
L’eau est un nutriment essentiel à la vie sans lequel nous ne pourrions pas survivre plus de huit ou neuf jours. Malgré cette réalité, peu de pays ont développé des recommandations sur la quantité d’eau à consommer quotidiennement. Lorsque ces recommandations sont disponibles, elles sont basées sur des données de consommation recueillies dans les enquêtes nutritionnelles nationales et non sur une base physiologique. En pratique, les méthodologies utilisées pour ces enquêtes peuvent varier notablement, y compris au sein d’un même pays, d’une année sur l’autre. Un carnet de consommation de sept jours spécifique pour les liquides serait une méthode adaptée pour fournir des données plus précises. Sur le plan physiologique, l’équilibre de la balance hydrique est réalisé par l’intermédiaire de mécanismes complexes. L’importance de l’hydratation pour le maintien des performances physiques et cognitives est aujourd’hui bien établie. Cependant, peu de recherches sont faites sur les effets à plus long terme. Très récemment, il a été montré que des apports hydriques adéquats permettraient de réduire le risque de maladie rénale chronique. Des apports hydriques en quantité suffisante peuvent donc avoir un impact significatif sur le bien-être et la santé à long terme.
La consommation d’alcool a des répercussions nutritionnelles et métaboliques inconstantes et souvent méconnues qui dépendent du mode de consommation, de la nature de la boisson et de susceptibilités individuelles. Consommées de façon modérée et régulière, les boissons alcooliques sont des boissons énergétiques qui ont peu d’effets délétères. En revanche, une consommation plus importante expose à des perturbations métaboliques dont l’hypertriglycéridémie, l’hyperuricémie, l’hypoglycémie, et même l’acidose métabolique. Toutefois, dans les conditions habituelles de consommation, les boissons alcooliques ont peu d’impact sur le poids ou sur l’équilibre glycémique dans le diabète, et peuvent même prétendre être un élément de la protection cardio-métabolique.
L’huile d’argan devrait être ajoutée à la liste des huiles végétales qui ont fait leurs preuves dans la prévention nutritionnelle de diverses pathologies chroniques. Extraite de l’arganier, arbre ancestral et endémique du Maroc, l’huile d’argan est préparée à partir de ses fruits. Étant donné sa composition chimique, la nature de ses acides gras et de sa fraction insaponifiable particulière, il est attendu que l’huile d’argan soit dotée d’effets biologiques et nutritionnels puissants améliorant l’état de santé de l’homme. Cette synthèse contribue à souligner l’importance de la consommation de l’huile d’argan dans la prévention des maladies cardiovasculaires. En effet, c’est dans la dernière décennie que les premières études d’intervention nutritionnelle ont mis en évidence l’effet de la consommation de cette huile sur le profil lipidique, le transport du cholestérol, le statut oxydatif, la susceptibilité des LDL à l’oxydation, l’agrégation plaquettaire et le statut inflammatoire chez les patients présentant un risque cardiovasculaire, les dyslipidémiques, les diabétiques et les coronariens. Ainsi toutes les études déjà publiées et en cours de publication montrent et confirment les effets hypolipémiant, antioxydant et antiagrégant de l’huile d’argan chez l’animal, le sujet sain et le patient à risque cardiovasculaire, ce qui prouve l’efficacité de l’huile d’argan dans la prise en charge nutritionnelle des patients dyslipidémiques, diabétiques et coronariens.
Pendant toute la vie et plus particulièrement pendant la grossesse, l’eau constitue le nutriment le plus important en termes de volume nécessaire. Un bon niveau d’hydratation est indispensable pour assurer le bon déroulement de la grossesse et la croissance du foetus. Une déshydratation, même faible, peut impacter sur la forme physique et engendrer diverses morbidités, tels des infections urinaires ou des problèmes de constipation, pouvant eux-mêmes donner des complications maternelles et/ou foetales. Une hydratation adéquate peut permettre de réduire l’incidence des infections urinaires et les risques et la sévérité de la constipation. La grossesse et l’allaitement étant associés à une augmentation des besoins en eau, l’EFSA recommande aux femmes enceintes et aux femmes allaitantes, davantage vulnérables à la déshydratation, d’augmenter leurs apports hydriques respectivement de 300 et 700 mL par jour, en plus de la quantité préconisée, ce qui correspond à près de 2 L et 2,3 L d’eau à boire chaque jour. Enfin, la couleur des urines apparaît être un bon indicateur du niveau d’hydratation, des urines foncées témoignant d’un mauvais niveau d’hydratation, et des urines claires révélant un bon état d’hydratation.
La deshydratation constitue la perturbation hydro-electrolytique la plus frequente chez les sujets âges. Elle est favorisee par des modifications de l’homeostasie liees au vieillissement, la diminution des apports liquidiens, l’augmentation des pertes liquidiennes, et induite par les maladies. L’etat d’hydratation des personnes âgees est par consequent le resultat d’un equilibre fragile qui doit etre soigneusement controle. Le point essentiel est de noter que c’est un symptome qui evolue a bas bruit et n’est souvent decouvert qu’a l’occasion d’une complication. Une attention constante est necessaire, car la deshydratation peut avoir un impact clinique considerable. Il faut la suspecter systematiquement devant toute affection aigue ou chronique susceptible de reduire les apports hydriques ou d’augmenter les pertes. Le diagnostic de deshydratation necessite generalement un traitement medical serieux, alors que sa prevention peut etre assuree par des mesures simples et efficaces, comme la promotion d’un apport hydrique suffisant. La decouverte des aquaporines, dont la premiere decrite a valu le prix Nobel a Peter Agre en 2003, a ouvert un champ de decouverte de nombreux autres sites des transporteurs d’eau et une probabilite de modifier certains aspects de la prise en charge des troubles de l’hydratation des sujets âges.
Lorsque nous pensons aux styles d’alimentation des différents pays méditerranéens, c’est d’abord leur grande diversité qui nous vient à l’esprit. Ces cuisines si différentes présentent pourtant de nombreux dénominateurs communs, forgés au cours des millénaires à la faveur des migrations, invasions, guerres et échanges commerciaux dont l’espace méditerranéen a, depuis très longtemps, été le théâtre. Ce fonds commun est constitué d’aliments emblématiques (parmi lesquels le triptyque « pain, vin et huile d’olive »), de pratiques culinaires partagées, d’une même recherche des plaisirs sensoriels, de l’importance partout accordée au repas et aux valeurs immatérielles dont il est porteur (sociabilité, partage, convivialité, hospitalité...). Cet article s’attache plus particulièrement aux origines et aux dimensions historiques et sociales, culturelles et symboliques de ce patrimoine vivant, hélas en déclin, que constitue la « diète méditerranéenne ».
L’etiquetage nutritionnel constitue une aide au suivi des recommandations dietetiques pour les diabetiques de type 2. La comprehension de cet etiquetage a ete comparee entre les diabetiques et d’autres patients. Les determinants sociodemographiques et dietetiques influencant le niveau de comprehension ont ete analyses. L’enquete cas-temoins s’est deroulee a l’hopital Erasme de Bruxelles dans le service d’endocrinologie : 163 patients (dont 71 diabetiques de type 2) ont repondu au questionnaire auto-administre abordant les donnees sociodemographiques et nutritionnelles ainsi que la comprehension (lecture et comparaison). Entre les deux groupes, le score de comprehension (p <0,001) est en defaveur des diabetiques. Les determinants associes a un plus faible score de comprehension chez les diabetiques sont le sexe, l’âge, le diplome, l’occupation professionnelle, la composition du foyer, le lieu d’habitation, l’indice de masse corporelle et l’attitude envers l’etiquetage nutritionnel. Neanmoins, aucune difference n’a pu etre etablie si les patients beneficient d’une intervention dietetique. Les resultats permettent de dresser le profil sociodemographique et nutritionnel des individus pour lesquels une intervention est prioritaire. Cependant, tous les diabetiques de type 2 devraient etre sensibilises a l’etiquetage nutritionnel dans le cadre de l’education nutritionnelle ou au moyen d’outils de communication adaptes.
Si des facteurs de croissance nécessaires au nourrisson, en particulier l’IGF-1, sont présents dans le lait, leur faible concentration après procédés industriels, et la maturité du système digestif adulte suggèrent une contribution inexistante ou minime de ces facteurs au pool circulant d’IGF-1 chez l’adulte par rapport aux quantités circulantes d’IGF-1 endogène. Cependant, de nombreux facteurs alimentaires, dont le lait, pourraient moduler la synthèse endogène d’IGF-l. Si des associations sont décrites entre concentration sanguine d’IGF-1 et incidence de cancers de la prostate, du sein et colorectal, la littérature met en évidence une absence d’association entre consommation de laitages et risque de cancer du sein, une association inverse pour le cancer colorectal, et une association positive avec le risque de cancer de la prostate. Ces données ne sont pas en faveur d’un rôle majeur des facteurs de croissance dans des relations complexes entre consommation de laitages et risque de cancer.
L’alimentation du sportif repose tout d’abord sur une alimentation quotidienne qui doit prendre en compte les besoins particuliers lies aux seances d’entrainement. Nous commencerons par detailler la ration d’entrainement en presentant les besoins quantitatifs et qualitatifs qu’elle doit couvrir. Il nous semble absolument necessaire, pour un sportif amateur, d’etablir avant tout une bonne hygiene alimentaire et donc de proposer des conseils nutritionnels simples, a l’exclusion de toute aide ergogenique que nous laisserons volontairement hors du champ de notre intervention. Si la ration d’entrainement preconisee est valable pour la plupart des activites pratiquees (sports d’endurance, sports collectifs...), nous envisagerons en revanche quelques specificites de l’alimentation du sportif. La premiere concerne le sportif commencant un entrainement en musculation visant a accroitre sa masse musculaire, optimisee par une dietetique maintenant bien eprouvee au decours de chaque seance, et qui nous semble ainsi le meilleur moyen d’eviter les derives vers l’utilisation abusive, irraisonnee et parfois meme irrationnelle de complements alimentaires en tout genre. Nous terminerons par les particularites de la ration de recuperation dans les epreuves d’endurance a etapes, ou l’apport energetique reste un defi.
Indispensable a la vie, l’eau joue un role capital dans les fonctions metaboliques et cellulaires. Pour un fonctionnement physiologique correct de tous les organes, un approvisionnement constant en eau et en sodium est necessaire. Une diminution du taux de l’eau corporelle totale, induite par hypohydratation, peut conduire a une deshydratation intra- et extracellulaire. La regulation physiologique de cet etat est assuree par des mecanismes gerant la soif et l’appetit en sodium, ainsi que par la fonction renale. Elle veille a ce que le volume plasmatique et l’osmolalite soient maintenus dans certaines limites via la liberation d’hormones intimement impliquees dans la regulation des fluides corporels : l’ADH, la renine, l’angiotensine II et l’aldosterone, qui sont necessaires a l’ingestion et la conservation de l’eau et du sodium dans le corps, permettant au systeme cardiovasculaire de maintenir une pression de perfusion constante pour toutes les cellules et les organes.
Un milliard d’humains souffrent de la faim en raison d’une part d’une pénurie d’aliments créée par l’évolution démographique, l’impact des catastrophes biosphériques et les activités prédatrices des hommes de l’anthropocénose, et d’autre part d’une grande pauvreté limitant l’accès aux aliments de première nécessité pourtant disponibles.
L'alimentation méditerranéenne au zénithSi l'idéal existe, serait-il dans l'alimentation méditerranéenne ?Mais existe-t-elle ?Si elle existe, n'est-elle pas en voie d'extinction, telle une espèce rare ?C ette mise au point se focalise d'abord, avec Éric Birlouez, sur l'analyse de la diversité des modes alimentaires méditerranéens, et ce qui en rend la description difficile.Ces diverses cultures ont néanmoins un point commun qui l'oppose au régime occidental : l'alimentation de terroirs !Les diètes méditerranéennes ont été « locavores » avant que cela ne devienne une mode.Ils sont aussi caractérisés par une abondance de légumes et de fruits, peu de produits animaux, des produits céréaliers, des légumes secs… ; et selon les lieux une certaine frugalité (régime crétois traditionnel…) des pois chiches et du pain non levé (Égypte, Liban), des escargots (Crête), du poisson (Maroc) : ils partagent en tout cas avec les canons de la diététique la diversité et la variété, bases de l'équilibre alimentaire.C'est cette diversité qui est sans doute à l'origine des bénéfices santé considérables de l'alimentation méditerranéenne, tant sur le plan cardiovasculaire, que sur le plan cognitif ou des cancers.C'est toute la mise au point d'une des meilleures expertes dans l'épidémiologie de l'alimentation méditerranéenne Mariette Gerber.Ayant longtemps reposé seulement sur des études d'observation convaincantes mais non formelles, l'épidémiologie du régime méditerranéen repose maintenant également sur des études d'intervention telle que Predimed, publiée en 2013.L'intérêt de cette approche épidémiologique est de s'intéresser à un régime global et non pas à un aliment particulier auquel on ne peut attribuer tous les bénéfices d'une alimentation.Longtemps, l'huile d'olive fut emblématique de cette alimentation même si elle n'en était pas le dénominateur commun.De même son intérêt ne réside sans doute pas tant dans ses acides gras, l'acide oléique, que dans ses polyphénols.Loin de supplanter l'huile d'olive, l'huile d'argan n'en est pas moins un représentant intéressant, bien que de consommation mineure.Ahmed Adlouni, chercheur au Maroc, non seulement y croit mais le démontre avec ses travaux et cette revue de la littérature.L'insaponifiable de cette huile est en effet exceptionnel et rend compte sûrement de la majorité de ses effets dans un grand nombre de fonctions physiologiques.Voici un exemple qui mérite d'être connu.Pourtant l'alimentation méditerranéenne est menacée de disparition, ceci sera largement évoqué dans d'autres exposés des Entretiens de nutrition de l'Institut Pasteur de Lille sous le pudique vocable de « transition alimentaire ».La France étant un pays du pourtour méditerranéen (le nord fut espagnol jusqu'en 1668 !), il est de notre devoir de la défendre, non pas comme une antiquité mais comme un patrimoine universel et vivant.D'autant que sa disparition s'assortit dans tous les pays du Magreb et ailleurs d'une augmentation considérable de la survenue de diabète, d'obésité, de maladies cardiovasculaires : de quoi se motiver pour se battre sur ce front.
Une caractéristique commune des patients atteints de cancer est la perte de masse maigre, en particulier du muscle squelettique, perte qui peut être secondaire à la tumeur ou à la chimiothérapie. La perte de masse maigre a des conséquences défavorables importantes à la fois sur la toxicité du traitement antinéoplasique mais aussi, de fait, sur le pronostic du cancer. En effet, la perte de masse maigre, chez les patients traités par chimiothérapie, est associée à la progression tumorale, et est un facteur prédictif indépendant de toxicité sévère. Les patients se comportent comme si la dose de chimiothérapie était inadaptée, “ surdosée ”, avec des effets secondaires majeurs nécessitant une réduction de dose ou un arrêt de traitement. La perte de masse maigre peut être aggravée ou atténuée par certaines drogues de chimiothérapie. Elle n’est pas proportionnelle à l’évolution du poids corporel et est un facteur pronostique de toxicité aux traitements oncologiques et de moindre survie. Cet article résume les causes potentielles de perte de masse maigre dans la trajectoire du patient atteint de cancer et ses conséquences sur la thérapie.
Depuis une quinzaine d’années, une équipe de chercheurs a pour objectif d’améliorer les outils d’analyse de l’influence des politiques européennes de prévention dans le domaine de l’alcool. Les résultats d’Amphora, le dernier projet européen collaboratif, permettent de vérifier que les politiques de prévention ont eu une influence sur la consommation d’alcool, mais ont eu moins d’influence que certaines évolutions profondes de la société. La bonne compréhension des interactions entre ces évolutions et les politiques de prévention est indispensable. Les autorités sanitaires qui ont à choisir les éléments de leur politique de prévention doivent prendre une certaine distance par rapport aux recommandations internationales construites à partir de synthèses. On constate des divergences importantes d’interprétation de la recherche primaire comme cela a été le cas sur les approches éducatives. Il est en outre souhaitable que chaque pays, notamment la France, puisse conduire un programme national de recherche primaire en prévention adapté à sa culture.
L’indice de masse corporelle ou IMC (poids/taille2) est internationalement reconnu comme le marqueur de référence pour désigner un état de surpoids ou d’obésité. Cette étude montre que la taille annoncée est souvent surestimée, faussant de facto le calcul de l’IMC. S’agissant des enquêtes épidémiologiques réalisées à grande échelle, fondées sur des données déclaratives par téléphone ou sur Internet, l’IMC peut s’avérer doublement impacté avec une taille surestimée et un poids sous-évalué. 1 770 personnes ont participé à cette étude visant à vérifier l’incidence de la taille auto-déclarée sur l’IMC. Il apparaît globalement que celle-ci, tous âges et sexes confondus, est supérieure de 1,9 cm à celle réellement mesurée. La conséquence directe est une sous-estimation de l’IMC d’environ un point laissant à penser que le nombre de personnes en surpoids ou obèses en France devrait être révisé à la hausse. Les auteurs proposent, par ailleurs, d’appliquer un facteur de correction pour redresser ce biais ou encore de corréler l’IMC à l’IGC (indice de graisse corporelle) pour mieux appréhender la composante graisseuse corporelle et obtenir l’IGMC (indice de graisse et de masse corporelles).