
The excavation of the Gravettian site of Amiens-Renancourt 2, carried out in 2011 and 2012 by Inrap, provided an opportunity to accurately document the chronostratigraphic and palaeoenvironmental context of a settlement attributable to the Early Upper Palaeolithic in northern France. The occupation takes place in a 4-metre-thick pleniglacial less sequence resting on thick chalky slope deposits covering an alluvial terrace. This less sequence covers the transition from the Middle Pleniglacial to the Upper Pleniglacial, between approximately 35 and 24 ka. The Renancourt 2 sequence provides the most detailed malacological record to date for this period in the region. Backed up by several radiocarbon and OSL dates, the evolution of the malacofauna allows correlations to be proposed with the succession of stadial and interstadial phases defined in the NGRIP record. Dating, micromorphological study, regional stratigraphic correlations and malacological study all contribute to placing the stratigraphic unit containing the lithic industry at the end of the Middle Pleniglacial, at the top of the Saint-Acheul/Villiers-Adam soil complex. This unit was formed by aeolian deposits but also by colluvial processes. The occupation took place during a malacozone, which reflect an interstadial context. The three C-14 ages selected for the part of unit [8] concerned by the archaeological occupation yield very similar intervals of 32,147-33,684 (bone 664), 31,749-33,532 (bone 439) and 31,913-33,768 cal BP (earthworm granule). The Gravettian occupation can thus be correlated with Greenland interstadial (GI) 5.2 or possibly GI 6. In any case, detailed study of the Renancourt 2 sequence demonstrates the link between archaeological occupation and a phase of interstadial climatic improvement. This site is therefore a major element in demonstrating the discontinuous occupation of the region during the Upper Palaeolithic, in relation to short phases of climatic improvement and the concomitant presence of vegetation allowing the expansion of large herbivores.
L’étude engagée porte sur des paléosols attribués à l’interstade de l’Allerød (14 692-12 896 cal. BP) dans le bassin de la Grande Limagne d’Auvergne (Massif central, France), fossilisés sous le complexe téphrique CF1a-CF1b issu de l’éruption du Puy de la Nugère.Les analyses micromorphologiques et sédimentologiques mettent en évidence une large gamme de traits pédogénétiques, tels que des structures hydromorphes, des accumulations carbonatées et des horizons organo-minéraux riches en matière organique permet-tant d’identifier plusieurs types de sols, parmi lesquels, un chernosol (CF-PCH), un colluviosol calcaire (LP-GAR), un colluviosol alluvio-colluvial (PDC-CP) et un colluviosol argileux à caractère rédoxique (CF-RJA).Cette diversité pédologique reflète des contextes géomorphologiques contrastés et des conditions environnementales variables à l’échelle du bassin. L’état de conservation exceptionnel de ces sols constitue ainsi une archive paléopédologique précieuse pour la reconstitution des dynamiques environnementales rapides de l’Allerød dans les marges méridionales de l’Europe au cours du Tardiglaciaire.
Les évolutions long-termes des paysages et environnements alpins sont contrôlées par l'interaction entre processus endogènes (tectonique, géodynamique) et exogènes (climat, érosion). Pourtant, leurs contributions respectives restent difficiles à quantifier, chacun opérant à des échelles spatio-temporelles variées et emboîtées (du mètre au kilomètre et de la centaine au million d'années). Ces paramètres physiographiques ont fortement influencé l'habitabilité des régions alpines et le développement long-terme des écosystèmes. Depuis la fin du Néogène, l'évolution des Alpes occidentales a été marquée par des changements tectoniques et climatiques majeurs. Le couplage entre ces processus internes et externes, a entraîné des variations dans les taux d'exhumation et le développement du relief, ainsi qu'une réorganisation du réseau hydrographique. Cependant, ces dynamiques restent mal contraintes en raison de la rareté des archives géomorphologiques disponibles, qui sont érodées généralement rapidement (~10-100 ka) en contexte alpin. Ces travaux de thèse se focalisent sur les massifs subalpins, du Vercors et de la Chartreuse, où l'évolution long terme du relief est reconstituée en mesurant les taux d'incision des vallées grâce à la datation des archives géomorphologiques. Ces massifs calcaires bénéficient d'une « immunité karstique », qui permet la préservation, sur le long terme (~10 Ma), de générations successives d'archives, tant en surface (replats, paléo-vallées) qu'en sub-surface (réseaux souterrains). La géométrie 3D de ces archives est modélisée pour reconstruire les paléo-niveaux de base correspondants, et les sédiments associés sont datés (isotopes cosmogéniques 26Al et 10Be, paléomagnétisme, U-Th et U-Pb) afin de contraindre les phases de fonctionnement, d'abandon, et parfois de réactivation, de ces systèmes. Cette étude a permis d'établir un modèle d'évolution des reliefs subalpins et des réseaux souterrains associés. La production et la réorganisation du relief est dans un premier temps couplée à la structuration tectonique des massifs subalpins à la fin du Miocène. Après une quiescence pliocène, la réjuvénation du relief est ensuite corrélée aux oscillations climatiques et glaciaires pléistocènes. Ce travail souligne le fort potentiel des archives karstiques pour reconstituer l'évolution long terme des environnements alpins.
Le dernier interglaciaire (LIG pour Last Interglacial, 130000 - 115000 ans avant aujourd’hui) constitue une période privilé-giée pour les modèles du Système Terre utilisés pour les projections climatiques au xxie siècle. Jusqu’à présent, ces modèles pour simuler le dernier interglaciaire n’utilisaient comme forçages que la variation des paramètres orbitaux et le changement du contenu atmosphérique en gaz à effets de serre (principaux gaz : CO2, CH4 et N2O). Dans cet article, nous examinons le fait qu’au dernier interglaciaire, le niveau marin (GMSL pour Global Mean Sea Level) s’est stabilisé entre 2,7 et 9 m plus haut qu’au préindustriel. La contribution des calottes groenlandaise et antarctique reste difficile à établir (Kopp et al., 2009 ; Dutton & Lambeck, 2012 ; Quiquet et al., 2013 ; Barnett et al., 2023). Nous avons donc cherché à modéliser, à travers des expériences de sensibilité, l’impact de la seule prise en compte de ce niveau marin sur le climat du LIG. Nous avons effectué des simulations à l’équilibre, semblables à celles récemment publiées par Zhang et al. (2023) avec le modèle du système Terre norvégien (NorESM1-F). Nos simulations avec le modèle de l’IPSL en version CM6A basse résolution (IPSL-CM6A-LR) montrent également une forte sensibilité du climat du LIG à la prise en compte du niveau marin. Nous analysons ici les points communs et les différences régionales que montrent les résultats de ces simulations pour les deux modèles. La première conclusion importante est que, pour les deux modèles, la prise en compte du niveau marin a un impact notable sur le climat simulé; c’est donc un facteur à prendre en compte. La seconde conclusion est que la réponse des températures de surface des deux modèles à cet impact a des caractéristiques régionales différentes.