Introduction Les maladies cardiovasculaires constituent une cause majeure de morbi-mortalité, y compris en milieu professionnel. Les facteurs de risque tels que la sédentarité, le stress, le travail posté ou de nuit et la charge physique sont fréquents dans le contexte professionnel. La prévention du risque cardiovasculaire (RCV) est donc un enjeu essentiel en santé au travail. Les montres connectées équipées d’ECG représentent une innovation prometteuse pour la surveillance et la prévention du RCV. Matériel et méthode Les montres connectées de dernière génération intègrent des capteurs cardio-photopléthysmographiques (PPG) pour la fréquence cardiaque et parfois des capteurs ECG (une dérivation), des accéléromètres tri-axiaux, des gyroscopes, des capteurs de température cutanée, et des algorithmes de reconnaissance de mouvement et de détection de rythme irrégulier. Ces dispositifs permettent un enregistrement continu ou ponctuel de l’activité électrique cardiaque, complété par des mesures de fréquence cardiaque, variabilité cardiaque, activité physique et parfois saturation en oxygène. Résultats Ces données offrent une évaluation objective du rythme cardiaque et permettent de détecter des anomalies telles que des arythmies (comme la fibrillation atriale), contribuant ainsi au dépistage précoce des troubles cardiovasculaires. En milieu professionnel, elles peuvent aider à identifier les périodes de surcharge physiologique, ajuster les tâches et promouvoir des comportements favorables à la santé.Cependant, des limites doivent être prises en compte : fiabilité variable des capteurs selon les modèles, nécessité de garantir la confidentialité des données et d’éviter une surveillance intrusive. L’acceptabilité par les salariés et l’intégration dans une démarche globale de santé. Conclusion Les montres connectées avec ECG constituent un outil innovant pour la prévention du RCV en santé au travail. Elles permettent une approche proactive, centrée sur la mesure continue et la détection précoce des anomalies cardiaques, favorisant l’adaptation des postes et la réduction des risques. Leur utilisation, associée à une stratégie de dépistage et de sensibilisation, pourrait contribuer à améliorer la santé cardiovasculaire des travailleurs.
Introduction Le risque cardiovasculaire (RCV) demeure une cause majeure de morbi-mortalité, y compris en milieu professionnel. Parmi les facteurs aggravants figurent la sédentarité, le stress, l’intensité et la durée du travail, ainsi que le travail posté ou de nuit. La cardiofréquencemétrie, par l’enregistrement continu de la fréquence cardiaque (FC) et le calcul du coût cardiaque relatif (CCR), permet d’évaluer précisément l’astreinte cardiovasculaire d’un salarié ou d’un poste. L’objectif est d’identifier les postes compatibles avec le profil de risque du salarié. Matériel et Méthode La FC reflète la pénibilité globale (tâche physique, environnement, organisation, relations). Avec l’âge, la FC de réserve (FC max−FC repos) diminue, ce qui augmente le CCR (CCR=FC travail−FC repos/FC max−FC) à effort égal. À l’inverse, une bonne condition physique réduit l’astreinte cardiaque. La charge physique acceptable, définie comme soutenable pendant 8h sans fatigue excessive, correspond à 33 % du VO2max pour 8h, 31 % pour 10h et 29 % pour 12h. Pour des efforts intenses de courte durée, les limites sont : 6min à 85 %, 19min à 65 % et 1h à 50 % du VO2max. Résultats La cardiofréquencemétrie contribue à la prévention du RCV en caractérisant les profils cardiaques des postes et en mesurant l’astreinte réelle. Elle doit être associée au dépistage du RCV absolu pour ajuster la charge de travail, définir l’aptitude et favoriser le maintien en emploi. Il est essentiel d’identifier les phases de travail intense, plus à risque, et de statuer sur l’acceptabilité du poste selon le profil du salarié. Conclusions Bien que peu de postes présentent une astreinte excessive, certains cumulent effort violent, chaleur et stress, augmentant le risque chez les salariés âgés ou porteurs de pathologies. La cardiofréquencemétrie permet ainsi de déterminer les postes à privilégier ou à éviter en fonction du risque cardiovasculaire individuel.
IntroductionLe risque cardiovasculaire (RCV) est l’une des premières causes de morbi-mortalité en générale et au travail. Sédentarité, stress, intensité du travail, travail de nuit, travail posté, nombre d’heure travaillées sont les principaux facteurs incriminés. La cardiofréquencemétrie par l’enregistrement continue de la fréquence cardiaque (FC) et le calcul du coût cardiaque relatif (CCR) permet de définir précisément l’astreinte cardiovasculaire d’un salarié ou d’un poste de travail. La question est de savoir quels sont les postes acceptables et ceux à éviter en fonction du profil de risque du salarié.Matériel et méthodeLa FC intègre la pénibilité qui peut être liée à la tâche physique, aux facteurs d’environnement, à l’organisation et aux relations aux autres. Avec l’âge, la FC de réserve (FC max−FC de repos) diminue (la FC maximale diminue et la FC de repos augmente) ; et à tâche égale, le CCR=FC travail−FC repos/FC max−FC repos augmente. Avec la condition physique liée à l’entraînement c’est l’inverse, la FC de réserve augmente et l’astreinte cardiaque diminue. La charge physique acceptable au travail, qui se définie comme la charge soutenable par un individu durant huit heures à l’état stable physiologique sans causer de fatigue ou d’inconfort excessifs, est de : 33 % pour 8h, 31 % pour 10h et 29 % pour 12h en CCR équivalent à un % du VO2-max. De plus d’autres limites pour les efforts physiques intenses de courtes durées : 6min à 85 %, 19min à 65 % et 1h à 50 % ont été établies.RésultatsLa cardiofréquencemétrie permet de contribuer à la prévention du RCV en définissant les profils cardiaques des postes et en mesurant précisément l’astreinte cardiovasculaire d’un salarié. Le dépistage du RCV absolu doit être réalisé en parallèle pour la prévention des maladies cardiovasculaire, l’adéquation de la charge de travail, la définition de l’aptitude et le maintien au travail des salariés. Il ne suffit pas de mesurer l’astreinte globale du poste, il faut dépister les phases intenses de travail beaucoup plus à risques et statuer sur l’acceptabilité du poste en fonction du profil du poste et des facteurs de risques cardiovasculaires du salarié.ConclusionMême si très peu de poste de travail se révèlent excessif en termes d’astreinte cardiaque certains cumulent effort violent, chaleur et stress et sont susceptibles de présenter des RCV chez des salariés âgés ou porteurs de pathologies. La cardiofréquencemétrie, permet de définir précisément l’astreinte cardiovasculaire d’un salarié ou d’un poste et ainsi de statuer sur les postes acceptables et ceux à éviter en fonction du profil de risque du salarié.
Contexte Plusieurs méthodes coexistent pour évaluer l’astreinte cardiaque. L’objectif de ce travail est de fournir une compréhension globale des méthodes actuellement disponibles. Méthode Une revue systématisée des méthodes de mesure de l’astreinte cardiaque au travail a été réalisée. Les articles en langue anglaise publiés entre le 1er janvier 1983 et le 31 décembre 2023 dans Pubmed, Cochrane, Embase et Web of Science ont été examinés. Les critères d’inclusion pour la stratégie de recherche étaient des études de cohorte (10 personnes minimum), avec les mots-clés suivants coût cardiaque relatif (CCR), astreinte cardiaque, ou astreinte cardiorespiratoire, fréquence cardiaque de réserve (FCres), fréquence cardiaque moyenne (FCmoy). Résultats Nous avons inclus 45 articles pour un total de 2420 participants. La FC étaient monitorée principalement à l’aide de cardiofréquencemètres ou ECG holter, 4 études seulement, dont 2 de 24h. Six études utilisent comme paramètre d’astreinte cardiaque un %FCres, 5 études le coût cardiaque net (CCnet) et le CCR, 4 études la FCmoy, une étude le %FCmax, 1 étude la FCmoy, le CCnet et le CCR, 1 étude la FCmoy, le %FCmax et le CCR, une étude la FCmoy et le FC pic, 1 étude le % de FCres et le % de FCmax, 10 études mesurent en parallèle la consommation d’oxygène (%VO2-max). La FC maximale est déterminée majoritairement (10 études) de façon théorique par la formule d’Astrand 220 – âge, par la formule de Tanaka 208 – 0,7 âge (2 études), et par la formule de Gellish 207 – 0,7 âge (3 études) ou lors d’un test à l’effort de VO2-max (3 études). La méthode de détermination de la FC de repos n’est pas toujours donnée (30 études), FC minimale obtenue après 30min de repos dans une position confortable, 1er percentile des valeurs (1 étude), 10e percentile des valeurs de 24h incluant le sommeil (2 études), ou 10e percentile des valeurs du sommeil (1 étude), valeur théorique 70 bpm (1 étude), valeur obtenue après 30min de repos allongé avant le travail (3 études), la médiane des 20 dernière minutes lors d’un repos allongé de 25 minutes à 25° (1 étude). Conclusions Le pourcentage de fréquence cardiaque de réserve est la méthode de référence internationale actuelle pour évaluer l’astreinte cardiaque au travail avec comme FC de références la FCmax théorique de Gellish (207 – 0,7 âge) et la FCmoy de nuit pour la fréquence cardiaque de repos. La limite d’astreinte cardiaque pour 8h est de 33 % de FCres.
IntroductionLe stress et les efforts physiques importants majorent les risques cardiovasculaires en particulier chez les salariés plus vulnérables. Depuis les attentats de 2015, la section d’intervention (SI) est dotée d’un équipement particulièrement lourd. La capacité maximale de travail diminue avec l’âge et le surpoids en particulier pour les efforts intenses, mais l’entraînement physique permet une amélioration à tout âge, dans une certaine limite.ObjectifÉvaluer l’astreinte cardiaque et le stress des fonctionnaires de la SI lors d’un exercice de simulation de type « tuerie de masse ».MéthodeDix volontaires parmi les 29 fonctionnaires de la SI 63 ont été évalués à l’aide de cardiofréquencemètres Polar V800 portés pendant 24h. L’astreinte cardiaque a été évaluée par la méthode du coût cardiaque relatif CCR=(FC travail−FC repos)/(FC max−FC repos) avec pour valeurs de références la médiane de nuit et la FC max de Gellish 207 – 0,7 âge. Le niveau de fatigue générale et de stress perçus a été évalué par l’échelle de Borg et l’EVA stress.RésultatsL’équipement d’intervention attentat atteint 43,2kg et comporte 2 plaques lourdes pare-balles, un fusil d’assaut HKG36, un casque lourd avec visière de protection et un bouclier lourd. L’âge moyen des fonctionnaires était de 47,8±5,3 ans, l’IMC de 27,3±2,6 et le périmètre abdominal de 97,4±10,0cm. Deux agents ont un IMC normal, 5 sont en surpoids et 3 agents en obésité modérée. Les volontaires étaient tous non-fumeurs et déclaraient une consommation modérée d’alcool 0 à 5 verres/semaine. La fréquence cardiaque de repos nocturne moyenne est de 57±9 bpm. L’astreinte cardiaque moyenne du groupe est plutôt-lourde à 18±10 % de CCR. Des écarts importants en termes d’astreinte individuelle ont été observés en fonction des caractéristiques individuelles pour une même exposition : 1 agents est à la limite de l’acceptable à 33 % pour 8h, 2 sont en très-lourd 26 et 29 %, 2 sont en lourd 21 et 22 %, 3 en plutôt-lourd, 1 en léger à 11 %, et 1 en très-léger à 4 %. L’astreinte cardiaque est corrélée à l’âge r=0,7, p=0,003. Ceci démontre qu’une contrainte peut devenir excessive pour certains salariés vieillissants et les exposer à des risques cardiovasculaires inacceptables.ConclusionLa mesure de l’astreinte cardiaque individuelle permet d’objectiver la pénibilité des agents de police de la SI lors des interventions de crise de type « tuerie de masse ». Ces résultats peuvent conduire au classement en surveillance renforcée de cette population particulièrement exposée, et d’autre part, accompagner cette surveillance médicale d’une démarche d’éducation à la santé.
The main objective of this paper is to employ some multifactorial data mining techniques for studying the direct and indirect effects of the physical activity intensity on persons’ health-related well-being. The availability of such a data-driven modeling and simulation interface enables analysts and decision makers to boost their decision by better understanding the types and levels of relationships between the main factors promoting the well-being of individuals. The data mining investigation is conducted at the CHU Gabriel Montpied (Clermont-Ferrand, France) on a population of employees, composed of medical and nonmedical staff. An observation-like study is conducted with the main aim of assessing direct and indirect effects of the physical activity intensity on the population’s health. This is especially performed by examining the significance of associations between physical activity indices and a set of their medical records. One of the main models resulting from data mining in this paper links cardiovascular risks to a set of exogenous variables including work and sport activity indices. The empirical results are consistent with many recent findings emphasizing the role of increasing high and intermediate levels of physical activity among health public-sector employees to effectively fight some diabetic and cardiovascular diseases.
Les médecins urgentistes sont une population à risque de stress chronique et d’épuisement professionnel, car leur travail est une interaction complexe entre le stress (imprévisibilité des situations stressantes, urgences vitales), le manque de sommeil et la fatigue due à de longues heures de travail et une vigilance soutenue. Le stress chronique au travail accroît le risque cardiovasculaire. Objectifs Comparer la tachycardie et l’astreinte cardiaque entre les gardes de nuit de 24 heures (G24) et les gardes de 14 heures (G14) chez les médecins urgentistes, et étudier les facteurs influençant ces deux paramètres. La fréquence cardiaque (FC) a été monitorée à l’aide d’un Holter-ECG dans le cadre d’un essai randomisé comparant une garde de 24 heures, une garde de 14 heures et un jour de contrôle, chez 19 médecins urgentistes. Nous avons également monitoré le troisième jour (J3) après chaque système de gardes et un jour de contrôle (C). Nous avons mesuré le stress perçu à l’aide d’une échelle visuelle analogique et le nombre de prises en charge d’urgences vitales. Résultats Les 17 médecins urgentistes complétant l’ensemble du protocole ont atteint une FC maximale (180,9 ± 6,9 bpm) au cours des deux systèmes de gardes. Les minutes de tachycardie > 100 bpm étaient plus élevées en garde de 24 heures (208,3 ± 63,8), que les autres jours (G14: 142,3 ± 36,9; J3/G14: 64,8 ± 31,4; J3/G 24: 57,6 ± 19,1; jour contrôle: 39,2 ± 11,6 min, p < 0,05). Les gardes induisaient une astreinte cardiaque deux fois plus élevée que pendant les jours sans contact avec les patients. Chaque urgence vitale augmentait de 26 min la période de tachycardie ≥ 100 bpm (p < 0,001), de 7 min celle ≥ 110 bpm (p < 0,001), et de 2 min celle ≥ 120 bpm (p <0,001) et de 19 min l’astreinte cardiaque ≥ 30 % (p = 0,014). Le stress était associé à une plus grande durée de tachycardie ≥ 100, 110 et 120 bpm, et d’astreinte cardiaque ≥ 30 % (p < 0,001). Nous avons démontré plusieurs incidences de FC maximale pendant les quarts de travail combinés avec une astreinte cardiaque élevée. La durée de la tachycardie était la plus élevée en garde de 24 heures et durait plusieurs heures. Ces valeurs sont comparables à celles des travailleurs exposés à des tâches physiques exigeantes ou à la chaleur. Par conséquent, nous suggérons que les médecins urgentistes limitent les gardes de 24 heures. De plus, nous avons démontré l’intérêt du monitorage de la fréquence cardiaque pour identifier les événements stressants.
Évaluer la prévalence et les facteurs de risque de syndrome sec oculaire chez les travailleurs sur écran. Revue systématique et méta-analyse. Nous avons effectué des recherches dans les bases de données PubMed, Cochrane Library, Embase et Science Direct afin de trouver les études rapportant la prévalence du syndrome sec oculaire chez les travailleurs sur écran. Seize des 9049 études identifiées ont été incluses, avec un total de 11 365 travailleurs sur écran. Malgré une prévalence globale du syndrome sec de 49,5 % (IC 95 % 47,5 à 50,6), variant de 9,5 % à 87,5 %, une hétérogénéité importante (I2 = 98,8 %, p < 0,0001) a été observée. Les critères de diagnostic utilisés dans les études étaient variables en fonction des études, et étaient les suivants : questionnaires sur les symptômes, anomalies du film lacrymal et lésions épithéliales cornéoconjonctivales. Certaines études ont combiné des critères pour définir le syndrome sec. La prévalence hétérogène était associée à des stratifications sur les symptômes (I2 = 98,7 %, p < 0,0001), les larmes (I2 = 98,5 %, p < 0,0001) et les dommages épithéliaux (I2 = 96,0 %, p < 0,0001). La stratification des études avec deux critères a ajusté la prévalence à 54,0 % (IC 95 % 52,1 à 55,9), tandis que les études utilisant trois critères ont abouti à une prévalence de 11,6 % (IC 95 % 10,5 à 12,9). Selon la littérature, la prévalence du syndrome sec était plus fréquente chez les femmes que chez les hommes et augmentait avec l’âge. En raison de la disparité des critères de diagnostic étudiés pour définir le syndrome sec, la prévalence globale de 49,5 % manquait de fiabilité en raison de l’importante hétérogénéité. Nous soulignons la nécessité de mettre en place des critères de diagnostic communs du syndrome sec pour permettre une estimation plus fiable afin de développer les actions professionnelles préventives appropriées.
Objectifs Évaluer les anomalies résiduelles de la microcirculation à long terme, par capillaroscopie, 15 ans après avoir pris la retraite chez des anciens salariés ayant été exposé professionnellement au chlorure de vinyle monomère (CVM). Méthode Étude transversale réalisée parmi une cohorte de 761 (97 % d’hommes) retraités exposés à des produits chimiques toxiques. Ces anciens salariés travaillaient antérieurement dans l’Allier, l’un des principaux domaines de production de polychlorure de vinyle en France. L’exposition à des produits chimiques autres que le CVM était un critère d’exclusion. Les anciens salariés inclus ont eu un examen médical comprenant une capillaroscopie, la recherche de symptômes de syndrome de Raynaud et des comorbidités, ainsi qu’une enquête pour déterminer le temps d’exposition, le contact direct ou indirect avec le CVM, le type de métier, le tabagisme et le temps écoulé depuis la fin de l’exposition. Une analyse en double aveugle des images capillaroscopiques a été réalisée. Un groupe témoin était apparié selon l’âge, le sexe et le type de profession. Résultats Sur les 179/761 travailleurs retraités ayant été exposés au CVM dans leur travail, 21 répondaient aux critères d’inclusion et inclus. Le temps d’exposition était de 29,8±1,9 ans et le temps après l’exposition était de 15,9±2,4 ans. Les travailleurs retraités précédemment exposés au VCM présentaient des modifications capillaroscopiques significativement plus élevées que les 35 contrôles : capillaires élargis (19 % vs 0 %, p<0,001), dystrophie (28,6 % vs 0 %, p=0,0012) et augmentation de la longueur de capillaires (33 % vs 0 %, p<0,001). L’exposition au temps était liée (p<0,001) à des capillaires élargis (R2=0,63), à la dystrophie (R2=0,51) et à la longueur des capillaires (R2=0,36). Ils présentaient également des symptômes plus élevés de Raynaud (19 % vs 0 %, p=0,007) sans corrélation avec les modifications capillaroscopiques. Conclusions Bien que l’exposition au CVM soit déjà connue pour affecter la microcirculation, notre étude démontre des anomalies résiduelles à long terme après une retraite moyenne de 15 ans, avec une réponse d’exposition liée au temps. Les symptômes de Raynaud, bien que statistiquement associés à l’exposition, n’étaient pas liés à des modifications capillaroscopiques ; son origine reste à déterminer.
Le clustering est un ensemble de techniques d'apprentissage statistique visant à trouver des structures de partitions hétérogènes regroupant des données homogènes appelées clusters. Il existe plusieurs domaines dans lesquels le clustering a été appliqué avec succès, tels que la médecine, la biologie, la finance, l'économie, etc. Dans cet article, nous introduisons la notion de clustering dans les problèmes d'analyse de données multifactorielles. Une étude de cas est menée pour un problème de médecine du travail dans le but d'analyser les tendances dans une population de 813 personnes. Pour réduire la dimensionnalité de l'ensemble de données, nous basons notre approche sur l'analyse en composantes principales (ACP), qui est l'outil statistique le plus couramment utilisé en analyse factorielle. Cependant, les problèmes dans la nature, en particulier en médecine, sont souvent basés sur des mesures qualitatives-quantitatives de type hétérogène, alors que l'ACP ne traite que des mesures quantitatives. En outre, les données qualitatives sont à l'origine des réponses quantitatives non observables qui sont généralement codées en binaire. Nous proposons donc un nouvel ensemble de stratégies permettant de traiter simultanément des données quantitatives et qualitatives. Le principe de cette approche est de réaliser une projection des variables qualitatives sur les sous-espaces couverts par des variables quantitatives. Par la suite, un modèle optimal est attribué aux sous-espaces résultants régressés par l'ACP.
La première cause de mortalité avant l’âge de 60 ans est cardiovasculaire. La prévention du risque cardiovasculaire est un enjeu majeur de santé publique et l’organisation de la santé au travail en France, via les visites systématiques obligatoires, pourrait être un atout majeur. En effet, avant l’âge de 60 ans, les personnes ne consultent que rarement leur médecin traitant et les pathologies se découvrent souvent par un évènement cardiovasculaire bruyant ou un décès prématuré. La prévention secondaire (dépistage) a alors tout son sens. Le Pr Alain Chamoux avait initié une étude pilote en calculant le risque cardiovasculaire absolu (RCVA) des salariés du CHU à partir de critères cliniques et biologiques. Le RCVA est la probabilité d’avoir un évènement cardiovasculaire (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral) dans les 10 ans. Tous les salariés dont le RCVA à 10 ans était > 30 % avaient une épreuve d’effort. Sur 7000 visites en santé au travail du personnel hospitalier, 152 salariés avaient un RCVA > 30 % : 100 étaient déjà connus et suivis par un cardiologue, et 52 étaient totalement asymptomatiques et ignoraient leur condition à risque. Ces 52 salariés ont bénéficié d’une épreuve d’effort. Tous ont eu un problème de santé détecté (hypertension artérielle, diabète, dyslipidémie, etc.) et pris en charge ensuite par la médecine de soins. Sur les 52 épreuves d’effort réalisées, 3 salariés totalement asymptomatiques avaient une pathologie coronarienne et ont pu bénéficier de stents. Toutefois cette étude observationnelle était de faible niveau de preuves et n’a pas permis de proposer des recommandations de bonne pratique clinique en santé au travail. Nous proposons la première étude randomisée contrôlée en grappes (clusters), comparant un groupe témoin (pratique usuelle) à un groupe interventionnel avec épreuve d’effort si RCVA > 20 % (seuil d’intervention recommandé par la HAS) ou indication d’épreuve d’effort (référence Société française de cardiologie). Il s’agit de démontrer le rôle que pourrait avoir la santé au travail pour améliorer l’accès aux filières de soin existantes.
La profession d’aide-soignant(e) (AS) connaît un fort taux d’absentéisme principalement en gériatrie long séjour. La manutention des patients surexposent les soignants au port de charge et au risque de troubles musculosquelettiques principalement au niveau lombaire. Dans le domaine organisationnel, la pénibilité engendre des difficultés de recrutement et de remplacement en interne. Comparer l’astreinte cardiaque des AS en gériatrie avant-après la pose de rails plafonniers. La fréquence cardiaque a été monitorée pendant 24 h à l’aide d’un holter-ECG et l’astreinte a été évaluée par le coût cardiaque physiologique (CCRphy). Les tâches de travail les plus pénibles ont été recherchées. L’absentéisme, la fatigue, le stress, l’intensité et la localisation des douleurs perçues ont été évaluées par questionnaires et échelles visuelles analogiques (EVA). 6 AS des services longs séjours de l’Hôpital Nord âgées de 34 ± 12 ans en 2013 ont participé à l’étude. Le CCRphy était de 27,5 ± 7,4 % en 2013 vs. 21,0 ± 9,6 % en 2017 après la pose de rails plafonniers, ns. La fatigue générale perçu (Borg) 17 ± 1 en 2013 vs. 13 ± 2 en 2017 a significativement diminuée (p = 0,009). Les douleurs perçues, principalement localisées au niveau lombaire ont significativement diminuées 44,6 ± 11,4 vs. 0,6 ± 1,3 (p = 0,0008). Le stress ressenti semble suivre la même tendance 53,0 ± 30,0 vs. 31,7 ± 8,1 ns. Les mesures d’astreinte cardiaque ne permettent pas de conclure à l’influence positive des rails sur la pénibilité objective. La fatigue générale ressentie et les douleurs principalement lombaires ont significativement diminuées. L’utilisation des rails n’est pas systématique et les soignants s’adaptent à l’autonomie des résidents afin de la préserver au maximum. L’installation des rails conduit également à un travail plus en autonomie ce qui peut contrebalancer le bénéfice en terme de pénibilité. Pour les tâches de rehaussement au lit ou au fauteuil, les rails plafonniers ne sont jamais utilisés, le drap de transfert semble plus adapté et doit être fourni en quantité suffisante.
Les efforts physiques importants ou le travail à la chaleur sont réputés à risque du point de vue cardiovasculaire. La capacité maximale de travail diminue avec l’âge en particulier pour les efforts intenses, mais l’entraînement physique permet une amélioration à tout âge, dans une certaine limite. L’obligation pour l’employeur de préserver la santé des travailleurs revêt une importance particulière dans ce contexte. Démontrer l’intérêt de la mesure de l’astreinte cardiaque par cardiofréquencemétrie et l’utilité du coût cardiaque relatif physiologique dans la gestion du risque, la préservation de la santé des travailleurs et le maintien dans l’emploi. La fréquence cardiaque intègre la pénibilité qui peut être liée à la tâche physique, aux facteurs d’environnement, à l’organisation et aux relations aux autres. Avec l’âge, la fréquence cardiaque de réserve (FC max − FC de repos) diminue (la FC maximale diminue et la FC de repos augmente) ; et à tâche égale, le coût cardiaque relatif physiologique (CCRΦ) augmente (CCRΦ = [FC travail − FC repos]/[FC max − FC repos]). La charge physique acceptable au travail, qui se définie comme la charge soutenable par un individu durant huit heures à l’état stable physiologique sans causer de fatigue ou d’inconfort excessifs, est de 33 % de CCR Φ (équivalent à un % VO2max) et la charge thermique tolérable pour huit heures de travail est de +1° de température du noyau ce qui est susceptible de provoquer une augmentation de 15 bpm à l’effort et de 33 bpm au repos. Des écarts considérables en termes d’astreinte individuelle ont été observés en fonction de l’âge pour une même exposition : nous avons retrouvé des CCR Φ allant de 19 % soit un travail « plutôt-lourd » chez des salariés jeunes, à 38 % soit un travail « excessif » chez des salariés de 50 ans et plus. Ceci démontre qu’une contrainte peut devenir excessive pour certains salariés vieillissants et les exposer à des risques cardiovasculaires inacceptables. La mesure de l’astreinte cardiaque individuelle par la seule mesure du coût cardiaque relatif physiologique est la méthode de référence pour juger de l’aptitude individuelle, prévenir les risques cardiovasculaires et la désinsertion professionnelle. La mesure du coût cardiaque relatif physiologique est validée scientifiquement, facilement accessible, et consensuelle. La sensibilisation des salariés sur les facteurs de risques cardiovasculaires peut également favoriser l’acquisition de compétences nécessaires pour être acteurs de sa santé.
Les personnels des urgences rencontrent de plus en plus de difficultés pour assurer leur mission. L’objectif de cette étude était de comparer l’astreinte cardiaque et de repérer les périodes de tachycardie en fonction de la durée des gardes 24 heures (G24) vs. Quatorze heures (G14) chez les médecins urgentistes du CHU de Clermont-Ferrand et d’étudier les facteurs explicatifs. La fréquence cardiaque (FC) a été monitorée par Holter-ECG dans un essai randomisé comparant une garde de 24 heures, une garde de 14 heures et une journée de contrôle administrative, chez 19 médecins urgentistes. Le troisième jour (j3) de récupération après les deux types de gardes a également été monitoré. Le stress perçu a été évalué par l’échelle analogique visuelle et le nombre d’urgences vitales (« déchoquages ») ont été comptabilisés pour chaque garde. Dix-sept médecins urgentistes ont réalisé l’ensemble du protocole. La fréquence cardiaque maximale moyenne au travail était de 180,9 ± 6,9 bpm. Les durées de tachycardie > 100 bpm étaient plus élevées en garde de 24 heures (208,3 ± 63,8 min) que tous les autres jours (G14 : 142,3 ± 36,9 min ; j3/G14 : 64,8 ± 31,4 min ; j3/G24 : 57,6 ± 19,1 min ; jour contrôle : 39,2 ± 11,6 min, p < 0,05). Les gardes aux urgences conduisent à une astreinte cardiaque deux fois plus élevée que les jours sans contact avec les patients. Chaque urgence vitale prise en charge a augmenté de 26 min la période de tachycardie ≥ 100 bpm (p < 0,001), de 7 min la période de tachycardie ≥ 110 bpm (p < 0,001), de 2 min la période de tachycardie ≥ 120 bpm (p < 0,001) et de 19 min la période où le coût cardiaque relatif était supérieur ou égal à 30 % (p = 0,014). Le stress était associé à une plus longue période de tachycardie ≥ 100, 110 et 120 bpm, et à une astreinte cardiaque ≥ 30 % (p < 0,001). Les médecins urgentistes ont une astreinte cardiaque élevée et rencontrent des périodes de tachycardies nombreuses. Celles-ci sont dépendantes du type de gardes et du nombre d’urgences vitales prises en charge. Les périodes de tachycardie sont plus nombreuses et plus longues en garde de 24 heures. L’astreinte cardiaque est comparable à celle des travailleurs exposés à des tâches physiques exigeantes ou à la chaleur. Nous suggérons donc de limiter les gardes de 24 heures des médecins urgentistes. Nous démontrons l’importance de la prise en compte des évènements stressant dans la gestion des risques professionnels.
Dans les établissements d’accueil d’enfants, l’environnement sonore très bruyant est susceptible d’affecter la santé du personnel. Les effets peuvent être auditifs et non auditifs. Certains agents territoriaux specialisés d’école maternelle (ATSEM) ayant pour tâche de surveiller les enfants lors de leurs repas, évoquent la gêne et l’irritation qu’ils ressentent, occasionnées par le bruit. De ce fait, l’objectif de cette étude était de rechercher des effets non auditifs (tels que céphalées, stress, fatigue physique et fatigue mentale) chez les ATSEM exposés à ce niveau de bruit. Nous avons mené une étude transversale et de type cas–témoins, impliquant en totalité 83 ATSEM, femmes âgées de 20 à 62 ans. Ces agents ont été divisés en deux groupes, selon leurs tâches différentes effectuées entre 11 h 30 et 14 h 30. Au total, 41 ATSEM ont été inclus dans le groupe exposé au bruit de la restauration et le groupe non exposé a été constitué de 42 ATSEM. Les variables initiales de tous les agents ont été recueillies et un auto-questionnaire a été délivré à chaque agent. Il a été demandé de remplir une Échelle Visuelle Analogique (E.V.A) de stress, une E.V.A de fatigue physique, une E.V.A de fatigue mentale et la présence ou non de céphalées, à des horaires différents (7 h 30, 9 h 30, 11 h 30, 13 h 30, 15 h 30, 17 h 30, 19 h 30 et 21 h 30). L’étude a révélé des résultats statistiquement significatifs. Le groupe d’ATSEM exposé au bruit avait significativement (p < 0,05) des niveaux plus élevés de stress, fatigue physique et mentale, au début de leur journée, avant leur prise de fonction. Chaque groupe avait une augmentation des niveaux de stress, de fatigue physique et mentale au cours de la journée, cependant le groupe ayant été exposé au bruit a présenté des valeurs moyennes supérieures. De plus, le groupe exposé au bruit a eu une augmentation significativement plus élevée du niveau de stress, de fatigue physique et mentale à 11 h 30 (le temps qui correspond au début de l’exposition au bruit dans les locaux de la restauration scolaire) par rapport au groupe qui n’était pas exposé. L’étude a pu également constater des fréquences plus élevées de troubles du sommeil et de céphalées dans le groupe exposé au bruit. En conséquence, cette étude nous a permis de conclure, que le personnel des écoles (agents ATSEM) exposé au bruit dans les locaux de la restauration scolaire, subirait des effets non auditifs accentués, ce qui ne serait pas le cas pour des agents non exposés à ce niveau de bruit. Ces résultats indiqueraient un besoin de développer des actions préventives concernant la santé en général et qui visent à préserver la qualité de vie de ces professionnels ainsi que celle des enfants.
Les efforts physiques importants ou le travail à la chaleur sont réputés à risque du point de vue cardiovasculaire. La capacité maximale de travail diminue avec l’âge en particulier pour les efforts intenses, mais l’entraînement physique permet une amélioration à tout âge, dans une certaine limite. L’obligation pour l’employeur de préserver la santé des travailleurs revêt une importance particulière dans ce contexte. Démontrer l’intérêt de la mesure de l’astreinte cardiaque par cardiofréquencemétrie et l’utilité du coût cardiaque relatif dans la gestion du risque, et la préservation de la santé des travailleurs. La fréquence cardiaque intègre la pénibilité qui peut être liée à la tâche physique, aux facteurs d’environnement, à l’organisation et aux relations aux autres. Avec l’âge, la fréquence cardiaque de réserve (FC max–FC de repos) diminue (la FC maximale diminue et la FC de repos augmente) ; et à tâche égale, le coût cardiaque relatif (CCR) augmente [CCR = (FC travail–FC repos)/(FC max–FC repos)]. La charge physique acceptable au travail, qui se définie comme la charge soutenable par un individu durant huit heures à l’état stable physiologique sans causer de fatigue ou d’inconfort excessif, est de 33 % de CCR (équivalent à un % VO2 max) et la charge thermique tolérable pour huit heures de travail est de +1 de température du noyau ce qui est susceptible de provoquer une augmentation de 15 bpm à l’effort et de 33 bpm au repos. Des écarts considérables en termes d’astreinte individuelle ont été observés en fonction de l’âge pour une même exposition : nous avons retrouvé des CCR allant de 19 % soit un travail « plutôt-lourd » chez des salariés jeunes, jusqu’à 38 %, soit un travail « intense » chez des salariés de 50 ans et plus. Ceci démontre qu’une contrainte peut devenir excessive pour certains salariés vieillissants et les exposer à des risques cardiovasculaires inacceptables. La mesure de l’astreinte cardiaque individuelle par la seule mesure du coût cardiaque relatif est la méthode de référence pour juger de l’aptitude individuelle, prévenir les risques cardiovasculaires et la désinsertion professionnelle. La mesure du coût cardiaque relatif est validée scientifiquement, facilement accessible et consensuelle. La sensibilisation des salariés sur les facteurs de risques cardiovasculaires peut également favoriser l’acquisition de compétences nécessaires pour être acteurs de sa santé.
BACKGROUND:Mental disorders in the workplace are a major public health problem. Knowledge of the impact of the psychosocial work environment on mental and behavioral disorders can assist occupational physicians in the identification and description of occupational risk situations, and help to define priority actions. However, no classification for occupational exposure factors is currently available. We aimed to build a thesaurus of "Organizational, Relational, Ethical and other Contributing Factors" (FOREC) linked with the onset of mental and behavioral disorders.METHODS:The French Agency for Food, Environmental and Occupational Health and Safety (ANSES) initiated and supervised a multidisciplinary working group consisting of the representatives of the main French occupational and public health actors. All decisions were accepted on a consensus basis. This collaborative work led to the classification of occupational exposure factors for mental and behavioral disorders in the workplace. To test this thesaurus in clinical practice, a French multicenter study was implemented. Patients were workers referred to the Occupational Disease Centers for mental health issues at work. Factors contributing to mental and behavioral disorders among workers were identified and coded retrospectively from the worker's point of view using the FOREC thesaurus.RESULTS:We recruited 323 workers, aged 44.9±9.2 years, of which 31.3% were men. The most commonly encountered disorders were generalized anxiety disorders (106 workers, 32.8%) and moderate depressive episodes (86 workers, 26.7%). We identified 1357 factors, i.e. an average of 4.2 factors per worker. Among them, 575 (42.4%) were relational and 515 (37.9%) were organizational. All factors identified during consultations were described in the thesaurus.CONCLUSIONS:We built the first thesaurus of "Organizational, Relational, Ethical and other Contributing Factors" (FOREC) that may help to generate profiles of mental and behavioral disorders at work. Encoding and describing these exposure factors, as well as using a worldwide standardized and shared terminology, will help to identify specific workplace prevention programs.
Introduction L’evolution des modes d’organisation du travail et de management, s’est accompagne de profonds changements dans le secteur public. La profession d’aide-soignant(e) (AS) en hopital connait un fort taux d’absenteisme principalement en geriatrie long sejour. La penibilite est evoquee comme cause premiere et engendre des difficultes de recrutement et de remplacement en interne. Objectif Objectiver cette penibilite par l’evaluation de l’astreinte cardiaque individuelle et demontrer son interet pour le management et la gestion des parcours professionnels. Methode L’astreinte cardiaque des AS a ete evaluee par cardiofrequencemetrie avec calcul du cout cardiaque relatif (CCR). Les tâches de travail les plus penibles ont ete recherchees. La fatigue, le stress, l’intensite et la localisation des douleurs percues ont ete evaluees par questionnaires et echelles visuelles analogiques (EVA). Resultats Trente-deux AS des services longs sejours et 13 AS de neurologies du CHU de Clermont-Ferrand, âgees de 34 ± 12 ans, ont participe a l’etude. Le CCR etait significativement plus eleve en geriatrie qu’en neurologie (20,5 ± 8,9 % vs 10,3 ± 9,3 %, c’est-a-dire « lourd » vs « leger », p = 0,0004). Les roulements les plus penibles sont « journee » (CCR = 27,7 %) et « 7 » (CCR = 24 %) en geriatrie, et « nuit » (CCR = 16,3 %) en neurologie. Les tâches les plus couteuses sont « coucher et change » [CCR = 28–32 %] et « soins de nursing » [CCR = 23–31 %]. Les douleurs percues, principalement localisees au niveau lombaire, sont plus nombreuses (81 % vs 19 % des AS) et sembleraient plus fortes en geriatrie (EVA = 41,4,4 ± 22,2 mm) qu’en neurologie (EVA = 29,1 ± 27,6 mm, ns). Le stress ressenti est egalement plus eleve en geriatrie qu’en neurologie (EVA = 56,3 ± 25,4 vs 25,3 ± 16,3 mm, p = 0,0004). Conclusion La cardiofrequencemetrie permet une mesure objective de la penibilite au travail (astreinte cardiaque) chez les AS, complementaire des mesures subjectives. Ces mesures ont permis de mettre en place des actions d’amelioration et de valider des choix organisationnels.
Contexte Le nombre de maladies professionnelles psychiques reconnues a été multiplié par sept entre 2012 et 2016 en France, passant de 82 à 563 maladies reconnues. Malgré l’absence de cadre nosologique, le réseau national de vigilance et de prévention des maladies professionnelles (RNV3P) parvient à identifier un état de syndrome d’épuisement professionnel — ou burn-out en milieu de travail au sein de ces patients. Toutefois peu de données descriptives existent concernant les caractéristiques des salariés en burn-out. Objectif Comparer les populations en burn-out de celles en souffrance psychique au travail sans burn-out. Méthode Étude observationnelle descriptive des patients consultant en souffrance psychique au travail au centre de pathologies professionnelles du CHU de Clermont Ferrand sur les trois années précédentes. Le diagnostic de burnout a été posé après consultation conjointe d’un médecin du travail et d’un médecin psychiatre avec entretien infirmier préalable et série d’auto-questionnaires. Résultats Deux cent trente patients consécutifs ont été inclus, dont 53 cas (23 %) identifiés en burn-out. Le sex-ratio des patients en burn-out est équilibré alors qu’il existe nette prédominance féminine existant pour les autres affections psychiques (0,82 versus 0,40, p=0,049). Le groupe en burn-out ne diffère pas du groupe sans burn-out en termes d’anxiété (12,0 vs 14,2, NS) ou de dépression (10,0 vs 11,4, NS). Les cas de burn-out sont retrouvés dans les secteurs de la santé, de la finance, de l’administration. Ils répondent à certaines expositions telles que les changements d’organisation, la surcharge de travail, les modalités particulières de management, l’inadéquation des moyens et des objectifs, les activités demandant une attention soutenue. Conclusion La prévalence du burn-out est élevée parmi les patients en souffrance au travail. Alors que les femmes sont classiquement plus à risque de souffrance psychique au travail que les hommes, le burn-out touche aussi bien les hommes que les femmes. Le fait d’être en burn-out n’aggrave pas les conséquences de la souffrance psychique au travail, que ce soit en termes d’anxiété ou de dépression. Le stress chronique et la suractivité professionnelle sont des facteurs essentiels dans la survenue du burn-out. La procédure particulière de reconnaissance en maladie professionnelle est justifiée afin de démontrer le lien essentiel avec l’activité professionnelle. Une politique globale de prévention portant sur les conditions de travail et sur le dépistage du stress professionnel est nécessaire. Les entreprises doivent promouvoir des organisations conciliant performance et management bienveillant.