
Il s'agit du compte rendu de l'ouvrage suivant : Mélanie Lafrance, Femmes de sciences. Les Ursulines de Québec et leurs élèves, 1800-1936, 214 p. Québec : Les éditions du Septentrion, 2025. IBSN 9782897916091.
Cette introduction à un numéro spécial de Scientia Canadensis propose une lecture élargie de l’institutionnalisation des savoirs au Québec aux 19e et 20e siècles, en insistant sur la pluralité des lieux (scientifiques, étatiques, religieux ou éditoriaux) où ils se construisent. À partir d’études portant sur les Ursulines, les Franciscains, le Centre d’études nordiques, la Revue canadienne de biologie, des institutions médico-sociales et l’écologie étatique, il montre comment ces espaces façonnent la production, la diffusion et les usages sociaux des savoirs.
Bien que le Québec compte des tenants de la connaissance et des innovations en matière agricole dès le XIXe siècle, l’agronomie y voit vraiment le jour à l’aube du XXe siècle, soit plusieurs décennies après l’apparition de cette science en Europe. Les premiers agronomes diplômés et ceux qui les ont précédés ont écrit sur un très grand nombre de sujets, attentifs qu’ils étaient à l’évolution de l’agriculture québécoise et de ses marchés. L’élevage occupant une place plus importante dans le système de production, ils ont beaucoup épilogué sur le foin à partir du milieu du XIXe siècle. Leur propos portait sur les avantages et les inconvénients des diverses plantes herbacées qu’on trouvait alors au Québec, en insistant davantage sur le trèfle, la luzerne et le mil, sur la façon de transformer les emblavures en prairies et les moyens de les garder fertiles, et sur la fenaison et ses diverses facettes afin d’obtenir
Compte-rendu de FABRE, Gérard (2021) Le pari canadien d’André Siegfried. Québec, Presses de l’Université Laval, 140 pages.
In this article I examine the life of an artifact, the Theratron Junior, a sleek green radiotherapy machine from 1956 displayed in a permanent exhibit at the Canada Science and Technology Museum. It is currently seen through the lens of Canadian innovations, but the Theratron Junior brims with features and history that touch on several other historical narratives—scientific, commercial, labour, aesthetics and patient experience. The striking “sea foam” green paint, for example, has inspired an independent exhibition at the museum on the colour green in twentieth-century medicine. In addition, research into the former life of the specific machine on display (serial no. 15 from 1956), including the people who made and used it, has produced a reinvigorated artifact biography that enriches and challenges conventional narratives from Canada’s early atomic era. The lessons from careful artifact studies are readily clear—we are missing opportunities by taking for granted the most familiar items on our museum floors.
Review of Donald J. Feltmate. Building a Better Boat: How the Cape Island Longliner Saved Nova Scotia’s Inshore Fishery.
This article explores horticulture-related collections held by the Royal Botanical Gardens (RBG) in Burlington, Ontario and Ingenium in Ottawa that share a provenance from the Central Experimental Farm in Ottawa. The article reviews key collections including RBG’s Isabella Preston archival collection and Ingenium’s collection of art produced by Faith Fyles. The article also suggests ways the Preston and Fyles collections could contribute new insights into the histories of Canadian horticulture, science, and the environment.
Natural history collections have the potential for comparative studies with contemporary perspectives. Here, we present a historically important collection of preserved plants from Winnipeg, Manitoba, collected by Lady Frances Simpson—spouse of the Governor of the Hudson’s Bay Company’s Northern Department—who lived briefly in the region from 1830-1833. Simpson accompanies her specimens with many notes, giving insight into her skills and thoughts on aesthetics, and her collected species reflect the diversity of the landscape of that time. In a step towards curatorial collaboration with Manitobans, we include perspectives of three Métis botanical knowledge keepers on the collection’s value.
Yamachiche Wireless Receiving Station was established as part of the Imperial Wireless Chain, run by Marconi Wireless Telegraph Co., and later run by the Canadian Overseas Telecommunication Corporation. Beyond telegraphy, the Station and its network were modified to adopt the emerging technologies of telephony, facsimiles, and teletype. The Station’s archives are calling for a researcher’s attention!
Durant les années 1930, les scientifiques francophones du Québec publient peu de recherches en sciences naturelles. Pour remédier à cette situation, en 1942, des professeurs de l’Université de Montréal lancent la Revue canadienne de biologie. Dans cet article, nous retraçons la mise en place d’un périodique dont les pratiques éditoriales sont en adéquation avec les exigences du champ scientifique. Puis, nous analysons le processus de positionnement disciplinaire du périodique, ainsi que les tiraillements propres à l’émergence d’un lieu de pouvoir éditorial. Enfin, nous examinons l’impact de la prise en charge de la revue par les Presses de l’Université de Montréal sur le processus éditorial, notamment sur les pratiques d’évaluation par les pairs.
L’histoire de l’hygiène mentale au Québec a souvent été réduite aux activités des comités national, provincial et locaux dédiés à son développement, ou encore aux initiatives de quelques individus engagés. Pourtant, derrière ces porte-étendards bien visibles se cachent des institutions qui servirent de véritables piliers pour le développement de ce mouvement. C’est le cas de la Clinique Roy-Rousseau et de l’École La Jemmerais fondées respectivement en 1926 et 1928 au sein de l’Hôpital Saint-Michel-Archange de Beauport. Valorisant une neuro-psychiatrie sociale ouverte sur, et en lien avec, la communauté, ces deux institutions, pensées comme complémentaires et en rupture avec les méthodes traditionnelles d’internement, permirent d’installer mais aussi de développer l’hygiène mentale dans la région de Québec, et même au-delà. C’est ce que je m’attacherai à démontrer dans cet article en revenant sur l’histoire de ce premier service ouvert de neuropsychiatrie adulte et de cette première école pour enfants anormaux éducables de la province et sur leur rôle dans l’émergence du mouvement d’hygiène mentale au Québec.
Après la formation du Service de la faune en 1961, des chercheurs de l’État québécois tentent de faire de l’écologie scientifique la pierre angulaire de l’exploitation des ressources cynégétiques. La démocratisation de la chasse sportive offre aux chercheurs l’occasion d’imprimer leur marque sur les politiques de gestion de la faune terrestre. Les chercheurs produisent des études qui rendent visibles les populations d’orignaux et de cerfs de Virginie, des espèces fauniques prisées par les chasseurs sportifs. Dès lors, l’intégration des préceptes de l’écologie scientifique se manifeste dans les travaux sur la quantification des populations d’ongulés et sur la délimitation de leurs milieux de vie. Cela dit, l’écologisation de la gestion faunique demeure un processus constamment redéfini, comme en témoignent les circonstances qui entourent l’intégration des préceptes de l’écologie scientifique à la réglementation et aux pratiques d’aménagement et de gestion de la faune au Québec.
Entre 1800 et 1936, trois générations de maîtresses de sciences se sont succédé au pensionnat des Ursulines de Québec. Les maîtresses pionnières (1800-1844), dont trois étaient natives des États-Unis, ont porté jusqu’au pensionnat un modèle éducatif féminin incluant des sciences. Les maîtresses de la relève (1844-1903), natives de Québec, ont déployé un ensemble d’expérimentations et d’activités visant à rendre sensible l’insaisissable. Les maîtresses de la continuité (1903-1936) ont maintenu un enseignement scientifique distinct de l’enseignement ménager. À cette époque où l’accession des femmes au savoir était restreinte, ces éducatrices ont cru à la pertinence d’offrir un enseignement scientifique à leurs élèves.