
Abstracts of oral presentations and posters presented at the 34th conference of the European Vegetation Survey.
Cet article constitue le guide d’excursions de la 34ème conférence de l’European Vegetation Survey, groupe européen de l’Association internationale des sciences de la végétation, qui se tient en Auvergne du 7 au 13 septembre 2026. Plusieurs excursions sont organisées durant ce congrès en hommage à Josias Braun-Blanquet et Aimé Luquet dans le cadre du centenaire des études phytosociologiques en Auvergne publiées dans la revue d’Auvergne en 1926. Le congrès a lieu à Clermont-Ferrand du 7 au 11 septembre. L’excursion de milieu de congrès a lieu le 9 septembre dans les monts Dore. Une excursion en soirée a lieu le 10 septembre au sommet du puy de Dôme, à l’occasion du social dinner. Une post-excursion, du 11 au 13 septembre est conduite dans les monts du Cantal. La première partie présente le milieux physique, les usages humains et les grands types de végétation de la région visitée. Chacun des trois massifs visités fait ensuite l’objet d’une description détaillée de leur environnement, des communautés végétales présentes, de leurs liens dynamiques, de leur compartimentation paysagère et de leur flore typique. Les itinéraires d’excursion priorisent le retour sur les lieux prospectés il y a cent ans, dont certains sont des locus classicus d’alliances phytosociologiques décrites pour la première fois en 2026 par Braun-Blanquet et/ou Luquet comme le Nardion, Genisto-Vaccinion, Adenostylion, Festucion variae, Cardamino-Montion, Fagion, Calamagrostion, Caricion fuscae, Arrhenatherion, Piceion. Dans les monts Dores les congressistes visitent la vallée de Chaudefour, le cirque de Monneaux, le lac Pavin et le Capucin. Sur le puy de Dôme ils observent la végétation du sommet ainsi que les paysages végétaux de la Chaîne des puys. Dans le Cantal les espaces subalpins de la partie nord de la Chaîne du Plomb du Cantal et du cirque de l’Impradine sous le puy Mary sont prospectés ainsi que la butte basaltique de la Chapelle Sainte Anne au nord de Murat. Au total 81 associations végétales sont mentionnées et décrites dans ce guide, issues des recherches les plus récentes et les plus approfondies concernant la végétation de ces sites, intégrées au sein du système hiérarchique de la classification phytosociologique française (Prodrome des végétations de France, PVF2) et européenne (EuroVegChecklist).
Abstracts of oral presentations and posters presented at the 34th conference of the European Vegetation Survey.
Le Prodrome des végétations de France (PVF) est un projet initié par Jean-Marie Géhu dès 1994 et qui s’inscrit dans la continuité des premiers travaux de synthèse phytosociologique à l’échelle européenne, nommés « prodromes » par Josias Braun-Blanquet et Rheinhold Tüxen. En 2006, la Société Française de Phytosociologie (SFP) décide de lancer le projet d’une deuxième version, le PVF2, consistant en la déclinaison des classes des végétations françaises jusqu’au niveau de l’association végétale et de ses éventuelles subdivisions. Le PVF est une œuvre collective, consensuelle et soumise à un processus d’évaluation par les pairs au sein de la SFP, préalablement à la soumission de l’article dans une revue. Ce projet est dès le départ conduit sous l’égide du ministère de l’écologie, en collaboration étroite avec le Muséum national d’Histoire naturelle, les conservatoires botaniques nationaux et l’office national des forêts. Actuellement le PVF2 compte 43 classes déjà publiées, de 2009 à 2020, cette première étape correspondant à un peu plus de 50 % du travail. La publication de ce Tome 1 du Prodrome des végétations de France 2 permet au lecteur d’avoir accès, dans un ouvrage unique, aux résultats des 46 publications réalisées depuis 2009. Cet ouvrage fournit une information globale et synthétique, en renvoyant la description détaillée des associations végétales aux articles publiés. Une clé écologique générale permet de situer l’ensemble des classes du Prodrome. Dans le cas des classes qui n’ont pas fait encore l’objet d’une déclinaison jusqu’au niveau de l’association végétale, la mention « (PVF1) » figure à côté du nom de la classe. Dans l’édition numérique, un lien renvoie au synsystème correspondant dans le PVF1. Dans le cas des 43 classes déclinées jusqu’à l’association est donnée en tête de chapitre la référence bibliographique du ou des article(s) du PVF2 concerné(s), l’édition numérique permettant d’accéder à ces articles initiaux. La liste complète des associations présentes en France, assorties de leur numéro de fiche, qui renvoie à la présentation détaillée de l’association dans l’article initial, est donnée. Cet ouvrage fournit également un index synonymique des syntaxons d’unités supérieurs, ainsi qu’un index des syntaxons valides, ou tout au moins retenus comme tels dans les différents articles du PVF2. La bibliographie en fin d’ouvrage rassemble les références bibliographiques des classes du PVF2. Le PVF2 représente un outil de référence précieux pour la compréhension des végétations à l’échelle biogéographique du territoire national mais aussi à l’échelle plus locale. D’une manière générale, le synsystème proposé s’inscrit dans les perspectives d’évolution de la classification phytosociologique, vers un système plus cohérent sur le plan structural et dynamique. Il constitue une base typologique pour la cartographie et joue pleinement son rôle dans une politique de gestion et de conservation des espaces naturels, en particulier dans le cas de la directive de l’union européenne « Habitats, Faune, Flore » du 21 mai 1992.
Corydalis intermedia (L.) Mérat est signalée sur le territoire du département de l’Ardèche (07), dans le massif du Mézenc. Des informations succinctes d’ordre chorologiques, historiques et écologiques sont fournies à propos de sa présence dans le Massif central.
Un spécimen mort de Lamia textor (Linnaeus, 1758) a été découvert en mai 2025 sur la commune de Saint-Marcellin-Forez dans le département de la Loire. Il s’agit de la première mention de l’espèce dans ce département. Le contexte de l’observation est donné au regard de l’écologie connue de l’espèce et de son intérêt patrimonial en région Auvergne Rhône-Alpes.
The populations of Mannia fragrans (Balb.) Frye & L. Clark in Haute-Loire, particularly at Blassac and Saint-Privat-d’Allier, are among the most demographically robust in Western Europe, with large population sizes and surface cover. This contrasts with marginal populations elsewhere, such as in Spain or Belgium. Unlike most European populations found on calcareous substrates, these occur on siliceous volcanic rocks. M. fragrans occupies transitional habitats between rocky outcrops and dry grasslands, where competition is limited and soil depth is sufficient. Dense bryophyte mats (e.g., Tortella squarrosa (Brid.) Limpr, Rhytidium rugosum (Hedw.) Kindb) and vascular competitors (e.g., Centaurea stoebe L.) restrict its development, particularly at Chilhac. The species thrives under harsh ecological conditions - steep slopes, shallow soils, and high rock cover - which limit plant competition. Its reproductive strategy is adapted to environmental variability, with spores released in spring and germination occurring in late summer, typically in microsites created by disturbances. Sporophyte abortion and rare germination events suggest constraints on sexual reproduction, though vegetative propagation is probably effective. Spatial distribution is patchy, conistent with by microtopographic factors and diaspores’ downslope movement via gravity and water runoff. These mechanisms promote local recolonization and delay succession. Conservation-wise, the Blassac population remains stable despite land abandonment, thanks to natural abiotic filters. Conversely, Chilhac shows signs of succession and competition, indicating a potential need for restored grazing. The spread of invasive Opuntia species, though limited for now, represents a latent threat. Continued monitoring and context-specific management may be required to preserve these rare liverwort habitats.
Le massif du Mézenc, situé dans le Massif central, est connu pour sa production de viande « Fin gras », qui est valorisée par une Appellation d’Origine Protégée (AOP). Les prairies permanentes fauchées et pâturées de l’AOP, habitats d’intérêt européen (6520 et 6230*), sont encore méconnues car peu prospectées sur ce territoire. Dans le cadre de cette étude, ces végétations ont été caractérisées par des analyses de classification (MTC) dans deux référentiels de 376 et de 225 relevés du Massif central. Les 79 relevés du Mézenc ont aussi été analysés par classification puis par ordination (DCA et CCA) pour déterminer les variations présentes. En complément, les groupes mis en évidence ont été comparés par ANOVA à partir des indices écologiques d’Ellenberg et al., des valeurs pastorales, de diversité et de richesse spécifique. Les pâtures ont montré qu’elles étaient plus riches floristiquement, avec une diversité et des valeurs pastorales similaires aux prairies de fauche ; elles contribuent donc à la qualité de la viande produite sur l’air de l’AOP. Ces pâtures correspondent à l’association du Diantho pseudocollini-Meetum athamantici (Luquet 1926) B.Foucault 1986 mut. Le Hénaff et al. 2021 mais plus haut en altitude que dans les monts Dore. Elles nous amènent à différencier une nouvelle sous-association spécifique du Mézenc appelée bellardiochloetosum variegatae, traduisant son caractère plus montagnard. Quatre variantes ont été mises en évidence : une sur granite, une plus thermoxérophile et deux autres montrant une différence du chargement du bétail plus ou moins extensif. En ce qui concerne les prairies de fauche du Mézenc, on souligne leur originalité floristique et biogéographique en nommant une nouvelle association végétale du Triseto flavescentis-Polygonion bistortae Braun-Blanq. & Tüxen ex Marschall 1947 : le Campanulo scheuchzeri-Trisetetum flavescentis. Cette dernière est située sur des plateaux sommitaux basaltiques, plus hauts en altitude et plus orientaux par rapport aux montagnes volcanique d’Auvergne.
Une nouvelle association végétale à Sagine couchée et pédiculaire verticillée(Sagino procumbentis-Pedicularietum verticillatae ass. nov.) est décrite dans les monts du Cantal et dans l’Auvergne volcanique. Il s’agit d’une communauté crénophile de falaise suintante subalpine, sur tufs volcaniques qui se rattache à la classe des végétations fontinales des Montio-Cardaminetea Braun-Blanq. et Tüxen ex Klika et Hadač 1944. Les relevés de végétation, incluant les bryophytes, sont analysés pour les comparer à des communautés proches des monts du Cantal, de falaises humides (Micranthetum hieraciifoliae Quézel et Rioux 1954) et de suintements tourbeux (Bartsio alpinae-Caricetum nigrae J. et M.Bartsch 1940) avec lesquels l’association montre des liens floristiques. Elle est ensuite comparée aux autres communautés fontinales décrites dans le Massif central et en France. Elle s’originalise par un biotope très spécialisé, froid, longuement enneigé, oligotrophe, sous climat atlantique humide et très nettement neutre à basique, ce dernier caractère étant remarquable dans un contexte de roches volcaniques siliceuses. Il relève de l’habitat d’intérêt européen prioritaire « communautés de sources et suintements carbonatés » (HIC : 7220*). Cette végétation montre un grand intérêt biologique car elle joue le rôle de zone refuge pour de nombreux taxons subalpins/alpins et abrite plusieurs espèces protégées ou rares. Sa composition floristique originale traduit aussi une haute signification biogéographique, en tant qu’enclave alpine localisée dans l’étage subalpin des monts d’Auvergne.
Nous présentons ici les résultats d’un inventaire des araignées réalisé sur la réserve naturelle nationale du Rocher de la Jaquette après une première étude datant de 2004. 5 stations d’échantillonnage ont été définies : lande à Genêt purgatif, fourré à prunellier, pelouse sèche, prairie mésophile et boisement. À cela, il faut ajouter l’étude de deux pierriers sur les lesquels des pièges Owen disposés durant un an ont servi à inventorier la faune de ces derniers. Cet inventaire a permis d’identifier 251 araignées. En y ajoutant les taxons non revus du précédent inventaire, ce chiffre monte à 275 espèces, faisant de cette réserve l’une des plus riches d’Auvergne concernant l’aranéofaune. 11 espèces sont citées pour la première fois d’Auvergne et 5 de la région Auvergne-Rhône-Alpes. La synthèse met en évidence la présence de 5 espèces quasi-menacées, 3 espèces très rares (Xysticus ibex (Thomisidae), Diplocephalus lusiscus (Linyphiidae) et Bolyphantes kolosvaryi (Linyphiidae)) et 24 espèces non revues. Plusieurs d’entre-elles sont des espèces septentrionales qui pourraient avoir subi les effets du changement climatique. Des cortèges caractéristiques ont été mis en évidence sur les pelouses et landes à genêt ; les prairies et fourrés à prunellier et enfin sur les forêts. L’étude des pierriers a permis l’identification d’au moins 8 espèces troglophiles et 3 associées à la surface de ces derniers. La complémentarité des méthodes d’échantillonnage et l’intérêt de la conservation des échantillons issus de programmes d’inventaires par tente Malaise sont aussi démontrés.
Narcissus assoanus Dufour a été observée pour la première fois sur le Puy de Crouel (Puy-de-Dôme). Cette note discute de l’identification, de l’écologie et de la répartition de cette espèce d’affinité méditerranéenne. L’origine de cette nouvelle station est discutée brièvement.
À partir de données bibliographiques et de prospections récentes dans des secteurs méconnus, les auteurs font une analyse globale de 638 relevés de groupements à hautes herbes orophiles du Massif central français, puis des analyses partielles qui se concentrent sur 572 relevés de communautés situées de l’étage montagnard moyen jusqu’à l’étage subalpin. Ces groupements comprennent les mégaphorbaies stricto sensu ainsi que les hautes formations graminéennes à Calamagrostis et/ou Patzkea paniculata. Les résultats de cette révision conduisent à la caractérisation de 17 associations végétales dont cinq nouvelles, un groupement et 33 sous-associations et deux variantes. 5 associations précédemment décrites ont été réfutées et déclassées. Ces végétations se répartissent entre deux classes phytosociologiques, les Mulgedio-Aconitetea et les Juncetea trifidi, sept alliances, dont une inédite dans le Massif central, ainsi que quatre sous-alliances nouvelles. Une classification régionale est proposée en accord dans ses grandes lignes avec celle de l’EuroVegChecklist. L’étude approfondie des variables écologiques basée sur des analyses statistiques type ANOVA, DCA et CCA a permis la caractérisation des variables écologiques discriminantes dans la répartition des communautés, ainsi que la description de leurs conditions stationnelles. On assiste à une diminution progressive puis à une disparition des communautés du Calamagrostion dans le sud du Massif central et les Cévennes, en rapport avec un déficit de précipitations estivales sous l’influence croissante du climat méditerranéen. L’abondance et la diversité des communautés étudiées dans les grands massifs volcaniques de l’ouest (Cantal, monts Dore) s’expliquent par un étage subalpin bien développé, ainsi que par un climat océanique favorisant l’existence des mégaphorbaies. Sur un plan dynamique, ces formations sont pour l’essentiel stables et représentent des permaséries, même si certaines peuvent exister au sein de communautés forestières. Ce travail pourra être valorisé dans le cadre des politiques de gestion conservatoires pour l’habitats d’intérêt européen.
Scirpoides holoschoenus (L.) Soják est une espèce abondante et largement répandue dans la région méditerranéenne, mais qui reste exceptionnelle en Auvergne, où aucune observation n’avait été rapportée depuis plus de 50 ans. Une population isolée a été découverte dans la haute vallée de l’Allier, Haute-Loire, sur les berges d’alluvions fluviatiles. Le contexte stationnel est brièvement décrit. Cette population est apparemment installée depuis de nombreuses années, mais semble actuellement incapable de s’étendre autrement que par expansion végétative. À l’avenir, avec l’augmentation des températures moyennes due au changement climatique, cette espèce pourrait être en mesure de produire des semences viables, et alors commencer à former de véritables populations fertiles hors du domaine méditerranéen.
Les bryophytes et les communautés bryophytiques de la moyenne vallée de la Loire sont méconnues. Un inventaire intensif, réalisé dans la Réserve Naturelle Régionale (RNR) Val de Loire Bourbonnais (département de l’Allier) permet de disposer d’une première liste de taxons et de syntaxons inféodés au système alluvial. Les milieux les plus riches au plan floristique sont les pelouses pionnières, les vases exondables et les forêts. L’originalité de la bryoflore de la RNR réside dans l’existence de cortèges de pelouses ou d’ourlets acidiphiles (abritant notamment Weisia sterilis et Ptychostomum touwii), de la base des troncs de saule blanc (Porella pinnata, Fissidens fontanus, F. gymnandrus, etc.) ou des vases mésotrophes (Calliergon cordifolium). Ces assemblages ne sont pas connus dans la vallée du Rhône et témoignent des grandes potentialités de cet écosystème. Les communautés corticoles de la RNR forment une riche toposéquence phytocénotique qui, plus largement, laisse présager du grand intérêt des communautés bryophytiques de la moyenne vallée de la Loire. L’association la plus typique et la plus répandue est le Syntrichio latifoliae-Leskeetum polycarpae qui se développe principalement sur les troncs soumis à immersion périodique dans les boisements alluviaux relativement fonctionnels (Salicion albae). Une originalité locale est l’existence d’une communauté à Scleropodium cespitans établissant la transition entre les communautés hygrophiles du Leskeion polycarpae et les communautés hygroclinophiles du Neckerion complanatae. D’autre part, la découverte du Fissidentetum gymnandri, association subaquatique corticole des bras morts alimentés par la nappe, est à souligner. La répartition du Leptodictyo riparii-Hygroamblystegietum varii, communauté des bois blancs (saules) pourrissants dans des conditions eutrophiques, est étendue à la vallée de la Loire. Des pistes pour des mesures de gestion conservatoire des pelouses et des forêts sont données.
In order to evaluate predation strategy and variations during an active population dynamic, diet of European otter (Lutra lutra) was studied during a year-round cycle in two different aquatic systems in Auvergne (France). First were tributaries of Allier River in Haute-Loire and second were marshes, creeks, rivers and ponds in Puy-de-Dôme. Preys were identified and quantified (occurrences, abundances and biomasses) from otter spraints sampling. Diet was mainly consisted by little- and medium-sized fish (74% to 89% of consumed biomass, size generally less than 17.5 cm). Dominant prey in otter’s diet were the most numerous species in studied rivers and marshes, which corresponds to the most efficient predation strategy. Crayfish, amphibians, reptiles and small mammals constituted most of time secondary prey, but sometimes dominated diet. Spatial and temporal differences in prey diversity, abundances and biomasses were recorded. Data illustrating species diversity in rivers and marshes recently recolonized by European otter were not modified by its predation impact. The study of a top-predator diet can therefore be considered as an additional way in habitats studying and biodiversity and management conservation strategies, in natural or anthropogenic alteration contexts.
Ophrys tenthredinifera a été observé pour la 1ère fois dans le département de la Haute-Loire. Présentation générale du site d’implantation et discussion sur la taxonomie.
Sphagnum affine a été observée pour la première fois sur le plateau de Millevaches (Corrèze). Son écologie et ses effectifs sont présentés ici, ainsi qu’une comparaison avec les autres populations connues en France. L’origine de cette population est brièvement discutée.
La Moule chinoise (Sinanodonta woodiana Lea 1834) fournit sa première observation régionale dans le Massif central. Cette espèce exogène est potentiellement invasive.
Le programme IHMAGES a pour objectif d’effectuer des analyses diachroniques en comparant d’anciens relevés de végétation de pelouses xériques, à des nouveaux effectués dans les mêmes sites. Afin de caractériser correctement les habitats concernés nous avons effectué une analyse à partir de 282 relevés appartenant à la classe des Festuco-Brometea Braun-Blanq. & Tüxen ex Klika & Hadač 1944, issus de la bibliographie et de nos prospections. Les résultats de cette analyse nous ont conduites à effectuer une révision de ces pelouses car leur typologie n’était pas simple à appréhender, beaucoup d’associations étant proches floristiquement et synécologiquement. C’était le cas notamment du Campanulo glomeratae-Phleetum phleoidis Billy ex J.-M.Royer & Ferrez 2020 avec le Centaureo approximatae-Brachypodietum pinnati Billy ex Thébaud et al. 2014 ; ainsi que de l’Anemono rubrae-Dactylorhizetum sambucinae Dejou & Loiseau ex J.-M.Royer & Ferrez 2020, du Saxifrago granulatae-Helianthemetum nummularii Billy ex Loiseau & Felzines 2010 avec le Phleo phleoidis-Festucetum lemanii Billy ex Loiseau & Felzines 2010. Les résultats de cette révision conduisent à la caractérisation de 6 associations végétales dont une nouvelle, 11 sous-unités dont 2 nouvelles et 5 changements de statut. La hiérarchisation des variables écologiques discriminantes pour ces végétations, obtenue par DCA et CCA, la description de leur synécologie, leur synchorologie et leur caractérisation dynamique sont détaillées. Les facteurs écologiques les plus discriminants sont le gradient altitudinal et la nature géologique du substrat. L’étude diachronique a permis de constater l’importance de la profondeur du sol dans la dynamique de ces végétations, les pelouses sur sols squelettiques ou très peu profonds étant difficilement envahies par les fourrés, contrairement aux pelouses sur sol plus profond qui ont une dynamique beaucoup plus rapide. Il est donc primordial de bien identifier ces pelouses pour pouvoir établir un diagnostic adapté à la gestion de ces habitats d’intérêt Européen (6210).
The south-western limit area distribution of several arctic relict species (cranberries, Betula nana) occurs in the French Massif central. Although especially localised in a few relict bogs, Vaccinium sect. Oxycoccus show an unexpected cytological diversity with diploids (supposedly V. microcarpum) in several localities of the Massif central sometimes growing in mixture with tetraploids (putatively V. oxycoccos). For the first time in France, we identified hexaploid cranberries. These plants correspond to « Oxycoccos quadripetala (Gilib.) var. majuscula » Chassagne a large, highly floriferous pioneer taxa of lacustrian mires. Oxycoccus palustris var major Lange is also a large leaves cranberry but collected in the vicinity of Oslo. Respectively described from Auvergne in 1957 and from Scandinavia in 1883, these two plants have been ignored by all botanists and remained absent from botanical literature, which is why we typify them here. They could correspond to the same species. Then, a new ecological and evolutionary understanding of cranberries is possible. In any case, this underlines the extreme richness and originality of the Auvergne peatlands, which are now home for three species of cranberry among the four known in the world: V. microcarpum and V. oxycoccos (mostly ombrogenous peatland) and, the apoendemic V. majuscula (only in topogenous mire).