
Dans une dysharmonie dento-maxillaire associée à une biproalvéolie, l’extraction des quatre premières prémolaires constitue le schéma de référence : ce choix repose sur la position des dents sur l’arcade, non sur leur pronostic individuel. Nous rapportons le cas d’un garçon de treize ans et demi présentant une classe I squelettique hyperdivergente, un encombrement de sept à neuf millimètres à chaque arcade et une biproalvéolie importante, chez qui les deux incisives centrales maxillaires étaient porteuses d’un dens in dente de type III d’Oehlers, bilatéral et symétrique. Ces dents étaient vitales et asymptomatiques, mais leur anatomie interne rendait aléatoire toute thérapeutique endodontique ou restauratrice ultérieure. Après avis endodontique spécialisé et décision partagée avec la famille, les 11, 21, 34 et 44 ont été extraites. Un traitement multi-attaches bimaxillaire de vingt-quatre mois, en slot .022 × .028 et prescription Roth, a permis la fermeture des espaces, les incisives latérales venant occuper la position des centrales, la finition étant conduite en quatre mois par aligneurs fabriqués au cabinet. La séquence esthétique (gingivectomie, éclaircissement et restaurations composites directes) a été différée jusqu’à la majorité du patient, le composite étant assumé comme restauration d’attente. Le résultat associe une classe I molaire, une compétence labiale acquise et une intégration esthétique indiscernable, stable à deux ans. Ce cas illustre que le choix des dents à extraire gagne à être piloté par le pronostic dentaire individuel.
L’incisive incluse ou retenue représente une situation clinique assez fréquente en orthodontie pédiatrique et interceptive, dont la prise en charge nécessite une coordination rigoureuse entre le diagnostic radiologique, la décision chirurgicale et le traitement orthodontique. Cet article propose une revue des données disponibles sur l’étiologie, le diagnostic et la gestion des incisives incluses, puis expose les modalités d’application du laser diode dans ce contexte clinique. Le laser diode offre une double action synergique : une action ablative permettant la frenectomie, les lambeaux d’accès, la fenestration ou la gingivectomie sans saignement, et une action de photobiomodulation (PBM) contribuant à réduire la douleur, accélérer la cicatrisation et favoriser l’éruption dentaire guidée. L’évaluation radiologique par orthopantomogramme (OPT) permet d’estimer du niveau de difficulté et une adaptation du protocole. En fin d’article, les aspects pratiques de l’intégration du laser diode au cabinet d’orthodontie, le choix du matériel et l’organisation sont développés.
Les traumatismes dento-alvéolaires sont fréquents chez les patients candidats à un traitement orthodontique ou en cours de traitement. Si leur prise en charge initiale est codifiée par les recommandations de l’International Association of Dental Traumatology (IADT), les modalités de reprise du traitement orthodontique restent mal établies et reposent surtout sur des avis d’experts et des séries de cas. Cet article présente les bases biologiques qui justifient un délai avant la reprise, les complications qui la conditionnent, le bilan à réaliser, puis les conduites à tenir selon le type de traumatisme. La cicatrisation du ligament alvéolo-dentaire en est le principal déterminant : une reprise trop précoce favorise résorption radiculaire, nécrose pulpaire et ankylose. Une distinction est proposée entre le mouvement orthodontique réalisé au titre du traitement du traumatisme, qui peut être immédiat, et la reprise du traitement orthodontique global, toujours différée. Un tableau de synthèse rassemble, pour chaque type de traumatisme, les délais indicatifs, les examens et les critères de reprise ainsi que l’intensité des forces. En pratique, la reprise ne dépend pas d’un délai fixe mais de la qualité de la cicatrisation, sous surveillance clinique et radiographique standardisée, avec des forces légères et une mise en charge progressive.
Les white spot lesions (WSL, taches blanches de déminéralisation) constituent une complication fréquente des traitements orthodontiques fixes et peuvent représenter une gêne esthétique après la dépose. Elles correspondent à des déminéralisations amélaires initiales dont l’augmentation de porosité modifie les propriétés optiques de l’émail. La prévention demeure prioritaire : contrôle du biofilm, alimentation non cariogène et agents reminéralisants. Lorsque les lésions sont stabilisées mais restent visibles, deux traitements micro-invasifs peuvent être proposés : la micro-abrasion amélaire, qui élimine de façon contrôlée la couche superficielle de l’émail, et l’érosion-infiltration, qui réduit l’opacité en comblant les microporosités responsables de la diffusion lumineuse. Leur association repose sur une complémentarité théorique ciblant à la fois la surface et la composante interne de la lésion. Des données récentes suggèrent un intérêt de cette approche combinée, mais le niveau de preuve reste limité et n’autorise pas à la considérer comme un protocole standardisé. Cet article en analyse le rationnel biologique, présente les données disponibles et propose une approche clinique individualisée fondée sur la nature de la lésion, son activité et les attentes esthétiques du patient.