
Dès le rattachement de l'Alsace à la France, la valorisation du territoire s'affirme comme l'un des objectifs majeurs de la monarchie dans la province, et pour ce faire, la maîtrise des cours d'eau est vite perçue comme essentielle. Au-delà du seul intérêt économique, l'étude des fonds de l'intendance montre qu'au XVIIIe siècle, l'ingérence du pouvoir royal dans la police des cours d'eau à travers la gestion des conflits d'usage et de la lutte contre les inondations, permet à la monarchie de légitimer son intervention, et donc par extension, l'autorité du souverain. Dans ce domaine, l'action des ingénieurs des Ponts et Chaussées est essentielle à l'action des pouvoirs administratifs. Ces derniers autant que les populations riveraines se reposent sur leur expertise et leur pratique du terrain. Toutefois, en dépit de leur intervention permanente, la portée des mesures reste cantonnée au niveau local et les compromis imposés par la réalité tant environnementale que politique de la province sont nombreux, conduisant à une administration originale, sans pour autant être exceptionnelle, du réseau hydrographique alsacien
L'estimation de l'élasticité des débits aux précipitations est présentée pour un ensemble d'une cinquantaine de bassins versants situés en Afrique sub-saharienne. L'élasticité des débits aux précipitations est définie ici comme le changement proportionnel de l'écoulement moyen annuel divisé par le changement proportionnel de la précipitation moyenne annuelle. Elle décrit donc la sensibilité des débits à des changements de précipitations et s'avère un outil utile pour évaluer de manière simple, mais non simpliste, l'impact du changement climatique dans des projets relatifs à l'utilisation des ressources en eau. L'élasticité des débits aux précipitations est évaluée ici de manière empirique grâce à des estimateurs non-paramétriques et des séries historiques de débit observé et de précipitation. Les résultats indiquent que l'élasticité des débits aux précipitations est de l'ordre de 1 à 3 sur les bassins versants étudiés. Les anomalies des précipitations sont donc amplifiées au niveau des écoulements avec un facteur de 1 à 3. L'élasticité des débits aux précipitations diminue lorsqu'augmentent l'écoulement moyen interannuel et le coefficient de ruissellement. En revanche, il ne semble pas exister de relation directe entre élasticité des débits et superficie de bassin versant. La cartographie des résultats ne révèle pas non plus de facteurs physiques pouvant expliquer la variabilité des valeurs d'élasticité. De même le type de climat ne semble pas un facteur explicatif de premier ordre.
La Méditerranée est une zone tempérée occupée par diverses populations la rendant une des régions les plus sensibles aux changements anthropiques et climatiques. L'objectif de ce travail est d'établir une classification climatique pour l'hydrologie qui met en évidence la continuité climatique d'un lieu à un autre et pourrait évaluer les tendances des changements. La démarche proposée comporte une Analyse en Composantes Principales pour réduire le nombre des indices climatiques et ne considérer que les plus contributaires, une classification en K-moyennes pour distribuer les stations en un certain nombre de classes, ici 5 et finalement la construction d'un arbre de décision à partir des distances aux noyaux des classes climatiques pour déterminer si un lieu quelconque possède ou non un climat méditerranéen et à quel type appartient-il. Les données de 144 stations au pas de temps mensuel dans 20 pays méditerranéens sont utilisées pour caler la classification, 36 autres stations pour vérifier cette classification en Méditerranée et 21 stations pour la vérifier au Chili et en Afrique du Sud connus pour leur climat à caractère Méditerranéen. Les résultats montrent que la distribution en 5 classes coïncide avec une distribution géographique en Méditerranée et l'analyse de la connexité interclasse montre que l'évolution du climat se fait de façon continue, puisqu'une même station peut obéir aux critères d'appartenance de plusieurs classes.
Le masque en béton bitumineux est l'un des organes les plus utilisés pour l'étanchéité des barrages en remblai. Le parement en béton bitumineux est, en particulier dans le cas des installations de stockage par pompage hydroélectriques, sont souvent très exposé à des fluctuations importantes de température, qui sont causées par la radiation solaire, la variation du niveau d'eau dans le réservoir, par le gel dans la saison d'hiver, ainsi que la vitesse et la direction du vent, sans oublier les précipitations. Pour mieux expliquer le phénomène de transfert de chaleur, il est nécessaire de connaître les variations de température dans les différentes couches du masque en béton bitumineux. Ce travail décrit la mesure de la température dans le masque en béton bitumineux (brut et avec protection) du barrage Ghrib (Ain Defla, Algérie) et son évaluation à l'aide d'un modèle numérique du transfert de chaleur dans le parement en béton bitumineux en utilisant le logiciel Fluent. Dans un premier temps une validation du modèle par comparaison avec des mesures expérimentales, dans le cas d'une variation journalière de température ambiante, La comparaison des résultats du calcul du modèle numérique avec les mesures réelles montre une excellente ressemblance. Nous simulons ensuite la pose d'une protection thermique en ajoutons une couche convective en béton poreux. Les résultats de cette simulation montrent que le transfert de chaleur par convection possède le potentiel de développer une différence de température significative entre les parties inférieure et supérieure du masque, et aussi que l'ajout de cette couche permet d'amortir le pic de température et le réduire à 12,31 °C, ceci de 9 h jusqu'à 15 h au moment où la chaleur est très élevée, ce qui est significatif pour notre masque, où les températures atteignant leurs valeurs maximales (49 °C).
Cette étude a pour objectifs de mieux comprendre la variabilité hydroclimatique et d'estimer les changements potentiels d'extrêmes pluviométriques dans le bassin-versant du fleuve Casamance. Pour ce faire, des données d'observation hydrométéorologique et des sorties de modèles climatiques régionaux sous les scénarios d'un réchauffement de 1,5 °C et 2 °C ont été utilisées. Les résultats obtenus durant la partie historique montrent des périodes de forte évapotranspiration potentielle (1993–2013), de déficits pluviométriques considérables (années 1970 et 1980). En outre, le bilan hydrique simplifié (pluie – ETP) interannuel durant la saison pluvieuse montre une forte variabilité interannuelle avec des valeurs minimales enregistrées (1981–2000) en haute et moyenne Casamance. La période de hautes eaux est notée durant les mois de juillet, août, septembre et octobre en haute Casamance à la station hydrométrique de Kolda, les basses eaux sont enregistrées aux autres mois de l'année. Quant au futur, l'ensemble du bassin pourrait faire face à une diminution des précipitations et des jours pluvieux qui vont impacter négativement la disponibilité de la ressource en eau. Cependant, les projections montrent une augmentation de l'intensité des pluies et des pluies extrêmement humides (99e centile).Ces extrêmes pluviométriques humides peuvent causer des inondations qui affecteront les populations et leurs activités socio-économiques ; mais aussi elles peuvent participer aussi à la recharge des nappes.
L'aquifère multicouche de l'Albien du bassin de Paris est exploité depuis 1841. Son exploitation est intimement liée au développement des techniques de forage au cours de l'ère industrielle. En Île-de-France, sa surexploitation devient rapidement un problème lorsque l'artésianisme disparaît et que les niveaux piézométriques ne cessent de baisser, jusqu'à atteindre son niveau le plus bas en 1965. Elle conduit à la mise en place de règles de gestion visant à limiter les débits annuels prélevés, puis les débits maximums de pompage. L'apparition des redevances avec les agences de bassin permet de mieux maîtriser les débits et de construire une stratégie de gestion en s'appuyant sur la communauté scientifique. En juin 2018, la réalisation d'une piézométrie synchrone de l'Albien à l'échelle du bassin de Paris permet de quantifier les effets des différentes mesures de gestion sur la piézométrie, la dernière réalisée étant celle de Raoult sur des données de 1995. Il apparaît que l'aquifère a réagi positivement à chacune des mesures prises depuis 1935, avec une inertie qu'il est difficile de quantifier car elle dépend également de la sollicitation des aquifères sus- et sous-jacents par drainance. Un suivi régulier des aquifères stratégiques est indispensable pour accompagner les règles de gestion.
APIC, service d'Avertissement Pluies Intenses à l'échelle des Communes, a été mis en place en 2011 par Météo-France et délivre des avertissements lorsque les précipitations en cours revêtent un caractère exceptionnel sur une commune ou les communes environnantes, par rapport aux données climatologiques de référence. Vigicrues Flash, service d'avertissement sur les crues soudaines, a été ouvert par le ministère en charge de l'environnement en 2017 et délivre des avertissements en cas de prévision hydrologique revêtant un caractère exceptionnel sur un ou plusieurs bassins versants élémentaires, par rapport aux données hydrologiques de référence (quantiles de crues estimés à partir des chroniques de débit simulé avec le même modèle hydrologique). Ces deux services, proposés aux gestionnaires de crise, bénéficient de la même plateforme de prise d'abonnement, d'envoi et de visualisation des avertissements. D'importantes évolutions sont prévues d'ici à début 2021 : (i) l'évolution technique et ergonomique de la plateforme internet commune aux deux services ; (ii) l'ouverture des services aux intercommunalités, aux organismes d'utilité publique impliqués dans la gestion de crise ; (iii) l'ouverture en visualisation pour le grand public ; (iv) le changement du produit de lame d'eau alimentant le service APIC, permettant la couverture d'une plus grande partie du territoire ; (v) l'évolution du modèle hydrologique distribué de Vigicrues Flash et le changement de la lame d'eau l'alimentant, permettant d'étendre la couverture et la robustesse du service.
L'agglomération de Nancy a été touchée par un orage exceptionnel dans la nuit du 21 au 22 mai 2012 ; les cumuls de pluie ont localement dépassé 100 millimètres en 3 h. Cet orage a provoqué des ruissellements et des inondations remarquables, en particulier dans la partie est de l'agglomération, dans le bassin versant du ruisseau de Grémillon, sur les communes de Saint-Marc, Essey-les-Nancy, Pulnoy et Seichamps. Afin de documenter cette inondation urbaine hors norme, d'en conserver le souvenir et d'en tirer les enseignements sur la gestion du ruissellement et des crues soudaines dans les espaces urbanisés, une analyse détaillée post-crue, coordonnée par le GIP GEMCEA a été conduite. La démarche suivie pour cette analyse, les informations collectées ainsi que leur analyse et les principales conclusions de cette étude sont présentées ci-après. Cette étude a permis de révéler que les dommages les plus remarquables dans l'agglomération ont été provoqués par le débordement du cours d'eau de Grémillon, de ses affluents et du collecteur pluvial qui remplace le cours d'eau dans sa partie aval. Les débits unitaires des crues des parties rurales amont du bassin versant sont très significatifs : de l'ordre 4 m3/s/km2, soit l'équivalent de 15 mm/h environ de pluies efficaces. Les résultats de modélisation indiquent que le débit maximum de la crue du ruisseau de Grémillon, pour cette crue remarquable, aurait été assez proche du débit observé, si le bassin versant n'avait pas été urbanisé. Les inondations de 2012 à Nancy rappellent donc que les aménagements urbains doivent prendre en compte les crues naturelles exceptionnelles des petits cours d'eau ou thalweg péri-urbains et permettre l'écoulement des eaux au travers du tissu urbain sans trop de dommages.
La vallée du fleuve Sénégal constitue une source de vie et de fertilité régionale où se mêlent agro-pastoralisme traditionnel et cultures irriguées plus intensives. Les enjeux primordiaux de l'utilisation des ressources en eau du fleuve Sénégal représentent un défi d'envergure, et ce surtout dans un contexte de changement climatique. Les images satellitaires sont une source de données pertinente et peu chronophage pour observer et suivre les changements du territoire et ainsi aider à sa gestion. C'est dans ce contexte que le projet MOSIS (Mutualiser les observations satellitaires pour l'innovation de services) a vu le jour, issu d'une collaboration menée selon une démarche Living Lab entre la SOGED (Société de gestion et d'exploitation du barrage de Diama), la CACG (Compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne) et E2L (Espace et Living Lab). En seulement un an de travail, un outil opérationnel s'appuyant sur le traitement des images satellitaires Sentinel 2 a été co-conçu avec les utilisateurs finaux afin de localiser et quantifier les surfaces rizicoles mises en eau pour améliorer le taux de recouvrement de la redevance liée aux prélèvements d'eau pour l'irrigation. L'utilisation de l'outil WebGIS a déjà montré beaucoup de valeurs ajoutées sur le terrain : meilleure identification des usagers et du foncier, augmentation des recettes de redevance, amélioration de la communication avec les usagers, certification des données, etc. La qualité de la réflexion collaborative entre les membres du consortium a également permis de faire émerger d'autres idées de services potentiels qui viendraient s'appuyer sur les ressources Geo-WEB et la télédétection spatiale afin d'obtenir des indicateurs de gestion spatialisés, fiables et pérennes sur la vallée du fleuve Sénégal.
Cet article a pour objectif de faire réfléchir sur la place de la science dans la gestion des eaux souterraines du Système Aquifère Guarani – aquifère transfrontalier qui traverse quatre pays différents, à savoir : le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay. Cette réflexion sera élaborée dans les niveaux global et local fondés en deux moments historiques différents, où les actions du premier niveau portent sur la dimension locale du dernier. En niveau global, nous soulignons la construction du Projet Protection Environnemental et Management Durable Intégré du Système Aquifère Guarani, connu comme Projet Aquifère Guarani (PSAG), entre les années de 2003 à 2009. En niveau local, nous observons la mobilisation (et non mobilisation) du discours scientifique pour la gestion des eaux souterraines dans la région de Ribeirão Preto, une ville située dans l'État de São Paulo au Brésil, qui a une relation complexe avec les ressources souterraines possédant sur son territoire une zone d'affleurement de cette nappe phréatique. La science, donc, doit être comprise comme un discours récursif, soit pour les scientifiques, soit pour les autres agents en différents moments, afin de légitimer un positionnement particulaire. Du point de vue théorique, ce travail mobilise les concepts de la sociologie de Pierre Bourdieu pour étudier la construction des discours dans ces deux échelles et pour apprendre la prise de position des agents en ce qui concerne les sujets abordés.
Les Stations de Transfert d'Energie par Pompage (STEP) représentent plus de 97 % des stockages d'énergie électrique dans le monde et totalisent environ 170 GW de puissance installée. La France et la Belgique disposent actuellement de 9 STEP d'une puissance totale de 6,3 GW mais il n'existe plus de nouveaux sites acceptables pour des STEP conventionnelles car ces dernières nécessitent le creusement de deux bassins en surface et ne peuvent être installées que dans des zones au relief marqué. Suite à la demande de stockage d'énergie engendrée par le développement des énergies renouvelables intermittentes, on aborde la possibilité de créer de nouvelles STEP non conventionnelles en utilisant les bassins existants dans des mines ou des carrières abandonnées ou en voie d'abandon. Il peut s'agir de bassins en surface ou en souterrain, ces derniers donnant accès à la technologie des STEP souterraines ou semi-souterraine (STEP-3S). On décrit ici le potentiel de ces nouvelles technologies de STEP ainsi que les risques et impacts qu'elles sont susceptibles d'engendrer : interactions hydromécaniques et hydrochimiques avec les aquifères adjacents, mouvements de terrain, émissions de gaz. Il s'agit de risques déjà identifiés et maîtrisés dans le cadre d'autres activités du sous-sol.
L'intensité et la durée des étiages des rivières ne dépendent pas seulement des conditions climatiques de l'année hydrologique en cours. En effet, l'humidité ou la sécheresse des années antérieures influe sur le débit observé en étiage, particulièrement dans les bassins où le soutien d'étiage est assuré par des aquifères. La compréhension de cette mémoire pluriannuelle du bassin versant est cruciale pour expliquer les dynamiques de sécheresse. Deux approches sont possibles pour évaluer ce phénomène de mémoire. La première est d'étudier, dans des bassins dont les étiages sont connus pour être soutenus par des aquifères conséquents, les relations entre les dynamiques interannuelles de la piézométrie et celles du climat. La seconde consiste à décomposer les hydrogrammes observés en une composante lente, dite débit de base, et une composante rapide. Les variations interannuelles du débit de base donnent une représentation conceptuelle des dynamiques d'étiage observées. Nous appliquons ici une méthode conceptuelle de séparation d'hydrogramme à quatre sous-bassins du bassin de l'Huisne et une analyse de la mémoire de la piézométrie par régression linéaire sur sept piézomètres représentant trois grandes formations aquifères. Les résultats montrent une corrélation entre les mémoires des débits et des piézomètres, en mettant notamment en exergue la longue mémoire de la nappe des sables du Perche.
La présente étude est une contribution pour une meilleure connaissance des ressources en eau souterraine de la basse vallée de l'Ouémé dans le souci de favoriser leur gestion efficiente face aux besoins sans cesse grandissants de la population. Elle a pour objectif principal de cartographier les potentialités en eau souterraine de la zone d'étude pour favoriser l'implantation des forages à gros débits en vue d'améliorer l'approvisionnement en eau potable des populations. La base de données utilisée est constituée des images satellitaires, des relevés techniques de forages, des fonds topographiques et des données hydro-climatiques. La combinaison de ces différentes informations par la méthode d'agrégation des critères a permis de générer des indicateurs de disponibilité, d'accessibilité et d'exploitabilité des eaux souterraines. Ces différents indicateurs sont ensuite considérés comme critères et sont combinés suivant la technique d'agrégation par codification en vue de l'élaboration de la carte de potentialité en eau souterraine. Les résultats révèlent que plus des deux tiers (80,4 %) du territoire ont une disponibilité en eau souterraine bonne et excellente avec une exploitabilité excellente (51,87 %) et également une accessibilité de 50,51 %. L'identification des sites potentiels en eau souterraine montre que 66 % de la superficie de la basse vallée de l'Ouémé considérée sont favorables à l'implantation de forages à gros débits. Cela correspond parfaitement à la configuration hydrogéologique du Bénin car le nord de la basse vallée de l'Ouémé annonce déjà la zone de socle où la ressource commence à se faire désirer. Ainsi cette carte de potentialité en eau souterraine peut guider la prise d'une bonne décision pour une gestion efficiente des ressources en eau souterraine.
L'érosion et le transport solide sont des problèmes sérieux à l'échelle mondiale mais ils sont bien plus préoccupants dans certaines régions du monde, comme c'est le cas au Maghreb et plus particulièrement en Algérie. Les phénomènes de précipitation et d'écoulement sont des phénomènes complexes et sont impliqués directement dans les processus d'érosion hydrique et du transport solide. La présente étude a pour objectif de contrôler, critiquer et analyser les données de concentrations des sédiments en suspension mesurées au niveau de la station hydrométrique da La Traille. L'étude s'efforce de trouver et de mettre en évidence des relations régressives, entre les débits de la matière solide en suspension et les débits liquides, applicables dans le bassin versant de l'Oued Isser et susceptibles d'être appliquées à des régions (ou des bassins versants) situés en milieux telliens et semi-aride Nord Africains et soumises à des phénomènes similaires. L'optimisation des courbes de transport solide intra annuelles retenues, expliquant la plus grande partie de la variance, a été validée par la comparaison des valeurs estimées aux valeurs observées et par l'ajustement des résidus de la régression à la loi Normale. Les courbes corrigées ont été utilisées pour rectifier le biais dans les données logarithmiques transformées, notamment autour de la partie supérieure des débits élevés qui contribuent très fortement à la charge solide annuelle, et estimer la variation des bilans des apports solides (fins et grossiers) véhiculés par l'Oued Isser au niveau de la station hydrométrique de La Traille, durant la période (1970/71–1984/85), et déposés dans la retenue du barrage de Koudiat Acerdoune depuis sa mise en service en 2013. Elles ont permis également d'estimer la dégradation surfacique annuelle du bassin durant la période d'étude, qui est de l'ordre de 2142 t.km−2.an−1, au droit du barrage de Koudiat Acerdoune. Enfin, l'extrapolation des apports solides a permis de prédire l'envasement du barrage, le classer parmi ceux de moyen taux de comblement, de mesurer l'ampleur du phénomène d'érosion sol–transport solide–envasement du barrage et de proposer des actions pour y remédier.
Les ingénieurs romains ont conçu un dispositif original destiné à ralentir l’eau conduite par les aqueducs appelé « puits de rupture de pente ». À partir d’exemples archéologiquement bien documentés, Autun en France et Cordoue en Espagne, l’objectif est d’abord d’examiner les vestiges encore accessibles aujourd’hui sur le terrain. Chacun des sites possède une cascade de puits de rupture de pente, composée de 19 à 22 puits pour l’un et 34 puits pour l’autre, installée dans des contextes topographiques assez similaires, avec des pentes dépassant 20 %. Cependant les types architecturaux différent. En s’appuyant sur des simulations numériques de l’écoulement de l’eau dans ces puits fondée sur trois caractéristiques (le gabarit des puits, leur espacement et la pente du canal entre les puits), il est possible d’élaborer une restitution visuelle de leur fonctionnement, de les comparer et de préciser les choix techniques des ingénieurs de l’Antiquité. Il s’agit d’une approche expérimentale inédite venant ainsi compléter les recherches passées en matière d’ingénierie hydraulique romaine.
Le papier présente la synthèse des enseignements du séminaire qui s'est tenu le 20 novembre 2019 durant les Journées 2019 de la SHF. L'objet du séminaire était d'analyser l'apport des sciences humaines et sociales pour traiter les questions de gouvernance de l'eau en situation de tension sur la ressource. Les conclusions montrent notamment l'intérêt des approches historiques, ainsi que le besoin de conforter la crédibilité de l'expertise et de travailler à la bonne échelle territoriale. Elles montrent aussi sur certains cas l'importance de la valeur culturelle de l'eau, ainsi que le besoin d'anticiper les crises, pour protéger les plus démunis.
Le 23 et le 29 septembre 2016, des phénomènes de « Retour d'Est », ont provoqué dans la région du Sahel de Sousse en Tunisie des pluies diluviennes, des crues, des inondations et des conséquences socio-économiques et environnementales significatives. Les dégâts dramatiques enregistrés sont déterminés par l'importance des précipitations, par la concentration des eaux et par la configuration des bassins versants, et sont aggravés par un abandon des aménagements hydro-agricoles traditionnels du type « Meskat-Mankâa », en particulier dans les zones périurbaines. Aujourd'hui, les milieux urbain et périurbain sont devenus vulnérables aux manifestations pluviométriques normales et plus encore aux fortes pluies. Dans cet article, nous montrons en particulier que l'urbanisation modifie les composantes des écoulements en accroissant le ruissellement de surface et nous testons l'hypothèse que les dommages liés aux inondations sont plus attachés aux défaillances dans l'aménagement urbain qu'aux quantités et intensités pluviométriques.
Seagrass meadows are essential for protection of coastal erosion by damping wave and stabilizing the seabed. Seagrass are considered as a source of water resistance which modifies strongly the wave dynamics. As a part of EDF R & D seagrass restoration project in the Berre lagoon, we quantify the wave attenuation due to artificial vegetation distributed in a flume. Experiments have been conducted at Saint-Venant Hydraulics Laboratory wave flume (Chatou, France). We measure the wave damping with 13 resistive waves gauges along a distance L = 22.5 m for the “low” density and L = 12.15 m for the “high” density of vegetation mimics. A JONSWAP spectrum is used for the generation of irregular waves with significant wave height Hs ranging from 0.10 to 0.23 m and peak period Tp ranging from 1 to 3 s. Artificial vegetation is a model of Posidonia oceanica seagrass species represented by slightly flexible polypropylene shoots with 8 artificial leaves of 0.28 and 0.16 m height. Different hydrodynamics conditions (Hs, Tp, water depth hw) and geometrical parameters (submergence ratio α, shoot density N) have been tested to see their influence on wave attenuation. For a high submergence ratio (typically 0.7), the wave attenuation can reach 67% of the incident wave height whereas for a low submergence ratio (< 0.2) the wave attenuation is negligible. From each experiment, a bulk drag coefficient has been extracted following the energy dissipation model for irregular non-breaking waves developed by Mendez and Losada (2004). This model, based on the assumption that the energy loss over the species meadow is essentially due to the drag force, takes into account both wave and vegetation parameter. Finally, we found an empirical relationship for Cd depending on 2 dimensionless parameters: the Reynolds and Keulegan-Carpenter numbers. These relationships are compared with other similar studies.
Many methods for assessing the vulnerability of groundwater against anthropogenic pollution have been developed in the past decades. However, if aquifer vulnerability concept is well defined and the methods have been constantly tested and compared, the problem of the choice of the best method remains. The choice of the method depends on a series of factors, including the scale of the problem, the hydrogeological characteristics of the area and data availability. From a pile of a vulnerability assessing methods, the GOD, DRASTIC and SI approaches have been the most extensively tested. This is why, in the present work, we applied them to evaluate the groundwater vulnerability of the Ghiss-Nekkour aquifer, located in North East of Morocco, on its Mediterranean shore. The mapping resulting from the application of the three approaches shows a range of intervals divided into classes corresponding to fluctuating degrees of vulnerability from "very low" to "extreme". The coincidence rate between the nitrate distribution of the groundwater and the mapped vulnerability classes is higher when the SI approach is applied. Such mapping constitutes basic documents guiding the land planner in decision-making within a framework of territorial intelligence and integrated management of the Ghiss-Nekkour coastal basin.
This paper synthesises the objectives, methodologies and results of my PhD thesis. As we observe the resurgence of dam building throughout the world, this research analyses the representations of dams and their spatial and temporal trajectories. Building on the literature of social and cultural geography on representation, and the writings of political ecology on discourse, the thesis confronted different sources (newspapers, interviews and archives), study areas (in France and Australia) and methodological approaches (quantitative and qualitative) in order to follow the discursive evolution of hydraulic infrastructure. The points of view of various stakeholders were also considered: inhabitants, engineers and hydraulic institutions, opponents to dams, administrations in charge of nature protection and scientists who produce environmental knowledge. From a methodological perspective, the dissertation highlights the limits in using certain material and illustrates the necessity to consider different sources in parallel. The results show the evolution of waterscapes, hydrosocial spaces and cycles - the gradual concessions made to environmentalists at the expense of hydraulic bureaucracies - but they also illustrate, on a broader perspective, the production and the flow of discourses on the environment - the decline of a Promethean discourse on nature and the multiplication of different and sometimes opposing representations of the environment - particularly during conflicts and controversies.