
Chers lecteurs et lectrices, Je rédige cet éditorial en pensant que 2011 commence sous de drôles d'auspices : la suspicion vis-à-vis du monde médical inonde les médias et nous faisons face à un risque d'érosion du capital confiance de la société dans le monde de la santé.2011 Annus horribilis ?On verra bien mais ce climat délétère ne présage rien de bon.Pour en revenir à ce premier numéro de l'année d'Oncomagazine, vous n'y retrouverez pas la totalité de vos rubriques habituelles : c'est volontaire.Nous ne voulons pas vous ancrer dans des habitudes trop douillettes, même si nous sommes persuadés que des repères fixes sont bien utiles pour le confort de la lecture de la revue.Rassurez-vous, nous reviendrons à nos fondamentaux dès le numéro 2 d'Oncomagazine.
Parfois désoeuvrés devant le manque d’organisation ou de structures, le défaut de communications, d’informations ou de formations (cf. les résultats de l’enquête dans l’article précédent), les médecins généralistes font preuve d’initiatives locales efficaces qui méritent d’être citées.
Est-ce que le principal problème du Médecin généraliste dans le domaine de la Cancérologie ne réside pas dans le fait qu’il peut potentiellement remplir plusieurs rôles, mais que sa place réelle reste hypothétique ?
Paresse intellectuelle ou volonté d’initiés jaloux du mystère de leurs connaissances, de plus en plus de sigles ou acronymes ont fleuri récemment en cancérologie.
« Améliorer la coordination des soins et le lien avec le secteur médicosocial autour du médecin traitant est l’une des recommandations du Plan cancer 2009–2013. Les personnes atteintes de cancer continuent de demander avec force un accompagnement pendant et après leur traitement que ce soit à l’hôpital ou à domicile. Or, cette prise en charge ne peut se faire qu’autour d’un pivot identifié et reconnu: le médecin généraliste » furent les premiers mots du professeur Gilbert Lenoir, président de la Ligue Contre le Cancer, en guise d’introduction à la 1re journée nationale du médecin généraliste face au cancer du 7 octobre 2010. La problématique de la prise en charge de proximité des patients atteints de cancer « revient » aux médecins généralistes.
L’homme symbolise comme il respire. Il crée des images qui l’aident à saisir la vérité. Son imaginaire est un outil perceptif, tout comme les sens ou les émotions. Cet imaginaire est structuré et rationnel, cohérent, même s’il s’exprime par des voies détournées et parfois obscures. Il se nourrit du réel. Le cancer n’échappe pas à cette règle de la symbolisation. Il induit dans la collectivité des images, des mythes, un langage. Classé dans la rubrique des représentations sociales, cet imaginaire du cancer est le plus souvent déclaré archaïque et accusé de favoriser le tabou attaché à la maladie. Pourtant, il prend racine dans les réalités de la maladie elle-même. L’imaginaire n’est pas une chose mentale irrationnelle. Concernant le cancer, il n’y a pas, d’un côté, fantasmes, irrationnel, représentations sociales, ignorance et, de l’autre, raison, savoir, vérité. La frontière est poreuse. Science et imaginaire collectif expriment l’un et l’autre les vérités de la maladie, mais usent de langages différents. La connaissance du langage de cet imaginaire du cancer est utile autant aux médecins qu’aux infirmières ou aux psychologues impliqués dans les équipes de cancérologie. Elle permet de mieux comprendre le sujet malade, de mieux dialoguer avec lui, de mieux l’accompagner dans sa traversée du cancer. Ajoutons que tout soignant lui-même véhicule un imaginaire du cancer construit à partir de son histoire, sa culture, son parcours, sa pratique quotidienne. Il n’est pas inutile qu’il en soit conscient.
L’amélioration de l’information des malades atteints de cancer a bouleversé leurs relations avec le corps médical. Bien que la maladie-cancer fasse toujours peur, l’annonce ne conduit plus au sentiment de vide de jadis, mais renvoie à des connaissances souvent disparates, sur des supports variés.
Chers collègues, Le temps des vacances est venu et j'écris cet éditorial pour le numéro 3 d'Oncomagazine sur un fond de chant de cigales, sous un beau ciel bleu et un mistral revigorant.Cela ne fait peut-être pas très sérieux mais dans ces périodes de transparence (totale -totalitaire) je ne pouvais pas passer sous silence mon très fort lien d'intérêt avec la Provence.Ce numéro d'Oncomagazine vous parviendra sur la fin de l'été et comme la plupart d'entre nous vous aurez probablement repris vos activités professionnelles chargées.Un petit retour en arrière sur l'actualité oncologique française et internationale vous remettra en selle (très bien le petit Woeckler !) et vous remettra les neurones en ordre de marche.Vous lirez donc avec intérêt les Actus rapportées par Émilie Gillet et Anne Ponzio.Notre ex-président de l'INCa (promotion Légion d'honneur le 14 juillet 2011 -BRAVO !) prend en main les rênes de l'Afssaps.Ceux qui le connaissent savent que les lignes vont bouger.Bonne chance Dominique.Le parcours de Michaël Bensoussan est original et ses ateliers devraient attirer ceux qui s'interrogent comme moi sur la liturgie de la consultation, sa mise en scène, ses acteurs et le scénario qui s'y déroule.Jacques Rouessë et Simon Schraub, en écho au papier de la Maison du Cancer, recalent parfaitement les différences fondamentales entre médecines complémentaires et alternatives.Ils nous rappellent avec force que la dérive sectaire n'est pas absente de l'oncologie et que nous devons être attentifs pour protéger nos malades fragiles qui pourraient devenir des victimes de pratiques intolérables.Esprits ouverts, oui, mais pas à tous les vents.Bravo aussi à nos collègues strasbourgeois emmenés voici 20 ans par Simon Schraub en Asie où ils portent le flambeau de l'oncologie française.Comme d'habitude, Marie-Frédérique Bacqué nous donne à réfléchir.Son sujet -Place des groupes et des réseaux de malades -a déjà fait l'objet de multiples approches, mais lisez-la, lisez attentivement son texte et particulièrement cette conclusion qui nous ouvre des horizons intéressants : « Nous y voyons (…le retour de la spiritualité...) un accès non religieux, mais plus communautaire à la transformation existentielle qu'engendre la maladie grave ».Si nous avons un peu de temps, méditons ses paroles à l'aune de ce que nous vivons tous chaque jour au contact de nos malades.