
Background and objective Despite extensive research on Post-traumatic stress disorder (PTSD) in high-income countries, there remains a significant gap in our understanding of its symptomatology in North African populations, particularly in Tunisia. Accordingly, the objective of our study was to characterize the patterns and features of PTSD symptomatology in a clinical Tunisian pediatric population. Patients and methods This cross-sectional study was conducted in Tunis across two departments: the child psychiatry department and the forensic medicine department. We included a pediatric population exposed to a potentially traumatic event at least one month earlier. Participants were assessed using the Clinician-Administered PTSD Scale for Children and Adolescents for DSM-5 (CAPS-CA-5). Participants with known cognitive impairments or incomplete CAPS-CA-5 assessments were excluded. Following evaluation, participants were classified into two groups: those who met DSM-5 criteria for PTSD and those who did not. Results The analysed population comprised 150 subjects, of whom four were excluded. The average age of the participants was 11.96 years. We found a significant age-related difference, with adolescents being more likely to meet the criteria for a PTSD diagnosis. Among the PTSD group sexual assault was notably correlated with flashback symptoms, reckless and self-destructive behaviors, and dissociative symptoms. Discussion In our study, the predominance of adolescents may be explained by individual factors, trauma-related characteristics, or the assessment tool sensitivity in adolescents. Sexual violence emerged as a major determinant of PTSD clinical expression, consistent with its status as a severe interpersonal trauma involving violation of bodily integrity and emotional security. It was associated with widespread symptom exacerbation across cognitive, affective, dissociative, and arousal domains, highlighting its particularly deleterious psychological impact. Conclusion The distinct characteristics observed in our clinical cohort highlight the need for further assessment and larger population-based studies to better understand the complexity of PTSD in pediatric populations.
Objectifs Alors que les symptômes de trouble dissociatif de l’identité (TDI) sont des plaintes de plus en plus fréquentes chez les adolescents, il existe peu de travaux conduits dans cette classe d’âge. Cette étude examine le profil clinique, cognitif, développemental et psychopathologique d’adolescents présentant des symptômes évocateurs de TDI afin d’éclairer les controverses autour de cette entité clinique et de dégager des perspectives de soin. Patients et méthode Cette étude cas-témoin monocentrique compare des adolescents avec des symptômes évocateurs de TDI (groupe TDI+, n=14) recrutés à différents moments de leur parcours de soins (hospitalisation, consultations, urgences) à un groupe comparateur externe, c’est-à-dire un échantillon d’adolescents hospitalisés avec des troubles anxieux sans TDI (groupe TDI−, n=91). Les données sociodémographiques, scolaires, cliniques, et développementales ont été extraites des dossiers et comparées entre les deux groupes. Les résultats des bilans cognitifs et projectifs sont détaillés uniquement dans le groupe TDI+. Résultats Le taux de comorbidité avec les troubles émotionnels était très élevé dans le groupe TDI+ (troubles anxieux 100 %, troubles dépressifs 93 %), ce qui a guidé le choix du groupe contrôle. Les adolescents du groupe TDI+ présentaient une plus grande fréquence de tentatives de suicide (odds ratio [OR]=15,84, IC95 % : 3,31–75,84), d’automutilations (OR=11,50, IC95 % 2,94–44,98), de symptômes psychotiques (OR=6,00, IC95 % : 1,81–19,86), hospitalisations répétées (OR=3,33, IC95 % : 1,05–10,58). La fréquence des abus sexuels rapportés était plus fréquente dans le groupe TDI+ (OR=5,06, IC95 % : 1,39–18,42) comparés au groupe TDI−. Les difficultés développementales était significativement moins importante dans le groupe TDI+ que TDI−, ce qui est corroboré par les bonnes performances cognitives globalement retrouvées dans ce groupe (en particulier sur le plan verbal). Les tests projectifs du groupe TDI− mettaient en évidence des représentations évocatrices de fragilités identitaires, d’angoisse de séparation/abandon convoquant préférentiellement des mécanismes de défense du type intellectualisation et d’évitement des conflits mais aussi un monde interne riche et des capacités de régression. Conclusion Dans les limites d’une étude conduite rétrospectivement sur un petit effectif, nos résultats soulignent la sévérité clinique des adolescents avec des symptômes évocateurs de TDI, et l’importance des troubles affectifs associés. Nos résultats ne sont pas en faveur de difficultés cognitives/développementale associées, alors qu’il corrobore l’importance des expériences d’abus sexuels. Ces résultats plaident pour une évaluation globale tenant compte de l’impact des traumatismes précoces sur la construction du soi et la vulnérabilité aux troubles affectifs à l’adolescence.
Introduction Le refus scolaire anxieux, également appelé phobie scolaire en France, touche environ un élève par classe et devient depuis plus d’une dizaine d’années un enjeu majeur de santé publique. L’implication des familles en tant que partenaire essentiel de la prise en charge, a démontré son efficacité et améliore le pronostic. À la Maison des Adolescents de l’hôpital Cochin, à Paris, des groupes multifamiliaux sont proposés aux familles avec un(e) adolescent(e) présentant un refus scolaire anxieux. La thérapie multifamiliale (TMF), bien qu’ayant largement démontré son efficacité dans de nombreux troubles, est une proposition récente et innovante concernant le refus scolaire anxieux. Cette étude a comme objectif de décrire le vécu des adolescents ayant participé à un groupe multifamilial autour de la thématique du refus scolaire anxieux. Méthode Il s’agit d’une recherche qualitative. Les adolescents sont placés comme experts de leur expérience. Leur discours est recueilli à l’aide d’entretiens semi-structurés, puis analysés selon une méthode d’analyse phénoménologique : l’Interpretative Phenomenological Analysis. Résultats Vingt et un adolescents ont participé à l’étude. L’analyse des entretiens des adolescents met en évidence trois thèmes : le premier thème est l’investissement par les adolescents de nouveaux groupes, un groupe où l’on rencontre d’autres comme soi, où l’on est dans un groupe séparé des parents mais pas trop loin des parents, mais aussi un groupe où l’on rencontre d’autres parents que les siens. Le deuxième thème est le nouveau regard que les adolescents portent sur eux-mêmes : face à un regard sur soi dégradé par le refus scolaire anxieux, la thérapie multifamiliale permet de modifier ce regard en se percevant comme ressource pour les autres (ado comme parents), comme compétent, mais aussi en percevant le changement du regard des parents sur soi. Enfin, le troisième thème concerne la perception par les adolescents du besoin d’aide de leurs parents : ils entendent leurs parents exprimer leurs émotions, leur fragilité, soit directement, soit grâce à d’autres parents porte-parole. Leur conclusion semble être que la thérapie multifamiliale aide plus leurs parents qu’eux-mêmes. Discussion Ces résultats permettent de proposer plusieurs axes de réflexion. Le premier se situe autour de la relance du processus adolescent, mis en pause dans le refus scolaire anxieux. Un deuxième axe se penche sur l’impact d’une proposition spécifique à la thérapie multifamiliale : les « familles adoptantes ». Enfin, une lecture globale des résultats des analyses des entretiens ado et parents sera proposée. La thérapie multifamiliale est un outil d’une grande richesse pour accompagner les adolescents présentant un refus scolaire anxieux et leurs familles, leur permettant de reprendre leur place : pour les parents, de reprendre les rênes de leur fonction parentale ; pour les adolescents, de reprendre le fil de leur construction identitaire et leur inscription dans des affiliations multiples.
La majorité des troubles psychiatriques émergent entre 15 et 25 ans, période charnière marquée à la fois par une grande vulnérabilité et un risque majeur de rupture de soin, mais aussi par des opportunités de prévention et de repérage précoce. En France, malgré un cadrage réglementaire récent de la transition des soins entre psychiatrie enfants-adolescent (PEA) et psychiatrie adulte (PA), les dispositifs spécifiquement dédiés à cette tranche d’âge restent peu développés ou limités. Les pertes de suivi et les ruptures de parcours persistent, et exposent les jeunes à une reprise tardive des soins et dans un contexte de crise ou de décompensation aiguë. Les travaux du groupe transitions du Conseil scientifique de la SFPEADA ont conduit à formuler des recommandations pour structurer le modèle français de psychiatrie de la transition 15–25 ans. Ces recommandations reposent sur trois piliers : (1) favoriser la continuité des soins dans une dynamique inclusive et exhaustive, (2) encourager une approche dimensionnelle et intégrative des troubles, et (3) promouvoir la mixité des intervenants au sein d’équipes collaboratives et pluridisciplinaires. Les propositions incluent la création d’équipes mixtes PEA–PA, le développement de dispositifs innovants (équipes mobiles, hôpitaux de jour de transition), la mise en œuvre d’un case management d’équipe, le renforcement de la formation conjointe des professionnels, ainsi que l’implication des familles et des pairs-aidants. Le repérage précoce y est conçu non comme une recherche de diagnostic anticipé, mais comme un levier d’accès aux soins et de continuité, fondé sur une évaluation dimensionnelle et des interventions graduées. L’objectif est de construire, avec les jeunes, leurs familles et les partenaires du champ sanitaire, social et éducatif, une psychiatrie de la transition capable d’assurer la fluidité des parcours, de prévenir les ruptures et de promouvoir le rétablissement et la participation sociale des jeunes adultes.
Les controverses scientifiques constituent des moments privilégiés pour rendre visibles les cadres de pensée. Cet article analyse la controverse suscitée par l’expertise collective de l’Inserm publiée en 2005 sur le « trouble des conduites » chez l’enfant et l’adolescent, en la replaçant dans l’histoire de la pédopsychiatrie française. Il propose de dépasser une lecture en termes d’opposition entre approches scientifiques et valeurs éthiques et politiques, pour montrer que cette polémique s’inscrit dans des transformations plus profondes de la discipline. L’analyse met en évidence trois dimensions principales : (i) la controverse constitue une réactivation de tensions historiques, notamment celles formulées à l’encontre de la neuropsychiatrie infantile par les acteurs de la révolution pédopsychiatrique, autour des modèles explicatifs, des formes d’intervention et de leurs implications sociales ; (ii) elle révèle une asymétrie dans les régimes de production et de validation des savoirs : alors que l’expertise Inserm s’inscrit dans les standards internationaux de la recherche biomédicale, une partie de ses détracteurs demeure moins intégrée à ces circuits, privilégiant des références cliniques et théoriques principalement nationales ; (iii) l’étude montre que les registres de justification (épistémique, éthique, politique et institutionnel) sont mobilisés par l’ensemble des acteurs, mais selon des modes d’organisation différenciés : les défenseurs de l’expertise les articulent autour de la scientificité, tout en mobilisant des principes éthiques (prévention, protection de l’enfant) et politiques (intervention publique, rationalisation des pratiques), tandis que les détracteurs adoptent une configuration plus pluraliste et non hiérarchisée. En mettant en lumière ces trois dimensions, cet article propose une interprétation intégrée de la controverse, qui apparaît moins comme un conflit conjoncturel que comme l’expression de tensions durables autour des formes de scientificité, des modèles d’intervention et des rapports entre science, éthique et politique en pédopsychiatrie.
Une importante minorité de jeunes utilise ChatGPT, souvent de façon régulière, à des fins affectives, au sens large du terme : demande de conseils de vie, recherche d’amitié, soulagement d’une souffrance morale, question sexuelle… On peut déjà se montrer préoccupés par l’existence même de cette dynamique, dirigée vers une machine. Notre expérience de terrain, ainsi que des tests que nous avons fait passer à ChatGPT à son insu, montrent que la qualité de réponse qu’il propose est aléatoire. Parfois acceptable et même très acceptable, parfois aussi malsaine, toxique, antisociale, distribuant des illusions sur la réalité de ce qu’est un lien humain… Dans le domaine sexuel, si l’on relève un certain nombre de réponses valables, on note aussi une ambiance générale libertaire. Il existe donc des risques pour la santé mentale des jeunes, dont la teneur et l’intensité sont encore mal connus, de même que la manière dont ces jeunes y feront face.
Introduction La transition de soin de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (PEA) vers la psychiatrie adulte (PA) des jeunes majeurs en situation complexe intervient à une période de vulnérabilité propice aux changements de vie et à l’émergence de pathologies psychiatriques sévères. La littérature montre que quand la transition de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent vers la psychiatrie est insuffisamment travaillée, elle peut être source de discontinuités dans les parcours. Des recommandations de bonnes pratiques permettent de fluidifier la transition des jeunes majeurs en situation complexe. Ce travail a pour but d’étudier les moyens utilisés par les médecins du centre hospitalier Guillaume-Régnier (CHGR) pour accompagner les jeunes majeurs en situation complexe dans leur transition de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent vers la psychiatrie adulte. Méthodologie Une étude quantitative descriptive monocentrique y a été menée auprès des médecins. Un questionnaire s’appuyant sur les recommandations de bonnes pratiques et sur la législation leur a été proposé. La population cible regroupe les médecins ayant accompagné au moins un jeune majeur en situation complexe durant sa transition entre 2023 et 2024 au CHGR. Résultats Sur une population cible de 71 médecins, 37 ont répondu au questionnaire. La transition a eu lieu entre 18 et 19 ans (75,7 %). Les médecins (ou un membre de leur équipe) n’ont pas participé à une réunion de coordination (54,1 %), car elle ne leur a pas été proposée (90,0 %). Ils sont plus vigilants en cas de précarité sociale (89,2 %) ou de sévérité des symptômes (81,1 %). Pour diminuer le risque de discontinuité, ils proposent des rendez-vous en PA au jeune et ses parents (48,6 %) et des rendez-vous conjoints psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent/psychiatrie adulte (27,0 %). Enfin, ils n’ont pas connaissance de recommandations de bonnes pratiques pour fluidifier la transition (81,1 %). Conclusion Il existe un décalage entre les recommandations internationales et leurs implémentations sur le terrain par ces médecins. Même si certaines recommandations sont suivies, des pistes d’amélioration émergent.
Objectifs La greffe de moelle osseuse proposée en France est le seul traitement curatif dans la prise en charge de la drépanocytose. Cependant, certains patients et leurs parents refusent ce traitement. Nous voulons comprendre ce que signifie ce refus dans un contexte multidimensionnel et analyser leur expérience dans une situation de refus. Participants et méthodes Il s’agit d’une étude transculturelle, exploratoire et multicentrique, qui s’inscrit dans une démarche qualitative et phénoménologique. Les participants issus de 3 centres de référence et de compétence dans la prise en charge des patients atteints de drépanocytose en région parisienne nous ont confié leur expérience à travers l’entretien semi-directif. Cet entretien visait à explorer le vécu subjectif des patients ayant refusé l’allogreffe ainsi que de leurs parents, à partir de plusieurs aspects de leur expérience : le vécu subjectif de la maladie actuelle, le vécu de l’annonce de la greffe, la représentation du traitement de l’allogreffe et la décision du refus de celui-ci. L’analyse des données s’est faite selon la méthode interpretative phenomenological analysis (IPA). Résultats Dix-sept participants originaires d’Afrique subsaharienne ont été inclus. Les résultats s’articulent autour de 4 axes : les raisons exprimées au refus de la greffe ; les croyances derrière ce refus de greffe ; les ruptures dans les représentations entre le niveau culturel et médical ; et le vécu subjectif du refus de cette greffe. L’expérience des participants issue de ces axes, pointe la complexité du dispositif de l’allogreffe, lourd et incertain, les effets secondaires craints, en particulier l’infertilité ; nous avons relevé les mises en tension, d’une part, entre l’appartenance à une culture et ses valeurs, puis entre médicalisation et descendance naturelle, d’autre part. Dans tous les cas, le refus des participants relève d’un choix difficile voire d’un dilemme. Conclusion Le refus des participants renferme beaucoup de non-dits, de malentendus, de peurs face à ce traitement fortement technique. Leurs discours renseignent un refus non figé mais dynamique avec un besoin d’étayage et de soutien au pluriel.
Objectifs L’objectif principal de cette étude est de travailler sur les représentations d’attachement de jeunes institutionnalisés, diagnostiqués pour des troubles du comportement (TC) et soumis à une mesure de placement, à l’aide de la médiation équine. En nous appuyant sur le modèle intégratif des interactions homme–animal (MIIHA), nous formulons l’hypothèse que la médiation équine aura un effet positif sur les représentations d’attachement des jeunes en stimulant de façon positive leurs systèmes émotionnels. Patients et méthode L’entretien d’attachement CAME (cartes pour l’évaluation de la qualité d’attachement et de la mentalisation chez l’enfant d’âge scolaire) a été utilisé. L’échantillon est composé de 28 participants, âgés de 7 à 14 ans (moyenne d’âge : 11,4 ans ; et=1,8) étant tous institutionnalisés en ITEP depuis au moins 1 an et soumis à un parcours de placement. Les résultats ont été traités par des analyses de variance (Anova). Résultats Les scores d’attachement ont permis d’observées les interactions entre le type de médiation et le temps de médiation ; elles montrent un effet positif de la médiation équine sur 4 des 5 dimensions d’attachement par rapport au groupe contrôle. Conclusion Les résultats soutiennent notre hypothèse générale d’un effet bénéfique de la médiation équine sur les représentations d’attachement, supérieur à la médiation cuisine. Ces résultats sont interprétés dans le cadre du modèle MIIHA et de la notion de trajectoires développementales.
Les troubles du sommeil sont très fréquents dans les troubles des conduites alimentaires puisqu’on estime que plus d’un sujet sur deux présente une plainte vis-à-vis de son sommeil. Du fait des liens étroits et multiples qu’entretiennent ces deux grandes fonctions vitales à rythmicité circadienne que sont le sommeil et l’alimentation, l’étiologie des troubles du sommeil dans les troubles des conduites alimentaires est mutifactorielle et complexe. Si les études sont actuellement de plus en plus nombreuses sur ce sujet, la littérature reste inégale entre les différents troubles avec peu de mesures objectives, une prise en compte souvent insuffisante des comorbidités et de petits effectifs souvent mixés en termes de troubles. L’anorexie mentale est le trouble le plus étudié avec des altérations spécifiques du sommeil décrites alors que la boulimie, l’hyperphagie boulimique et le trouble restrictif et évitant de l’alimentation restent sous-étudiés. Pourtant de nombreuses recherches sur les troubles du sommeil de l’enfant et de l’adolescent en population générale, pédopsychiatrique et souffrant de troubles des conduites alimentaires pointent clairement la nécessité de mettre en place des prises en charge spécifiques et adaptées pour améliorer le sommeil mais également le trouble des conduites alimentaires, la santé mentale, la qualité de vie et l’implication dans les soins des jeunes avec troubles des conduites alimentaires dans le but d’améliorer leur évolution. Ainsi, après une revue de la littérature, cet article s’attachera à proposer des modalités de prise en charge des troubles du sommeil dans les TCA.
Cet article analyse les spécificités du développement bilingue et les défis qu’elles posent au diagnostic des troubles développementaux du langage (TDL). Il précise que le bilinguisme, loin d’être un facteur de risque, peut néanmoins générer des manifestations langagières (interférences, alternance codique, transferts) susceptibles de masquer ou d’imiter des signes habituellement associés aux troubles langagiers, rendant l’évaluation clinique particulièrement délicate. À la lumière des critères du consortium CATALISE, l’article replace le diagnostic du TDL dans une perspective fonctionnelle et développementale, centrée sur l’impact du trouble sur la communication, les apprentissages et la participation sociale. Une attention particulière est portée aux jalons du développement langagier typique, aux signes d’alerte précoces et à l’hétérogénéité des profils langagiers observés dans les TDL, y compris dans une perspective interlangues. L’article indique que l’absence de normes adaptées aux enfants bilingues et l’usage de tests étalonnés sur des populations monolingues exposent les cliniciens à un risque accru d’erreurs diagnostiques. Dans cette perspective, il souligne l’importance d’une évaluation contextualisée, reposant sur une anamnèse détaillée du parcours linguistique et culturel de l’enfant, l’examen des deux langues lorsque cela est possible, la collaboration avec des interprètes, l’usage raisonné des batteries classiques, et le recours à des approches complémentaires telles que l’évaluation dynamique. Ces pratiques permettent de distinguer plus finement un trouble développemental du langage d’un décalage lié à une exposition asymétrique aux langues. Enfin, l’article met en évidence la nécessité de développer des outils cliniques mieux adaptés au bilinguisme et de promouvoir une approche orthophonique véritablement holistique, intégrant les dimensions linguistiques, culturelles et familiales, afin d’optimiser la pertinence du diagnostic et la qualité de la prise en charge des enfants bilingues présentant des difficultés langagières.
L’adolescence représente bien souvent un moment particulièrement sollicitant, conflictuel, voire explosif dans les familles adoptives. À partir de notre expérience clinique dans une consultation d’adoption internationale à la Maison des adolescents de l’Hôpital Cochin, nous avons mis en place une recherche pour explorer le parcours de vie et l’histoire familiale, les liens au pays d’origine ainsi que la quête des origines. Les entretiens menés avec les six adolescents rencontrés ont permis de mettre en évidence cinq thématiques, caractéristiques de leur processus adolescent en contexte d’adoption internationale : la question des origines, les représentations des parents de naissance, le rapport à l’histoire pré-adoptive, les liens au pays de naissance et à sa culture, les relations intersubjectives. Le rapport aux origines s’avère fluctuant et évolutif souvent empreint d’ambivalence et sujet à des processus de projection et de dénégation. Les représentations des parents de naissance et du pays de naissances renvoient à des significations multiples et parfois conflictuelles et ne peuvent être envisagées les unes indépendamment des autres. Leur rapport aux affiliations culturelles est à comprendre en lien avec les expériences d’altérité vécues par ces adolescents, dans leurs relations aux autres, à leurs paires et même aux membres de leur famille. Et enfin le rapport à l’histoire pré-adoptive est également ambivalent, chargé d’affects de tristesse, de colère, parfois soumis au déni et au désaveu, ou encore empreint de sidération traumatique. Les récits des adolescents adoptés eux-mêmes sur la résurgence de l’expérience d’abandon et d’adoption à l’adolescence montrent toutes les multiples facettes de cet évènement de vie à différents moments du développement de l’individu et surtout sa résonance avec la construction adolescente elle-même.
L’opposition à l’adolescence est un processus développemental nécessaire, indissociable du deuxième processus de séparation-individuation. Pourtant, la multiplication des catégories diagnostiques dans le DSM-5 (trouble oppositionnel avec provocation, trouble disruptif avec dysrégulation émotionnelle) tend à réduire l’opposition à un comportement symptomatique à corriger, sans interroger sa fonction structurante. En articulant le processus de séparation-individuation (Mahler, Blos, Jeammet), le non comme organisateur psychique (Spitz) et le double interdit du toucher (Anzieu), cet article propose une lecture psychodynamique de l’opposition adolescente et défend la distinction entre une opposition développementale, constructive et souple, et une opposition de cristallisation, rigide et figée autour d’une blessure identitaire. Deux vignettes cliniques contrastées — Guillaume, dont l’opposition est figée dans un rôle qui empêche l’élaboration psychique, et Paulin, dont l’opposition sélective participe à une phase de construction où il « apprend à choisir » — illustrent cette distinction. L’article avance l’hypothèse que la cristallisation de l’opposition en « trouble » résulte moins d’une pathologie intrinsèque que d’un défaut d’écoute et de contenance de l’environnement, et discute les implications cliniques et institutionnelles de cette lecture.
Objectifs Explorer les processus psychiques à l’œuvre dans le refus scolaire anxieux chez des adolescents suivis dans un dispositif ambulatoire à médiations. Méthode Une étude qualitative a été conduite auprès de douze adolescents à partir d’entretiens semi-directifs. Les données ont fait l’objet d’une analyse lexicale et thématique, complétée par une lecture clinique d’orientation psychanalytique. Résultats Le refus scolaire apparaît comme une réponse défensive à une souffrance psychique marquée par des pertes réelles et symboliques, une fragilisation narcissique et des angoisses massives. Les difficultés dans les liens aux pairs et à l’institution scolaire entravent les processus de séparation-individuation et de symbolisation. Les ateliers à médiations et les relations transférentielles au sein du dispositif offrent un espace intermédiaire contenant, favorisant une relance des processus de pensée et de subjectivation. Conclusion Le dispositif étudié soutient la restauration des conditions psychiques nécessaires au lien et à la pensée, permettant, pour certains adolescents, une reprise de la scolarité ou une réorientation.