
Operational and decision-making needs in crisis management are proliferating. Climate change and a widening range of exposed interests to safeguard are driving regulation to impose ever more requirements—among them a marked demand for innovative tools optimised to support decision-making. This study reviews the scientific literature on the opportunities that geovisualisation offers for crisis management, and analyses existing webmapping practices through a multi-criteria framework grounded in the concepts of ergonomics and interactivity. These findings underpin the development of a crisis-management support platform built on ArcGIS Online (Esri), designed to overcome the limitations of static operational mapping and to meet crisis managers' needs. The prototype was refined further in response to avenues for improvement identified through analysis of existing tools. Drawing on a map-centric approach, this solution foregrounds three capabilities—cross-referencing spatial data, representing it at multiple scales, and sharing information—while also strengthening the operational functions central to crisis management. User trials, particularly in simulated crisis conditions, aim to enhance the tool's decision-support capabilities.
This article aims at evaluating and discussing the space dedicated to cemeteries in the Lyon metropolis (France). Beyond their cultural and religious significance, cemeteries are a necessity in western metropolises. Based on historical aerial photographs, this article provides an insight into the evolution of the surface covered by cemeteries over the last half-century, which, after increasing in the late 20th century, are now slowing their extension. Going from 100 to 166ha since 1950, the surface dedicated to cemeteries is being actively called into question by elected officials and citizens as urban land becomes rarer in the developing city. Those discussions often reveal a negative view of the cemetery as a polluted and wasted space.
For several decades, urban public space has been subject to processes of neoliberalization and increasing privatization, profoundly transforming its political and social functions. Drawing on a critical review of theoretical literature, this article offers an epistemological reflection on the notion of place within public spaces privatized by Business Improvement Districts (BIDs) in the United States. It refers to an urban zone where businesses and property owners collectively fund extra services (cleaning, security, events) to boost their neighborhood. Mobilizing the work of Henri Lefebvre and Don Mitchell, this article shows that the contemporary production of public spaces tends to neutralize their political dimension and to render undesirable presences invisible in favor of standardized and regulated uses. The article also questions the possibility of producing urban places that carry collective meaning and foster authentic social interactions at a time when BIDs contribute to the redefinition of the city and to the privatized production of place. By articulating empirical fieldwork with a theoretical, historical, critical, and spatial approach, this article highlights the tensions shaping the post-Fordist city and the challenges of an effective right to the city, particularly for marginalized populations.
L’article explore les effets sociospatiaux de l’implantation du musée Prada à Milan, en l’envisageant comme un révélateur des mécanismes contemporains de la fabrique urbaine. À travers l’analyse d’un projet culturel porté par une maison de mode de luxe, il s’agit de comprendre comment un acteur économique privé participe à la transformation matérielle, symbolique et sociale d’une zone urbaine. En mobilisant une approche qualitative fondée sur une observation participante, des entretiens et une triangulation de sources documentaires, l’étude met en lumière deux dynamiques principales. D’une part, elle montre que l’instance muséale agit comme un instrument de territorialisation stratégique pour la marque, qui articule enjeux patrimoniaux, esthétiques et narratifs autour d’une friche réinvestie. D’autre part, elle analyse les effets de cette implantation sur les dynamiques de mise en tourisme et de gentrification dans le quartier d’implantation du musée, en soulignant la reconfiguration des usages, des mobilités et des régimes de coprésence entre habitants et visiteurs. Loin de se réduire à un équipement culturel isolé, le musée devient ici un levier de production de nouvelles centralités métropolitaines, structurant un récit urbain promu et approprié par les acteurs publics et privés. À ce titre, la contribution donne à voir la complexité d’avoir Prada pour voisin en interrogeant les logiques de branding territorial à l’œuvre ainsi que les tensions qu’elles engendrent sur le plan social. Le cas milanais illustre ainsi comment le groupe Prada, au-delà de ses fonctions commerciales, s’affirme comme un acteur influent dans la production d’un certain type d’urbanité contemporaine.
Le monde du jeu de société connaît depuis quelques décennies un véritable dynamisme culturel. L’une de ses dernières évolutions concerne le développement des bars à jeux, des établissements à mi-chemin entre le café traditionnel et l’association de jeux de société, qui proposent l’accès à une large collection de jeux en contrepartie de consommations ou d’un droit d’entrée. Cet article propose d’analyser les bars à jeux sous l’angle de dispositifs socio-spatiaux (Di Meo, 1985) qui participent à la fabrication de nouveaux lieux de sociabilité urbaine. Les analyses proposées dans cet article s’appuient sur une ethnographie non-participante (Gold, 1958) réalisées en 2024 dans cinq bars à jeux franciliens, d’analyses de sources secondaires (articles journalistiques, conférences…), ainsi que de trois entretiens semi-directifs avec des gérants de bars à jeux réalisés en 2025. Cette enquête met en évidence un double mouvement : un gain de légitimité culturelle pour le jeu de société d’édition (Berry, 2018) et une transformation des sociabilités urbaines contemporaines. Les bars à jeux apparaissent dans cette étude comme des territoires du jeu adulte, qui sont implantés majoritairement dans les centres urbains et sont fréquentés par des jeunes adultes sans enfant des classes moyennes et supérieures. Ils sélectionnent une offre ludique adaptée aux contraintes économiques, spatiales et temporelles du lieu, en prenant en compte ce qu’ils appellent la « barabilité » des jeux, et se construisent une identité commerciale distinctive semblable à celle des tiers-lieux commerciaux (Burret, 2023). L’analyse met également en lumière l’expérience située de ces espaces. Le jeu y fonctionne comme un médiateur de sociabilité, tandis que l’ambiance matérielle, sonore et relationnelle façonne l’expérience des clients, entre convivialité, co‑présence et tensions liées au bruit ou à la densité. En replaçant le jeu au cœur de la ville, les bars à jeux contribuent alors à redéfinir les manières d’habiter l’espace urbain, de consommer la culture et de produire du lien social.