
Extrait : Ce chapitre questionne la place des images au sein des discours d’accompagnement des partages d’URL. Au-dela des pensees mecanistes et ancrees dans une logique des effets, identifiant les images comme facteur de partage informationnel, il s’agit d’interroger les strategies suivies par les usagers de Twitter afin de contribuer a la fabrication de l’actualite. De l’usage des cartes Twitter par les medias a l’ajout d’illustrations enrichies de commentaires, ce travail explore les differentes formes de tweets multimodaux et les discours d’accompagnement des images produites au sein d’un corpus extrait de la base de donnees constituee dans le cadre du projet ANR Info-RSN1. La notion d’image est entendue ici de facon large, les images identifiees pouvant etre constituees de dessins, de photos, de textes, ou presenter differents niveaux « d’iconotexte », en allant jusqu’a la video. Nous reprendrons ainsi la definition du Grand Robert designant l’image comme « la representation d’un objet p...
Extrait : Shigetaku Kurita etait un jeune ingenieur dans la compagnie japonaise de telephonie NTT Docomo au moment ou celle-ci a ouvert iMode, son premier service Internet pour telephone, en 1999. L’idee est venue alors de creer une serie d’images afin de permettre aux abonnes de lire et d’echanger rapidement certaines informations sur leur telephone grâce a des dessins stylises. L’ingenieur a ete charge d’inventer un jeu de 176 pictogrammes qui ont ete appeles emoji, contraction du signe e signifiant l’image dans la langue japonaise, et de moji, lettre. Ces mots-images – en quelque sorte – ont ete crees pour eviter les risques d’incommunication lies a la brievete des messages possibles a l’epoque, explique Shigetaku Kurita1, qui dit s’etre inspire a la fois des astuces graphiques utilisees dans les mangas et de la signaletique stylisee concue pour les Jeux olympiques de Tokyo a destination des visiteurs etrangers. Au fil du temps, les premiers dessins en ...
Extrait : Dans le cadre de notre enquete sur le partage d’information sur les reseaux socionumeriques, nous avons constitue (apres divers epurements) une base de donnees de plus de 17 millions de tweets comportant un lien vers un des 31 sites d’actualite finalement retenus, entre mai et octobre 20141. Puisque les internautes ont a partager un lien URL issu d’un site d’actualite et que souvent ce lien est accompagne du titre de l’article ou du message Twitter genere par le media lui-meme pour assurer la promotion de son article, le commentaire des internautes autour du lien (avec ou sans le titre de l’article) – ce que nous appelons « discours d’escorte » (voir chapitre 2) – est forcement restreint.Si le dispositif Twitter pousse en soi a l’economie de moyens, puisqu’il n’offre aux internautes, au moment de notre etude, que 140 signes pour s’exprimer, la contrainte devient drastique quand il faut partager dans un tweet a la fois un lien URL, un titre d’article inform...