
Abstract Dans chacun des trois articles qu’il publie successivement en 1800, 1801 et 1802 dans les Philosophical Transactions de la Royal Society de Londres – le premier sur une théorie du son, le second sur une théorie de l’œil, le troisième sur la théorie de la lumière et des couleurs – Thomas Young expose la loi de la réfraction; chaque fois sous une forme différente. La troisième version de celle-ci débouche par ailleurs sur deux corollaires, dont le deuxième – relatif à la distribution spatiale de l’éther – est particulièrement sibyllin. Cet article a pour objectif de réunir et de comparer ces trois versions de la loi de la réfraction selon Young, afin de rendre compte des raisons de l’évolution de son texte, ainsi que du sens à attribuer aux corollaires découlant de sa dernière version.
Abstract In questa breve nota indaghiamo l’impatto delle Questioni meccaniche dello Pseudo-Aristotele sulla fisica moderna. In particolare, mostriamo come esse contrastino con la statica di Archimede, che si basa sulla nozione di equilibrio. Per lo Pseudo-Aristotele, invece, la nozione di spostamento ha un ruolo centrale. Vediamo poi come Guidobaldo del Monte cerchi di conciliare Archimede con lo Pseudo-Aristotele e come Bernardino Baldi comprenda in profondità il significato delle Questioni meccaniche . Le nostre considerazioni mostrano come la fisica moderna abbia sempre più esplicitamente abbandonato la visione dinamica aristotelica della natura.
Abstract By reducing the meaning of the word ’mimesis’ to the perfect imitation of reality, modern scholars have too often focused on the degree of realism of an image. We then start thinking that, for many Greek and Latin scholars, the ultimate intention of artists was the ὁμοίωσις (or similitudo ) between a copy and the original. Inexorably we end up believing that a representation individualises a subject by differentiating it from all others and can lead us to that same subject. In other words, we think we can find the original through a copy, and we view negatively images that cannot do this. My paper assesses whether the notion of visual species individualisation, particularly amongst representations of plants in Greek scientific manuscripts, had any currency for Byzantine scholars. More specifically, after a brief introduction to mimesis of reality in art and its reception in Byzantium, I first focus on how certain images of plants (especially from Dioscorides’ De materia medica ) are depicted. Secondly, I present some of the ideas of Byzantine scholars that undoubtedly influenced the way in which certain images were depicted in scientific manuscripts. Finally, I consider the importance of captions (textual and visual) in individualisation, in terms of recognising the subject depicted and contributing to the creation of a diachronic identification.
Abstract Nous présentons une analyse approfondie des réflexions de Poincaré avant 1900 sur les théories électromagnétiques (Hertz, Helmholtz et surtout Lorentz) en lien avec la formule d’entraînement des ondes de Fresnel (1818) et avec les principes de relativité, d’énergie, et « de réaction » qu’il pense, comme en mécanique, devoir être lié aux précédents. On s’intéresse ensuite au contenu souvent ignoré ou mal compris de l’article « La théorie de Lorentz et le principe de réaction » qu’il écrit fin 1900 pour le Jubilé pour Lorentz. En particulier, Poincaré montre que la théorie de Lorentz satisfait au principe de réaction si on prend en compte la « quantité de mouvement de l’énergie électromagnétique » (rétrospectivement premier exemple d’inertie de l’énergie) ; il interprète les « états correspondants » de Lorentz de 1895 en termes de relativité et considère le « temps local » et la non-invariance des forces comme deux tests (cinématique et dynamique) de cette relativité ; relativité qu’il propose par ailleurs à Lorentz d’étendre à tout ordre V⁄c. Enfin nous discutons quelques commentaires contemporains de l’article du Jubilé et analyses historiques récentes souvent en décalage avec les préoccupations réelles (et singulières) de Poincaré.
Abstract Peu d’études ont été consacrées aux rôles des apothicaires dans les empires coloniaux du XVIIIe siècle. La nombreuse documentation à notre disposition concernant les travaux entrepris par Jean-Baptiste Christophe Fusée-Aublet (1723-1778) à l’île de France permet d’éclairer les méthodes et pratiques de cette fonction dans le contexte de la politique administrative menée par la Compagnie française des Indes Orientales entre 1753 et 1761. Fusée-Aublet ne se contente pas de gérer la logistique des médicaments envoyés par la Compagnie, mais il forme lui-même des jardins (Monplaisir et le Réduit) dans lesquels il acclimate et cultive des plantes européennes et tropicales. Il emploie des drogues de substitution à celles venues d’Europe, réalise des expériences de culture et greffe des végétaux afin d’exploiter le potentiel botanique et agricole de la colonie. Le portrait scientifique de Fusée-Aublet révèle un apothicaire engagé pour ses connaissances pharmaceutiques, mais dont les compétences en matière d’agronomie, d’agriculture et de botanique en font aussi un savant colonial.
Abstract Dans un texte consacré à Galilée, la célèbre historienne des sciences allemande Anneliese Maier examine l’usage que fait Galilée d’un extrait du Traité Du ciel d’Aristote. Selon elle, Galilée, contrairement aux commentateurs médiévaux d’Aristote, n’a pas bien compris ce que voulait y dire le Stagirite. En effet, Galilée, commentant ce texte, soutient qu’Aristote y parle d’un mouvement se prolongeant indéfiniment. Or, estime Anneliese Maier, ce n’est pas le cas. Aristote, selon elle, y parle non pas d’un mouvement qui dure indéfiniment, mais d’un mouvement d’une vitesse infinie. L’objectif de cet article est le suivant : montrer que Galilée, contrairement à ce que soutient Anneliese Maier, a eu raison de comprendre ainsi le texte d’Aristote, contrairement à la majorité des commentateurs médiévaux du Philosophe, dont il faudra essayer de comprendre la légère erreur.
Abstract Newton est rarement cité pour ses contributions à la théorie du mouvement musculaire. Son intérêt pour le sujet se manifesta pourtant longtemps avant le Scholie général des Principia ou les Questions de l’ Optique . Il donna lieu à une proposition originale sur l’action musculaire et le système nerveux. Cette proposition, demeurée inédite de son vivant, est contenue dans son Hypothèse expliquant les propriétés de la lumière de 1675. Elle prétend « expliquer bien mieux par-là [le problème du mouvement animal] que par tous les moyens que les hommes ont imaginés jusqu’à présent ». L’originalité de cette explication ne réside pas seulement dans son intégration de sources hétéroclites, qu’il s’agisse de la philosophie chimique, bénéficiant alors en Angleterre de la diffusion des œuvres de Van Helmont, de la physiologie chimique promue par les médecins anglais, de la chymie chrysopoétique de Georges Starkey, alias Eyrénée Philalèthe ou des relations d’expérience contenues dans les essais de Boyle; à quoi il convient d’ajouter les connaissances chymiques propres à Newton. Elle se distingue plus drastiquement par le fait qu’elle conçoit les esprits animaux comme des médiateurs de sociabilité chimique.
Abstract In the Institutions de physique (1740), Émilie du Châtelet took a stand in the controversy over the principle of conservation of vis viva as a fundamental law of mechanics. She essentially appealed to experimental reasons in arguing for the principle against those who challenged its validity and meaning. However, at various places in the Institutions , she tended to introduce arguments of a more “rational” nature based on concepts that characterize the immanent properties of corporeal substances. I wish to examine the sources from which she may have borrowed some of her arguments, in order to assess the originality and consistency of her thesis in this instance.
Abstract Moins connu aujourd’hui que plusieurs de ses contemporains entrés dans la postérité, le polytechnicien Charles-Hippolyte de Paravey (1787-1871) a néanmoins produit une oeuvre originale, qui contribue à éclairer l’histoire intellectuelle et scientifique de la première moitié du xix e siècle français. Plus précisément, l’étude conjointe de la trajectoire et des travaux de Paravey permet d’appréhender les interactions complexes entre science, religion et politique à une époque marquée, entre autres, par le développement de plusieurs doctrines raciales. Ingénieur de formation, Paravey s’est toutefois distingué par ses écrits relevant d’une réflexion sur l’hypothèse d’une origine commune des peuples, ainsi que par ses interprétations des récits bibliques à la lumière des découvertes scientifiques de son époque. Ses travaux sur le Zodiaque de Dendérah, de même que ses multiples prises de position dans les débats racialistes de son temps, participent d’efforts visant à concilier convictions religieuses et savoirs scientifiques. L’attention portée à Paravey « l’ingénieur » conduit également à envisager sa carrière au sein de l’École polytechnique et du Corps des Ponts et Chaussées, à travers ses missions sur le terrain, ses relations professionnelles et les conflits qui ont jalonné son parcours. Enfin, apparaît le rôle des réseaux catholiques et royalistes dans l’ascension professionnelle de Paravey, de même que l’impact de ses idées sur ses contemporains.
Abstract The main intention of Copernicus’s planetary models was to avoid the use of the equant point. According to Copernicus, the equant requires “that the planet never moves with uniform velocity either in its deferent sphere or with respect to its proper center”. Consequently, a model with equants seems “neither perfect enough nor sufficiently in accordance with reason”. This was exactly the same reason that led Islamic astronomers to propose, within a Geocentric framework, very similar models centuries before. In the Copernican and Islamic models, the effect of the equant point is successfully replaced by a combination of two circular and uniform motions, sometimes represented by eccentrics, sometimes by epicycles or by a combination of both. It is easy to show the geometrical relationship between these equant-less models and the Ptolemaic model. A rather different issue, however, is to produce these models departing from the Ptolemaic one. There is no record of how either the Islamic astronomers or Copernicus arrived at this model. In this paper, thus, I propose a possible path that they could have followed.
Abstract The present article discusses a collection of unpublished archival material belonging to the Italian astronomer Giovanni Virginio Schiaparelli (1835-1910). These materials were produced between 1877 and 1878. The main focus will be on exploring the ways handmade drawings of the planet Mars were produced in the astronomer’s private books parallel to his collection of measurements and annotations (one diary of observation and one Giornale di Osservazioni al rifrattore di Merz 1875-1877 ). I propose a backward analysis, one that starts from the images’ systematic version, designed for scientific publication, where drawings, numbered tables and maps merge into a coherent whole. I will trace the procedures that led the astronomer, from the first sketches produced during the nights of observation, to the working images that were redrawn, refined, ordered, and printed. The aim is to take a look behind the sciences , as it were, by way of applying an art-historical methodology: how did the astronomer organize his materials into a polished version for the publishing phase? A reconstruction of the steps preceding the publishable materials shows that the astronomer’s record book and the subsequent scientific publications work in tandem. Together they provide insight for an understanding of the epistemological premises entangled with the technological implications of the instruments that aided Schiaparelli’s study of the planet Mars. Schiaparelli’s visual material points to problem areas that invite a reflection once again on the ways of seeing embedded in scientific visualization.
Abstract Dans l’imposante flore de la Guyane Française qu’il publie vers la fin de sa vie, Jean-Baptiste Christophe Fusée-Aublet (1723-1778) consacre quelques lignes seulement à son parcours scientifique, durant lequel il s’est « occupé » de botanique, de chimie, de minéralogie ou de pharmacie. Sur la base de manuscrits non étudiés par la critique, nous retraçons ici les principales étapes de ce cursus particulier. Nous montrons qu’au mitan du XVIII e siècle, plus que les trajectoires scientifiques multiples qu’il emprunte, c’est bien le choix de la voie pharmaceutique comme préambule à l’étude des plantes qui interroge. À une époque où l’immense majorité des naturalistes sont médecins, nous tentons de préciser et de resituer dans leur contexte ces années de formation savante (1740-1753), tout en nous interrogeant sur les causes et les conséquences de la décision singulière prise par Fusée-Aublet.