
Crisis periods, such as the Covid-19 pandemic, represent major shocks to growth and inflation and are characterised by a high degree of uncertainty. In the face of such events, it is essential to draw on a broad set of indicators to guide monetary policy decisions. Although it is not assigned a key role, the analysis of monetary aggregates and the central bank’s balance sheet is probably the oldest component. This article therefore recalls the definition of monetary aggregates and the main factors influencing their developments. It then provides the main empirical regularities on money and the central bank’s balance sheet. Lastly, it shows that while analysing the relationship between money and its counterparts is not intended to directly guide central banks’ decisions, it does help to make the many different analytical approaches more consistent. Les periodes de crise, telles que celle de la pandemie de la Covid-19, representent des chocs majeurs sur la croissance et l’inflation et se caracterisent par un fort degre d’incertitude. En presence de tels evenements, il est essentiel de s’appuyer sur une large batterie d’indicateurs pour orienter les decisions de politique monetaire. Sans qu’un role preeminent ne lui soit confere, l’analyse des agregats monetaires et du bilan de la banque centrale en est probablement la composante la plus ancienne. Cet article rappelle donc la definition des agregats monetaires et les principaux facteurs qui influencent leur evolution. Il fournit ensuite les principales regularites empiriques sur la monnaie et le bilan de la banque centrale. Il montre enfin que si l’analyse de la relation entre la monnaie et ses contreparties n’a pas vocation a guider directement les decisions des banques centrales, elle facilite en revanche la mise en coherence des multiples angles d’analyse.
After a first decade marked by deterioration in its cost competitiveness relative to Germany in particular, France has fully made up the difference in this loss of competitiveness since 2010. Meanwhile, France’s goods and services export performance stabilised prior to the 2020 pandemic. We used an econometric study to quantify the contribution of price and cost factors as well as other non-price and non-cost factors to changes in France’s export competitiveness compared to Germany, Italy and Spain during this period. Cost competitiveness differences had an unfavourable impact before the great financial crisis. Since 2010, the restored price and cost competitiveness made it possible to make up only a small share of the lost ground relative to other large euro area countries given on-going deterioration in other export performance factors (non-cost competitiveness). Apres une premiere decennie marquee par une degradation de la competitivite cout de la France vis a vis, notamment, de l’Allemagne, cette perte de competitivite a ete integralement effacee depuis 2010. En parallele, la performance a l’exportation de biens et services de la France s’est stabilisee avant la crise sanitaire de 2020. Un travail econometrique permet de quantifier la contribution des facteurs prix et cout, et des autres facteurs hors prix et hors cout, aux evolutions de la competitivite a l’export de la France vis a vis de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne sur cette periode. Les ecarts de competitivite cout ont joue un role defavorable avant la grande crise financiere. Depuis 2010, le retablissement de la competitivite prix et cout n’a permis de regagner qu’une petite partie du terrain perdu par rapport aux autres grands pays de la zone euro etant donne la degradation continue des autres facteurs de la performance exportatrice (competitivite hors cout). Les statistiques officielles sur le marche immobilier fournissent en general des donnees agregees et/ou retardees. En complement, de nombreuses informations granulaires, librement accessibles en temps reel sur les sites d’annonces immobilieres, peuvent etre recuperees grâce a des techniques de web-scraping (recuperation automatisee de donnees sur Internet). En s’appuyant sur l’exemple du Royaume-Uni, cet article illustre l’interet d’une base de donnees quotidiennes, granulaires et disponibles en temps reel, notamment pour l’analyse du comportement des vendeurs. Ainsi, ces donnees confirment, pendant la premiere periode de confinement, un gel de l’activite et un attentisme des vendeurs. L’approche granulaire signale en outre de grands ecarts entre les regions : alors que les prix affiches ont ete stables, voire ont augmente apres le premier confinement dans les regions plus rurales, ils ont enregistre un declin continu a Londres.
Since the outbreak of the Covid-19 crisis in March 2020, outstanding bank loans to enterprises have surged: between end-February and end-June 2020, they rose by EUR 101 billion. This upswing can be attributed first and foremost to substantial drawing on existing credit lines as of March 2020 by mid-tier enterprises and large corporations. The second largest contributing factor has been the use of the state-guaranteed loan (SGL) scheme, primarily by small and medium-sized enterprises (SMEs). Since July 2020, the volume of SGLs appears to have stabilised: between June and July 2020, it increased by “just” EUR 10 billion, after rising by EUR 19 billion between May and June, and by EUR 45 billion between April and May. The introduction of the SGL scheme has prompted a decline in interest rates on loans to enterprises. Depuis le debut de la crise de la Covid-19 en mars 2020, les encours de credits bancaires aux entreprises ont fortement augmente : + 101 milliards d’euros entre fin fevrier et fin juin 2020. Cette hausse s’explique tout d’abord par un tirage important des entreprises de taille intermediaire et des grandes entreprises sur leurs lignes de credit des le mois de mars 2020, puis, dans un second temps, par un recours au dispositif de prets garantis par l’Etat (PGE), majoritairement souscrits par les petites et moyennes entreprises (PME). A partir de juillet 2020, le volume des PGE semble se stabiliser : hausse de « seulement » + 10 milliards d’euros entre juin et juillet, apres + 19 milliards entre mai et juin et + 45 milliards entre avril et mai. La mise en place des PGE a donne lieu a une baisse du taux d’interet des credits aux entreprises.
Economic research – This article studies the impact of the negative funding shocks of 2008 and 2011 on the investment of large French groups. We compare companies rolling over their maturing debt in times of crisis with those which did not have to do so. After isolating the effects related to the business cycle and to firms’ characteristics, it appears that the 2008 financial crisis reduced firms’ investment rate by about four percentage points. The sovereign debt crisis of 2011, for its part, does not appear to have affected the average firm. This is partly because of the beneficial effect of the non standard monetary policy measures of 2012 aimed at restoring the bank lending channel. In the context of the current crisis, which is of a different nature, the credit channel plays an important role in supporting economic activity: this is the purpose of the emergency measures recently taken by the ECB and, in France, by the government. Cet article etudie l’impact des chocs de financement negatifs sur l’investissement des grands groupes francais en 2008 et en 2011. Les entreprises renouvelant leur dette arrivee a echeance en periode de crise sont comparees a celles qui n’ont pas eu a le faire. Apres avoir isole les effets lies a la conjoncture et aux caracteristiques des entreprises, il apparait que la crise financiere de 2008 aurait fait baisser le taux d’investissement des entreprises d’environ 4 points de pourcentage. La crise des dettes souveraines de 2011, en revanche, ne semble pas avoir affecte l’entreprise moyenne, pour partie en raison de l’effet benefique des mesures de politique monetaire non conventionnelles de 2012, destinees a restaurer le canal des prets bancaires. Dans le cadre de la crise actuelle, de nature differente, le canal du credit joue un role important pour soutenir l’activite economique : c’est le sens des mesures d’urgence prises recemment par la BCE et, en France, par le gouvernement.
The lockdown measures put in place to contain the spread of the Covid-19 pandemic not only have a direct impact on the economies of the countries concerned, but also spillover to the rest of the world via value chains and external demand. A short-term analysis suggests that these international spillovers have a significant impact on France, albeit less strong than the internal shock caused by the lockdown. France is more exposed to lockdown shocks from the rest of the European Union and relatively less exposed to shocks from China. The most adverse situation for France would be that it suffer a supply shock (a fall in productivity caused by the health measures, or second wave) while the rest of the world emerges from the crisis, leading to a decline in France’s competitiveness. Les mesures de confinement mises en place pour lutter contre la pandemie de Covid-19 ont non seulement un impact direct sur l’economie des pays concernes, mais elles ont aussi des repercussions internationales via les chaines de valeur et la demande exterieure. Une analyse de court terme suggere que ces repercussions internationales ont un effet significatif sur la France, bien que de second ordre par rapport au choc interne provoque par le confinement. La France est plus exposee aux chocs de confinement provenant du reste de l’Union europeenne et relativement moins exposee aux chocs provenant de Chine. La situation la plus defavorable pour la France serait qu’elle subisse un choc d’offre (baisse de la productivite liee aux mesures sanitaires, ou deuxieme vague) tandis que le reste du monde serait sorti de la crise, ce qui entrainerait un recul de la competitivite.
The lockdown measures put in place to contain the spread of the Covid-19 pandemic not only have a direct impact on the economies of the countries concerned, but also spillover to the rest of the world via value chains and external demand. A short-term analysis suggests that these international spillovers have a significant impact on France, albeit less strong than the internal shock caused by the lockdown. France is more exposed to lockdown shocks from the rest of the European Union and relatively less exposed to shocks from China. The most adverse situation for France would be that it suffer a supply shock (a fall in productivity caused by the health measures, or second wave) while the rest of the world emerges from the crisis, leading to a decline in France’s competitiveness. Les mesures de confinement mises en place pour lutter contre la pandemie de Covid-19 ont non seulement un impact direct sur l’economie des pays concernes, mais elles ont aussi des repercussions internationales via les chaines de valeur et la demande exterieure. Une analyse de court terme suggere que ces repercussions internationales ont un effet significatif sur la France, bien que de second ordre par rapport au choc interne provoque par le confinement. La France est plus exposee aux chocs de confinement provenant du reste de l’Union europeenne et relativement moins exposee aux chocs provenant de Chine. La situation la plus defavorable pour la France serait qu’elle subisse un choc d’offre (baisse de la productivite liee aux mesures sanitaires, ou deuxieme vague) tandis que le reste du monde serait sorti de la crise, ce qui entrainerait un recul de la competitivite.
The onset of persistently low interest rates in the euro area during the decade 2008 2019 impacted the accounts of financial intermediaries, as monetary policy measures supported demand for credit and led to an increase in the size of the balance sheets of both commercial banks and the Banque de France. The increase in the volume of loans did not, however, offset the fall in interest rates; the result of these two opposing developments was to squeeze intermediation margins. Banking intermediation has therefore become less profitable, and the banking sector now creates less value added. However, the contraction in intermediation margins was not reflected in the banking sector’s net income, which was stable over the period 2015 2019, due in particular to the effects of the fall in provisions and the appreciation of assets – with highly accommodative monetary policy as a contributing factor. L’entree de la zone euro en regime de taux d’interet durablement bas au cours de la decennie 2008-2019 a affecte les comptes des intermediaires financiers. En effet, les mesures de politique monetaire ont soutenu la demande de credit et se sont traduites par une augmentation de la taille de bilan, aussi bien des banques commerciales que de la Banque de France. L’augmentation du volume des credits ne compense toutefois pas la baisse des taux d’interet, ces deux evolutions en sens inverse conduisant a une compression des marges. L’intermediation bancaire est ainsi devenue moins remuneratrice et le secteur bancaire cree moins de valeur ajoutee aujourd’hui. Mais le tassement des marges d’intermediation ne s’est pas reflete dans le resultat net comptable du secteur bancaire, stable sur la periode 2015-2019, en raison notamment des effets de la baisse des provisions et de la revalorisation des actifs a laquelle a contribue la politique monetaire tres accommodante.
A bold creation and the first international financial institution, the Bank for International Settlements (BIS) was originally responsible for settling financial disputes arising from World War I. It managed to survive its outdated initial mission, thereby providing a number of lessons for the international financial community. Through far-reaching changes in its missions as well as its governance and shareholding structure, it has adapted to the world’s economic, financial, technological and geopolitical developments, and today occupies an important and unique place in the international financial architecture, alongside political authorities. On the occasion of its 90th anniversary, it is interesting to look back over its history, which reflects world economic history, and the issues and challenges it faces today, from the economic response to the Covid-19 pandemic to the development of public policies addressing the major climate, technological, digital, monetary and financial issues of tomorrow’s world. Creation audacieuse et premiere institution financiere internationale, chargee a l’origine du reglement des contentieux financiers issus de la Premiere Guerre mondiale, la BRI a survecu a l’obsolescence de sa mission initiale, ce qui est source d’enseignements. Par des evolutions profondes de ses missions comme de sa gouvernance et de son actionnariat, elle s’est adaptee aux mutations economiques, financieres, technologiques, geopolitiques du monde, pour occuper aujourd’hui dans l’architecture financiere internationale une place importante, mais singuliere pour la communaute internationale, en marge des organes politiques. A l’occasion de ses 90 ans, il est interessant de revenir sur son histoire, reflet de l’histoire economique mondiale, et sur les enjeux et defis auxquels elle est aujourd’hui confrontee, de la reponse economique a la pandemie de Covid 19 a l’elaboration de politiques publiques adaptees aux principaux enjeux climatiques, technologiques, numeriques, monetaires et financiers du monde de demain.
The payment delays granted by suppliers to their customers expose the former to cash flow disruptions, which are aggravated in the event of late payments and may put them in financial difficulty. However, estimating companies’ probability of default using a bankruptcy prediction model shows that the effects of late customer payments are relatively limited. Indeed, while the existence of late customer payments raises a company’s probability of default by 25%, and by 40% if payments are over one month late, deteriorated financial structures increase it by at least a factor of four. Finally, only 8 out of 100 failing companies are potentially exposed to this risk, three-quarters of which owing to late payments over 30 days. Nevertheless, when payments are made increasingly late, all types of companies are affected, regardless of their size, age or financial situation. Les delais de paiement accordes a leurs clients exposent les fournisseurs a des problemes de tresorerie, aggraves en cas de retards de paiement et susceptibles de les mettre financierement en difficulte. Pour autant, l’estimation de la probabilite de defaillance d’une entreprise a partir d’un modele de score montre que les effets de retards de paiement de ses clients restent relativement circonscrits. En effet, si l’existence de retards clients augmente la probabilite de defaillance d’une entreprise de 25%, et de 40% si les retards excedent un mois, des structures financieres degradees la multiplient au minimum par 4. On estime finalement que seules 8 entreprises defaillantes sur 100 sont potentiellement exposees a ce risque, dont les trois quarts a cause de retards superieurs a 30 jours. Neanmoins, si les retards prennent de l’ampleur, tous les types d’entreprises sont concernes, quelles que soient leur taille, leur anciennete ou leur situation financiere.
The systemic risk buffer (SRB) is an additional capital requirement for the banking sector that aims at preventing or mitigating the non-cyclical dimension of risk. Indeed, systemic risks can magnify the impact of financial distress or of an external shock to the economy. They depend on the structural characteristics of the banking sector, in particular its size, degree of concentration and importance for the financing of the economy. They also result from the strength of interconnections between financial institutions and the associated risk of financial contagion. Fourteen countries have activated a SRB since its introduction into European legislation in 2014. As of today, the level of structural systemic risk does not require the implementation of a SRB in France. Le coussin pour le risque systemique (systemic risk buffer, SRB) constitue une exigence de fonds propres supplementaire a respecter pour le secteur bancaire qui vise a prevenir ou attenuer la dimension non cyclique du risque. En effet, les risques systemiques peuvent amplifier l’impact de difficultes financieres ou d’un choc externe sur l’economie. Ils dependent des caracteristiques structurelles du secteur bancaire, notamment de sa taille, de son degre de concentration et de sa part dans le financement de l’economie. Ils resultent egalement du degre d’interconnexion entre les etablissements financiers et du risque de contagion financiere associe. Quatorze pays ont mis en place ce SRB, depuis son introduction dans la legislation europeenne en 2014. A ce jour, le niveau du risque systemique structurel ne necessite pas la mise en œuvre d’un SRB en France.
The article presents an assessment of French CO2 emissions linked to the production and distribution of imported and exported goods and services. It shows that France consumes more CO2 than it produces, resulting in a balance of trade deficit of 122 million tonnes. This situation is due in particular to (i) a trade balance deficit in monetary value terms, (ii) CO2 efficient production due to France’s energy mix, and (iii) the sectoral structure of trade flows (with exports measured in value added mainly originating from services, which are low-polluting) and integration in global value chains. Thus, almost half of the CO2 embodied in French exports is emitted abroad, mainly in China and Germany.L’article presente un bilan des emissions francaises de CO2 liees a la production et commercialisation des biens et services exportes ou importes. Il en ressort que la France consomme plus de CO2 qu’elle n’en produit, ce qui se traduit par une balance commerciale deficitaire a hauteur de 122 millions de tonnes. Cette situation s’explique notamment par i) un solde commercial deficitaire en valeur monetaire, ii) une production nationale econome en CO2 en raison du parc energetique, et iii) la composition sectorielle des echanges (avec des exportations en valeur ajoutee majoritairement issues des services, peu polluants) et l’integration dans les chaines de valeur mondiales. Ainsi, pres de la moitie du CO2 dans les exportations francaises est emis a l’etranger, principalement en Chine et en Allemagne.
Trade and financial globalisation, as well as the economic and health crises that have marked the international monetary system over the past decade, are leading us to re-examine the cost-benefit balance of the internationalisation of the euro. Developing the international role of the euro would result in a rebalancing of the international monetary system in favour of the euro, with potentially beneficial effects in terms of financial and macroeconomic stability. This article looks at the reasons for promoting the international role of the euro, but also the associated risk factors. While the balance remains neutral for European monetary policy, enhancing the international role of the euro would nevertheless shield the euro area from global fluctuations. Above all, policies that contribute to strengthening the international role of the euro, in particular the promotion of the capital markets union and green bonds, would also enhance the euro area’s resilience and long-term growth. La mondialisation commerciale et financiere, ainsi que les crises economiques et sanitaires qui ont marque le systeme monetaire international au cours de la derniere decennie, conduisent a reexaminer le bilan couts avantages de l’internationalisation de l’euro. Developper le role international de l’euro se traduirait par un reequilibrage du systeme monetaire international en faveur de l’euro, avec des effets potentiellement benefiques en termes de stabilite financiere et macroeconomique. Cet article revient sur les raisons qui ameneraient a promouvoir le role international de l’euro, mais aussi sur les facteurs de risque associes. Si le bilan reste neutre pour la politique monetaire europeenne, accroitre le role international de l’euro protegerait neanmoins la zone euro des fluctuations mondiales. Surtout, les politiques qui favoriseraient le renforcement du role international de l’euro, en particulier la promotion de l’union des marches de capitaux et des obligations vertes, conforteraient egalement la resilience et la croissance de long terme de la zone euro.
In 2019, capital operating times (COT) were up by 1.6%, a comparable increase to that of 2018 (+1.9%) reflecting the adjustments made by businesses to maintain or increase their activity. However, more than 50% of them reported being confronted with a lack of skilled labour. Recruitment difficulties contributed to limiting the activity of nearly half of the companies surveyed. They concerned a small proportion of staff and key positions, with the constraint varying greatly according to the type of position, the company size and the sector of activity. The Covid-19 health crisis is expected to have a lasting downward impact on capital operating times, with the effects of the reduction in activity outweighting the need to reorganise the production process. Subsequently, future challenges should involve the reorganisation of production, possible bottlenecks in raw materials or supplies. En 2019, la duree d’utilisation des equipements (DUE) a augmente de 1,6 %, une hausse comparable a celle de 2018 (+ 1,9 %) traduisant les ajustements effectues par les entreprises pour maintenir ou accroitre leur activite. Mais plus de 50 % d’entre elles declaraient etre confrontees au manque de main d’oeuvre qualifiee. Les difficultes de recrutement contribuaient a limiter l’activite de pres de la moitie des entreprises interrogees. Elles se concentraient sur une part reduite du personnel et sur des postes cles, la contrainte variant grandement selon le type de poste, la taille de l’entreprise et le secteur d’activite. La crise sanitaire liee au Covid 19 devrait affecter durablement a la baisse la DUE, les effets de la reduction de l’activite l’emportant sur le besoin de reorganiser le processus de production. Par la suite, les futurs enjeux devraient davantage porter sur l’organisation de la production, les eventuels goulots d’etranglement sur les matieres premieres ou les approvisionnements.
Depuis 2012, la Banque de France fait realiser un sondage sur les Francais et l’economie qui est presente a l’occasion des Journees de l’economie de Lyon. Le sondage 2019 portait sur plusieurs sujets, certains recurrents comme l’interet des Francais pour l’economie, d’autres plus d’actualite comme les reformes economiques en France, l’impact des nouvelles technologies sur l’emploi et les defis induits par le changement climatique. Cette enquete met principalement en evidence le besoin de renforcer les actions de pedagogie economique — afin de reduire les inegalites traditionnelles liees aux niveaux de revenu, de diplome et de position dans la societe — et la necessite d’accroitre l’information et la communication de facon a eclairer les debats economiques. Pour la Banque de France, c’est aussi une motivation supplementaire pour developper ses differents programmes d’education financiere, mais egalement pour faire connaitre d’autres actions societales, par exemple en faveur du verdissement du secteur financier.
Dans un contexte de chute des marches boursiers au quatrieme trimestre 2018, la valeur des placements des assureurs francais se maintient a 2601 milliards d’euros en valeur de marche, en legere baisse de 1% fin 2018 avant un rebond de 3,3% au premier trimestre 2019. Les assureurs francais ont conserve une strategie d’allocation de leurs actifs stable entre 2017 et 2018. Ils investissent de facon preponderante en France ou dans la zone euro, et prioritairement dans des titres de taux (obligations souveraines ou du secteur financier). Dans un contexte de baisse des taux d’interet, le portefeuille obligataire pese sur la rentabilite de leurs placements. En particulier, l’arrivee a echeance des obligations a taux de coupon eleve diminue la performance du portefeuille d’actifs. En consequence, les assureurs poursuivent des strategies de diversification pour une part limitee de leurs placements (347 milliards d’euros).
The Covid-19 crisis is not only a shock to public health, it has also triggered major and brutal upheavals on an economic and social level. To supplement the standard measures for tracking the economy, based on monthly or quarterly monetary, financial and business-related statistics, economists have turned to alternative indicators derived from so-called “open” data (pollution, electricity consumption, Google Trends, Twitter). This additional information has made it possible to evaluate levels of household confidence, and to measure new behaviours as well as the economic impact of the shock, especially where official data were not available. As part of its tracking of the Covid-19 crisis and notably the lockdown, the Banque de France has designed a series of dashboards incorporating indicators derived from open data. This article describes the main ones used. La crise de la Covid 19 constitue non seulement un choc sanitaire mais aussi une rupture economique et sociale majeure et brutale. Les mesures usuelles de suivi economique, fondees sur les statistiques monetaires, financieres et d’entreprises, trimestrielles ou mensuelles, ont pu etre completees par des indicateurs alternatifs issus de donnees dites « ouvertes » (pollution, consommation d’electricite, Google Trends, Twitter). Cet apport a permis d’evaluer la confiance des menages, ainsi que de mesurer leurs comportements nouveaux et l’impact economique du choc, notamment lorsque les donnees officielles n’etaient pas disponibles. Dans le cadre du suivi de la crise de la Covid 19, et notamment du confinement, la Banque de France a concu des tableaux de bord reguliers qui rassemblent les indicateurs issus des donnees ouvertes. Cet article propose d’en presenter les principaux.
Economic research – How, by combining quantitative and qualitative information, do central bank credit ratings influence the supply of bank loans to businesses? This article attempts to answer this question by analysing the effects of a 2004 reform of the Banque de France’s rating scale. Thanks to a more accurate position on this scale, some firms benefited from an upgrading of their credit rating relative to other firms whose rating remained unchanged. By providing the banking sector with the information contained in the credit rating, this reform has allowed these firms to enjoy greater and cheaper access to bank credit. Comment, en combinant informations quantitatives et qualitatives, les cotes de credit attribuees par une banque centrale influencent-elles l’offre de credit bancaire aux entreprises? Cet article tente de repondre a cette question en analysant les effets d’une reforme intervenue en 2004 portant sur l’echelle de cotation de la Banque de France. En etant positionnees de maniere plus precise dans cette echelle, certaines entreprises ont beneficie d’une revalorisation apparente de leur cote de credit par rapport a d’autres entreprises dont la cotation restait inchangee. En diffusant au secteur bancaire l’information contenue dans la cote de credit, cette reforme a permis a ces entreprises de profiter d’un acces plus large et moins cher au credit bancaire.
The Covid-19 crisis is not only a shock to public health, it has also triggered major and brutal upheavals on an economic and social level. To supplement the standard measures for tracking the economy, based on monthly or quarterly monetary, financial and business-related statistics, economists have turned to alternative indicators derived from so-called “open” data (pollution, electricity consumption, Google Trends, Twitter). This additional information has made it possible to evaluate levels of household confidence, and to measure new behaviours as well as the economic impact of the shock, especially where official data were not available. As part of its tracking of the Covid-19 crisis and notably the lockdown, the Banque de France has designed a series of dashboards incorporating indicators derived from open data. This article describes the main ones used. La crise de la Covid 19 constitue non seulement un choc sanitaire mais aussi une rupture economique et sociale majeure et brutale. Les mesures usuelles de suivi economique, fondees sur les statistiques monetaires, financieres et d’entreprises, trimestrielles ou mensuelles, ont pu etre completees par des indicateurs alternatifs issus de donnees dites « ouvertes » (pollution, consommation d’electricite, Google Trends, Twitter). Cet apport a permis d’evaluer la confiance des menages, ainsi que de mesurer leurs comportements nouveaux et l’impact economique du choc, notamment lorsque les donnees officielles n’etaient pas disponibles. Dans le cadre du suivi de la crise de la Covid 19, et notamment du confinement, la Banque de France a concu des tableaux de bord reguliers qui rassemblent les indicateurs issus des donnees ouvertes. Cet article propose d’en presenter les principaux.
Economic research – How did European companies react to the demand shock during the European sovereign debt crisis? This article attempts to answer this question using two recent studies based on company survey data from 25 European Union countries over the 2010-13 period. The main results of these studies are that firms face downward nominal base wage rigidities, which increase lay-offs when firms have to adjust to a negative demand shock. Moreover, firms preferably use non-base wage components whenever possible, which highlights their role as a shock absorber during this period. The lockdown adopted in almost all European countries due to the Covid-19 pandemic triggered both a demand shock and a supply shock. Consequently, the relationship between employment and wages may be different to what we observed in 2013 for a demand shock. De quelle facon les entreprises europeennes ont-elles reagi au choc de demande lors de la crise europeenne de la dette souveraine ? C’est la question a laquelle le present article tente de repondre, en s’appuyant sur deux etudes recentes utilisant une enquete menee aupres d’entreprises de 25 pays de l’Union europeenne et portant sur la periode 2010-2013. Il ressort principalement de ces etudes que les entreprises sont confrontees a des rigidites a la baisse des salaires de base nominaux, avec pour corollaire une augmentation des licenciements lors d’un choc de demande negatif. En outre, les entreprises preferent generalement adapter les composantes variables des salaires lorsque cela est possible, ce qui confere a celles-ci le role d’amortisseur pendant cette periode. Le confinement instaure dans quasiment tous les pays europeens face a la pandemie de Covid-19 a provoque simultanement un choc de demande et un choc d’offre. En consequence, la relation entre l’emploi et les salaires pourrait etre differente de celle observee en 2013 en presence d’un seul choc de demande.
Economic research – This article studies the impact of the negative funding shocks of 2008 and 2011 on the investment of large French groups. We compare companies rolling over their maturing debt in times of crisis with those which did not have to do so. After isolating the effects related to the business cycle and to firms’ characteristics, it appears that the 2008 financial crisis reduced firms’ investment rate by about four percentage points. The sovereign debt crisis of 2011, for its part, does not appear to have affected the average firm. This is partly because of the beneficial effect of the non standard monetary policy measures of 2012 aimed at restoring the bank lending channel. In the context of the current crisis, which is of a different nature, the credit channel plays an important role in supporting economic activity: this is the purpose of the emergency measures recently taken by the ECB and, in France, by the government. Cet article etudie l’impact des chocs de financement negatifs sur l’investissement des grands groupes francais en 2008 et en 2011. Les entreprises renouvelant leur dette arrivee a echeance en periode de crise sont comparees a celles qui n’ont pas eu a le faire. Apres avoir isole les effets lies a la conjoncture et aux caracteristiques des entreprises, il apparait que la crise financiere de 2008 aurait fait baisser le taux d’investissement des entreprises d’environ 4 points de pourcentage. La crise des dettes souveraines de 2011, en revanche, ne semble pas avoir affecte l’entreprise moyenne, pour partie en raison de l’effet benefique des mesures de politique monetaire non conventionnelles de 2012, destinees a restaurer le canal des prets bancaires. Dans le cadre de la crise actuelle, de nature differente, le canal du credit joue un role important pour soutenir l’activite economique : c’est le sens des mesures d’urgence prises recemment par la BCE et, en France, par le gouvernement.