
Face à l’incertitude stratégique qui nécessite de basculer rapidement d’une crise à une autre, l’Armée de l’air et de l’espace (AAE) s’emploie à renforcer ses points d’appui et moderniser ses capacités en outre-mer et à l’étranger (OME) pour gagner en réactivité et pouvoir agir partout dans le monde. Le défi tient aussi à pouvoir faire face à engagements plus durs et aux menaces émergentes comme les drones, mais aussi potentiellement à plusieurs crises simultanées. La dégradation sécuritaire est telle qu’il faudra aussi s’employer à gagner en masse pour tenir dans la durée.
L’économie agricole insulaire des territoires ultramarins a beaucoup évolué au fil de leur histoire. Elle est le fruit d’organisations spatiales et sociales très diversifiées d’un territoire à l’autre, mais toujours caractérisées par l’éloignement des grands centres économiques et politiques, ainsi que la nécessité d’affronter des contraintes particulières, souvent très différentes de celles de la France ou de l’Europe continentale. Les 26 000 exploitations qui exploitent 141 000 ha présentent une grande diversité de structures et de productions. Les filières agricoles et alimentaires ont été amenées à développer des modèles économiques spécifiques pour répondre soit aux besoins des marchés internes, soit à l’opposé pour se positionner sur des marchés internationaux. Elles doivent faire face aux contraintes d’approvisionnement des facteurs de production, les surcoûts sont réels avec peu de possibilités d’économie d’échelle. Ce défi permanent, le monde agricole y répond, avec un accompagnement public ad hoc, et des outils dédiés, notamment le programme européen POSEI et l’établissement public dédié ODEADOM. L’écosystème reste sensible aux changements et aléas climatiques, à des risques sanitaires particuliers, aux évolutions politiques et géopolitiques. Les plans de souveraineté alimentaire, bâtis d’abord sur des approches territoriales avec une forte implication des services locaux de l’État, sont construits pour répondre à ces enjeux.
La Haute-Corse concentre l’essentiel de l’agriculture corse, avec les deux tiers des exploitations et 80 % de la valeur des productions agricoles insulaires, en tirant le meilleur parti de sa géographie, pourtant contrainte, et de productions de qualité (46 % sous signe de qualité). Ces atouts font de l’agriculture une composante essentielle de l’économie de la Corse et de son image en France et à l’étranger.
La Constitution valorise l’insularité ultra-marine. Les treize entités géographiques qu’elle cite sont des îles ou groupes d’îles, à l’exception de la Guyane. Elle autorise les pouvoirs publics à les soumettre à des règles dérogatoires au droit commun, en matière d’engagements internationaux, de régimes législatif et statutaire et de droits et libertés, et ainsi à dessiner, à travers le monde, une mosaïque empreinte de nuances.
Abritant plus de 80 % de la biodiversité française, les territoires d’Outre-mer illustrent par leur patrimoine naturel toute la richesse du vivant. Nos sociétés bénéficient des services écosystémiques essentiels produit par cette biodiversité, qui contribuent largement à la résilience face au changement climatique. Or aujourd’hui, cette biodiversité fait face à l’accumulation des pressions humaines comme l’artificialisation et la surexploitation des milieux naturels, des pollutions multiples, auxquelles s’ajoutent les espèces exotiques envahissantes et les effets des changements climatiques, qui fragilisent ces territoires ultramarins. Face à ce constat, il est devenu indispensable d’intégrer pleinement la préservation du vivant au cœur des politiques publiques. Ainsi, l’OFB est mobilisé aux côtés de l’État, des collectivités et des citoyens pour accompagner ce changement et déployer ses actions afin de garantir un avenir durable aux territoires d’Outre-Mer.