
In Mexico, despite a national convergence of mortality towards non-communicable diseases, regional health inequalities have received little attention. This study examines national trends in cause-specific mortality in Mexico and analyzes disparities between states based on their regional mortality profiles between 2000 and 2024. Using data from the registered death statistics in Mexico, a hierarchical agglomerative clustering (HAC) is applied to regional age-standardized mortality rates by cause of death to identify mortality profiles by sex across five-year periods. Results show that, at the national level, mortality remained concentrated in a limited set of chronic non-communicable causes, whereas at the regional level, the HAC reveals a heterogeneity of profiles across Mexican territory, structured differently according to gender. This study contributes to the literature on regional health inequalities in Mexico by providing a multi-cause, sex-differentiated regional mortality typologies over a 25-year period, complementing an existing literature that has mainly relied on single-cause analyses. These findings support the case for place-based public health policies that are differentiated both by region and by sex, taking into account the specific epidemiological drivers underlying each identified regional profile.
The article analyzes urban growth and hierarchies in Mexico between 1990 and 2020. Since 2010, around 80% of the population has been inhabiting urban areas, a level comparable to North American and European standards. During this period, population growth has decelerated in municipalities with over one million inhabitants, while medium-sized cities have experienced an increase in relative importance. The present study utilizes historical census data from the Mexican National Institute of Statistics and Geography (INEGI) to examine how demographic shifts have reconfigured the urban system. The methodology employed combines rank-size estimations, growth-rate indicators, and cartographic analysis at the municipal level.At the national level, the results of the study highlight a dual dynamic. On the one hand, population growth remains predominantly concentrated in metropolitan areas and large urban agglomerations. However, the primatial model that previously prevailed has gradually given way to a more diversified hierarchy. This analysis underscores a partial shift in population density from central municipalities to their peripheral areas, indicative of a renewed metropolitan concentration process. The case studies of Valle de México, Monterrey, and Guadalajara serve to refine this depiction by illuminating how these national trends are reflected in the three largest metropolitan areas. Metropolitan growth, understood as urban expansion within a metropolization context, has the effect of simultaneously creating distance between demographic expansion and historic centers while strengthening large metropolitan areas as central nodes in the national hierarchy. This strengthening occurs, however, through distinct metropolitan trajectories. This observation gives rise to novel inquiries regarding the mechanisms underpinning the relationships between demographic change, metropolitan restructuring, and local disparities.
La transition démographique est un phénomène universel qui est constitué du passage d’un régime démographique ancien à un régime nouveau. Pendant la transition, la mortalité et la natalité baissent avec un décalage temporel, si bien que la croissance naturelle est forte. Beaucoup d’auteurs ont défini la transition sans donner de marqueurs précis de sa fin. Cet article essaye de le faire et de l’appliquer au Mexique à différentes échelles : nationale et régionale.Ainsi, il montre que la transition est terminée à l’échelle nationale et qu’elle a duré un siècle avec un multiplicateur transitionnel de plus de neuf. De même, l’originalité mexicaine est double : l’accroissement naturel est élevé pendant et après la transition et les indicateurs de mortalité ont peu progressé pendant le début du XXIe siècle.À l’échelle régionale, les disparités sont fortes, car les populations sont très hétérogènes. La transition démographique est clairement terminée dans les États du nord et du centre du pays. Par contre, elle ne n’est pas dans les États du sud du pays le long de la côte pacifique. Ce sont les États les plus pauvres, les plus ruraux et ceux comportant la plus grande part de population autochtone.
Les mobilités résidentielles sont le principal moteur de la réécriture de la division sociale de l’espace. Cette division est marquée, en ville, entre autres par des dynamiques de ségrégation, d’extension en périphérie des lotissements populaires, de vieillissement des anciennes périphéries populaires consolidées, ou encore de gentrification des centres et des péricentres. En filigrane de ces processus, se jouent des mécanismes de filtrage résidentiel, qui permettent d’interpréter et de suivre les trajectoires des ménages d’une part, des quartiers d’autre part. L’objectif de l’article est ainsi de comprendre, avec l’exemple de Mexico, les liens entre la mobilité résidentielle et les trajectoires de la ségrégation, ainsi que les recompositions socio-spatiales qu’ils impliquent, à travers une approche diachronique. L’analyse de données issues des recensements de 1990, 2000, 2010 et 2020 (données individuelles et agrégées) permet une approche combinée des tendances socio-territoriales. L’articulation des lieux et des espaces sociaux soulignent à la fois la variété des expériences des habitants et des contextes, mais met aussi en lumière les grands processus urbains à l’œuvre à l’origine d’une croissance des inégalités, causes et conséquences de ces filtrages.
Dans l’État de Chihuahua, les sécheresses répétées des dernières années accentuent les tensions autour de l’accès à l’eau déjà fragile dans cette région semi-désertique du nord du Mexique et exacerbent les inégalités entre diverses communautés agricoles. La dimension historique de l’implantation et du développement agricole de ces communautés joue par ailleurs un rôle essentiel dans les disparités territoriales observées. Ce travail de recherche, mené en 2024, analyse les vulnérabilités hydriques et les stratégies d’adaptation des agriculteurs et éleveurs du bassin versant endoréique de la Laguna de Bustillos, principal pôle agricole de la région. En s’appuyant sur une approche géohistorique, des analyses spatiales satellitaires et des entretiens semi-directifs, l’étude met en évidence des inégalités socio-structurelles d’accès à l’eau selon les types de propriétés agricoles (Ejidos, Colonias agrarias, Campos Mennonites et Propriedades privadas). Les résultats montrent que la pénurie d’eau, aggravée par la surexploitation des nappes souterraines et le changement climatique, renforce les déséquilibres spatiaux, sociaux et économiques entre producteurs. Les Mennonites implantés à l’ouest de la Lagune disposent d’un accès privilégié à la ressource et d’une irrigation technicisée, tandis que les ejidatarios, moins capitalisés, se désengagent progressivement de la production. L’étude met toutefois en évidence des nuances dans ce modèle et souligne la nécessité d’une gouvernance polycentrique et d’une approche participative de la gestion hydrique à l’échelle locale.