
Plusieurs auteurs ont déjà démontré que la tradition orale était une source de normativité en contexte autochtone. D’autres ont aussi montré que de telles normes peuvent être déliées de la représentation d’un texte écrit et que les formes (orale ou écrite) que prend le constitutionnalisme autochtone varient en fonction des contextes et des communautés. Notre article répondra aux questions suivantes : en quoi, et comment l’écriture d’une constitution peut être soutenue par les éléments de la tradition orale ? En le faisant, quels apports et quels défis se présentent ? Nous répondrons à ces questions sur la base de perspectives de membres de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh rencontrées dans le cadre d’un projet de recherche partenarial intitulé Tan tshe eishi nashekanitsh ka ui pukuhutishunanuatsh Pekuakamiulnuatsh – Vers une constitution des Pekuakamiulnuatsh , qui s’est déroulé entre 2021 et 2023 en collaboration avec la Direction soutien à la gouvernance de Pekuakamiulnuatsh Takuhikan.
L’importance à accorder aux récits et à l’oralité ou le « storytelling » est encouragée dans les études autochtones. Elles nous invitent à en faire l’usage dans les méthodologies de recherche, mais aussi pour l’inspiration de nos cadres théoriques. La chercheuse et écrivaine membre de la nation Stó:lō, Lee Maracle écrivait justement en 1992 que les récits forment les théories, sous forme oratoire, brouillant les rapports de pouvoir entre les Autochtones et les méthodologies de recherche universitaire. Inspirée par cette idée, pour cet article, j’ai pensé célébrer la créativité et la sagesse de Joséphine Bacon en prenant comme motif – cadre conceptuel – un de ses poèmes pour interpréter des oeuvres de femmes autochtones. L’idée est d’explorer leurs modalités d’affirmation de la souveraineté des femmes autochtones en art visuel en adoptant une méthode d’analyse issue des épistémologies autochtones, c’est-à-dire la poésie de Joséphine. J’explore donc la manière d’appliquer la proposition de Maracle, à partir d’oeuvres explorées dans ma thèse de doctorat. Je présente d’abord mon processus de réflexion ancré, plus en détails. Puis, j’explique comment je conçois mon cadre d’interprétation. Enfin, j’explore deux oeuvres numériques et médiatiques et démontre comment la langue et les créations des artistes font écho à la poésie de Joséphine Bacon. Comme ses écrits, ces oeuvres sont des marqueurs poétiques et politiques de la souveraineté autochtone.
Le développement de la gestion faunique au Québec au courant des derniers siècles a contribué à la dépossession des territoires des peuples autochtones. Il existe cependant aujourd’hui un outil législatif au Québec dont l’objectif explicite est de contribuer à un accès plus équitable aux ressources fauniques pour les Autochtones. Depuis 1995, la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (LCMVF) prévoit que des ententes peuvent être signées, entre le gouvernement du Québec et des communautés autochtones, afin d’arrimer les activités de chasse, de pêche et de piégeage à des fins rituelles, alimentaires ou sociales de leurs membres avec la législation québécoise. Le présent article a pour objectif de proposer une plongée critique au coeur de ces ententes afin de comprendre dans quelle mesure elles peuvent, ou non, contribuer à l’amélioration de la cohabitation territoriale entre le Québec et les peuples autochtones.
L’émergence des littératures écrites par les Premières Nations au Québec est relativement récente, alors que ces dernières se sont affirmées comme un champ littéraire à part entière au xxie siècle. L’oeuvre de Joséphine Bacon, qui possède une rare profondeur, se situe au coeur de ce phénomène contemporain et elle en est le phare. Si le silence fait partie de l’imaginaire du Nord, auquel contribue la littérature innue, il parcourt intégralement l’oeuvre de Joséphine Bacon, à tel point qu’on peut le considérer comme « constitutif » de celle-ci. Il peut s’agir du langage du silence, du silence imposé, du silence brisé pour ouvrir la voie à la parole comme acte de résistance et de transmission, ou du silence qui s’allie, dans la toundra, à la parole, au son du tambour et aux voix des anciens. L’objectif de cet article est de comprendre le rôle et les fonctions du silence (et, inversement, de la prise de parole et de la valorisation de pratiques sacrées) dans la poésie de Joséphine Bacon.
À partir de plusieurs expériences d’organisation d’ateliers intergénérationnels de transmission des savoirs chez les Ibaloi du haut Loacan, une région située dans la cordillère centrale des Philippines, cet article défend la démarche anthropologique comme une exotopie et la position de l’anthropologue comme une sorte de maïeute. Il montre la réception très positive des Ibaloi à ces activités, qui ont eu lieu entre 2012 et 2023, dans un contexte où ces savoirs connaissent d’importantes transformations. L’article souligne aussi comment, dans le cadre de ces activités qui impliquent des aînés et des jeunes, et qui mettent en scène des récits et des pratiques rituelles, les savoirs anthropologiques se transmettent aux participants et aux interprètes, véritables médiateurs.
L’importance à accorder aux récits et à l’oralité ou le « storytelling » est encouragée dans les études autochtones. Elles nous invitent à en faire l’usage dans les méthodologies de recherche, mais aussi pour l’inspiration de nos cadres théoriques. La chercheuse et écrivaine membre de la nation Stó:lō, Lee Maracle écrivait justement en 1992 que les récits forment les théories, sous forme oratoire, brouillant les rapports de pouvoir entre les Autochtones et les méthodologies de recherche universitaire. Inspirée par cette idée, pour cet article, j’ai pensé célébrer la créativité et la sagesse de Joséphine Bacon en prenant comme motif – cadre conceptuel – un de ses poèmes pour interpréter des oeuvres de femmes autochtones. L’idée est d’explorer leurs modalités d’affirmation de la souveraineté des femmes autochtones en art visuel en adoptant une méthode d’analyse issue des épistémologies autochtones, c’est-à-dire la poésie de Joséphine. J’explore donc la manière d’appliquer la proposition de Maracle, à partir d’oeuvres explorées dans ma thèse de doctorat. Je présente d’abord mon processus de réflexion ancré, plus en détails. Puis, j’explique comment je conçois mon cadre d’interprétation. Enfin, j’explore deux oeuvres numériques et médiatiques et démontre comment la langue et les créations des artistes font écho à la poésie de Joséphine Bacon. Comme ses écrits, ces oeuvres sont des marqueurs poétiques et politiques de la souveraineté autochtone.
Plusieurs auteurs ont déjà démontré que la tradition orale était une source de normativité en contexte autochtone. D’autres ont aussi montré que de telles normes peuvent être déliées de la représentation d’un texte écrit et que les formes (orale ou écrite) que prend le constitutionnalisme autochtone varient en fonction des contextes et des communautés. Notre article répondra aux questions suivantes : en quoi, et comment l’écriture d’une constitution peut être soutenue par les éléments de la tradition orale ? En le faisant, quels apports et quels défis se présentent ? Nous répondrons à ces questions sur la base de perspectives de membres de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh rencontrées dans le cadre d’un projet de recherche partenarial intitulé Tan tshe eishi nashekanitsh ka ui pukuhutishunanuatsh Pekuakamiulnuatsh – Vers une constitution des Pekuakamiulnuatsh, qui s’est déroulé entre 2021 et 2023 en collaboration avec la Direction soutien à la gouvernance de Pekuakamiulnuatsh Takuhikan.
À l’instar de plusieurs aînés de la nation innue, Joséphine Bacon souligne dans son tout premier recueil en carrière que « Nous sommes un peuple de tradition orale. Aujourd’hui, nous connaissons l’écriture. » À la lumière de recherches dans les archives et dans la tradition orale innue, force est de constater qu’il s’agit d’un « aujourd’hui » fort ancien. Cet article, offert en hommage à l’oeuvre et à la carrière de la poète Joséphine Bacon, retrace l’histoire de l’adoption de l’écriture par les Innus de la Côte-Nord depuis leurs tout premiers contacts avec les Européens. Le point de départ de cette enquête est la leçon d’écriture que Kanikuen, aîné d’Unamen Shipu, a offert à l’auteur en lui faisant la démonstration d’une écriture innue méconnue des non autochtones et qui témoigne de l’inventivité des Innus dans leur adaptation de la pratique de l’écriture.