
Objectifs : cette recherche visait à déterminer la prévalence du portage de l’ADN du virus de l’hépatite B (VHB) chez des patients symptomatiques consultant à l’Hôpital Régional de Mamou. Méthodes : Cette étude prospective transversale a été réalisée de septembre 2022 à juin 2023. Au total, 369 prélèvements (174 hommes, 195 femmes, âgés de 5 à 80 ans) ont été analysés par PCR en temps réel. Les données ont été traitées avec Minitab 18.0 et les associations statistiques explorées à l’aide du test du Chi² de Pearson (p < 0,05). Résultats : La prévalence globale observée est de 14,36 %. Les jeunes de 16–25 ans sont les plus touchés (5,96 %), suivis des 26–45 ans (4,34 %). La commune urbaine présente une prévalence de 13,82 %. Sur le plan socioprofessionnel, les ménagères (6,77 %) et les fonctionnaires (2,71 %) sont les plus affectés. Les principaux facteurs de risque identifiés sont les partenaires sexuels séropositifs du VHB (7,04 %) et les enfants nés de mères porteuses (4,33 %). Cliniquement, la fièvre avec céphalées domine (n = 345), suivie des nausées/vomissements (n = 137) et de l’anorexie (n = 105). L’ictère (n = 24) et les douleurs musculaires/articulaires (n = 38) sont également observés. Une corrélation est suggérée entre certains symptômes et la présence de l’ADN viral. Conclusion : Ces résultats soulignent l’importance de renforcer la sensibilisation, l’accès à la vaccination, le dépistage ciblé des jeunes et des populations vulnérables, ainsi que l’analyse des disparités socioprofessionnelles pour réduire la transmission du VHB.
Introduction : La lutte contre le VIH reste un défi majeur en Afrique de l’Ouest, particulièrement chez les populations clés telles que les travailleuses du sexe (TS) et les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH). Le dépistage ciblé et l’initiation rapide au traitement antirétroviral (ARV) sont essentiels pour réduire la transmission. Méthodes : Étude transversale descriptive menée en 2023 dans six maisons closes de la zone Office du Niger, Ségou, Mali. Les activités comprenaient sensibilisation, dépistage du VIH, initiation sous ARV et distribution de préservatifs et gels lubrifiants. Résultats : Sur 3 320 personnes sensibilisées, 3 024 (91,3 %) ont accepté le dépistage. La prévalence globale du VIH était de 1,2 % (40 cas). Parmi les personnes séropositives, 33 (82,5 %) ont été immédiatement initiées sous ARV. Les TS clandestines ont montré un taux d’acceptation de 94 % et une initiation de 89,4 %, tandis que les HSH ont présenté 89 % d’adhésion au dépistage. Les activités de prévention ont inclus la distribution de 57 946 préservatifs et 61 680 sachets de gel lubrifiant, avec des séances de sensibilisation sur l’usage correct des préservatifs et la prévention combinée. Conclusion : Le dépistage ciblé dans les maisons closes, associé à des interventions de prévention, permet d’atteindre efficacement les populations clés et d’améliorer l’initiation au traitement. Ces résultats soutiennent le développement de stratégies adaptées aux contextes locaux et l’intégration de la santé numérique et communautaire.
Introduction : les infections du tractus génital féminin constituent un problème majeur de santé publique, en raison de leur fréquence, de leur impact sur la qualité de vie et de leurs complications potentielles. L’objectif est de déterminer le profil de résistance des bactéries responsables infections du tractus génital féminin. Méthodologie : il s’agit d’une étude rétrospective, descriptif, couvrant une période de six (06) ans, allant du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2024 au centre hospitalier universitaire de Bogodogo. Elle a concerné les femmes chez qui un prélèvement vaginal avait été prescrit dans le cadre de leur prise en charge médicale. Le prélèvement vaginal a été effectué par écouvillon stérile. Les échantillons ont subi examen macroscopique, microscopie directe (Gram), cultures sur milieux usuels/enrichis, puis identification bactérienne par morphologie, tests biochimiques et galeries API. La sensibilité aux antibiotiques a été déterminée par diffusion sur gélose selon recommandations CA-SFM 2024. Résultats : au total, 1 860 femmes ont été examinées, parmi lesquelles 585 prélèvements vaginaux se sont révélés positifs, soit une prévalence de 31,45 %.L’âge moyen des participantes était de 28 ± 8 ans (extrêmes : 15 à 66 ans). La flore pathogène était dominée par les bacilles à Gram négatif (60,7 %), principalement Escherichia coli 176(30,1 %) et Klebsiella pneumoniae 71(12,1%).Les cocci à Gram positif représentaient 39,3 % des isolats, menés par Staphylococcus aureus (16,8 %), suivis des staphylocoques à coagulase négative (9,74 % ; 57 cas) et d’Enterococcus faecalis (8,2 %).Les BGN montraient une forte résistance aux bêta-lactamines, mais une sensibilité relative aux carbapénèmes. Les CGP présentaient des résistances marquées à la pénicilline G (95,5 %), la céfoxitine (46 %) et l’érythromycine (67,7 %), avec une bonne sensibilité au linézolide et au méropénème. Conclusion : l’identification microbiologique au cours des infections génitales féminines des agents responsables est essentielle pour un diagnostic précis et une prise en charge adaptée. Dans un contexte d’antibiorésistance croissante, l’actualisation régulière des données locales demeure indispensable pour orienter les stratégies thérapeutiques
Objectif : le but était d’évaluer l’épidémiologie et la résistance aux antibiotiques couramment utilisés à N’Djamena (TACHD) dans les infections du tractus urinaire. Matériels et méthodes : il s’agissait d’une étude prospective transversale entre juin et octobre 2025 au laboratoire de bactériologie du Centre Hospitalier Universitaire de Référence National. Les isolats ont été identifiés selon les méthodes standards de bactériologie, basées sur les caractères morphologiques, biochimiques et culturaux, notamment l’aspect des colonies, la coloration de Gram et la galerie API 20E. Les tests de sensibilité aux antibiotiques ont été réalisés par diffusion sur gélose Mueller-Hinton, conformément aux recommandations du CASFM/EUCAST, 2025. Résultats : Les résultats montrent que le sexe masculin était dominant avec 52,76% de l’effectif, contre 47,23 % de sexe féminin pour un sex-ratio de1,11. les tranches d’âge de 15-29 ans et 60-74ans étaient les plus représentées 23 %, les participants externes étaient les plus représentés avec 82,97 %. Le taux de positivité des prélèvements était de 31,48 %. Parmi les germes identifiés, Klebsiella pneumoniae était de 28 % (21 isolats). L’antibiorésistance montre une résistance élevée à l’amoxicilline+acide clavulanique (65 %), à la ceftriaxone (65 %), à la ciprofloxacine (60 %) et suivi de triméthoprime -sulfaméthoxazole (57,50 %). La Gentamycine et la céfépime ont montré un taux de résistance modérés, respectivement 52,50 % et 47,50 % et un niveau de résistance plus bas à l’imipenème (15%). Conclusion : Cette étude met en évidence une antibiorésistance élevée et souligne la nécessité d’une surveillance locale renforcée et de politiques d’antibiogouvernance adaptées au contexte hospitalier.
Introduction : la tuberculose (TB) reste une cause majeure de morbidité et de mortalité chez les personnes vivant avec le VIH, surtout en Afrique subsaharienne. Au Tchad, pays à forte charge de co-infection VIH/TB, l'émergence de la résistance à la rifampicine, constitue un défi majeur. Cette étude visait à déterminer la prévalence de la co-infection VIH/TB et à détecter le gène de résistance de la rifampicine à N'Djamena. Méthodologie : une étude transversale, prospective et analytique a été menée de décembre 2024 à novembre 2025 dans deux centres de prise en charge du VIH. Le diagnostic du VIH a suivi l'algorithme national. La recherche des BAAR a été réalisée par microscopie (Ziehl-Neelsen), et les échantillons positifs ont été analysés par GeneXpert MTB/RIF. Les données ont été traitées avec SPSS 26. Résultats : la prévalence de la co-infection VIH/Tuberculose était de 18,3 %. L’infection était majoritairement due au VIH-1 (98,68 %). La tranche d’âge de 25–35 ans (36,1 %) était la plus touchée. Les hommes étaient plus touchés que les femmes (62,9 %, sex-ratio = 1,69). Les patients mariés représentaient 47,4 % des cas. Le niveau d’instruction secondaire était le plus fréquent (37,1 %), suivi des non scolarisés (26,8 %). La résistance à la rifampicine a été détectée chez 4,12 % des patients coinfectés. Conclusion : la co-infection VIH/TB demeure un problème majeur au Tchad, touchant surtout les jeunes adultes. La fréquence notable de résistance à la rifampicine indique un risque de tuberculose multirésistante.
Introduction : Dans le contexte de l’émergence de la dengue au Burkina Faso, l’exploration des alternatives thérapeutiques issues de la médecine traditionnelle pourrait permettre l’identification de principes actifs à potentiel antiviral. Cette étude vise à documenter les connaissances, les attitudes et les pratiques des tradipraticiens de santé (TPS) dans le traitement traditionnel de la dengue, en vue de valoriser les approches endogènes et d’améliorer l’offre de soins. Méthodologie : Une étude transversale descriptive a été menée en 2023 à Ouagadougou auprès de 211 TPS sélectionnés de manière raisonnée à partir de la base des autorités sanitaires, en tenant compte de leur reconnaissance communautaire. Les données ont été recueillies par entretien à l’aide d’un questionnaire anonyme structuré. Les aspects éthiques ont été respectés. Résultats : les TPS montraient une bonne connaissance des signes cliniques de la dengue. Une proportion de 39,81 % déclarait utiliser des plantes médicinales pour la traiter. Vingt-six espèces végétales appartenant à 13 familles botaniques ont été identifiées, dominées par les Fabaceae (34,6 %). Les espèces les plus fréquemment citées étaient Combretum micranthum (27,6 %), Cochlospermum tinctorium (24,1 %) et Chrysanthellum indicum (17,2 %). Les remèdes étaient administrés sous forme de décoction ou de boisson prête à l’emploi. Le traitement durait en moyenne 6,2 ± 3,04 jours pour un coût moyen de 5078 FCFA. Des effets secondaires ont été rapportés dans 19 % des cas, principalement des diarrhées. Conclusion : les tradipraticiens de santé à Ouagadougou possèdent une connaissance généralement satisfaisante de la dengue et contribuent activement à son traitement par le biais de pratiques phytothérapeutiques largement employées
Introduction : L’infection urinaire peut survenir à tout âge de la grossesse. Elle est fréquente, avec une morbidité et une mortalité materno-fœtale et néonatale élevée. L’objectif principal était d’étudier l’infection urinaire au cours de la grossesse dans notre service. Méthodologie : nous avons réalisé une étude transversale descriptive avec collecte prospective portant sur toutes les femmes enceintes pendant 13 mois dans le service de gynécologie obstétrique de la clinique périnatale Mohamed VI. Les données ont été saisies et analysées sur le logiciel SPSS 23.0. Le test statistique a été le test de khi² avec p < 0,05. Résultats : Nous avons enregistré durant la période d’étude 403 gestantes dont 82 cas d’infection urinaire soit une fréquence de 20,35%. La moyenne d’âge était de 29 ans [16 à 44 ans]. Elles étaient des femmes au foyer 40,2%, mariées 98,8%, avec un antécédent de diabète 2,4%, de syndrome néphrotique 1,2% et d’avortement 2,4%. Les pauci gestes et les paucipares étaient majoritaires avec une fréquence respective de 42,7% et 35,4%.Les signes étaient la douleur pelvienne 68,3%, l’hyperthermie 23%, la douleur lombaire 75,6%, la dysurie 26,5%, la pollakiurie 26,8%, la polyurie77%, la pyurie 1,2%, la brulure mictionnelle 53,7%, l’hématurie 2,4%. Le germe le plus fréquent était Escherichia. Coli avec une fréquence de 73,17%. Le type était la cystite dans 57,3% de cas, la bactériurie asymptomatique 37,8% et la pyélonéphrite dans 4,9% des cas. Les complications étaient la rupture prématurée des membranes 36,6%, l’accouchement prématuré (26,8%), la mort fœtale in utero (4,9%), l’avortement (2,4%) et le décès maternel (2,4%). Conclusion : Il ressort de notre étude que l’infection urinaire est fréquente au cours de la grossesse. Son dépistage doit être systématique pendant les consultations prénatales afin de la traiter efficacement et de prévenir les complications materno-fœtales.
Introduction : dans les pays à ressources limitées comme le Sénégal, l’optimisation du dépistage de la COVID19 est cruciale. Cette étude visait à analyser le rendement diagnostique de la RT-PCR SARS-CoV-2 selon les indications du test (patients symptomatiques, voyageurs, contacts à risque, personnel de santé) dans la région de Thiès, afin d’identifier les groupes à haut risque et d’orienter les stratégies de dépistage ciblé. Méthodes : une étude transversale descriptive et analytique a été menée du 1er au 31 janvier 2022 au Laboratoire National de Santé Publique de Thiès. Au total, 883 patients ont été testés par RT-PCR nasopharyngée. Les taux de positivité ont été comparés entre les quatre groupes par test du χ², et des odds ratios bruts (OR) avec IC95 % ont été calculés. Résultats : le taux de positivité global était de 18,6 % (IC95 % : 16,0-21,3). Il variait significativement selon l’indication du test (p < 0,0001). Les patients symptomatiques présentaient le taux le plus élevé (40,8 % ; OR = 5,22 [3,57-7,63] vs voyageurs). Les voyageurs (54,4 % des tests) avaient un taux de 11,7 % (IC95 % : 9,0-14,9). Les contacts à risque et le personnel de santé avaient des taux faibles (respectivement 7,0 % et 4,8 %), sans différence significative par rapport aux voyageurs. Parmi les 164 cas positifs, la fièvre (81,7 %), la toux (64,0 %) et la dyspnée (53,7 %) étaient les symptômes dominants. Conclusion : dans un contexte de ressources limitées, le dépistage par RT-PCR doit prioriser les patients symptomatiques (fièvre, toux). Le dépistage systématique des contacts asymptomatiques et du personnel de santé en l’absence de symptômes est peu efficient. Le dépistage des voyageurs, bien que de rendement intermédiaire, a détecté plus d’un tiers des cas positifs et doit être maintenu ou allégé selon la circulation virale. Ces résultats plaident pour une allocation ciblée des tests moléculaires rares et coûteux.
Introduction : La résistance antimicrobienne représente un défi en réanimation. Cette étude visait à explorer le lien entre la résistance bactérienne et la mortalité. Méthodes : Une étude transversale a été menée auprès de 94 patients admis dans le service de réanimation de l’Hôpital de Dermatologie de Bamako entre 2022 et 2024. Les analyses ont été réalisées en utilisant le logiciel R (package AMR). Les comparaisons ont porté sur deux groupes (patients décédés et patients exéats ou non décédés). Les tests de Chi-carré, exact de Fisher et de Wilcoxon ont été utilisés selon la nature des variables, avec un seuil de significativité fixé à p<0,05. Résultats : La mortalité globale était de 53,2% (50/94). Comparativement aux patients exéats, les patients décédés présentaient une détresse respiratoire avec une SpO₂ plus basse (93% vs 98% ; p = 0,001). La multirésistance concernait 70,2% (66/94) des isolats, dominés par Klebsiella pneumoniae (22%), Escherichia coli (18%) et Acinetobacter baumannii (14%). La résistance aux β-lactamines 98,9% (93/94), macrolides 95,7% (90/94) et fluoroquinolones 77,6%(73/94) dépassaient 80%, alors que l’imipenème conservaient une efficacité partielle avec respectivement 41,5% (39/94). Les taux de résistance étaient systématiquement plus élevés chez les patients décédés, bien que la différence ne soit pas supérieure à celle attendue au hasard (p = 0,191). Conclusion : Ces données ne suffissent pas pour établir une association entre la résistance et le décès malgré la fréquence élevée de la multirésistance aux antibiotiques. Une surveillance microbiologique et un programme de gestion des antimicrobiens sont indispensables pour limiter l’impact potentiel de la résistance sur la mortalité hospitalière
Objectif : Évaluer la prévalence, le profil épidémiologique et les phénotypes de résistance des entérobactéries productrices de β-lactamases à spectre élargi. Matériels et méthodes : Il s’agissait d’une étude transversale et descriptive, à collecte prospective, menée du 1er janvier au 31 octobre 2024. Les antibiogrammes avaient été réalisés et interprétés conformément aux recommandations d’EUCAST 2024. Une analyse logistique univariée et multivariée avait été réalisée pour déterminer les facteurs de risque associés à la présence d’entérobactéries productrices de β-lactamases à spectre élargi (E-BLSE). Résultats : Durant la période d’étude, 548 souches d’entérobactéries ont été recensées, parmi lesquelles 151 étaient productrices de BLSE, soit une fréquence de 27,55%. Les patients étaient majoritairement de sexe masculin, soit 70,86% (n= 107). L’âge médian des patients était de 52 ans avec une prédominance de la tranche d’âge de plus de 65 ans, soit 31,2%. La répartition des E-BLSE selon le type de prélèvement avait montré une prédominance des urines avec 87,42% (n=132). A l’analyse univariée, la présence des E-BLSE était significativement associée à un âge compris entre 40 à 64 ans (OR = 1,91 ; IC 95% = 1,05-3,49 ; p value =0.034), de plus de 65 ans (OR =1,91 ; IC 95% = 1.12-3,33, p value=0.020), aux patients provenant du service de chirurgie (OR=3,15 ; IC 95% = 1,36-8,62 ; p value=0,013), et aux espèces de Klebsiella oxytoca (OR=2,38 ; IC 95% = 1,02-5,52 ; p value=0,043). À l’analyse logistique multivariée aucune variable explicative n’était significativement associée aux E-BLSE. Conclusion : La diffusion des E-BLSE représente une menace pour la santé publique tant dans les hôpitaux que dans la communauté. Des études sur les gènes de résistance des E-BLSE, ainsi que des études épidémiologiques, seront nécessaires pour évaluer précisément la distribution de ces E-BLSE qui pourraient émerger à l'avenir.
L’abcès du psoas est une pathologie rare, mais loin d’être exceptionnelle. Elle représente moins de 10% des suppurations abdominales. La thrombose veineuse profonde se voit dans 3 à 4% chez des patients ayant une tuberculose. Nous rapportons le cas d’une patiente âgée de 54 ans, infectée par le VIH, inobservante à son traitement antirétroviral, chez qui le diagnostic d’une miliaire tuberculeuse bacillifère a été posé et mise sous traitement antituberculeux à base de RHZE (Rifampicine, Isoniazide, Pyrazinamide, Ethambutol) selon les directives nationales en Côte d’Ivoire. En cours d’hospitalisation, elle a présenté une tuméfaction du membre inférieur droit faisant évoquer une thrombose veineuse profonde avec comme recherche étiologique un abcès tuberculeux du psoas bactériologiquement confirmé. La patiente a poursuivi son traitement antituberculeux, un drainage de l’abcès percutané a été réalisé ainsi qu’une héparinothérapie curative à base d’Enoxaparine. L’évolution de la patiente a été favorable. Ce cas est particulièrement pertinent pour les localisations extrapulmonaires de la tuberculose, notamment la localisation musculaire, dont les signes étaient insidieux, révélé devant la recherche étiologique de la thrombose veineuse profonde. Dans le cadre d’une miliaire tuberculeuse où la dissémination est hématogène, plusieurs sites peuvent être touchés notamment le psoas.
Objectif : Les infections associées aux soins figurent parmi les principales causes de morbidité et de mortalité dans le monde. La stérilisation des dispositifs médicaux dans les hôpitaux est donc primordiale pour la lutte contre ces infections. Cette étude visait à évaluer l’efficacité bactériologique de la stérilisation au Centre Hospitalier Universitaire Sourô SANOU, à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso. Méthodes : Il s’est agi d’une étude transversale analytique qui s’est déroulée dans l’unité centrale de stérilisation et le laboratoire de bactériologie. Les données ont été recueillies par observation des pratiques et analyses de laboratoire. L'évaluation des pratiques s'est appuyée sur le guide français des bonnes pratiques de pharmacie hospitalière. Résultats : Plusieurs insuffisances ont été identifiées : non-respect des mesures d’hygiène et de protection, équipements obsolètes, usage de chaleur sèche et absence de certains contrôles. Le taux global de non-conformité était de 44,6 %. Les analyses bactériologiques ont révélé la présence de 12 isolats de Staphylococcus, dont 3 Staphylococcus aureus et 9 Staphylococcus epidermidis. La durée de stockage était le seul facteur associé à la contamination post-stérilisation (OR ajusté = 5,9 ; IC à 95 % : 1,2-28,4 ; p = 0,025). Conclusion : Cette étude met en évidence des lacunes dans les pratiques de stérilisation au Centre Hospitalier Universitaire Sourô SANOU, qui pourraient compromettre la qualité des soins, la sécurité des patients et des professionnels de santé.
Introduction : le choléra est une infection intestinale aiguë, diarrhéique, responsable d’unedéshydratation sévère parfois fatal. Le but de ce travail est de décrire l’épidémie de cholérasurvenue au Togo en 2024 -2025. Méthodologie : il s’agit d’une étude descriptive couvrant lapériode de Juillet 2024 à Avril 2025 portant sur la liste linéaire des cas de choléra notifié dansla surveillance de cette pathologie. Les tests de détection rapide et la culture ont été les moyensde détection et de confirmation des cas. Résultats : au total 450 cas ont été détectés lors del’épidémie. Deux cent dix-sept patients soit 48,22% (217/450) ont été hospitalisés. 18,44% descas suspects ont été sévèrement déshydratés à l’admission. Aucun antécédent d’importation decas ou d’alimentation probable n’a été retrouvé dès la description du premier cas. En semaine11-2025, aucun cas de déshydratation sévère n’a été enregistré à l’admission. La soucheresponsable a été Vibrio cholerae O1 Ogawa. Le profil de sensibilité était, résistance auxfluoroquinolones et sulfamides. Conclusion : Ll cholera reste une menace sévère au Togo,cette épidémie touche des quartiers de Lomé une ville du littorale. Des études sont nécessairespour déterminer l’influence de l’écologie narine sur la survenue de ces épidémies.
Introduction : La leishmaniose cutanée (LC) est endémique au Burkina Faso, mais sa dynamique dans les zones rurales touchées par l'insécurité reste mal documentée. Cette étude décrit un foyer épidémique survenu dans un village inaccessible de la région du Nord. Méthodes : Une étude transversale descriptive a été menée sur deux jours en octobre 2024 dans le village de Réba. Les cas suspects de LC, définis cliniquement par la présence de lésions nodulaires ou ulcérées chroniques (sans confirmation parasitologique disponible du fait du contexte sécuritaire), ont été identifiés par des agents de santé communautaires et via les registres de consultation d’un hôpital de référence. Les données sociodémographiques, cliniques et thérapeutiques ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire et analysées avec le logiciel Epi Info 7. Les considérations éthiques ont été respectées, notamment l’obtention du consentement éclairé des participants. Résultats : au total 71 cas suspects ont été identifiés. L’âge moyen était de 32 ans, avec une prédominance féminine (57,4 %). La majorité des patients (78,7 %) étaient des personnes déplacées internes. La forme ulcéreuse était la plus fréquente (83,6 %), avec une durée d’évolution médiane de 90 jours. Au total, 77,5 % des patients avaient eu recours à un traitement antérieur, principalement des remèdes traditionnels (67,2 %). Seulement 11 patients (18,0 %) ont reçu un traitement médical contre la LC ; seuls deux ont pu être suivis, avec une évolution clinique favorable. Conclusion : ce foyer épidémique, documenté sur la base de critères cliniques en l’absence de confirmation parasitologique, met en lumière les défis critiques de la prise en charge de la LC dans les zones d’insécurité : identification difficile des cas, recours massif aux traitements traditionnels et accès extrêmement limité aux soins et au suivi. Ces facteurs favorisent la persistance et l’extension de la maladie, nécessitant des stratégies de santé publique adaptées à ces contextes fragiles.
Introduction : Salmonella spp. est une entérobactérie impliquée dans les gastroentérites et la fièvre typhoïde. Elle constitue une préoccupation majeure de santé publique en raison de son potentiel épidémique et de l’émergence croissante de souches résistantes aux antibiotiques. L’objectif de cette étude était de caractériser le profil sérotypique et les gènes de résistance des isolats de Salmonella identifiés au laboratoire de biologie médicale de l’Hôpital National de Niamey. Méthodologie : L’isolement des souches a été réalisé sur milieu Hektoen, l’identification des espèces par galerie API 20E, et l’antibiogramme par la méthode de diffusion de disques sur gélose Muller Hinton (MH) selon les directives de l’EUCAST, pour la ciprofloxacine et la lévofloxacine l’E-test a été utilisé. Les souches ont ensuite été conservées par congélation puis envoyées à l’Institut Pasteur de Dakar pour le sérotypage et la recherche de gènes de résistance. Résultats : au total, 39 souches de Salmonella ont été isolées parmi 1405 cultures positives, correspondant à une prévalence de 2,8 %. La majorité des cas concernait des enfants de moins de 6 ans. Une douzaine de sérovars ont été identifiés, avec une prédominance du sérovar Enteritidis. Une seule souche du sérovar Typhi a été détectée. Dans l’ensemble, les isolats présentaient une faible résistance aux antibiotiques testés. Toutefois, 11,11 % des souches exprimaient un phénotype BLSE. Les principaux gènes de résistance identifiés étaient blaCTX-M-15, blaOXA-1, TEM-1, qnrB, et aac(6')-Ib-cr. Conclusion : Le phénomène de résistance aux antibiotiques, notamment aux fluoroquinolones, est clairement perceptible dans les souches analysées
Introduction : La résistance antimicrobienne est, de nos jours, un phénomène croissant et inquiétant. Les soins oculaires n'en sont pas exempts. Le but de ce travail est de contribuer à l’amélioration de la prise en charge des kératites au Centre National Hospitalier et Universitaire de Bangui. Méthodologie : Il s’agissait d’une étude observationnelle avec collecte prospective des données, réalisée dans le service sur une période de deux ans, de décembre 2022 en novembre 2025. Tous les patients, consentants, présentant une kératite bactérienne confirmée par un prélèvement cornéen positif ont été inclus. Les données sociodémographiques, cliniques, microbiologiques ont été analysées. Les tests d’association ont été utilisés avec un seuil de significativité de 5%. Résultats : Nous avons colligé 112 patients, les hommes représentaient 53,62% (n=60). Le sex-ratio était de 1,15. La moyenne d’âge était de 35,43 ± 19,04 ans. Les âges extrêmes étaient de 5ans et 82 ans. Les patients résidant à Bangui représentaient 65,2% (n=73). Il y avait 49,1% (n=55) de kératites graves. Le Pseudomonas aeruginosa et le Streptococcus pneumoniae étaient isolées dans respectivement 25,9% (n=29) et 36,6% (n=41). La résistance à la ciprofloxacine était observée dans 66,1% (n=74) ; celle de la gentamicine était de 58,0% (n=66). Conclusion : Cette étude met en évidence une résistance antimicrobienne préoccupante des bactéries responsables de kératites infectieuses. Une connaissance actualisée des profils de résistance locaux est indispensable pour optimiser l’antibiothérapie probabiliste et améliorer le pronostic visuel des patients
Introduction : La gale crouteuse est rarement rapportée chez le nouveau-né et les indications thérapeutiques sont limitées du fait de la hantise des effets secondaires des médicaments disponibles chez le nouveau-né. Objectif : Rapporter l’efficacité et l’innocuité de l’association ivermectine orale et benzoate de benzyle dans un cas de gale crouteuse néonatale. Observation : il s’agissait d’un enfant de sexe masculin, né prématuré qui a présenté depuis 27 jours de vie une érythrodermie avec une agitation et des pleurs incessants. La mère avait des lésions de prurigo diffus avec un prurit surtout nocturne. Ce dernier était noté chez le père et la tante maternelle. Le diagnostic de gale était évoqué et le traitement incluant hospitalisation en salle d’isolement, ivermectine orale et benzoate de benzyle a permis une régression spectaculaire des lésions et du prurit dès 24h après traitement. Aucun effet indésirable n’était observé. Conclusion : Les indications thérapeutiques de la gale sont limitées chez les enfants de moins de 3 mois. Cependant, dans notre cas l’association ivermectine et benzoate de benzyle a été efficace et bien tolérée.
des cas. Elle est liée à la réplication du virus quiescent dans les ganglions nerveux céphaliques après une primo-infection oropharyngée ou sexuelle. L’herpès simplex virus de type 1 (HSV-1) est le plus souvent en cause dans 90%. Nous rapportons un cas de méningo-encéphalite herpétique associée à une tuberculose pulmonaire chez une patiente de 64ans, terrain de VIH-1 au stade SIDA et naïve de traitement antirétroviral. L’examen neurologique retrouvait une altération de la conscience avec un score de Glasgow à 8/15 (E4V3M1) et un signe de localisation neurologique à type de tétraplégie, un syndrome méningé. A l’examen pleuropulmonaire, elle présentait un syndrome de détresse respiratoire et un syndrome de condensation pulmonaire basale bilatérale. La radiographie du thorax de face retrouvait un syndrome alvéolo-interstitiel bilatéral prédominant à gauche. Le GeneXpert sur le liquide de tubage gastrique était positif. La Polymerase Chain Reaction (PCR) virale du LCS était positive au HSV-1. L’évolution a été marquée par le décès au bout de 12 jours d’hospitalisation et ceci malgré un traitement bien conduit à base d’aciclovir et d’antituberculeux (RHZE : Rifampicine-IsoniazidePirazinamide-Ethambutol), soulignant ainsi certaines difficultés de diagnostic et de prise en charge des patients au stade de maladie avancée du VIH (MAV).
Introduction : la résistance aux antimicrobiens constitue une menace majeure de santé publique, particulièrement dans les systèmes de production avicole où les interactions étroites entre l’Homme, l’animal et l’environnement favorisent la circulation des bactéries multirésistantes. Cette étude visait à évaluer le portage digestif des entérobactéries multirésistantes chez les aviculteurs, leurs volailles et leur environnement selon une approche "One Health" à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. Méthodologie : il s’est agi d’une étude transversale descriptive conduite de mars à mai 2024 dans 24 fermes avicoles. Au total, 257 échantillons ont été collectés : écouvillonnages rectaux chez les aviculteurs (n=22), écouvillonnages cloacaux chez les volailles (n=223) et des prélèvements de leurs eaux de consommation (n=12). Les cultures ont été réalisées sur milieux chromogènes sélectifs pour l’isolement d’entérobactéries multirésistantes. L'identification bactérienne a été faite à l'aide de la galerie Api 20 E (bioMérieux), et les antibiogrammes complets avec l'automate VITEK TM 2 COMPACT (bioMérieux). Résultats : au total 49 (19,07%) entérobactéries multirésistantes ont été isolées et identifiées. Les prévalences étaient de 31,82%, 17,94% et 28,57%, respectivement chez les aviculteurs, les volailles et dans les eaux de consommation animale. Escherichia coli était l’espèce prédominante (71,4%). Des profils de résistance similaires ont été observés dans tous les trois secteurs étudiés avec des fréquences élevées de résistances associées à la Moxifloaxine (89%), à la levofloxacine (82%) et au triméthoprime/sulfaméthoxazole (89%). Conclusion : les fermes avicoles de Bobo-Dioulasso représentent un réservoir important d’entérobactéries multirésistantes. Les similitudes des profils antibiotypiques suggèrent une transmission intersectorielle, justifiant le renforcement urgent de la surveillance intégrée de la résistance aux antimicrobiens en aviculture.