
Pour faire face aux besoins urgents de personnel dans un contexte de pénurie, le Québec recourt à de plus en plus de personnes enseignantes non légalement qualifiées : leur nombre a plus que doublé entre 2015 et 2021. Malgré leur présence à tous les niveaux du système éducatif et dans toutes les régions du Québec, on en sait encore très peu sur les caractéristiques de ce groupe professionnel. À partir des données recueillies dans le cadre d’une collecte de données par enquête réalisée auprès de 471 personnes enseignantes à l’emploi pendant l’année scolaire 2023-2024 et ne détenant pas de brevet d’enseignement, cet article propose des pistes de réponses aux questions suivantes : quels sont leurs profils sociodémographiques et scolaires? Quels sont les parcours professionnels qui les ont amenées vers l’enseignement? Quels sont les caractéristiques de leur emploi en tant que personnes enseignantes? Nos résultats mettent en évidence notamment une proportion importante de personnes qui travaillaient dans le domaine de l’éducation avant d’intégrer l’enseignement, ainsi qu’une diversité de parcours d’entrée dans la profession, dont un nombre important de personnes qui commencent directement à enseigner avec un contrat à temps plein.
L’article explore les répercussions systémiques du recours au personnel non légalement qualifié (PENLQ) dans les écoles de langue française en Ontario (Canada), dans un contexte marqué par une pénurie persistante de personnel enseignant légalement qualifié. Cette pénurie, exacerbée par des politiques peu appropriées, affecte particulièrement les communautés francophones en situation minoritaire (CFSM), dont celles de l’Ontario, où l’école joue un rôle crucial dans la préservation linguistique, culturelle et identitaire. Alors que cette mesure palliative tend à s’institutionnaliser, les impacts sur la qualité éducative et l’équité restent encore peu documentés. Adoptant une posture de praticiens-chercheurs et une méthodologie de théorisation enracinée, les personnes autrices proposent une typologie substantive de ces répercussions, issue d’une analyse itérative et collective croisant leurs expériences variées dans le système scolaire franco-ontarien et une mise en perspective théorique. Les résultats soulignent les effets pédagogiques, organisationnels et réputationnels majeurs du recours au PENLQ, aggravant la charge des directions d’école, fragilisant les services, la stabilité des équipes et la confiance des familles, et plus encore en zones éloignées. Ce phénomène croissant en cours d’institutionnalisation expose le PENLQ à une grande précarité et met en péril la qualité éducative, tout en illustrant une déprofessionnalisation normalisée du métier enseignant.
L’article examine le recours au personnel enseignant non légalement qualifié (PENLQ) en Afrique subsaharienne francophone, dans un contexte de pénurie mondiale de personnes enseignantes (PE) et d’ambition internationale d’augmenter le nombre de PE qualifiées (ODD 4.c). S’appuyant sur les données du PASEC 2019, l’étude décrit le profil sociodémographique et économique du PENLQ, documente leurs expériences professionnelles et évalue leurs effets sur la performance en mathématiques des élèves de fin de primaire. L’échantillon mobilise 599 personnes enseignantes et 10 095 élèves. Des analyses statistiques descriptives et des modèles de régressions logistiques binaires sont utilisés. Les résultats montrent qu’environ un enseignant sur cinq n’est pas légalement qualifié. Le PENLQ est plus employé dans le privé et connaît l’irrégularité salariale. Il déclare fréquemment un manque de fournitures scolaires. Pourtant, la proportion d’élèves performants en mathématiques est similaire à celui des PE qualifiées. Les effets sur les apprentissages sont nuancés : l’âge, le niveau d’études, la régularité du salaire, la disponibilité de ressources, certaines relations professionnelles et la formation continue influencent la performance des élèves. L’article conclut que le PENLQ assure la continuité du service, mais souligne des risques de fragilisation et appelle à des recherches, notamment qualitatives, sur les pratiques et les trajectoires du PENLQ.
Cet article analyse le profil, les modalités de recrutement, ainsi que les dynamiques d’intégration et de vécu socioprofessionnelles du personnel enseignant non légalement qualifié (PENLQ) au Cameroun. Outre la recherche documentaire et la revue de littérature, l’étude s’appuie, dans un premier temps, sur des entretiens individuels semi-directifs menés auprès de 101 enseignantes et enseignants issus de 5 régions francophones et de 10 départements, centrés sur leurs trajectoires personnelles et professionnelles. Dans un second temps, 19 cadres de l’administration de l’éducation ont examiné les conclusions et contribué à leur mise en sens. Parallèlement, cinq groupes de discussion ont été organisés avec des informatrices et informateurs clés représentant chacun des profils d’enseignant et d’enseignante identifiés. L’analyse croisée des discours et des savoirs expérientiels, éclairée par le regard situant des participantes et participants, met en évidence sept profils de PENLQ au Cameroun. Tous profils confondus, ils ont été recrutés soit sur étude de dossier, soit par cooptation au sein des réseaux de pairs, soit sur recommandation. Leur intégration et leur vécu professionnels apparaissent majoritairement laborieux et disqualifiants, révélant une injustice organisationnelle et sociale structurelle à l’origine d’une souffrance au travail susceptible d’altérer durablement leur bien-être.
Face à la pénurie de personnel enseignant, de nombreux systèmes éducatifs ont assoupli les conditions d’accès à la profession, donnant lieu à une tendance massive de diversification de la main-d’oeuvre enseignante. La présente contribution examine les effets de cette évolution à propos de deux enjeux majeurs : la rétention et la professionnalité du corps enseignant. Cet article propose à la fois un appareillage conceptuel et des illustrations contextuelles issues de la Belgique francophone et du Québec. L’analyse croisée met en évidence que le personnel enseignant de deuxième carrière et non légalement qualifié présente des taux d’attrition nettement plus élevés que leurs homologues issus des voies traditionnelles. Leur proportion croissante dans le corps enseignant suscite par ailleurs de vifs débats et est souvent perçue comme participant à des dynamiques de déprofessionnalisation du métier.
Bien que la formation du personnel enseignant soit reconnue comme un levier pour garantir une éducation de qualité, l’effectif du personnel enseignant non légalement qualifié (PENLQ) en Afrique subsaharienne francophone reste non négligeable et persistant. La présente étude vise à analyser la corrélation entre le statut de PENLQ et les acquis des apprentissages des élèves et à explorer des variations de cette corrélation entre milieux rural et urbain dans les pays du PASEC. Elle repose sur une analyse du modèle linéaire hiérarchique des données du PASEC 2019. L’analyse montre des résultats contrastés selon les pays et les matières. Ces résultats indiquent que le statut de PENLQ est souvent associé à une baisse des acquis scolaires, notamment au Bénin, au Congo, à Madagascar et au Tchad, où des corrélations négatives et statistiquement significatives ont été observées. En plus, l’analyse montre que l’influence des PENLQ peut varier selon le milieu géographique, avec des différences statistiquement significatives entre les élèves des écoles rurales et urbaines au Cameroun et en Côte d’Ivoire. Il est donc impératif d’investir dans la formation initiale des enseignants et de mettre en place des stratégies ciblées pour assurer plus d’équité dans les systèmes éducatifs en Afrique subsaharienne francophone.
Dans un contexte de pénurie de personnel enseignant, plusieurs systèmes éducatifs, dont celui du Québec, ont recruté des personnes non légalement qualifiées, et dont l’insertion professionnelle demeure peu documentée. S’appuyant sur la méthode des trajectoires proposée par Loisy, cette étude repose sur des entrevues semi-dirigées menées auprès de 24 personnes afin d’examiner leurs motifs d’entrée en enseignement, les conditions d’accueil perçues et leur intention de poursuivre cette carrière. Les résultats indiquent que, pour la majorité, le désir d’enseigner était présent depuis longtemps et que l’embauche a ravivé cette aspiration. D’autres mentionnent la volonté de contribuer à la réussite des jeunes ou de répondre aux besoins du réseau scolaire. L’accueil dans les milieux apparaît contrasté : certaines personnes bénéficient d’un soutien appréciable, tandis que d’autres vivent un sentiment de mise à l’écart. La méconnaissance des procédures et du fonctionnement scolaire accentue le besoin d’accompagnement. Ces expériences influencent différemment l’intention de demeurer en enseignement. En ce sens, l’étude des dispositifs de soutien, des trajectoires professionnelles et des pratiques organisationnelles apparaît essentielle pour concilier la gestion de la pénurie avec les exigences de qualité et d’équité des systèmes éducatifs.
Cette étude examine le statut paradoxal des enseignantes et enseignants FRAM ( Fikambanana Ray aman-dReny Mpianatra ou association des parents d’élèves) dans le système éducatif malgache. À travers une revue documentaire des textes législatifs et des statistiques officielles du ministère de l’Éducation nationale, complétée par des entretiens avec différents acteurs et actrices de l’éducation, cette recherche analyse le décalage entre la légitimité de terrain de ces personnes enseignantes et leur absence de reconnaissance légale. Les résultats révèlent que les enseignantes et enseignants FRAM représentent 44,1 % du personnel enseignant (2023-2024), jouant un rôle crucial particulièrement dans les zones rurales et au niveau primaire (51,4 %). L’analyse révèle trois paradoxes majeurs : l’invisibilité légale malgré l’omniprésence pratique, les exigences juridiques contradictoires et la perpétuation du système malgré son interdiction officielle.
Au Québec, la pénurie de main-d’oeuvre affecte le milieu de l’éducation et plusieurs nouvelles personnes enseignantes ne détiennent aucun brevet d’enseignement. Ce nouveau personnel enseignant demande un soutien considérable de la direction et des collègues, particulièrement lors de la première année de pratique, réputée comme plus difficile. L’identification des besoins des personnes enseignantes sans brevet et des ressources qu’elles jugent utiles pour les soutenir est nécessaire pour faciliter leur insertion professionnelle et favoriser leur persévérance en emploi. Dans le cadre de notre parcours au doctorat professionnel, un premier projet doctoral visant à connaître et à comprendre la situation professionnelle a permis de répondre à la question suivante : Quelles ressources les personnes enseignantes non-détentrices de brevet mobilisent-elles, lors de leur insertion professionnelle dans une école secondaire d’un centre de services scolaire, pour répondre à leurs besoins? Une collecte de données, recueillies par un questionnaire de perceptions suivi d’un entretien d’explicitation, a permis de répondre à la question de recherche. En s’appuyant sur les résultats obtenus, il devient possible pour ce centre de services scolaire et ses écoles de prévoir des façons innovantes de soutenir l’insertion professionnelle des personnes enseignantes non-détentrices de brevet pour répondre à leurs besoins et, ainsi, de favoriser leur persévérance en emploi.
Cette étude vise à identifier les facteurs prédictifs de l’hostilité, soit le niveau d’agressivité envers les autres, chez les jeunes âgés de 14 à 24 ans en temps de pandémie. Elle repose sur un devis quantitatif découlant de l’étude MAVIPAN, axée sur l’expérience de la pandémie au sein de la population québécoise. Entre mai et juin 2020, 235 jeunes ont répondu à un questionnaire en ligne concernant leur vécu psychosocial. Une régression logistique multinomiale a été réalisée pour prédire leur appartenance aux groupes « non hostiles », « légèrement hostiles » et « hostiles ». Les analyses permettent d’identifier les principaux facteurs prédictifs de l’hostilité. Les jeunes hommes ayant obtenu un score élevé à l’échelle de stress sont notamment plus susceptibles de se retrouver dans le groupe « légèrement hostiles » plutôt que dans celui des « non hostiles ». Pour l’appartenance au groupe « hostiles », le jeune âge, un niveau de stress élevé et la présence d’un sentiment de solitude sont les facteurs qui ressortent de l’étude. Ces résultats sont cohérents avec les écrits scientifiques disponibles, qui identifient un lien entre les comportements hostiles et la détresse vécue par les jeunes dans le contexte de la pandémie.
Le soutien à la radicalisation violente en milieux éducatifs préoccupe les écoles. Il a été documenté chez des élèves de collège et d’écoles secondaires. Qu’en est-il du personnel enseignant? Cette étude examine les associations entre détresse psychologique, climat dans le milieu de travail et expériences d’adversité sociale, de même qu’avec le soutien à la radicalisation violente de personnes enseignantes d’origines diverses dans des écoles primaires et secondaires de différentes régions du Québec au cours des deux premières vagues de la COVID-19. De plus, elle explore si ces associations varient entre les personnes enseignantes issues de l’immigration et celles d’implantation plus ancienne. Au total, 891 personnes enseignantes ont répondu à un questionnaire en ligne. Des analyses de régression linéaire ont montré qu’un engagement professionnel plus important et une meilleure santé mentale étaient associés à moins de soutien à la radicalisation violente. Plus d’expériences de violence était un facteur de risque pour le soutien à la radicalisation violente, et ce, surtout pour les personnes issues de l’immigration. Ces résultats suggèrent que la promotion d’un climat de travail plus positif et inclusif, ainsi que le soutien psychologique au personnel enseignant représentent des pistes prometteuses pour réduire les risques de violence en milieu éducatif.
La COVID-19 a entraîné des perturbations considérables au sein des centres de services scolaires (CSS) du Québec et de leurs différents établissements d’enseignement. Plusieurs décisions importantes ont été prises par les gestionnaires en accord avec l’Institut de la santé publique du Québec afin qu’ils puissent poursuivre leur mission éducative. Cependant, comme il s’agit d’un sujet complexe, il nécessite un regard pluriel afin de mieux comprendre ses répercussions selon une approche multi-informateurs. Cette étude empirique examine les répercussions de la pandémie selon deux temps de mesure [printemps/automne 2021] auprès de différents acteurs d’un CSS : 1) les élèves [primaire, secondaire, formation professionnelle, formation générale des adultes]; 2) les parents d’élèves; 3) le personnel [enseignant, professionnel, de soutien, de direction]. Les résultats présentent des nuances importantes selon leur perception de cinq volets et selon la mesure de leur stress perçu.
La pandémie de la COVID-19 a profondément perturbé le secteur de l’éducation, mettant à l’épreuve le leadership des directions d’établissement d’enseignement (DÉE ; chefs d’établissement en France). Certaines DÉE n’ont pas bénéficié d’un soutien adéquat et ont dû composer avec un manque de directives et des ressources limitées. Bien que les DÉE du Québec et de la France ont fait face à une crise sans précédent, les contextes distincts de ces régions soulèvent la question suivante : comment ont-elles vécu la crise de la COVID-19 dans leurs établissements et quels en sont les effets sur leur santé et leur bien-être? Pour y répondre, nous avons mené une collecte de données auprès de DÉE du secteur public du Québec ( n = 519) et de la France ( n = 678). Les résultats révèlent des différences significatives entre les perceptions des DÉE québécoises et françaises, et organisées en trois grandes catégories : 1) les demandes, 2) les ressources du travail, et 3) les indicateurs de santé et de bien-être.
Les études universitaires représentent une période de grands défis, particulièrement sur le plan de la santé mentale. La pandémie de COVID-19 a exacerbé cette tendance, entraînant une augmentation notable des symptômes anxieux et dépressif, notamment chez certains sous-groupes minoritaires ou marginalisés. Cette étude quantitative, menée au Québec auprès de 4 666 personnes étudiantes universitaires, a été réalisée dans l’optique d’identifier les déterminants de la santé mentale en contexte pandémique. Les analyses de régression ont permis d’identifier les facteurs de risque et de protection associés à la détresse psychologique, de même qu’aux troubles anxieux, dépressifs et de stress post‑traumatique. Elles mettent notamment en évidence ce en quoi le stress généré par la pandémie a eu un impact négatif sur la santé mentale étudiante. A contrario, le soutien social et la spiritualité semblent avoir eu des effets protecteurs. Certains facteurs caractéristiques de la diversité étudiante font fluctuer ces états de santé mentale, mais de manière modeste. D’autres études sont nécessaires afin de mieux comprendre la nature des relations entre ces facteurs de risque et de protection relevés dans cette étude.
Cet article explore les expériences vécues des personnes étudiantes internationales (PEI) et des personnes enseignantes dans des cégeps de région, au Québec, durant la pandémie de COVID-19. Une étude qualitative dans trois cégeps de région à faible diversité ethnoculturelle visait à décrire les défis rencontrés par les PEI et le rôle du personnel enseignant dans ce contexte pandémique. À l’hiver 2021, 22 PEI et 18 personnes enseignantes ont participé à des entrevues semi-dirigées. L’analyse, fondée sur le modèle néoécologique du développement de Navarro et Tudge, a permis d’examiner les interactions entre les individus et les divers systèmes sociaux les influençant. Les résultats révèlent que les PEI ont éprouvé des difficultés de concentration, de motivation et d’adaptation aux outils technologiques. La pandémie a limité leurs possibilités de socialisation et de découverte de la société d’accueil, éléments pourtant centraux de l’expérience d’étudier à l’étranger. Le personnel enseignant a également affronté des défis d’adaptation, mais a su jouer un rôle clé en atténuant les répercussions de la crise grâce à l’ajustement de ses pratiques pédagogiques. Cette recherche souligne néanmoins l’importance de repenser les approches pédagogiques et les politiques d’accueil afin de mieux soutenir les PEI, particulièrement dans les contextes régionaux et en période de crise.
Cet article analyse le rôle du soutien enseignant dans le maintien des apprentissages en mathématiques pendant la pandémie de COVID-19 en Afrique subsaharienne francophone. Il mobilise les données issues des évaluations PASEC 2019 et MILO 2021, et compare quatre pays : le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Burundi. La méthodologie repose sur une analyse descriptive et comparative des performances en mathématiques avant et pendant la pandémie, complétée par l’examen des indicateurs rapportés par les élèves sur le soutien enseignant, l’accès aux technologies et leurs préoccupations psychosociales. Les résultats montrent que si le soutien enseignant est associé positivement aux acquis, son effet est resté limité dans les pays ayant connu des fermetures scolaires en raison de la fracture numérique et de l’anxiété accrue des élèves. Le Burundi, où les écoles sont restées ouvertes, se distingue par des niveaux plus élevés de soutien et des acquis plus stables. Ces constats soulignent l’importance d’une approche systémique articulant soutien enseignant, conditions d’effectivité (accès aux technologies) et conditions de réceptivité (bien-être psychosocial). Des recherches futures pourraient approfondir cette analyse par des méthodes statistiques plus robustes, afin de mieux quantifier l’influence relative de ces facteurs et d’éclairer les politiques éducatives.
La COVID-19 a conduit à la fermeture des écoles au printemps 2020 et affectant plus de 30 000 élèves dans le secteur éducatif francophone du Nouveau-Brunswick. L’article examine l'impact des fermetures d'écoles au Nouveau-Brunswick sur les apprentissages des élèves en lecture en 2 e année (n = 2097) ainsi que des facteurs de résilience pour la continuité des apprentissages à la maison. Les données d’évaluations provinciales, celles relatives au développement de l’enfant à la maternelle et le sondage administré après la réouverture des écoles, sont utilisées pour répondre aux questions de recherche : 1) Quel a été l’impact de la COVID-19 sur les résultats d’apprentissages des élèves en lecture en 2 e année du primaire? 2) Quelle est l’ampleur de l’écart d’apprentissage créé par la COVID-19 entre les élèves qui étaient à risque à l’entrée à la maternelle et les autres qui étaient à développement approprié? 3) Quels sont les facteurs de résilience qui ont atténué l’impact de la COVID-19 sur la réussite scolaire? 4) Quelles sont les tailles d’effets de ces facteurs de résilience? La méthode d’appariement par les scores de propension et la régression logistique binaire multivariée ont permis d’apporter des réponses à ces questions. Des pistes de recherches futures sont proposées.
Les recherches antérieures sur les catastrophes ont démontré que la résilience peut jouer un rôle protecteur contre les conséquences négatives en période de crise. Cette étude vise à contribuer à la recherche existante concernant les facteurs de protection en période de crise, en examinant les ressources socioémotionnelles (RSÉ) comme tampon contre les effets négatifs. Des niveaux élevés de RSÉ sont liés à la capacité globale dans les domaines social, émotionnel et interpersonnel. En utilisant la régression multiple hiérarchique, nous avons émis l’hypothèse que les RSÉ constitueraient un facteur prédictif de l’épanouissement à la fois subjectif et objectif durant la pandémie de COVID-19. Des étudiantes et étudiants universitaires au Canada, âgés de 18 à 28 ans, ont été interrogés dans le cadre de cette étude. Les résultats ont montré que la plupart des personnes participantes ont déclaré des niveaux élevés d’épanouissement objectif et des niveaux modérés d’épanouissement subjectif. Fait important, les RSÉ se sont révélées être un facteur prédictif unique de l’épanouissement, au-delà du statut minoritaire ou du handicap. Les résultats de cette étude suggèrent que les RSÉ peuvent agir comme un facteur de protection efficace contre les conséquences négatives, et ce, malgré les obstacles contextuels en période de crise.