
La présente étude vise la caractérisation de la quantité d’eau potable prélevée par les ménages de la basse vallée de l’Ouémé au Bénin. Pour identifier les déterminants de cette quantité d’eau utilisée, des régressions logistiques simple et multiple ont été réalisées. Les logiciels SPSS 23 et XLSTAT ont servi à ces différentes analyses. Les données de cette étude ont été collectées dans 175 ménages. Les résultats révèlent que la quantité d’eau potable utilisée dans la basse vallée de l’Ouémé pour les besoins domestiques est de 34 ± 12 L∙d-1 par habitant. Cette quantité d’eau varie cependant en fonction du cadre géographique et des facteurs tels que la disponibilité de points d’eau potable, la distance à la source et la saison. Ainsi, la quantité d’eau prélevée dans les communes d’Adjohoun (39 ± 14 L∙d-1 par habitant) et Dangbo (36 ± 12 L∙d-1 par habitant) est supérieure à la moyenne de l’étude. Par contre, celles de Bonou (34 ± 12 L∙d-1 par habitant), Sô-Ava (32 ± 12 L∙d-1 par habitant) et Aguégués (27 ± 10 L∙d-1 par habitant) sont inférieures à la moyenne. La non-disponibilité de points d’eau potable (rapport de cote ajusté [RCA] = 0,05 [0,01-0,29], p < 0,01), la saison pluvieuse (RCA = 0,17 [0,04-0,76], p < 0,05), ainsi que des distances supérieures à 300 m (RCA = 0,13 [0,02-0,7], p < 0,05) prédisent un risque de consommation d’un volume d’eau inférieure à 20 L∙d-1 par habitant.
Depuis les années 1920, la ville de Zinder est confrontée à une pénurie récurrente d’eau de consommation dont les causes sont diversement interprétées selon les contextes et les périodes. Ce travail propose des regards croisés pour appréhender la profondeur du problème. À partir d’un inventaire de récits étiologiques analysés avec les outils de la mythocritique d’une part, des données hydrométriques et des enquêtes d’autre part, les questions relatives à la production et à la gestion de l’eau, au pessimisme des populations quant à une solution définitive sont étudiées. Les analyses croisées mettent en évidence trois principales explications. D’abord, l’imaginaire populaire enseigne que la pénurie d’eau trouve son explication dans des mythes qui, loin d’être de simples ornements culturels, s’inscrivent dans une perspective de légitimation d’un pouvoir face à des envahisseurs à la peau blanche. Ensuite, l’analyse de débits des forages met en exergue la faible disponibilité de la ressource du fait du soubassement cristallin très peu altéré. Ainsi, sur une quinzaine de forages échantillonnés autour de la ville, la productivité moyenne est de 0,57 m3∙h-1 (±0,47). Soixante pour cent des forages ont un débit inférieur à la moyenne et sont à peine considérés comme productifs. Enfin, les volumes d’eau produits par les stations de pompage sont toujours inférieurs aux besoins croissants des usagers. Les infrastructures hydrauliques réalisées et les arguments scientifiques fournis convainquent de moins en moins les populations quant à la résolution définitive de la pénurie d’eau. De ce fait, selon l’interlocuteur ou l’échelle spatiale d’analyse, la pénurie s’interprète comme une donnée naturelle, économique et sociopolitique. Pour gérer cette pénurie, les structures d’exploitation de l’eau de la ville ont développé des stratégies telles que le délestage, l’utilisation de « bons » d’accès à l’eau et la limitation des branchements.
Cette étude vise à déterminer l'influence des caractéristiques des sources des forages et des matériaux utilisés dans les systèmes de distribution d’eau potable sur le développement de biofilms dans les conduites de la région d’Ouargla (Algérie). Nos échantillons ont été sélectionnés en fonction de la nappe, du matériau et de l’âge des conduites alimentant la région. Pour la réalisation de nos expériences, nous avons prélevé mécaniquement 27 échantillons de biofilms dans plusieurs conduites de distribution fabriquées à base de différents types de matériaux : cuivre, polychlorure de vinyle (PVC) et polyéthylène haute densité (PEHD), et à partir de différentes nappes (albienne, sénonienne et miopliocène). Plusieurs souches bactériennes ont été identifiées grâce à l’utilisation de la technologie de spectrométrie de masse à désorption-ionisation laser assistée par matrice avec analyseur de temps de vol (MALDI-TOF). Les résultats obtenus démontrent que les conduites en cuivre semblent être défavorables à la colonisation bactérienne tandis qu’une grande variété d’espèces bactériennes a été retrouvée sur les matériaux en PVC et en PEHD. La capacité des souches isolées à former des biofilms a également été étudiée in vitro. La majorité des souches isolées, cultivées en biofilm simple et mixte, ont montré une forte capacité à former des biofilms.
La nappe d’eau superficielle appartenant au système hydrogéologique fluvio-lacustre et volcanique d’âge plio-quaternaire est située dans une zone subsidente, à effondrement récent, allongée entre Timahdite et Almis Guigou du Moyen Atlas, Maroc. La région d’étude est occupée essentiellement par des zones agricoles caractérisées par une utilisation importante d’engrais chimiques et de pesticides qui représentent, en plus des rejets domestiques, un risque permanent sur la qualité des eaux souterraines. Nous avons étudié la vulnérabilité à la pollution de la nappe d’eau de cette région, en utilisant deux méthodes, DRASTIC et SI, avec l’utilisation des logiciels ArcGIS 9.3 et Erdas Imagine 8.4. La validation de ces deux méthodes a été testée en comparant la répartition des nitrates dans les eaux souterraines et les différentes classes de vulnérabilité. Trois classes de degré de vulnérabilité à la pollution ont été identifiées par les deux méthodes (faible, moyenne et élevée). La classe de degré de vulnérabilité moyenne est la plus dominante avec 60 % pour la méthode DRASTIC et 49,81 % pour celle de SI. Le taux de coïncidence des concentrations en nitrates des eaux souterraines avec les différentes classes de vulnérabilité établies est de 76,92 % et 61,54 % respectivement pour les méthodes SI et DRASTIC. De ce taux de coïncidence, la méthode SI parait mieux évaluer la vulnérabilité à la pollution aux nitrates.
Afin d’évaluer l’impact des changements climatiques sur les ressources en eau, nous réalisons dans ce travail une analyse statistique spatio-temporelle de certaines variables climatiques du bilan hydrique. En effet, pour comprendre les variations climatiques ayant eu lieu dans le passé, l’analyse statistique doit se faire sur des séries chronologiques de données représentatives aussi bien sur le plan spatial que temporel. Toutefois, ces séries de données présentent souvent des lacunes dans les mesures et des irrégularités qui entravent leur utilisation directe. Pour cela, l’analyse statistique adoptée dans cette étude s’est appuyée sur trois étapes : i) le comblement des données manquantes par deux méthodes d’imputation, à savoir la méthode d’imputation multivariée par des équations enchainées (MICE) et la méthode des k plus proches voisins (k-NN); ii) la détection des changements significatifs ayant eu lieu dans le passé dans les séries chronologiques. Les dates de ces changements sont marquées par des ruptures au niveau de la moyenne des variables climatiques étudiées. Ces ruptures ont été validées par trois tests statistiques (Pettitt, Buishand et homogénéité normale SNH); iii) l’investigation de tendances potentielles dans les données climatiques par les tests statistiques (Sen et Mann-Kendall) ainsi que par une projection future. Comme application, nous avons traité les données climatiques pour les périodes 1974-2016 et 2021-2050 issues de cinq stations météorologiques du périmètre du Gharb situé au nord du Maroc. Les résultats obtenus montrent que la méthode d’imputation de MICE est la plus performante pour toutes les stations. Pour les tendances, les séries de températures, d’évapotranspiration potentielle et du déficit hydrique présentaient des tendances significatives à la hausse sur tous les pas de temps. Tandis que pour les séries de précipitations, les tendances étaient non significatives. Les projections à l’horizon 2021-2050 ont fait ressortir que nous pourrions assister à un léger décalage de la saison la plus pluvieuse de l’année et l’effet du réchauffement serait plus important en allant de l’ouest vers l’est du périmètre du Gharb en raison de l’effet de continentalité.