
L’acupuncture, une des branches de la médecine traditionnelle chinoise, comporte la stimulation de points spécifiques, localisés à des endroits précis du corps, au moyen de l’insertion d’aiguilles ou d’autres techniques de stimulation ponctuelle, telle la moxibustion. Elle, est largement et de plus en plus utilisée comme thérapeutique complémentaire ou intégrative, pour soulager la douleur. Son efficacité est reconnue par de nombreuses publications dont les conclusions sont fondées sur le système GRADE. La bibliométrie recense environ 9500 essais cliniques contrôlés randomisés en acupuncture, dont 3500 essais cliniques contrôlés randomisés et environ 1100 revues systématiques et méta-analyses portant sur la douleur chronique, domaine qui représente donc environ près du tiers du total des études cliniques sur l’acupuncture. L’efficacité antalgique de l’acupuncture est confirmée avec un haut niveau de preuve dans les indications suivantes : céphalées et migraines, lombalgies et cervicalgies, syndrome fibromyalgique, douleurs articulaires des membres dont les scapulalgies, dysménorrhées. De plus, une efficacité certaine, de l’acupuncture est démontrée dans la névralgie post-herpétique zostérienne, le syndrome myofascial, les douleurs temporo-maxillaires, syndrome de l’intestin irritable, douleurs postopératoires et celles liées à des traitements oncologiques telles les arthralgies et douleurs neuropathiques, et aussi dans les douleurs pelviennes et liées à l’accouchement. De plus, les recommandations par les sociétés savantes et institutions de santé confirment et même étendent plus largement ces indications dans les pathologies douloureuses. La recherche fondamentale est tout autant représentée avec plus de 8500 publications sur l’animal, dont ¼ environ, centrées sur les mécanismes de l’acupuncture dans la douleur. Bien que le mode d’action ne soit pas encore complètement élucidé, la technologie biomédicale récente a permis de notables avancées. L’existence des points d’acupuncture a été objectivée et leurs caractéristiques histophysiologiques et chimiques précisées. Des relations spécifiques des points avec le système nerveux central et périphérique ont été démontrées. La mise en jeu du tissu conjonctif dans la transmission du signal de mécanotransduction déclenché par l’aiguille a été visualisée. Dans le domaine de la douleur, ces recherches ont mis en évidence la libération de neurotransmetteurs et leur modulation, l’effet anti-inflammatoire au niveau moléculaire ainsi que la régulation de processus immunitaires impliqués dans l’analgésie acupuncturale. La pratique de l’acupuncture, en France, est réservée aux professions médicales, reconnue par les Conseils de l’Ordre concernés et valorisée par la sécurité sociale. L’enseignement conduisant à ces validations est délivré uniquement par les universités agréées. Une initiation à l’acupuncture a, de plus, été introduite dans l’enseignement obligatoire du 2e cycle des études médicales en 2022. Toutes ces données sont une incitation à intégrer plus largement l’acupuncture, dans la médecine du patient douloureux, comme outil complémentaire et scientifiquement valable et à encourager la recherche clinique et fondamentale.
À Gustave Roussy, le transport interne des patients a été identifié dès 2006 comme une cause de douleurs, souvent sous-estimée. Une étude initiale à l’initiative des brancardiers a permis de repérer les principaux facteurs de risque, conduisant à l’élaboration d’un plan de progrès en collaboration avec le service qualité de l’hôpital et le Comité de lutte contre la douleur (CLUD). Au fil des années, ce plan a été continuellement enrichi par des actions d’amélioration validées auprès des patients et des professionnels concernés. Ce sont principalement les patients douloureux qui souffrent des douleurs provoquées par le transport interne. Mais elles peuvent être anticipées grâce à l’administration préventive d’antalgiques, au choix du mode de transport adapté à l’état de santé des patients, et au confort des matériels utilisés pour leurs déplacements. La prévention de ces douleurs repose aussi et nécessairement sur des actions de sensibilisation et d’apprentissage à travers des sessions de formation. Des enquêtes successives ont montré une diminution constante des douleurs provoquées par le transport interne sur tous les facteurs de risques, et actuellement ce dernier n’est plus rapporté comme une cause de douleur par les patients.
L’endométriose est une maladie chronique inflammatoire touchant 10 % des femmes, la douleur étant la pierre angulaire de la symptomatologie (dyspareunie, douleur pelvienne chronique, dysurie, douleur à la défécation, dysménorrhées). La prise en charge est globale, pluridisciplinaire, personnalisée et adaptée à chaque femme. Actuellement, l’hormonothérapie est le seul traitement étiologique permettant de contrôler l’évolution de la maladie. La prise en charge antalgique associe les approches médicamenteuses, rééducatives, psychocorporelles, socio-professionnelles et parfois chirurgicales. De récentes recommandations ont été éditées afin de faire le point sur le bilan clinique initial et les différents axes thérapeutiques. L’objectif de notre travail est de proposer une description simple de la physiopathologie de la maladie endométriosique afin d’améliorer la compréhension des cliniciens prenant en charge les patientes. La première consultation est fondamentale et nécessite un bilan exhaustif des différentes composantes de la douleur pelvi-périnéale liée à l’endométriose (nociceptive, d’expression neuropathique, sensibilisation périphérique, voire centrale) ainsi que son retentissement sur tous les aspects de la vie de la femme atteinte.