Les directives anticipées (DA) qui faisaient partie du dispositif législatif français depuis le 22 avril 2005 s’imposent au médecin depuis la loi du 02 février 2016. Elles sont désormais l’expression de la volonté du patient et non plus celle de son souhait. Il est raisonnable d’imaginer dès lors que les DA puissent être réfléchies et rédigées à tout moment du parcours de soin du patient, mais également qu’elles puissent aborder toutes les potentialités évolutives de la maladie et, en particulier, l’éventualité d’une admission en réanimation. Dans cet article, les auteurs discutent de la place du médecin intensiviste comme interlocuteur priviligié dans le parcours de soin du patient et de son rôle potentiel dans l’élaboration anticipée d’objectifs thérapeutiques pouvant inclure la rédaction de DA. Il est abordé la question des outils et les stratégies utiles pour répondre à ces objectifs, y compris la question de la pertinence d’une admission en réanimation. Des pistes de réflexion sont également discutées, comme l’amélioration de la communication et l’anticipation des discussions qui pourraient être tracées dans l’espace internet développé par l’Assurance Maladie : « Mon Espace Santé », rubrique « Entourage et Volontés ».
IntroductionWhen immunocompromised patients are infected with COVID-19, the evolution towards a severe illness and even death is more likely than when dealing with immunocompetent patients.The best treatment regimen for these patients can be challenging to find, and the use of COVID-19 convalescent plasma can become necessary.We report two cases of immunocompromised patients treated with COVID-19 convalescent plasma, for which the outcome was satisfactory after treatment. Case Report 1:A 72-year-old patient with humoral immunodeficiency secondary to the treatment of lymphoma by anti-CD20 drugs.The patient tested positive for COVID-19 after a family reunion; he didn't have any symptoms at the time of testing.Three weeks later, he presented with a fever and respiratory symptoms.The chest CT scan showed ground-glass opacities.Further exploration of this condition led to the diagnosis of SARS-CoV-2 pulmonary infection.The patient received COVID-19 convalescent plasma, and his health improved rapidly afterward.He was declared cured forty-eight hours after having received the treatment. Case Report 2:A 52-year-old patient with humoral immunodeficiency secondary to the treatment of lymphoma by anti-CD20 drugs.He was tested for COVID-19 after having been in contact with a COVID-19-infected person; his test was positive.He didn't have any symptoms at the time of the testing.Two months later, he presented with dyspnea, coughing, and a fever.The chest CT-Scan found ground-glass opacities.After other analyses were done, the patient was diagnosed with SARS-CoV-2 pulmonary infection.He was treated with COVID-19 convalescent plasma and recovered to total health rapidly. ConclusionCOVID-19 convalescent plasma can be a therapeutic option to treat patients suffering from humoral immunodeficiency diagnosed with a severe COVID-19 infection.
La décision est au cœur du métier de réanimateur. Elle est partie intégrante de son activité au quotidien. Cet exercice s’avère d’autant plus difficile lorsque, en période de crise sanitaire, les médecins sont confrontés à une majoration du flux des patients en inadéquation avec la capacité d’accueil en réanimation. Il est nécessaire de s’interroger sur les mécanismes qui entrent en jeu dans cette démarche de décision. L’analyse étymologique aide à une meilleure compréhension de ces mécanismes. Décider n’est pas choisir. On ne peut réduire la décision à un calcul mathématique. L’angoisse, l’incertitude font partie intégrante de ce processus. Les récents travaux sur les biais cognitifs ainsi que la recherche en neurosciences ont mis l’accent sur sa profonde complexité. Le partage de décision, exercice bien développé en soins critiques, permet de soulager en partie du fardeau qu’elle représente. Si les avantages de ce partage sont indéniables, il ne faut pas en négliger ses inconvénients. Elle reste un fardeau indispensable car témoin de l’engagement du soignant envers le soigné et de l’expression de sa responsabilité morale. Le fardeau est une charge que l’on porte, que l’on assume. S’il pèse dans la décision, il lui apporte aussi toute sa valeur. Décider c’est soigner. L’avènement de nouvelles technologies pourrait considérablement modifier l’approche décisionnelle. Il est nécessaire, en amont, de définir ce que représente la décision en réanimation afin d’intégrer au mieux ces technologies sans se positionner comme technolâtre ou technophobe mais plutôt technosophe.