
La prescription de psychotropes touche environ un quart de la population. Les anxiolytiques, les antidépresseurs, les hypnotiques et les neuroleptiques représentent les catégories les plus utilisées. Après un rappel concernant la pharmacodynamie, la pharmacocinétique et le métabolisme des principales classes de psychotropes, leurs répercussions odontostomatologiques et leur contrôle sont envisagés. Les effets secondaires buccodentaires des psychotropes résultent surtout des altérations quantitatives et qualitatives de la sécrétion salivaire. Un examen régulier de la cavité buccale est nécessaire chez tout patient recevant ce type de traitement. La xérostomie est responsable d'altérations des tissus durs et mous (caries, parodontopathies, mycoses…). Des recommandations hygiénodiététiques et une thérapeutique sialagogue appropriée permettent de lutter efficacement contre ces inconvénients. Enfin, la prise de psychotropes impose des précautions anesthésiologiques particulières.
Très dissemblables sur les plans étiopathogénique, diagnostique et évolutif, les kystes, tumeurs et pseudotumeurs bénignes des maxillaires présentent pourtant des points communs, dont celui de requérir un traitement chirurgical dès lors qu’ils se caractérisent par une surinfection ou encore une nette augmentation de volume à l’origine de répercussions fonctionnelles, de comblement des cavités naturelles, de disgrâces morphologiques et de risque fracturaire. Un prélèvement biopsique de première intention est le plus souvent un geste inutile et déplacé en raison des risques de dissémination tumorale et des réactions inflammatoires délétères pour l’exérèse ultérieure et le diagnostic anatomopathologique ; il peut être de plus source d’erreur, puisqu’une bonne étude anatomopathologique requiert un examen macroscopique, microscopique, voire ultrastructural de la totalité de la pièce d’exérèse. La découverte et l’identification de la lésion impliquent une authentique réflexion diagnostique basée sur des arguments cliniques et iconographiques : l’âge du malade, l’évolutivité du processus, l’étude radiographique qui précise le siège, les rapports de la lésion avec les structures avoisinantes (dents, sinus maxillaire ou nerf alvéolaire inférieur), le caractère uni- ou plurifocal de la lésion, et surtout son extension au sein de l’os dont les corticales (ces dernières, précisées par des incidences adaptées, peuvent demeurer épaisses ou au contraire être progressivement laminées, puis effacées). Cette réflexion diagnostique permet le plus souvent d’opter pour une solution thérapeutique conservatrice dans l’attente des certitudes anatomopathologiques. À l’extrême, une lésion volumineuse peut ne rester contenue que par un manchon conjonctivopériosté, relativement résistant. À cet égard, il serait déraisonnable pour le chirurgien de ne s’appuyer que sur le seul argument d’une solution de continuité corticale ou d’une extension tumorale pour poser l’indication d’une chirurgie interruptrice délabrante. Chacune des deux méthodes d’exérèse, conservatrice ou radicale, possède ses indications propres et évidentes. En revanche, tout l’intérêt de l’exposé des indications thérapeutiques réside dans la revue des situations cliniques où les deux méthodes sont confrontées sous l’unique arbitrage de l’expérience du praticien.
Les divisions labiomaxillaires constituent une dysmorphose congénitale commune dont la prise en charge thérapeutique, qui s’étend de la naissance à la fin de l’adolescence, est multidisciplinaire. Les calendriers thérapeutiques et les techniques chirurgicales utilisées varient d’un centre à l’autre, tout comme le recours au traitement orthopédique préchirurgical. Aujourd’hui, les plaques palatines sont préconisées par certains, décriées par d’autres. Il en existe de multiples sortes : fixes ou amovibles, actives ou passives, combinées ou non à un appareil extraoral. Après un rappel des principales classifications des divisions labiomaxillaires, différents types de plaques palatines et leur technique de réalisation sont décrits. Le traitement orthopédique préopératoire est certes très controversé, mais les effets bénéfiques attendus à court, moyen et long termes ne sont pas identiques selon les équipes soignantes. Il reste difficile de faire la part des choses entre l’action conjuguée de la chirurgie, du traitement orthopédique, du degré des dysfonctions, du polymorphisme initial des fentes, des potentialités de croissance variables d’un individu à l’autre. Étant donné la variabilité des protocoles thérapeutiques d’un centre à l’autre, le rôle de ces traitements orthopédiques préchirurgicaux reste très complexe à évaluer.
Les anti-inflammatoires appartiennent à des classes chimiques très variées et agissent de façon purement symptomatique sur la réaction aspécifique des tissus à un agent agresseur. Les glucocorticoïdes, anti-inflammatoires stéroïdiens, ont tous une activité hormonale, concernant principalement les régulations métaboliques, et exercent un effet freinateur sur l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien. Certains états pathologiques demandent une attention particulière mais ne contre-indiquent pas forcément une corticothérapie en cure courte. Les extractions de dents de sagesse incluses et la dermatologie buccale figurent parmi leurs indications avec des modalités propres d’administration. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) regroupent différentes classes chimiques, mais sans structure stéroïdienne. L’inhibition de la biosynthèse des prostanoïdes par les AINS est responsable de bon nombre de leurs propriétés pharmacologiques mais aussi de leurs effets indésirables (principalement digestifs, rénaux et cutanés). Ils peuvent être prescrits en odontostomatologie, soit pour leurs propriétés antalgiques, soit pour leurs propriétés antiœdémateuses et anti-inflammatoires, après analyse soigneuse du rapport bénéfice/risques. Les nouveaux anti-inflammatoires (coxibs, inhibiteurs sélectifs de la cyclo-oxygénase 2) sont, dans la pratique clinique actuelle, surtout utilisés en rhumatologie, mais ils n’apportent toutefois pas d’avantage notable quant à la survenue d’effets secondaires comparés aux autres AINS. Les enzymes sont des anti-inflammatoires d’efficacité modeste, utilisés surtout comme antiœdémateux.
Le plancher buccal est une région anatomique particulière de la cavité buccale qui peut être le siège de pathologies stomatologiques spécifiques ainsi que d'atteintes lésionnelles communes à d'autres régions de la cavité buccale. Après un rappel anatomique et la définition de ses limites, nous traiterons, de la manière la plus exhaustive possible, des pathologies pouvant atteindre cette région, à savoir : les pathologies de la muqueuse, les pathologies des glandes salivaires, les tumeurs bénignes, les tumeurs malignes, les pathologies malformatives, les pathologies infectieuses et les pathologies traumatiques. Les pathologies du plancher buccal sont diverses et traitées pour un certain nombre dans d'autres articles de l'EMC. Aussi nous vous conseillons de vous y reporter pour une information plus complète quand cela est nécessaire.
La biopsie demeure un geste indispensable pour le diagnostic de nombreuses affections inflammatoires ou tumorales de la sphère bucco-cervico-faciale. Elle consiste, classiquement, à prélever un fragment de tissu vivant et à en préserver la morphologie par une fixation immédiate en vue de l'étude histologique ultérieure. Reste au clinicien, dans tous les cas, à faire la synthèse entre les résultats anatomopathologiques et les constatations cliniques et à permettre ainsi une démarche thérapeutique adaptée. À la biopsie classique sont venues s'adjoindre, ces dernières décennies, diverses techniques complémentaires : examen extemporané en cours d'intervention chirurgicale pour s'assurer par exemple de l'intégrité des limites de résection périphériques d'une tumeur ou pour apprécier l'existence ou non de métastases ganglionnaires ; méthodes cytologiques, qu'elles s'adressent à des liquides de ponction ou à des frottis d'apposition effectués sur une lésion muqueuse ou sur la tranche de section d'un ganglion. Des moyens d'investigation perfectionnés comme la microscopie électronique, l'immunohistochimie et maintenant la biologie moléculaire, peuvent être appliqués aux fragments biopsiés ou aux produits de cytologie. Ils nécessitent, pour la plupart, des conditions de conservation différentes (congélation pour certaines réactions immunohistochimiques et pour la biologie moléculaire, fixateurs spéciaux pour la microscopie électronique). Si la biopsie demeure indispensable pour le dépistage des tumeurs malignes et pour le choix des thérapeutiques qui leur sont appliquées, elle n'est pas dépourvue de quelques risques et doit donc rester le domaine de médecins compétents, seuls capables d'en poser les indications et d'en éviter les écueils. Biopsy is a necessary procedure for the diagnosis of numerous inflammatory or tumoural affections of the mouth-brain-facial zone. Usually, it refers to the sampling of a living tissue and preservation of its morphology by immediate fixation for future histological analysis. In any case, the clinician has to synthesize the anatomopathological results and clinical observations, in order to establish the most adapted therapeutic strategy. These last years, several complementary techniques have been developed in addition to standard biopsy: extemporaneous examination during surgery for the verification of the integrity of the tumour peripheral resection limits, or for the assessment of potential ganglionic metastasis; cytologic methods for fluid puncture or onlay smears performed on a mucous lesion or a ganglion section. Investigation techniques such as electronic microscopy, immunohistochemistry, and now molecular biology, may be used for biopsy samplings or cytology products. Most of them necessitate specific conservation conditions (freezing for some immunohistochemical reactions and for molecular biology, specific fixation agents for electronic microscopy). Although biopsy is necessary for malignant tumour screening and selection of an adapted therapeutic strategy, it induces some risks and thus its utilisation should be restricted and left at the discretion of those specialists able to establish its indication and avoid its related risks.
La prise de conscience de la dangerosité par les opérateurs(trices) des interventions grandes ou petites de chirurgie maxillofaciale se construit grâce à un savoir anatomique irréprochable, concernant les sites et régions abordées, seul facteur d'aisance technique et ainsi de maîtrise du risque. La dangerosité garde encore toute son acuité dans les suites opératoires, dominées par les accidents hémorragiques, facteurs d'hypovolémie et de détresse respiratoire parfois mortelles. L'hémostase peropératoire et le drainage aspiratif postopératoire ne se discutent pas. La dangerosité demeure encore bien réelle pour les actes dont les indications sont fictives.
La face a une fonction sociale primordiale, elle véhicule les expressions et les mimiques, mais aussi porte en elle les notions d’identité, de beauté et d’harmonie. La morphologie céphalique doit ignorer la beauté pour s’attacher à mesurer l’identité sans perdre de vue la notion d’harmonie qui, elle, restera inquantifiable. L’anthropométrie céphalique est l’étude d’ensemble des formes et reliefs des régions anatomiques de la tête, chez l’enfant lors de sa croissance, puis chez l’adulte. Initialement, l’étude des dysmorphoses se faisait à l’aide de descriptions qualitatives. Cette approche descriptive a évolué vers des méthodes quantitatives plus précises. Grâce à des mesures reproductibles, l’anthropométrie permet d’établir une base de connaissance qui permet de distinguer l’hétérogénéité de la dysmorphie. L’extraordinaire variabilité de la tête chez l’humain rend difficile l’examen morphométrique, et surtout la détermination d’écarts de normalité. Cependant, un examen morphologique rigoureux devrait toujours permettre, quels que soient l’âge, le sexe et l’ethnie de faire un diagnostic précis.
Espace ostéo-fascio-cutané incomplètement fermé, la loge submandibulaire se situe aux confins du plancher buccal, des régions supra- et infrahyoïdiennes, carotidienne et mandibulaire. Elle a la forme d’un prisme triangulaire dont la paroi inférolatérale constitue la voie d’abord. La paroi supérolatérale correspond à la mandibule ; la paroi médiale, musculaire, contient les éléments vasculonerveux. Les parois antérieure et postérieure répondent aux pôles de la glande submandibulaire. La loge submandibulaire est essentiellement habitée par la glande submandibulaire ; les principaux éléments vasculonerveux étant les vaisseaux faciaux, les veines linguales, les nerfs lingual et hypoglosse, l’artère linguale. La voie d’abord de la loge submandibulaire traverse successivement la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, le système musculoaponévrotique superficiel (SMAS), la graisse puis le feuillet superficiel du fascia cervical superficiel contenant la veine faciale.
La capacité du laser Er:YAG (λ = 2 940 nm) à éliminer les tissus cariés et à préparer des cavités pour restauration adhésive a largement été démontrée dans la littérature. Les appareils commercialisés permettent de préparer ces cavités en un temps tout à fait compatible avec un exercice clinique. Tous sont munis d’un système interne de refroidissement basé sur la pulvérisation d’un mélange d’air et d’eau au point d’impact du rayonnement laser. Celui-ci permet de maintenir l’élévation de température intrapulpaire bien en deçà du seuil biologiquement acceptable de 5 °C. Différentes études histologiques ont montré que la réponse pulpaire à l’irradiation par laser Er:YAG des tissus dentaires est minime, localisée et réversible, comparable à celle créée par un fraisage à grande vitesse dans les mêmes conditions de refroidissement. Lors de l’usage du laser Er:YAG, les observations microscopiques ont montré l’absence de boue dentinaire et de débris, ainsi que la présence de nombreux reliefs microscopiques liés à une élimination plus importante de la dentine intertubulaire. La possibilité d’un collage directement sur cette surface sans prétraitement acide a été évoquée dans la littérature. Dans une publication récente, les auteurs ont montré que le traitement acide permet d’observer des caractéristiques microscopiques en tous points comparables sur les interfaces dentine/composite à celles observées lors de préparations réalisées à la fraise. Les valeurs d’adhérence de la résine composite à la dentine ne sont pas supérieures à celles obtenues sans application d’acide, mais sont équivalentes à celles mesurées lors d’un collage conventionnel. Les restaurations en composite, mises en place dans les cavités préparées avec le laser Er:YAG puis traitées à l’acide orthophosphorique, se sont révélées être moins sensibles à l’infiltration de colorant. Les premières applications cliniques concernant la préparation des cavités au laser Er:YAG n’ont pas montré d’effets secondaires dommageables. L’absence de douleurs, ainsi que la suppression du bruit et des vibrations liés aux instruments rotatifs, peuvent même être considérées comme avantageuses par rapport aux préparations mécaniques plus conventionnelles.
Les affections inflammatoires des os de la face sont d'origines diverses, souvent infectieuses (dentaire surtout, traumatique, tumorale, radiothérapique, etc.), mais parfois apparemment primitives (ostéomyélite chronique primitive), survenant dans ce cas soit isolément, soit dans le cadre d'affections plurifocales. Enfin, récemment ont été mises en évidence des ostéomyélites survenant sous traitement par biphosphonates, selon un mécanisme inconnu. Le signe clinique majeur est la douleur, avec fréquemment tuméfaction locale, trismus, halitose, et hypoesthésie labiomentonnière dans les formes chroniques mandibulaires. Un bilan minutieux doit poser le diagnostic et éviter les erreurs thérapeutiques. Les aspects habituels en imagerie (radiographie conventionnelle, scanner, imagerie par résonance magnétique [IRM]) sont l'ostéolyse, l'ostéogenèse périostée, des séquestres et, dans les formes chroniques primitives, une sclérose. La scintigraphie révèle très précocement la maladie, mais manque de spécificité pour la localisation précise des lésions. Hémogramme, vitesse de sédimentation (VS) et protéine C réactive (CRP) sont variables, mais sont très utiles dans la surveillance. Les résultats des études bactériologiques sont très variés, et doivent être analysés avec circonspection. La biopsie est souvent indispensable au diagnostic. L'évolution infectieuse spontanée peut se faire précocement vers l'extension locale, régionale ou générale. Secondairement, une fracture pathologique, un retard de consolidation ou le passage à la chronicité sont possibles. Enfin, l'évolution tardive peut être marquée par une pseudarthrose, une dégénérescence néoplasique, des récidives ou des séquelles (perte de substance, troubles fonctionnels par rétraction musculaire masticatrice ou ankylose temporomandibulaire, déformations esthétiques avec atrophie ou hypertrophie faciale). Le traitement dans les formes infectieuses associe antibiothérapie, à utiliser avec discernement, oxygénothérapie hyperbare pour certains et, si nécessaire, traitement chirurgical de la cause et de l'infection (décortication, résection interruptrice). Les formes chroniques répondant mal à ces traitements, il est suggéré l'emploi de biphosphonates ou de macrolides à 14 ou 15 atomes de carbone. Il n'y a pas encore de recommandations concernant les ostéites sous biphosphonates. L'hygiène buccale est la meilleure prévention.
Les cancers de la cavité buccale s'intègrent dans le cadre plus général des cancers des voies aérodigestives supérieures dont ils partagent les mêmes caractéristiques épidémiologiques. L'incidence de ces cancers, en France, n'est qu'évaluée : c'est l'une des plus élevées du monde avec environ 15 400 nouveaux cancers de la région lèvre-bouche-pharynx en 2000. Dans notre pays, il s'agit de la 5e localisation en termes de localisation cancéreuse et de la 8e cause de décès. Dans plus de 90 % l'histologie retrouve un carcinome épidermoïde. L'âge moyen des patients est de 60 ans. Les deux facteurs de risque principaux sont le tabac, en particulier quand la consommation dépasse 20 paquets-années, et l'alcool. Les femmes sont exposées à ces facteurs de risque de manière croissante. Ces cancers apparaissent le plus souvent de novo. Les carcinomes épidermoïdes se présentent le plus souvent sous la forme d'une lésion ulcérée, dont la périphérie est bourgeonnante reposant sur une base indurée. Les signes fonctionnels sont tardifs, la douleur prédomine. Suivant les localisations au sein de la cavité buccale, une mobilité dentaire localisée, un trismus, une limitation de la protraction de la langue ou une otalgie-réflexe peuvent être notés. L'examen clinique associe l'étude de l'extension locorégionale de la tumeur, la recherche de deuxième cancer et de métastases viscérales, l'évaluation de l'état général. Le bilan paraclinique est radiologique, endoscopique et biologique. La prise en charge thérapeutique est décidée de manière collégiale lors d'une consultation polydisciplinaire. L'étape thérapeutique est systématiquement suivie d'une surveillance régulière clinique qui a pour but de mettre en évidence une poursuite évolutive ou une récidive, un deuxième cancer, la recherche de complications thérapeutiques. La survie relative à 5 ans de ces lésions, stable depuis deux décennies se situe autour de 30 % pour les hommes et de 50 % pour les femmes.
Les mycoses buccales sont extrêmement fréquentes, habituellement dues à la prolifération de Candida albicans, germe saprophyte devenant opportuniste lorsque les conditions locales deviennent favorables à sa croissance. Les candidoses buccales ont le plus souvent une évolution bénigne et répondent bien aux traitements antifongiques locaux. Cependant, dans certaines situations d’immunodépression locale ou générale, l’infection peut évoluer sous une forme extensive, chronique et parfois systémique. Certaines mycoses exotiques peuvent se développer sur les muqueuses buccales dans certaines situations d’immunodépression, d’autres sont des mycoses importées qu’il est important de ne pas méconnaître. Dans tous les cas, le diagnostic de certitude repose sur la mise en évidence et l’identification du germe. Le traitement, le plus souvent médical, est ensuite adapté à chaque type de mycose buccale. Si le pronostic des candidoses buccales est le plus souvent favorable, il n’en est pas de même pour certaines mycoses profondes ou exotiques ayant des potentiels évolutifs agressifs.
La pratique de la stomatologie et de la chirurgie maxillofaciale chez le sujet âgé est aujourd'hui en forte augmentation du fait de l'allongement de l'espérance de vie. Elle pose des problèmes de plus en plus fréquents et contraignants de prise en charge de ces patients. En effet, les retentissements du vieillissement sur les différents tissus buccofaciaux s'expriment par des pathologies très diverses, qui s'intriquent entre elles et plus ou moins directement à la pathologie générale. Par ailleurs, il est parfois difficile d'établir la distinction entre un état de « sénescence normale » et un état pathologique. La fragilité des patients, leur participation aléatoire, les contraintes et les risques de leur polymédication sont autant de problèmes dans la prise en charge thérapeutique des sujets âgés. La sous- ou la surmédicalisation sont également un écueil de la thérapeutique, tout particulièrement en cancérologie cutanée ou buccale. Enfin, il ne faut pas perdre de vue que dans la grande majorité des cas, les motifs de consultation sont liés aux conséquences fonctionnelles et esthétiques du vieillissement. Par conséquent, les différents praticiens (chirurgien maxillofacial et stomatologiste, odontologiste) vont être amenés à préserver ou à ménager la qualité de vie de ces patients.
La région labiale comprend toutes les parties molles qui constituent les deux lèvres et forme la paroi antérieure de la cavité buccale. Les affections locales, régionales ou générales susceptibles d'atteindre principalement ou accessoirement les lèvres sont très nombreuses. Les lèvres interviennent par ailleurs avec les autres effecteurs buccaux dans les fonctions de relation, les fonctions digestives et les fonctions morphogénétiques, en particulier des arcades alvéolodentaires. Seules les atteintes organiques per se seront survolées. La problématique des fentes labiales, isolées ou non, les traumatismes et les cancers labiaux ne sont que très superficiellement mentionnés, étant décrits ailleurs dans l'EMC. Les atteintes labiales d'origine neurologique ne sont pas non plus envisagées.
Au cours de l'activité professionnelle, la cavité buccale dans son ensemble peut être la cible de traumatismes directs ou indirects ainsi que d'agressions par des agents physiques. C'est aussi une voie de pénétration dans l'organisme pour des poussières ou des substances chimiques, provoquant la survenue de signes locaux isolés ou faisant partie d'une sémiologie plus générale réversible sous traitement ou de pronostic plus réservé pour les cancers. Il n'est pas besoin de rappeler l'importance de l'examen clinique pour la mise en évidence des atteintes. Des mesures d'éducation sanitaire, une réflexion visant à améliorer les conditions de travail et le port d'équipement de protection sont de nature à réduire les risques professionnels.
Dans la littérature française traditionnelle, il est classique de faire une distinction entre des stomatites bactériennes dites « non spécifiques », dues à des germes de la flore buccale, et des stomatites dites « spécifiques », plus rares, dues à des germes exogènes bien définis, responsables d'affections qui ont souvent un impact général et des manifestations plus ou moins importantes au niveau buccal.
Par ordre décroissant, les motifs d’inquiétude des patients placés dans la perspective d’une parotidectomie sont : la parésie faciale, la cicatrice, la modification du contour du visage et le syndrome de Frey. La voie de lifting associée au lambeau de système musculoaponévrotique superficiel (SMAS) diminue considérablement ces problèmes. Pourtant, bien que sa sûreté ait été documentée et malgré sa pertinence sur le plan esthétique, cette voie d’abord n’est pas une technique de routine pour beaucoup de chirurgiens. Cet article décrit les astuces de cette voie d’abord qui devrait être la technique de référence, excepté pour les patients obèses et les cancers.
Le radiodiagnostic dentaire représente plus de la moitié des actes radiologiques des pays développés, mais une faible part de l'exposition aux rayons X en raison de la petite quantité de rayons X délivrée par chaque acte. Le risque essentiel attribué à cette activité est l'induction de cancers à long terme car le risque tératogène et le risque génétique sont nuls eu égard à l'insignifiance des doses délivrées à l'utérus et aux organes génitaux. Pour le risque cancérogène associé à ces faibles doses de rayonnement, les données épidémiologiques ne sont pas probantes mais les instances internationales prônent un modèle de calcul de risque extrapolé des effets des fortes doses de rayonnement sous forme d'une relation linéaire sans seuil pour ne pas sous-estimer le risque. L'estimation et la mention sur le compte rendu de la dose délivrée par tout examen radiologique sont dorénavant obligatoires et inscrites dans le Code de santé publique par la transposition de la directive Euratom 97/43. Les doses délivrées par les examens usuels du radiodiagnostic dentaire sont indiquées et les effets potentiels de ces doses mis en perspective. Le respect des principes de justification et d'optimisation permet de pratiquer le radiodiagnostic dentaire en toute sérénité.
L'ostéoradionécrose des maxillaires est une complication bien connue des radiations ionisantes utilisées dans le traitement des cancers de la région cervicofaciale. L'ostéoradionécrose en tant que complication de la radiothérapie a été décrite la première fois par Regaud en 1922. En stomatologie, l'ostéoradionécrose est principalement retrouvée au niveau mandibulaire, elle est exceptionnelle au niveau maxillaire. La prise en charge de cette pathologie est une priorité dans la mesure où il s'agit de patients guéris de leur pathologie carcinomateuse initiale. Il s'agit néanmoins d'une prise en charge très difficile en raison des antécédents lourds de ces patients et de l'altération des capacités de cicatrisation des tissus irradiés. De plus, l'atteinte qualitative et quantitative de la vascularisation cervicofaciale réduit les possibilités de reconstruction microchirurgicale. La physiopathologie de l'ostéoradionécrose n'est pas encore totalement élucidée. Les traitements conservateurs sont envisageables aux stades très précoces de la pathologie, mais plus l'ostéoradionécrose est étendue et d'évolution ancienne et plus le traitement doit être radical. Toute la difficulté est de savoir poser l'indication d'un traitement radical sans perdre de nombreux mois ou années en traitements conservateurs. La reconstruction mandibulaire par lambeau libre ostéocutané est actuellement le traitement de choix à proposer à ces patients. En matière d'ostéoradionécrose, étant donné qu'il s'agit d'une complication gravissime d'un traitement fondamental pour de nombreux cancers, le traitement le plus efficace est constitué par la prévention au niveau odontostomatologique et de la radiothérapie. Dans le cadre des ostéoradionécroses dans le traité de stomatologie, seule l'ostéoradionécrose des maxillaires chez l'adulte sera traitée dans ce chapitre. L'ostéite mandibulaire fait l'objet d'un article séparé.