
L’auteure de cet article s’interroge sur les enjeux intrapsychiques et familiaux induits par les politiques menées en matière de congé maternité et de congé paternité. L’article se propose d’exposer les résultats obtenus à partir d’une étude exploratoire menée au sein d’un travail doctoral portant sur l’évolution de l’identité professionnelle des femmes après l’arrivée du premier enfant. L’analyse des systèmes de domination et de servitude volontaire s’articule autour d’un triple clivage auquel l’auteure propose d’ajouter une nouvelle dimension de la division sexuelle du travail : la division numérique de la maternité.
La mondialisation des échanges instantanés dans l’espace virtuel et le développement exponentiel des outils numériques – applications de rencontre, réseaux sociaux, pornographie en libre accès – semblent transformer en profondeur les modalités de la rencontre et les scénarios relationnels. Qu’en est-il du point de vue de leurs résonances psychiques ? À partir de trois figures contemporaines de la relation amoureuse et/ou sexuelle, coup de foudre, couple dit « virtuel » et recours à la pornographie, l’article montre que ces évolutions signent à la fois l’amplification mais surtout la permanence de certaines problématiques et processus psychiques inhérents aux aménagements du lien et à la quête de satisfaction sexuelle.
This article examines the effect of public debt on real GDP per capita in the European Union (EU) member states. The EU countries are divided into two groups: one comprising countries with public debt exceeding 60 percent of GDP, and the other including countries with public debt below 60 percent of GDP. The primary objective of the article is to investigate the impact of public debt on GDP over the period 2019–2024. The main finding derived from the empirical analysis is that the effect of public debt on GDP is positive both in countries with debt up to 60 percent of GDP and in countries with excessive levels of public debt.
La prise en compte de la vie psychique des bébés au sein de leur famille a considérablement évolué ces soixante dernières années. Les auteurs de cet article illustrent cette évolution en l’abordant de trois manières différentes : celle générale des prises en charge psychologique, qui passe d’un modèle très individuel à une dimension plus familiale, celle singulière des services pour prématurés, qui montre que les avancées médicales s’accompagnent petit à petit de la reconnaissance des enjeux traumatiques pour les parents, enfin celle de la place des bébés dans l’espace public avec une montée de l’individualisme qui refuse leur présence au nom de la tranquillité de chacun. En conclusion, les auteurs constatent que l’ouverture de ce regard admet des limites et questionne plusieurs tendances concernant notamment la continuité entre les générations au sein d’une société.
Artificial intelligence (AI) is a reality that, according to its development, different societies no longer only use, but also need to problematize. According to the philosophy that promotes and introduces it, it is a means of improving people's lives and even a way of improving them as human beings. "Advanced physicality" is the ideology of dystopia, which wants to normalize our societies in a super-rational, utopian, but from an ethical point of view - inhuman direction. AI is gradually becoming a moderator of new social relations, in which the individual must defend his right to autonomous and independent existence. Ethics is not just a voluntary act of setting boundaries, it should be immanently inherent in a superhuman society where man can lose his identity.
La définition de la maternité se rattache la plupart du temps et dans la majorité des cultures à l’accouchement : est mère d’un enfant la femme qui a accouché de lui – malgré des exceptions organisées dont les cas de l’adoption et de l’accouchement anonyme. La clinique de la gestation pour autrui raconte une tout autre histoire de la maternité ; dans ce cas une femme (la mère porteuse, elle-même mère de ses propres enfants) porte un fœtus qui lui est totalement étranger, en accouche et le rend aux parents d’intention (les parents génétiques en général). La grossesse prend alors un autre sens, désolidarisée à la fois de la conception et de l’éducation. Très encadrée aux États-Unis et au Canada, elle pose cependant de nombreuses questions dont celle du devenir des protagonistes, notamment des enfants conçus ainsi, dont certains sont adultes maintenant.
Notre époque est traversée par de profonds bouleversements des garants métapsychiques et sociaux, fragilisant les cadres d’appartenance traditionnels. Pourtant, certaines formes de groupalité non instituées comme le polyamour continuent d’offrir aux sujets des espaces d’étayage et de reconnaissance. À partir d’une expérience d’observation participante auprès d’un groupe de parole au sein de cette communauté, cet article explore les modes d’organisation psychique et idéologique à l’œuvre dans ce collectif. L’idéologie, envisagée comme organisateur psychique groupal, y joue un rôle paradoxal : structurante, en soutenant la cohésion et l’appartenance ; mais aussi clôturante, en limitant l’accès à l’altérité. Ce paradoxe interroge la fonction de tels groupes comme « communautés antisociales socialisantes », où la marginalité commune devient dans le même mouvement source de lien et de subjectivation.
Cet article explore les enjeux psychiques mobilisés par le recours à l’assistance médicale à la procréation ( amp ), en particulier lorsqu’elle fait intervenir un don de gamètes. L’analyse porte sur le vécu des couples hétérosexuels, des couples de femmes et des femmes seules. L’article met en lumière les fantasmes, les angoisses et les conflits intrapsychiques et conjugaux émergeant à l’occasion de ce parcours, ainsi que les aménagements défensifs déployés. À partir de son expérience clinique, l’auteure tente de dégager quelques points essentiels du travail psychothérapeutique individuel ou conjugal lors de ces parcours. Si l’élaboration psychique de chaque (futur) parent dépend de son histoire personnelle et de sa temporalité, l’article défend l’idée qu’un travail thérapeutique engagé précocement présente une valeur préventive cruciale tant pour l’individu, le couple que pour l’enfant à naître.