
Cet article évalue la robustesse de la classification des climats proposée par Joly et al. (2010) face aux évolutions climatiques observées en France entre 1961 et 2020. À partir des données de réanalyse SAFRAN, nous avons appliqué cette typologie climatique à des mailles de 8 km, alors que la classification initiale était basée sur des observations interpolées à 250 m. Deux méthodes ont été testées : un modèle bayésien naïf, similaire à celui utilisé dans l’étude originale, et un modèle de random forest, capable de mieux capturer les interactions complexes entre les variables climatiques. Nos résultats montrent que le modèle de random forest reproduit nettement mieux la classification de Joly et al. (2010) appliquée aux données SAFRAN, avec une précision de 95 %, contre 23,7 % pour le modèle bayésien naïf, ce qui traduit une meilleure robustesse aux changements d’échelle et de source des données.L’analyse des quatre normales climatiques successives (1961-1990, 1971-2000, 1981-2010 et 1991-2020) révèle plusieurs dynamiques majeures. Entre la première et la dernière de ces périodes de référence, la température moyenne annuelle s’est élevée de 0,9°C, illustrant la trajectoire du réchauffement en cours, avec une hausse particulièrement marquée dans les régions du sud et de l’est de la France. L’influence océanique s’est renforcée dans le nord-ouest du pays, contribuant à une diminution des contrastes thermiques saisonniers et à une augmentation des précipitations annuelles. En parallèle, une extension du climat méditerranéen est observée, notamment en vallée du Rhône, en Languedoc et en Corse, avec une augmentation marquée du nombre de jours très chauds et une modification de la saisonnalité des précipitations.Ces résultats confirment que la classification de Joly et al. (2010) demeure globalement pertinente pour caractériser les climats en France, mais que certaines zones de transition, notamment dans les régions semi-continentales et méditerranéennes, nécessiteraient des ajustements pour mieux refléter les évolutions climatiques en cours.
Sous la forme d’une évaluation territoriale à dominante sociogéographique, l’article propose un regard critique sur la fabrique des politiques publiques du sport dans l’archipel français de Mayotte – territoire situé à l’entrée du Canal du Mozambique et sans nul autre pareil dans la République. Il évalue et corrèle trois dimensions symptomatiques du dysfonctionnement de l’action publique à destination des sports : les inégalités sociales (offre de services, engagement dans les pratiques, taux de pénétration des licenciés, etc.), l’absence de justice spatiale (destination d’usage, répartition et accessibilité des équipements) et l’incurie d’une gouvernance fragmentée (jeux d’acteurs, négociations, stratégies et concurrences institutionnelles, etc.). La contribution identifie toutefois des pistes de réflexion et trace des perspectives eu égard à la démocratisation, la diversification et la planification du sport dans l’archipel.