
Objectifs de l’étude L’utilisation de l’imagerie par résonance magnétique est en augmentation chez les patientes enceintes, qui doivent pouvoir en bénéficier pour son apport diagnostique sans exposition aux radiations ionisantes. Toutefois, cette utilisation soulève des préoccupations concernant l’impact des champs électromagnétiques, des agents de contraste à base de gadolinium et du bruit acoustique sur le développement fœtal. L’objectif de cette revue était d’évaluer l’utilisation de l’imagerie par résonance magnétique pendant la grossesse et l’allaitement en analysant les risques potentiels pour la mère (y compris en situation d’exposition professionnelle), le fœtus et le nourrisson allaité. Matériel et méthodes Une revue systématique suivant les critères Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses a été réalisée, couvrant des études cliniques, précliniques et de cas publiés entre 2000 et 2025. Les données ont été extraites et analysées selon cinq catégories : études de simulation, sur modèles animaux, chez la femme enceinte, en contexte d’allaitement et chez les travailleuses exposées. Résultats Les 66 études retenues indiquent qu’en cas d’exposition lors d’examens habituels avec des appareils de 1,5T et 3T, le risque pour le fœtus demeure minimal, sous réserve du respect des consignes de débit d’absorption spécifique et d’amplitude des gradients de champ magnétique. Les recommandations actuelles préconisent une utilisation limitée des agents de contraste gadolinés pendant la grossesse, privilégiant les agents macrocycliques lorsqu’ils sont indispensables. En ce qui concerne l’allaitement, l’excrétion minime de gadolinium dans le lait maternel ne nécessite pas d’interruption. Pour les travailleuses enceintes exposées professionnellement, aucune incidence significative sur les issues de grossesse n’a été observée lorsque les protocoles de sécurité sont respectés. Conclusion Cette revue confirme que, sous conditions de sécurité strictement respectées, l’imagerie par résonance magnétique est réalisable à tout terme de la grossesse sans compromettre la santé maternelle ou fœtale. L’administration d’agents de contraste gadolinés pendant l’allaitement apparaît compatible sans nécessité d’interruption. Les discordances observées entre études incitent toutefois à poursuivre les recherches sur de plus grandes populations.
La prise en charge des dysfonctions pelvipérinéales repose largement sur l’imagerie par résonance magnétique, examen de référence, permettant une analyse morphologique et dynamique des prolapsus, notamment dans les cas complexes. Cependant, en France, les pratiques sont hétérogènes. En réponse, la Société d’imagerie de la femme a proposé un compte-rendu standardisé en 2022 afin d’uniformiser les pratiques. Un manque d’uniformité dans les protocoles d’imagerie par résonance magnétique et la terminologie utilisée sont toujours observés. Notre consensus vise donc à homogénéiser ces pratiques grâce à un protocole unique et un compte-rendu structuré. L’imagerie par résonance magnétique dynamique pelvipérinéale permet d’identifier et de classer les prolapsus selon la classification de Baden et Walker, tout en facilitant la communication médicale et permettant l’amélioration de la prise en charge des patientes.
Le syndrome de congestion pelvienne, également connu sous le nom de désordre veineux pelvien, est une condition médicale complexe, méritant une évaluation clinique rigoureuse ainsi qu’une imagerie dédiée pour supporter le diagnostic et éliminer une cause majeure sous-jacente. Le traitement est fortement basé sur les symptômes cliniques et nécessite une connaissance approfondie de l’anatomie veineuse pelvienne afin d’offrir une intervention endovasculaire appropriée.
L’échographie pelvienne, et en particulier l’échographie endovaginale, est l’examen d’imagerie de première intention pour le diagnostic des douleurs pelviennes chroniques, notamment en cas de suspicion d’endométriose. Si la voie endovaginale a des performances diagnostiques optimales par rapport à la voie sus pubienne, elle expose néanmoins la patiente à une situation potentielle de vulnérabilité physique et émotionnelle liée à un examen touchant à l’intimité. Les recommandations de la Haute Autorité de santé émises en 2025 introduisent une thématique du « savoir-être » intégrée au « savoir-faire » du praticien, fondée sur le respect de la dignité, le consentement libre et éclairé, la communication, et la création d’un climat de confiance, plaçant l’expérience patiente au cœur de la démarche du parcours de soin. Ces items, longtemps implicites, deviennent aujourd’hui des critères explicites de qualité et de sécurité du soin. Cet article présente une synthèse de ces recommandations, basées sur une revue de la littérature et des avis d’experts, pour un diagnostic respectueux et partagé incluant le respect des droits et de la dignité de la patiente, l’information, le consentement éclairé, le respect de l’intimité, la prévention de l’anxiété, de l’inconfort et/ou douleurs potentielles lors de la voie endovaginale, la communication verbale et non verbale tout au long de l’examen.
La stratégie diagnostique de première ligne de l’endométriose pelvienne, mise en œuvre par le médecin généraliste, la sage-femme et/ou le gynécologue, repose sur l’interrogatoire et/ou l’examen clinique. En cas de symptômes et/ou signes cliniques, une échographie endovaginale de première ligne pourra être pratiquée par tout personnel de santé dans le cadre de leur périmètre de compétence réglementaire. La stratégie diagnostique de deuxième ligne, mise en œuvre par le gynécologue référent et un radiologue référent, repose sur la réalisation d’une imagerie par résonance magnétique (IRM) pelvienne avec ou sans échographie endovaginale par un référent. La stratégie de troisième ligne est dédiée à la stadification préopératoire, et sera basée sur une décision de réunion de concertation pluridisciplinaire, et s’appuie sur l’utilisation de classifications diagnostiques en IRM (notamment le Deep Pelvic Endometriosis Index). Lors de la réunion de concertation pluridisciplinaire, il pourra être discuté la réalisation d’une échoendoscopie rectale, d’une entéro-IRM ou d’un coloscanner en complément.