
Introduction : L’éducation thérapeutique du patient (ETP) et l’éducation pour la santé (EPS) partagent un objectif commun : renforcer le pouvoir d’agir des personnes sur leur santé. Pourtant, l’intégration de l’EPS dans les programmes d’ETP demeure peu documentée. Objectif : Cette étude vise à explorer la place accordée à l’EPS dans les programmes d’ETP en France, à partir du point de vue des responsables d’Unités Transversales d’Éducation du Patient (UTEP). Méthodes : Une enquête descriptive et exploratoire a été menée entre mai et juin 2025, à l’échelle nationale, au moyen d’un questionnaire en ligne adressé aux responsables d’UTEP. L’analyse des réponses a permis d’identifier les thèmes d’EPS présents dans les programmes et la manière dont ils s’articulent avec l’ETP. Résultats : Les résultats montrent que l’EPS occupe une place périphérique dans les programmes d’ETP. Les thèmes intégrés concernent surtout l’alimentation, l’activité physique et la santé mentale, directement reliés à la pathologie ; tandis que la santé environnementale ou la vie affective demeurent marginales. Les compétences psychosociales apparaissent davantage prises en compte. Discussion : L’étude met en évidence l’existence d’un espace de convergence possible entre EPS et ETP, autour du renforcement du pouvoir d’agir en santé des patients. Elle invite à penser l’articulation entre EPS et ETP non pas comme une juxtaposition mais comme un continuum d’éducations en santé tout au long de la vie.
Introduction : L’Académie Populaire de la Santé forme des ambassadeurs de santé capables de mener des actions promotrices de santé dans leurs communautés. Une évaluation de programme a montré une amélioration significative de la littératie en santé des participants, ainsi qu’un impact sur le nombre de personnes touchées par des actions menées. Une approche par la littératie en santé distribuée mettrait en évidence une LS plus collective. Objectif : Il s’agit alors d’identifier les cercles sociaux qui bénéficient de la diffusion des savoirs des participants. Méthode : Des entretiens exploratoires ont été menés auprès des diplômés afin d’identifier les bénéficiaires indirects et les méthodes de diffusion des savoirs. Une analyse abductive a été conduite. Résultats : Neuf ambassadeurs identifient différentes relations avec qui ils partagent leurs savoirs. Les échanges sont davantage informels mais peuvent également se faire lors d’actions organisées par les ambassadeurs. L’oral prédomine mais des supports écrits sont également partagés. Discussion : Deux figures se dégagent : l’ambassadeur-entraidant qui se base sur son vécu pour apporter un soutien émotionnel et l’ambassadeur-multiplicateur qui diffuse des messages institutionnels adaptés à son entourage. Cette éducation par les pairs médiée par l’effet de Halo peut être explorée comme un mécanisme de diffusion de savoirs collectif et comme un levier de justice épistémique. Conclusion : Les résultats montrent une appropriation des savoirs et compétences mobilisées lors de l’APS par les ambassadeurs qui les restituent à leurs communautés personnelles. Les résultats vont dans le sens d’une littératie en santé distribuée qui pourrait être médiée par un effet de Halo. Ils gagneraient à être davantage interrogés de manière quantitative.
Introduction : L’ostéopathie en France est présentée comme une médecine préventive intégrant la promotion de la santé. Cette étude interroge la mobilisation des éléments de promotion de la santé dans le curriculum prescrit en ostéopathie en France, notamment sous l’angle des pratiques éducatives qui lui sont liées et qui relèvent d’un même paradigme conceptuel. Méthode : L’étude porte sur les textes de loi qui constituent le curriculum prescrit de la formation initiale en ostéopathie. Elle s’appuie sur une analyse descriptive du curriculum prescrit et une analyse thématique inductive et abductive pour catégoriser les composants promouvant la santé. Résultats : L’analyse thématique met en évidence 271 éléments reflétant la présence de promotion de la santé au sein du curriculum prescrit. Elle met en avant une conception de la promotion de la santé qui s’appuie davantage sur l’éducation individuelle dans une perspective éthique. Les autres piliers de la promotion de la santé sont moins représentés. L’analyse structurelle fait ressortir une faible proportion d’enseignements dédiés à la promotion de la santé. Le nombre d’heure dédié reste faible et les intitulés pédagogiques ne semblent pas suffisamment clairement formulés pour permettre aux formateurs ostéopathes ou aux étudiants de s’en emparer. Plusieurs opportunités sont identifiées pour renforcer l’intégration la promotion de la santé dans l’ensemble du curriculum . Conclusion : Une meilleure structuration curriculaire apparaît nécessaire, s’appuyant sur une réelle approche par compétence, intégrant de façon explicite la promotion de la santé dans la formation et renforçant notamment le design pédagogique, les méthodes, d’évaluation et la qualification des enseignants. L’analyse curriculaire interroge également sur la capacité des futurs ostéopathes à soutenir des interventions éducatives, durables et socialement équitables dans une perspective de promotion de la santé. Celle-ci intègre nécessairement le développement des compétences collectives, dont l’application n’est pas définie à ce jour pour les ostéopathes.
Peu de programmes d’Éducation Thérapeutique (ET) réalisent des séances dédiées au tabac. L’Unité Transversale d’Éducation Thérapeutique de notre territoire a réalisé une étude descriptive en interrogeant les éducateurs de divers programmes afin de récolter des messages-clés et leurs besoins sur le sujet. Pour répondre à leurs besoins, un conducteur de séance a été élaboré avec la création de trois outils pédagogiques : un photo-expression permettant d’exprimer les freins et leviers à l’arrêt du tabac, un jeu évoquant les contextes de consommation qui permettent d’identifier les situations plaisirs ou non indispensables pouvant engager une diminution rapide de cette consommation et enfin un jeu de plateau avec un dé et des cartes permettant d’échanger sur divers thèmes : diminution, informations, idées fausses… Les trois tests réalisés avec des patients et/ou équipes d’ET ont un retour positif et montrent que les équipes doivent s’approprier les outils et les adapter à leur pratique. En effet, en fonction du temps disponible mais aussi du type de séance réalisé, ces outils peuvent être utilisés en individuel et/ou en collectif. Ces outils ont été diffusés sur les deux départements à toutes les équipes d’ETP ainsi qu’à de nombreuses structures médicales du territoire.
Introduction : L’Éducation Thérapeutique du Patient (ETP) s’est développée en réponse aux contraintes que les maladies chroniques font peser sur la vie des patients, en leur offrant la possibilité d’améliorer leur qualité de vie tout en renforçant leur capacité à prendre des décisions concernant leur santé. Pour ce faire, elle cherche à dépasser une vision préventive souvent réduite à une simple transmission d’informations visant à limiter les comportements à risque pour s’inscrire dans une vision promotrice de santé centrée sur les ressources des patients et de leur environnement. Cependant, les pratiques actuelles de l’ETP traduisent-elles un véritable engagement vers la promotion de la santé, ou bien reconduisent-elles encore, sous des formes renouvelées, une logique préventive centrée sur le contrôle des comportements ? Méthode : Pour discuter cette question, nous nous sommes appuyés sur l’étude de 44 résumés soumis en vue d’une communication orale lors du 10 e congrès de la Société d’Éducation Thérapeutique Européenne (SETE) qui s’est tenu en mai 2024 à Liège (Belgique). Résultats – Discussion : L’analyse des résumés montre que la transition est engagée : les aptitudes individuelles des patients sont davantage prises en compte et les actions communautaires se développent. Cependant pour que l’ETP se transforme vraiment, les environnements capacitants doivent être repensés, les actions communautaires doivent trouver une place plus institutionnalisée, et les services de santé doivent évoluer pour proposer des actions émancipatrices. Et si ces travaux soulignent l’importance du soutien des politiques publiques pour développer une ETP promotrice de santé, ils montrent également que ce soutien doit être plus affirmé et doté de moyens adaptés. Conclusion : Le 10 e congrès de la SETE qui s’est tenu en mai 2024 à Liège, a montré que si cette transition a été engagée, elle doit être plus franche.
L’éducation thérapeutique du patient (ETP) s’inscrit dans une continuité avec l’éducation à la santé, en s’appuyant sur les mêmes valeurs éthiques et en proposant les mêmes méthodes et outils. De façon plus spécifique, l’ETP s’adresse à une partie de la population, de plus en plus nombreuse, composée de personnes ayant une ou plusieurs maladies chroniques. Des convergences semblent se dessiner avec la médecine intégrative qui combine la médecine conventionnelle et les approches complémentaires, telles que : phytothérapie, aromathérapie, acupuncture, hypnose, sophrologie, méditation, pratiques psychocorporelles et bien d’autres. Dans cette perspective, l’ETP permettrait de développer les ressources et capacités de chacun pour prendre soin de soi par un plus large choix de pratiques de santé intégrant les moyens propres à la médecine conventionnelle et les méthodes complémentaires. Cet article explore la correspondance des approches et les liens entre les pratiques, propose des repères méthodologiques et tente de mettre en lumière quelques perspectives.
La transition identitaire des parents vers un rôle de parent-aidant est un cheminement progressif influencé par les normes sociales, les attentes médicales et l’expérience personnelle. En tant que démarche d’apprentissage visant le domaine psychosocial, l’éducation thérapeutique du patient (ETP) pourrait favoriser cette transition. Cette étude vise à mieux comprendre le processus de conscientisation du rôle de parent-aidant et à identifier les obstacles à cette transition durant la phase de pré-annonce du diagnostic. Une approche qualitative a été adoptée pour explorer le vécu des parents. L’analyse a conduit à élaborer une modélisation en rétroaction, où la conscientisation s’opère en plusieurs phases : prise de conscience, reconstruction identitaire et transfert des compétences. L’étude met en évidence un processus non linéaire où les parents naviguent entre incertitude, adaptation et appropriation progressive de leur rôle. L’absence d’accompagnement structuré peut freiner cette transition et générer une insécurité identitaire. Nous suggérons une approche salutogénique, axée sur les ressources des parents plutôt que sur une normalisation du rôle, afin de favoriser un accompagnement plus ajusté.
Introduction : L’éducation thérapeutique du patient réalisée en simulation (S-ETP) est encore peu utilisée au profit des patients atteints de maladies chroniques et de leurs aidants malgré la preuve de sa plus-value. Objectifs : Afin de la déployer sur le département de la Vienne, l’étude visait à analyser les programmes existants d’ETP, à mettre en évidence les situations d’apprentissage à décliner en S-ETP et à identifier les facteurs d’accessibilité pour les patients et aidants. Méthode : Une recherche qualitative a été menée avec une analyse de 5 programmes d’ETP déclinés au sein de la plateforme de promotion de la santé « Vie la Santé » du CHU de Poitiers puis la réalisation d’entretiens semi-directifs auprès de 4 professionnels de l’ETP et de 2 patients-partenaires. Résultats : 88 apprentissages ont été répertoriés dont certains entrent déjà dans le champ des compétences de S-ETP. Les répondants ont retenu 14 apprentissages à traiter en S-ETP, ainsi que 2 facteurs favorisants et 4 freins à l’accès à la S-ETP. Ils ont aussi indiqué des conditions de mise en place de la S-ETP sur le territoire. Discussion et conclusion : La plupart des recommandations sur les conditions d’utilisation de la simulation dans l’ETP sont ancrées à l’échelle du territoire de la Vienne. L’élaboration, la mise en œuvre puis l’évaluation du dispositif expérimental apparaissent pertinentes.
Bien des études avec les acteurs de terrain en ETP se basent, sans forcément l’expliciter, sur une méthode de recherche-action (RA) plus ou moins participative. Il s’agit pourtant d’une méthode itérative rigoureuse qui cherche à promouvoir l’expertise des praticiens sur le terrain (acteurs de terrain), ce qui nécessite de renforcer la collaboration avec eux. Nous présentons ici la méthode de recherche-action que nous avons suivie dans le cadre d’une étude sur l’implémentation d’un rôle infirmier en médecine générale avec une fonction éducative des patients. Face à une disponibilité limitée des acteurs de terrain, nous avons dû redoubler d’efficience dans nos stratégies collaboratives en nous basant sur des recommandations issues de la littérature que nous illustrons à travers la recherche-action que nous avons menée. Ces recommandations visent à favoriser le partage des activités et des responsabilités de la RA avec les acteurs de terrain, à prendre soin de la coordination interprofessionnelle, à gérer les tensions conflictuelles inhérentes à toute collaboration et à maintenir une distance scientifique suffisante pour produire un savoir complémentaire.
Introduction : L’ETP s’est développée en France à l’aide de la formation continue des professionnels de santé avant d’être intégrée dans les formations initiales (FI) des professionnels de santé. Cependant, certains auteurs montrent que l’offre est restée très hétérogène. Dans le contexte du développement de l’APC, comment les référentiels de compétences des différentes formations initiales en santé intègrent l’ETP ? Méthode : L’analyse porte sur les curriculums prescrits des cinq formations initiales : Diététicien, Infirmier, Masseurs-kinésithérapeute, Maïeutique et Médecin généraliste. L’analyse de la structure et du type de curriculum est combinée avec une analyse descriptive de l’intégration de l’ETP à partir de critères de contenu et de cohérence interne. Résultats : A été mise en évidence la prédominance des curriculums traditionnels qui font coexister des compétences avec une organisation par enseignement disciplinaire. L’ETP apparaît intégrée à des compétences plus larges (soins éducatifs, prévention ou promotion de la santé). La progression de l’étudiant est majoritairement exprimée en termes de connaissance (contenu). Il y a une hétérogénéité en termes de finalités (compétences, apprentissages cibles), de format (volume, organisation de la formation à l’ETP), de méthode d’enseignement et d’évaluation. Discussion : La prédominance du profil « traditionnel » (pour 4 des 5 curriculums) indique que l’APC n’est pas encore pleinement intégrée dans les curriculums prescrits en santé. Cela se traduit par des compétences qui sont peu opérationnelles, détaillées dans une section à part de la maquette de formation. Les modalités d’enseignement ou d’évaluation ne semblent pas leur être spécifiques. Au contraire, on constate un découpage de la formation selon les connaissances, c’est-à-dire le contenu des enseignements sans qu’il n’y ait de lien entre eux. Dans leurs formats actuels, les curriculums ne semblent pas soutenants pour l’intégration réellement l’ETP dans la formation initiale. Ce travail montre l’urgence de la mise en place d’un référentiel pour la formation initiale qui permettrait de développer l’ETP dans les nouveaux formats par APC. Ces propositions constituent des repères pour les décideurs et les responsables de formations qui souhaiteraient accompagner les instituts et les universités dans de telles réformes et ouvrir des perspectives d’évolution des référentiels prescrits vis-à-vis de l’ETP.
Contexte et objectifs : De nombreuses personnes ne prennent pas leur traitement tel que prescrit pour diverses raisons. Or, les professionnel·les de santé laissent peu de place en consultation pour parler des médicaments. Cette recherche vise à créer un outil pédagogique transversal pour faciliter la communication autour des médicaments. Méthode : Un brainstorming itératif d’une équipe interprofessionnelle et des recherches bibliographiques ont permis de définir les thèmes influençant l’adhésion médicamenteuse, puis d’élaborer des questions ouvertes pour les aborder. L’outil a été testé en consultations individuelles et de groupe, et les entretiens ont été analysés qualitativement. Résultats : L’outil, simple d’utilisation, aide les professionnel·les de santé à structurer l’approche et favorise le partenariat patient, en laissant aux patient·es la liberté de choisir les thèmes abordés. Les entretiens montrent une augmentation du temps de parole des patient·es et une évolution des postures des deux protagonistes. Discussion/Conclusion : L’outil pédagogique « Moi et mes médicaments » et son guide d’utilisation facilitent le dialogue entre patient·es et professionnel·les de santé, améliorant ainsi l’accompagnement à travers la thématique des médicaments. Une validation dans d’autres contextes de soins sera nécessaire.
Introduction : Les douleurs chroniques, surtout les lombalgies, concernent 30 % des adultes français. C’est le 1 er motif de consultation en ostéopathie. L’utilisation d’outils pédagogiques doit permettre aux ostéopathes d’adopter des pratiques éducatives en consultation. Cette étude pilote explore les effets de l’outil pédagogique AiDPart sur l’apprentissage clinique des étudiants en ostéopathie en fin de cycle, favorisant un diagnostic partagé et une approche centrée sur le patient. Méthode : Un groupe formé et ayant utilisé l’outil (n = 6) a été comparé à un groupe B de contrôle (n = 12). Les effets de l’outil AiDPart ont été évalués par les étudiants au moyen d’un questionnaire et à travers l’évolution de leur sentiment d’auto-efficacité. Résultats : La progression du sentiment d’auto-efficacité est significativement plus importante pour les étudiants du groupe test par rapport au groupe contrôle. Les étudiants sont plus à l’aise pour questionner le patient sur le contexte de sa maladie ( p < 0,01), permettre au patient d’acquérir des connaissances et de résoudre des problèmes complexes ( p < 10 −3 ). Discussion : L’outil AiDPart permettrait aux étudiants de rendre le patient acteur de sa consultation. Conclusion : L’outil AiDPart pourrait constituer un atout pour les étudiants dans leur apprentissage tout en favorisant une démarche éducative auprès des patients.
L’éducation thérapeutique du patient (ETP) intègre des compétences (d’autosoin et d’adaptation à la maladie) en tant que cadre pédagogique de ses programmes. Celui-ci peut être questionné au regard du déploiement de l’Approche Par Compétences (APC) dans les formations en santé. Le développement de l’APC dans le domaine de l’ETP constitue une proposition pour améliorer l’efficacité et l’équité des pratiques. En considérant les compétences spécifiques des soignants (notamment relationnelles et réflexives), cette approche permettrait de mieux répondre aux besoins des patients, en tenant compte de leur vécu, de leurs attentes et de leurs capacités. L’objectif de cet article est de cerner les nuances conceptuelles et opérationnelles entre les différentes approches et de l’illustrer par un exemple concret. L’APC constitue un levier essentiel pour une ETP plus inclusive et centrée sur le patient, contribuant à une plus grande autonomie des patients.
L’éducation thérapeutique du patient (ETP) est une démarche qui vise l’autonomie du patient porteur de maladie chronique. Sa définition manque toutefois de clarté en raison de l’indétermination des concepts d’« autonomie » et d’« éducation » d’une part, et de la référence à deux modèles contradictoires de la « santé » d’autre part. Ces ambiguïtés conceptuelles se manifestent au plan empirique par différents enjeux psycho-sociaux. En particulier dans les situations où la volonté du patient de garder le pouvoir sur sa maladie ne converge pas avec l’objectif du soignant de limiter l’apparition des complications de la maladie. Une question tant épistémologique qu’éthique se pose : au regard des exigences de l’ETP, qui du patient ou du soignant doit définir les objectifs d’autonomie ? En l’absence d’une définition conceptuellement rigoureuse de la démarche, nous faisons l’hypothèse que ce sont les représentations sociales des soignants qui guident les pratiques. Mais qu’est-ce qui garantit que des pratiques fondées sur des représentations répondent correctement aux besoins des patients ? Et sont-elles éducatives ? Afin d’identifier si les tensions relevées au plan conceptuel se manifestent au niveau représentationnel, cette recherche se propose d’étudier les représentations sociales de l’ETP grâce à un questionnaire d’associations verbales autour de l’expression « éducation thérapeutique du patient ». Les résultats obtenus au moyen d’une analyse prototypique montrent que si l’autonomie semble d’un point de vue structural se trouver dans la zone de centralité, l’éducation est paradoxalement située dans la périphérie. Ces résultats sont à confirmer avec des études complémentaires, mais ils montrent l’intérêt de la question de la didactique en ETP.
Introduction : Le Covid-19 a bouleversé la pratique des programmes éducatifs en France. Le distanciel s’est développé comme un outil d’éducation thérapeutique de patient (ETP) en parallèle du présentiel. Objectif : Comparer les effets de l’ETP de patients porteurs de polypathologies selon qu’elle est réalisée en présentiel ou à distance. Méthode : Étude prospective et comparative sur 8 mois. Un questionnaire a été distribué aux patients ayant participé aux ateliers d’ETP polypathologie, portés par l’UTEP du CHU de Montpellier. Une comparaison des modalités d’animation (présentiel et distanciel) a été effectuée en formant deux groupes distincts. Résultats : Sur les 76 patients ayant participé à des ateliers pendant la période de l’étude, 54 ont répondu aux questionnaires (26 en présentiel, 28 à distance). Aucune différence statistique n’a été retrouvée sur l’ensemble des données mesurées sauf sur le taux de retour des questionnaires. La majorité des patients (21/26 et 24/28) ont atteint en grande partie leurs objectifs éducatifs. Des ressources ont été identifiées (24 en présentiel et 26 en distanciel), ainsi que les actions entreprises par les patients (24 en présentiel et 24 en distanciel). La satisfaction moyenne était de 8,6 en présentiel et de 8,46 en distanciel. L’analyse des commentaires libres a permis d’identifier 2 thèmes principaux : les effets de l’ETP sur des aspects spécifiques, et ceux sur l’ETP en général. Discussion et conclusion : Les effets des ateliers d’éducation thérapeutique perçus par les patients se révèlent bénéfiques, quelle que soit la modalité d’animation, que ce soit en présentiel ou en distanciel. Toutefois, certains inconvénients relevés par les patients lors des ateliers distanciel offrent des pistes d’amélioration pour optimiser cette approche.
Twenty-five years ago, the World Health Organization (WHO) published the basic recommendations for therapeutic patient education (TPE). The WHO-Europe region office recently published a new report on therapeutic patient education, “Therapeutic patient education: an introductory guide.” This guide targets decision-makers, healthcare professionals, and those involved in training, focusing on a patient-centered process for managing health through one’s own resources. The approach promotes empowerment, health literacy, and autonomy, emphasizing the importance of TPE in improving health outcomes and quality of life. However, the Society for Therapeutic Education in Europe aims to address several shortcomings in the guide to enrich the debate. Specifically, it shows how the authors of this guide would have benefited from linking TPE and health promotion more closely.
Introduction : La mise en place d’un programme d’ETP est tout à fait indiquée pour compléter la prise en charge médicale des personnes atteintes de dégénérescence maculaire liée à l’âge. C’est dans cet objectif que nous avons mené une recherche descriptive qualitative pour identifier les conceptions des patients sur leur maladie, leur prise en charge et leurs besoins quant à de futurs ateliers d’ETP. Méthodes : Nous avons utilisé une méthodologie qualitative en contexte hospitalier sur des patients atteints de DMLA. Les résultats ont été confrontés à un échantillon de patients dans le cadre de deux focus groupes afin d’asseoir la fiabilité des résultats et les confronter à la réalité du vécu des patients. Résultats – Discussion : Les patients nous indiquent que la DMLA à un impact significatif sur leur vie quotidienne. De plus, cette maladie génère une angoisse qui doit être prise en compte par les équipes soignantes au même titre que les conseils nécessaires à l’amélioration de la qualité de vie des patients. Conclusion : Les résultats sont susceptibles d’éclairer les soignants quant à leurs pratiques quotidiennes de prise en charge de cette maladie mais également d’être force de proposition pour concevoir des programmes d’ETP contextualisés et adaptés.
Des interventions en population générale, à différents âges de la vie, visent à promouvoir des comportements favorables pour prévenir les maladies bucco-dentaires. Dans le contexte spécifique du secteur de la boulangerie-pâtisserie, un surrisque lié à la présence de sucre majore l’incidence carieuse et nécessite la conception d’une intervention adaptée au contexte professionnel pour prévenir la carie du boulanger. La contribution vise la modélisation d’une conception d’éducation pour la santé orale auprès d’apprentis boulangers-pâtissiers scolarisés en centre de formation des apprentis (CFA), et ce en coopération avec leurs formateurs en CFA et leurs maîtres d’apprentissage dans une approche globale de la personne et systémique. Cette triple focale a pour objectif la création d’environnements favorables soutenant l’adoption d’habitudes de vie favorables en milieu professionnel. Deux modèles – Health Belief Model (HBM) et Health Action Process Approach (HAPA) – ont été convoqués pour construire le diagnostic éducatif relatif à l’hygiène orale des apprentis et leurs besoins individuels et collectifs pour adopter des comportements favorables et prévenir la carie du boulanger. Dans le cadre de cette réflexion théorique, le référentiel des compétences éclaire ensuite les composantes essentielles des apprentissages critiques visés (compréhension, application, identification). Enfin, grâce au modèle micro-pédagogique en milieu scolaire, le choix des habitudes favorables à la santé orale a été opéré en prenant en compte leur contrôlabilité, leur valeur et leur exigence, toutes dépendantes d’une seule condition : pouvoir accéder à un robinet d’eau. L’auto-efficacité constitue l’élément central du croisement des modèles (modèle explicatif, modèle d’action planifiée, modèle pédagogique) qui permettent de vérifier la concordance entre compétences visées et faisabilités de la modélisation des apprentissages, notamment par l’action intersectorielle. En tant que limite cette modélisation théorique souffre du fait de sa non-réalisation sur le terrain. Cependant, la modélisation d’une conception d’intervention s’avère être une étape constitutive de l’élaboration des objectifs, la création d’outils et l’évaluation post-intervention.