responsable ? Cette question s’appuie sur l’idée que les cadres actuels et émergents de l’éthique des données partagent une forme de synergie avec les règles sociales qui guident notre usage de technologies ordinaires, comme le réfrigérateur. Ancrées dans les normes sociales de l’espace domestique, j’appelle ces règles une sagesse du réfrigérateur : un savoir tacite sur les limites, les droits, l’accès, l’équité et la réciprocité, formé au fil du temps par notre interaction quotidienne avec cette technologie omniprésente. Cet article place le réfrigérateur comme modèle métaphorique en reformulant les règles établies et courantes qui régissent son usage dans un cadre théorique pour un rapport éthique et responsable aux données. Ce modèle sert de base à neuf principes qui montrent comment les règles sociales liées à une technologie peuvent s’appliquer aux projets numériques et à l’usage éthique des données. Ces principes montrent l’intérêt d’identifier les recoupements entre règles éthiques et frontières sociales à travers les technologies, et explorent de grands thèmes éthiques tels que l’autorisation, la vie privée, la réciprocité, l’accessibilité et la responsabilité sociale.
In this essay, I examine how data was racialized in the United States through the Tabulating Machine, developed by the German American inventor Herman Hollerith in the 1880s to automate census tabulation. During that time, scientific theories of race posited racial categories to be biologically distinct and hierarchized, thereby defining “whiteness” as a favoured trait. As such, the presumption of data to classify race as natural and neutral categories followed suit to validate those biological racial theories for the hegemonic enterprise of population management. Put simply, distinguishing racial categories through data structures solidified (and continues to solidify) white supremacy. Consequently, methodologies of data formation and deployment centre whiteness in the United States. By analyzing how census data constituted notions of race through Hollerith’s machine, I illuminate how a particular racializing discourse, one that prioritizes whiteness, conceives of data. More broadly, I argue that the datafication of race encoded a politics into data itself, reifying specific ideologies into data as well as into an ideology of data. As such, deconstructing data becomes inextricable from deconstructing whiteness. Dans cet essai, j’examine la façon dont les données ont été racialisées aux États-Unis par la machine à tabuler, conçue dans les années 1880 par l’inventeur germano-américain Herman Hollerith pour automatiser le dépouillement du recensement. À cette époque, les théories scientifiques de la race posaient des catégories raciales supposées biologiquement distinctes et hiérarchisées, et définissaient ainsi la "blanchité" (en anglais "whiteness") comme un trait valorisé. De ce fait, l’idée que les données pouvaient classer la race en catégories naturelles et neutres a servi à soutenir ces théories raciales biologiques dans le cadre d’un projet hégémonique de gestion de la population. En bref, distinguer des catégories raciales par des structures de données a solidifié (et continue de solidifier) la suprématie blanche. Ainsi, les méthodes de formation et d’usage des données placent la blanchité au centre de la production de données aux États-Unis. En analysant la manière dont les données du recensement ont façonné les notions de race à travers la machine de Hollerith, je montre comment un discours particulier de racialisation, qui accorde une priorité à la blanchité, conçoit les données. Plus largement, je soutiens que la « datafication » de la race a inscrit une politique dans les données elles-mêmes, en réifiant des idéologies précises à l’intérieur des données comme dans une idéologie des données. Ainsi, déconstruire les données devient indissociable de la déconstruction de la blanchité.
According to John Stuart Mill’s Autobiography, his mature work should be thought of as “the product not of one intellect and conscience but of three” (J. S. Mill [1873] 1981, 265). He claimed that The Subjection of Women (1869) was co-authored by himself, Harriet Taylor Mill, and Helen Taylor. Most of J. S. Mill’s readers have been largely unconvinced both by his claims of co-authorship and by his encomiums of his co-authors. Rather than strengthening the claims of a common “fund of thought,” collaboration, and co-authorship, his testimony to their abilities undermined them. Those who are most reluctant to take these claims at face value reject the idea that not only did Harriet Mill have an active, pervasive, and everlasting part in John Stuart Mill’s writings, but also that she was the originator of some of his most characteristic ideas. Others, however, readily admit her influence and her originality. Unlike her mother, Helen Taylor has never actually gotten any consideration as her stepfather’s co-author. Given the challenges of assessing authorship for this text through traditional methods, we apply computational stylometric analysis. Should we accept a key tenet of stylometric studies, that an author’s mind engrafts itself onto the text, then we might be able to test J. S. Mill’s claims of co-authorship. This paper presents the state of the question and the results of a supervised machine learning-based authorship identification analysis of the Subjection. We train three classifiers (SVM, K-NN, DT) on a dataset of essays by all three potential authors. These models are then used to attribute segments of the Subjection to individual authors. The most effective models attribute the majority of the text to John Stuart Mill, though stylistic traces suggest contributions from Harriet Mill and, to a lesser extent, Helen Taylor. This is a particularly difficult authorship identification issue to address. Selon Autobiography de John Stuart Mill, son œuvre mûre doit être considérée comme « the product not of one intellect and conscience but of three » (J. S. Mill [1873] 1981, 265). Il affirmait que The Subjection of Women (1869) avait été coécrit par lui-même, Harriet Taylor Mill et Helen Taylor. La plupart des lecteurs de J. S. Mill sont restés largement sceptiques, tant face à ses affirmations de coécriture que face à ses éloges de ses collaboratrices. Au lieu de renforcer les affirmations d’un « fonds commun de pensée », de collaboration et de co-auteurialité, ses témoignages sur leurs compétences les ont affaiblies. Ceux qui rejettent le plus nettement ces affirmations refusent l’idée que Harriet Mill ait eu un rôle actif, constant et durable dans les écrits de John Stuart Mill, et encore moins qu’elle ait été à l’origine de certaines de ses idées les plus marquantes. D’autres, en revanche, reconnaissent volontiers son influence et son originalité. Contrairement à sa mère, Helen Taylor n’a jamais été sérieusement considérée comme coautrice de son beau-père. Étant donné la difficulté d’évaluer l’auteur du texte par des méthodes traditionnelles, nous appliquons une analyse stylométrique computationnelle. Si l’on admet un principe fondamental des études stylométriques — qu’un texte porte l’empreinte cognitive de son auteur — alors il est possible de tester les affirmations de J. S. Mill concernant la coécriture. Cet article expose l’état de la question et les résultats d’une analyse d’attribution d’auteur fondée sur l’apprentissage supervisé appliquée à The Subjection. Nous entraînons trois classificateurs (SVM, K-NN, DT) sur un corpus d’essais des trois auteurs possibles. Ces modèles sont ensuite utilisés pour attribuer des segments du texte à chaque auteur. Les modèles les plus performants attribuent la majorité du texte à John Stuart Mill, bien que des traces stylistiques indiquent des contributions de Harriet Mill et, dans une moindre mesure, de Helen Taylor. Ce cas pose un problème d’attribution particulièrement difficile.
This paper explores the layers of remediation and hidden labour embedded in the digitization of early modern texts, focusing on how metadata traces in digital archives can both reveal and obscure the material history of books. Using a bibliographic workflow, this study examines the challenges of distinguishing between material artifacts of the original printing process and distortions introduced through digitization. Through a case study of Thomas May’s The Tragedie of Cleopatra, I analyze metadata from the English Short Title Catalogue (ESTC) and Internet Archive, alongside correspondence with archivists, to reconstruct the provenance and digitization history of the text. I thus contend that the digitization of early modern texts introduces ambiguities: digital anomalies that can obscure or distort the material history of these works, thereby challenging the reliability of digital surrogates for historical inquiry. This research highlights the stakes of providing scholars with opportunities for in-person archival study, particularly in cases where digital surrogates present anomalies that resist easy categorization. These stakes are especially high for scholars relying on digital scans to conduct research, as addressing these uncertainties requires innovation in digitization processes, and sustained investment in methodologies that bridge the gap between digital and physical archives, ensuring the reliability of digital surrogates for historical inquiry. Cet article examine les strates de remédiation et le travail invisible impliqués dans la numérisation des textes de la première modernité, en s’attachant à la manière dont les traces de métadonnées dans les archives numériques peuvent à la fois révéler et masquer l’histoire matérielle des livres. En mobilisant un protocole bibliographique, cette étude analyse les difficultés à distinguer les artefacts matériels issus du processus d’impression d’origine des altérations induites par la numérisation. À travers une étude de cas portant sur The Tragedie of Cleopatra de Thomas May, j’analyse les métadonnées issues du English Short Title Catalogue (ESTC) et de l’Internet Archive, ainsi que des échanges avec des archivistes, pour reconstruire la provenance et l’histoire de la numérisation du texte. Je soutiens ainsi que la numérisation des textes anciens introduit des ambiguïtés : des anomalies numériques susceptibles d’obscurcir ou de déformer l’histoire matérielle de ces œuvres, remettant en cause la fiabilité des substituts numériques dans la recherche historique. Cette recherche souligne l’importance de garantir aux chercheurs un accès physique aux archives, en particulier lorsque les substituts numériques présentent des anomalies difficiles à classer. Ces enjeux sont d’autant plus cruciaux pour les chercheurs dépendant des scans numériques, car surmonter ces incertitudes exige à la fois des innovations dans les processus de numérisation et un investissement durable dans des méthodologies capables de relier archives physiques et numériques, afin d’assurer la fiabilité des substituts numériques dans la recherche historique.
Contemporary studies on historical migrations gradually demystified the idea that the population in the past was stable and homogenous, and unveiled dynamic and complex connections throughout the whole of Europe. However, even if we are in the era of digitalization and big data, there is no standardized methodology to investigate historical migrations, and there are major challenges in quantifying and providing consistent estimates of migration groups. This research aims to tackle these challenges by proposing a replicable approach, consisting of a multi-step algorithm that uses probabilistic analysis to quantify migration and estimate the most likely migrants’ origin based on surname distributions over the centuries. Particularly, the focus is on the Malopolska case study, on both international and Polish migrations to the region from the 1500s to the Great War. The proposed approach to quantification of historical migrations can be a helpful tool to use in combination with existing methodologies to validate and increase the accuracy of the estimates of other case studies in Europe. Les études contemporaines sur les migrations historiques ont peu à peu démystifié l’idée selon laquelle la population passée était stable et homogène, et ont mis en lumière des connexions dynamiques et complexes à l’échelle de l’Europe entière. Cependant, même à l’ère de la numérisation et des mégadonnées, il n’existe pas de méthodologie standardisée pour étudier les migrations historiques, et il reste de grandes difficultés à quantifier et fournir des estimations cohérentes des groupes de migrants. Cette recherche vise à relever ces défis en proposant une approche reproductible, fondée sur un algorithme en plusieurs étapes qui utilise une analyse probabiliste pour quantifier la migration et estimer l’origine la plus probable des migrants à partir des distributions de noms de famille au fil des siècles. L’étude se concentre en particulier sur le cas de la Malopolska, en analysant les migrations internationales et polonaises vers cette région, du XVIᵉ siècle jusqu’à la Grande Guerre. L’approche proposée pour la quantification des migrations historiques peut constituer un outil utile, à combiner avec les méthodologies existantes, afin de valider et d’affiner les estimations d’autres études de cas en Europe.
This paper analyzes the relationship between the Twilight Saga and Fifty Shades trilogy as a case study on the relationship between published fiction and fanfiction. We aim to develop computational methods for analyzing textual adaptation. To structure our analysis, we use Piper’s (Piper 2017) five-step approach to literary modelling. First, we survey relevant scholarship from fan and adaptation studies. We theorize that the adaptation of the Twilight Saga into the fanfiction Master of the Universe, which resulted in Fifty Shades, resides primarily in its changing characterization of the protagonists, including their storyworld, and in an increased focus on sex. We conceptualize these aspects as revolving around the words used to describe characters, and the frequency with which sexually explicit words occur. We then detect words related to characterization and sex using three methods: corpus analysis with Sketch Engine, LIWC, and the measure of pointwise mutual information. Although anecdotal evidence shows patterns of adaptation across our corpora, these methods cannot be validated. This points to a fundamental and often overlooked problem in CLS research: the discipline can be understood as a way of testing empirical claims about literature using computational methods. In this view, theorization, or a researcher’s subjective reading or analysis, is the first step in the research design. Subsequently, one may find, as we do here, that not all empirical claims about literature can be captured in computational operationalizations because the epistemologies of humans and computational literary studies methods are different. To answer the kinds of questions explored in this paper—questions inspired by human intuitions about literature and, in this case, adaptation—we need to re-evaluate the capacity of computational tools to do justice to the subtleties of narrative, and to examine the overlaps and gaps between quantitative and qualitative approaches to literature. Cet article analyse la relation entre la saga Twilight et la trilogie Fifty Shades en tant qu’étude de cas sur le lien entre la fiction publiée et la fanfiction. Nous visons à développer des méthodes computationnelles pour analyser l’adaptation textuelle. Pour structurer notre analyse, nous utilisons l’approche en cinq étapes de Piper (Piper 2017) pour la modélisation littéraire. Premièrement, nous passons en revue les travaux pertinents issus des études sur les fans et sur l’adaptation. Nous théorisons que l’adaptation de la saga Twilight en fanfiction intitulée Master of the Universe, qui a donné naissance à Fifty Shades, réside principalement dans la transformation des caractéristiques des protagonistes, y compris leur univers narratif, et dans une focalisation accrue sur la sexualité. Nous conceptualisons ces aspects comme étant centrés sur les mots utilisés pour décrire les personnages, ainsi que sur la fréquence d’apparition des termes à caractère sexuel explicite. Nous détectons ensuite les mots liés à la caractérisation et à la sexualité à l’aide de trois méthodes : l’analyse de corpus avec Sketch Engine, LIWC, et la mesure de l’information mutuelle ponctuelle. Bien que des preuves anecdotiques révèlent des schémas d’adaptation dans nos corpus, ces méthodes ne peuvent être validées. Cela met en lumière un problème fondamental et souvent négligé dans la recherche en études littéraires computationnelles (computational literary studies ou CLS) : cette discipline peut être comprise comme une manière de tester des hypothèses empiriques sur la littérature à l’aide de méthodes computationnelles. Dans cette optique, la théorisation, ou la lecture et l’analyse subjective du chercheur, constitue la première étape de la conception de la recherche. Par la suite, on peut constater, comme c’est le cas ici, que toutes les affirmations empiriques sur la littérature ne peuvent pas être traduites en opérations computationnelles, car les épistémologies humaines et celles des méthodes en études littéraires computationnelles sont différentes. Pour répondre aux types de questions explorées dans cet article — des questions inspirées par des intuitions humaines sur la littérature et, dans ce cas, sur l’adaptation — il est nécessaire de réévaluer la capacité des outils computationnels à rendre justice aux subtilités du récit, et d’examiner les chevauchements et les écarts entre les approches quantitatives et qualitatives de la littérature.
Enumerative bibliographies are lists of scholarship that capture the state of a field. This article first evaluates digital texts of one such bibliography, Franz Thimm’s Shakspeariana from 1564–1864 (second edition, 1872), before applying textual analysis using Voyant Tools. The takeaways are both methodological and interpretive: we can use inaccurate online texts (“dirty OCR,” that is, optical character recognition); we can fruitfully apply text analysis to printed bibliographies; and we can learn about bibliographies with Voyant Tools even if they are multilingual. This research shows how Thimm’s bibliography emphasizes Shakespeare publication from major urban centres and surfaces the importance of nineteenth-century German translation and scholarship on Shakespeare, while inviting us to reconsider how we credit translators (or not) as we name them in our lists. Ultimately, experimenting with digital tools to analyze early bibliographies can help us better understand the history of our scholarship. Les bibliographies énumératives sont des listes de travaux académiques qui reflètent l’état d’un domaine. Cet article commence par évaluer les textes numériques d’une telle bibliographie, Shakspeariana from 1564–1864 de Franz Thimm (deuxième édition, 1872), avant d’appliquer une analyse textuelle à l’aide de Voyant Tools. Les conclusions sont à la fois méthodologiques et interprétatives : nous pouvons utiliser des textes en ligne inexacts (« ROC sale », c’est-à-dire la reconnaissance optique de caractères défectueuse) ; nous pouvons appliquer de manière productive l’analyse textuelle aux bibliographies imprimées ; et nous pouvons explorer les bibliographies avec Voyant Tools même lorsqu’elles sont multilingues. Cette recherche montre comment la bibliographie de Thimm met en avant les publications sur Shakespeare provenant des grands centres urbains et révèle l’importance de la traduction et des études allemandes du XIXe siècle sur Shakespeare, tout en nous invitant à reconsidérer la manière dont nous reconnaissons (ou non) les traducteurs en les nommant dans nos listes. En fin de compte, expérimenter avec des outils numériques pour analyser les premières bibliographies peut nous aider à mieux comprendre l’histoire de notre production académique.
In early 2020, the SARS-CoV-2 virus was recognized as a threat by most countries, and the risk of its spread was already being discussed. After the first cases were identified and the sudden onset of lockdowns, we realized the need to document Albertans’ experience of the pandemic. This paper describes our real-time collection, beginning in March 2020, of the discourse surrounding the COVID-19 pandemic in Alberta. We quickly implemented a data collection plan that involved gathering textual data from various sources. We collected the text of public health briefings given by the Chief Medical Officer of Health (CMOH) and the premier of the province, tweets about the pandemic in Alberta, and news articles published in online journals. We conducted preliminary data analysis to assess the suitability of the data for statistical analysis. This included word cloud visualizations, correlation analysis, and Term Frequency–Inverse Document Frequency (TF-IDF) analysis. The results of the analysis were plausible, suggesting that the datasets are suitable for even more advanced data extraction and analysis. The data was deposited in the University of Alberta’s Dataverse, an open-source repository, where our datasets have attracted significant interest. Judging by download numbers, the speeches of the premier and the CMOH have each been downloaded more than 2,600 times. We used Otter.ai, an online transcription software, to transcribe the speeches of the premier. The high interest in the speeches of government officials made us realize that more resources should have been allocated to ensure near-perfect transcriptions of the premier’s speeches, as the premier was responsible for making the final decisions on pandemic-related policies in the province. Au début de l’année 2020, le virus SARS-CoV-2 a été reconnu comme une menace par la plupart des pays, et le risque de sa propagation faisait déjà l’objet de discussions. Après l’identification des premiers cas et le déclenchement soudain des confinements, nous avons compris la nécessité de documenter l’expérience des Albertains face à la pandémie. Cet article décrit notre collecte en temps réel, débutée en mars 2020, du discours entourant la pandémie de COVID-19 en Alberta. Nous avons rapidement mis en place un plan de collecte de données textuelles provenant de diverses sources. Nous avons recueilli les transcriptions des points de presse de la médecin hygiéniste en chef (CMOH) et du premier ministre de la province, des tweets concernant la pandémie en Alberta, ainsi que des articles publiés dans des journaux en ligne. Une analyse préliminaire des données a été menée afin d’évaluer leur pertinence pour une analyse statistique. Celle-ci comprenait des visualisations par nuages de mots, des analyses de corrélation et une analyse via Term Frequency–Inverse Document Frequency (TF-IDF). Les résultats obtenus se sont révélés plausibles, suggérant que les ensembles de données sont adaptés à des extractions et analyses plus avancées. Les données ont été déposées dans le Dataverse de l’Université de l’Alberta, un dépôt en libre accès, où elles ont suscité un vif intérêt. D’après les chiffres de téléchargement, les discours du premier ministre et de la médecin hygiéniste en chef ont chacun été téléchargés plus de 2 600 fois. Nous avons utilisé Otter.ai, un logiciel de transcription en ligne, pour transcrire les discours du premier ministre. L’intérêt marqué pour les interventions des responsables gouvernementaux nous a fait réaliser qu’il aurait été nécessaire d’allouer davantage de ressources afin d’assurer des transcriptions quasi parfaites des discours du premier ministre, étant donné qu’il était responsable des décisions finales concernant les politiques liées à la pandémie dans la province.
This paper tests the open-source OCR software KuroNet’s performance on printed texts written in kanbun, comparing the results to other freely available off-the-shelf OCR solutions. Kanbun, a literary standard using Chinese characters and syntax to represent Japanese textual content, was employed widely throughout Japan from the classical into the modern period. Its peculiarities with regard to layout and characters present a challenge to standard OCR software that has not been tackled to date. KuroNet was developed for a different purpose, namely, to help decipher literature written in cursive Japanese characters; its idiosyncratic approach to irregular layouts, however, commends KuroNet for kanbun as well. The survey shows that due to its unique approach to kanji detection, KuroNet’s output surpasses that of programs with higher transcription accuracy rates on pages with a difficult layout. The present paper provides the background to the study, compares the results between KuroNet and comparable OCR programs, and closes with an analysis of KuroNet’s weaknesses, with recommendations for further improvements. Cet article évalue les performances du logiciel open-source de Reconnaissance Optique de Caractères (ROC), KuroNet, sur des textes imprimés écrits en kanbun, en comparant les résultats à ceux d'autres solutions ROC disponibles gratuitement. Le kanbun, une norme littéraire utilisant des caractères et une syntaxe chinoise pour représenter du contenu textuel japonais, a été largement utilisé au Japon de la période classique à la période moderne. Ses particularités en matière de mise en page et de caractères posent un défi aux logiciels ROC standards, un défi qui n’a pas encore été relevé jusqu’à présent. KuroNet a été développé dans un autre but : aider à déchiffrer la littérature écrite en caractères cursifs japonais. Toutefois, son approche particulière des mises en page irrégulières le rend également pertinent pour le kanbun. L’étude montre que, grâce à son approche unique de la détection des kanji, les résultats de KuroNet surpassent ceux de programmes ayant des taux de précision de transcription plus élevés, notamment sur des pages à mise en page complexe. Le présent article fournit le contexte de l’étude, compare les résultats entre KuroNet et d’autres programmes de ROC comparables, et se termine par une analyse des faiblesses de KuroNet, accompagnée de recommandations pour des améliorations futures.
Despite the growing prevalence of digital tools in humanistic research, we do not have a comprehensive theory of how these digital media and technologies affect and warp our research processes and outputs. The shift away from analog methods and towards digital tools is rapid and overwhelming, but even then, only a handful of these tools have been theorized as research practices. In the meantime, new technologies continue to shape, limit, and enable research: software, hardware, databases, and algorithms are not politically neutral objects, and they impact our epistemic horizon. We make the case that a general theory of digital tools in humanities research is necessary (and even overdue). Such a theory would be a shared set of principles and rules, to ascertain the effects of any given specific technological assemblage on a given community of practice. We further posit that digital tools are following a fast naturalization process, and that collaboration is necessary to avoid epistemic blind spots and to cover the various ways in which humanists relate and use digital tools. This article attempts to fill these gaps in three steps: it first demonstrates that today’s knowledge production occurs within an epistemic horizon shaped by digitality, even, or especially, outside digital humanities. Secondly, it recognizes the value of a plurality of phenomenal research experience with digital tools and establishes a method to visualize this diversity. Finally, it proposes a framework to integrate different forms of expertise and knowledge to create a collaborative theory of scholars–digital tools interactions. This framework, a protocol dubbed a plurilogue, is a nine-step process to foster acculturation and collaboration, which could be used on many other questions than the one covered in the current article. Malgré la prévalence croissante des outils numériques dans la recherche en sciences humaines, nous ne disposons pas d’une théorie complète sur la manière dont ces technologies influencent et modifient nos processus et résultats de recherche. La transition des méthodes analogiques vers les outils numériques est rapide et omniprésente, mais seuls quelques-uns de ces outils ont été théorisés en tant que pratiques de recherche. Pendant ce temps, de nouvelles technologies continuent de façonner, limiter, transformer et permettre la recherche : les logiciels matériel informatique (hardware), bases de données et algorithmes ne sont pas politiquement neutres, et ils ont des impacts importants sur notre horizon épistémique. Nous soutenons qu’une théorie générale des outils numériques dans la recherche en sciences humaines est nécessaire (et se fait attendre depuis trop longtemps). Une telle théorie consisterait en un ensemble partagé de principes et de règles permettant de déterminer les effets d’un assemblage technologique donné sur une communauté de pratique donnée. Nous affirmons également que les outils numériques suivent un processus rapide de naturalisation, et que la collaboration est nécessaire pour éviter les angles morts épistémiques et couvrir les diverses manières dont les humanistes se rapportent aux outils numériques et les utilisent. Cet article tente de combler ces lacunes en trois étapes : il démontre d’abord que la production de connaissances aujourd’hui s’inscrit dans un horizon épistémique façonné par la digitalité, même, ou surtout, en dehors des humanités numériques. Ensuite, il reconnaît la valeur d’une pluralité d’expériences phénoménologiques de recherche avec des outils numériques et établit une méthode pour visualiser cette diversité. Enfin, il propose un cadre permettant d’intégrer différentes formes d’expertise et de savoir afin de créer une théorie collaborative des interactions entre les chercheurs et les outils numériques. Ce cadre, un protocole appelé plurilogue, est un processus en neuf étapes destiné à favoriser l’acculturation et la collaboration, qui pourrait être appliqué à de nombreuses autres questions que celle abordée dans cet article.
In the rapidly evolving field of digital humanities, methodological considerations, especially the interplay between “distant reading” and “close reading,” play a prominent role. This paper, presented against the backdrop of these two critical approaches, undertakes a comprehensive exploration of reflections on mixed methodology that have emerged within the field, emphasizing calls for a blending of distant reading and close reading. Starting with an evaluation of the origins of such terminology in the field, the paper elucidates the ongoing debates surrounding the tensions between these two reading paradigms. Highlighting the multifaceted terrain of these debates, the paper enumerates the terminology on such methodology that has been explored and expanded by digital humanists. Furthermore, through analyzing a number of methodological reflections, the affordances and the practical implications of a mixed methodology in computational literary studies are discussed. Starting from bringing distant reading and close reading together in the research process, the focus shifts from a mere juxtaposition of these two reading modalities to a broader contemplation of the objects of study in digital humanities projects. Then, moving from scale to scope, collaboration emerges as an integral element in the discourse. Recognizing both its opportunities and inherent challenges, the paper examines the need for collaboration between scholars from different disciplines and explores the emergence of mixed methods in a collaborative context. The need to employ both distant reading and close reading in such context is formulated as a way to appeal to more traditional humanists. In its conclusion, the article heralds the significance of “alien reading,” emphasizing the need for understanding machine reading as a distinct, albeit integral, component in the digital humanities’ tapestry, especially in the age of AI and LLMs. Dans le domaine en rapide évolution des humanités numériques, les considérations méthodologiques, en particulier l’interaction entre le « distant reading » et le « close reading », occupent une place prépondérante. Cet article, présenté dans le contexte de ces deux approches critiques, propose une exploration approfondie des réflexions sur la méthodologie mixte qui ont émergé dans ce domaine, en mettant l’accent sur les appels à combiner la lecture de loine et la lecture de près. En commençant par une évaluation des origines de cette terminologie dans le domaine, l’article éclaire les débats en cours autour des tensions entre ces deux paradigmes de lecture. Soulignant la diversité de ces débats, l'article répertorie les terminologies liées à ces méthodologies, explorées et développées par les humanistes numériques. De plus, à travers l’analyse de plusieurs réflexions méthodologiques, les avantages et les implications pratiques d’une méthodologie mixte en études littéraires computationnelles sont discutés. En partant du rapprochement entre lecture de loine et lecture de près dans le processus de recherche, l’attention passe d’une simple juxtaposition de ces deux modalités de lecture à une réflexion plus large sur les objets d’étude des projets en humanités numériques. Ensuite, en évoluant de l’échelle à l’étendue, la collaboration apparaît comme un élément central dans le discours. Reconnaissant à la fois ses opportunités et ses défis inhérents, l’article examine la nécessité d’une collaboration entre chercheurs de disciplines différentes et explore l’émergence de méthodes mixtes dans un contexte collaboratif. Le besoin d’employer à la fois la lecture distante et la lecture rapprochée dans ce contexte est formulé comme un moyen de s’adresser aux humanistes plus traditionnels. En conclusion, l’article souligne l’importance de la « alien reading » (ou « lecture étrangère »), en mettant en avant la nécessité de comprendre la lecture par la machine comme une composante distincte mais intégrale dans le paysage des humanités numériques, notamment à l’ère de l’IA et des modèles de langage étendus (LLM).
Despite the growing number of medievalist projects, it is difficult to identify the ones that use Iberian chronicles to study people from the gender perspective in a digital setting. To bridge this gap, a prosopographical database of all women mentioned in the Crónica de Castilla (ca. 1300) has been produced. This article documents its development from the initial interests to the practical considerations of its published online version. On the one hand, carefully chosen examples illustrate various issues of the systematic approach, therefore firmly reminding us that the generated data sets are neither simply extracted nor neutral. On the other hand, the included visualizations and the preliminary observations help uncover new and engaging avenues for examining the women in the Crónica de Castilla and, by extension, in other historical narratives. Malgré le nombre croissant de projets médiévaux, il est difficile d’identifier ceux qui utilisent les chroniques ibériques pour étudier les individus sous l’angle du genre dans un cadre numérique. Pour combler cette lacune, une base de données prosopographique de toutes les femmes mentionnées dans la Crónica de Castilla (vers 1300) a été créée. Cet article documente son développement, depuis les intérêts initiaux jusqu’aux considérations pratiques la version qui a été publiée. D’une part, des exemples soigneusement choisis illustrent divers enjeux de l’approche systématique, rappelant ainsi fermement que les ensembles de données générés ne sont ni simplement extraits ni neutres. D’autre part, les visualisations incluses et les observations préliminaires permettent de découvrir de nouvelles pistes stimulantes pour examiner les femmes dans la Crónica de Castilla et, par extension, dans d’autres récits historiques.
This paper presents a digital humanities framework for the study of the art exhibition phenomena in Europe in the late nineteenth and first half of the twentieth centuries, which deploys a mixed-methods approach based upon the concept of relevance. This matter is examined from the perspective of art history, previous contributions are discussed, and the rationale for the proposed framework is specified. After modelling the exhibition phenomenon as a cultural network, the calculation of a relevance index is developed and the defined attributes, values, and weights used in this method are thoroughly described. Finally, this conceptualization is tested on a case study of a dataset that comprises 2,845 solo exhibitions held in Barcelona (Spain) and surrounding municipalities between 1890 and 1938, setting grounds for improvement through future iterative work. Cet article présente un cadre en humanités numériques pour l'étude du phénomène des expositions d'art en Europe à la fin du XIXe siècle et pendant la première moitié du XXe siècle, qui utilise une approche mixte fondée sur le concept de pertinence. Cette question est examinée du point de vue de l'histoire de l'art, les contributions précédentes sont discutées, et la justification du cadre proposé est précisée. Après avoir modélisé le phénomène des expositions comme un réseau culturel, le calcul d'un indice de pertinence est développé, et les attributs, valeurs et poids définis dans cette méthode sont décrits en détail. Enfin, cette conceptualisation est testée sur une étude de cas d'un ensemble de données comprenant 2 845 expositions individuelles organisées à Barcelone (Espagne) et dans les municipalités environnantes entre 1890 et 1938, jetant les bases d'améliorations grâce à des travaux itératifs futurs.
How is the world changing as a result of our interactions with the material core of digital devices? What theoretical tools does our humanistic culture offer us to understand the impact of technologies on our world? Referring to the methodological fields of new materialism and critical code studies, the paper presents the conditions for developing a hermeneutic analysis of computer protocols. This reflection will then be applied to the study of TCP/IP, the protocol suite implemented by the internet and one of the theoretical and functional systems that guarantees the extensive spread of digital technology in today's world. Its computational, material, and cultural components highlight the substantial interdependence between human thinking and digital systems. Comment le monde change-t-il en raison de nos interactions avec le noyau matériel des appareils numériques ? Quels outils théoriques notre culture humaniste nous offre-t-elle pour comprendre l'impact des technologies sur notre monde ? En se référant aux champs méthodologiques du nouveau matérialisme et des études critiques du code, cet article présente les conditions nécessaires à l’élaboration d’une analyse herméneutique des protocoles informatiques. Cette réflexion sera ensuite appliquée à l'étude du TCP/IP, la suite de protocoles mise en œuvre par l'internet et l'un des systèmes théoriques et fonctionnels qui garantit la large diffusion de la technologie numérique dans le monde actuel. Ses composantes computationnelles, matérielles et culturelles mettent en évidence l'interdépendance substantielle entre la pensée humaine et les systèmes numériques.
This paper explores the relationship of transphobia and other forms of harassment found across the events of the Gamergate hate movement through the development of an interactive social network analysis. With the social network being derived from hundreds of events tagged by hand, special consideration is given to the positionality and biases of its authors and how they affected this specific interpretation of Gamergate events. Informed largely by the transgender perspective of its first author, this paper draws particular conclusions around the propagation of transphobia in online hate movements, such as its intersectionality with other ideological cornerstones of Gamergate. Cet article explore la relation entre la transphobie et d’autres formes de harcèlement observées lors des événements du mouvement de haine Gamergate à travers le développement d’une analyse de réseau social interactive. Avec le réseau social dérivé de centaines d’événements étiquetés à la main, une attention particulière est accordée à la position et aux biais de ses auteurs et à la manière dont ils ont influencé cette interprétation spécifique des événements de Gamergate. Principalement informé par la perspective transgenre de son premier auteur, cet article tire des conclusions particulières sur la propagation de la transphobie dans les mouvements de haine en ligne, comme son intersectionnalité avec d’autres piliers idéologiques de Gamergate.
How did the COVID-19 pandemic and its accompanying social restrictions and lockdowns impact literary activities and events across Canada? Out of this question developed the research project called “Archive of the Digital Present for Online Literary Performance in Canada (COVID-19 Pandemic Period),” or ADP for short—which entailed collecting data (information and audio-visual documentation) about pandemic literary events, and developing a searchable database designed to be used for reflection, study, and analysis of this unique period of literary history as it unfolded, largely on social media and virtual telecommunications platforms. This article focuses on the important and complex task of collecting data about pandemic literary events in Canada. We describe the processes of data collection and presentation and reflect on some of the possible meanings of data that arose through the process of attempting to structure information about ephemeral events gleaned through public digital platforms. As we describe the process of collecting, structuring, and curating data about pandemic literary events, we consider the import of affect and emotion in a disembodied, digital historical era, and what it means when events of literary expression and human encounter are born and continue to exist as digital data. We argue that data becomes an important locus of affective structures and textures of the pandemic by identifying some of the key generic forms that emerged through the affordances of online pandemic event platforms, and by theorizing some of the qualities of pandemic temporality and how they trouble attempts to conceptualize this period in literary historical terms. Quel a été l'impact de la pandémie de COVID-19 et des restrictions sociaux et verrouillages qui l'ont accompagnée sur les activités et événements littéraires à travers le Canada ? C'est à partir de cette question qu'est né le projet de recherche intitulé « Archive of the Digital Present for Online Literary Performance in Canada (COVID-19 Pandemic Period) », ou ADP en abrégé, qui consistait à collecter des données (informations et documentation audiovisuelle) sur les événements littéraires pandémiques et à développer une base de données consultable conçue pour être utilisée à des fins de réflexion, d'étude et d'analyse de cette période unique de l'histoire littéraire telle qu'elle s'est déroulée, en grande partie sur les médias sociaux et les plateformes de télécommunications virtuelles. Cet article se concentre sur la tâche importante et complexe de la collecte de données sur les événements littéraires pandémiques au Canada. Nous décrivons les processus de collecte et de présentation des données et réfléchissons à certaines des significations possibles des données qui sont apparues au cours du processus de structuration des informations sur les événements éphémères glanés sur les plateformes numériques publiques. En décrivant le processus de collecte, de structuration et de conservation des données sur les événements littéraires pandémiques, nous examinons l'importance de l'affect et de l'émotion dans une ère historique numérique désincarnée, et ce que cela signifie lorsque des événements d'expression littéraire et de rencontre humaine naissent et continuent d'exister en tant que données numériques. Nous soutenons que les données deviennent un lieu important de structures affectives et de textures de la pandémie en identifiant certaines des formes génériques clés qui ont émergé grâce aux possibilités des plateformes d'événements pandémiques en ligne, et en théorisant certaines des qualités de la temporalité pandémique et la façon dont elles troublent les tentatives de conceptualisation de cette période en termes d'histoire littéraire.