
The excavation of the Gravettian site of Amiens-Renancourt 2, carried out in 2011 and 2012 by Inrap, provided an opportunity to accurately document the chronostratigraphic and palaeoenvironmental context of a settlement attributable to the Early Upper Palaeolithic in northern France. The occupation takes place in a 4-metre-thick pleniglacial lœss sequence resting on thick chalky slope deposits covering an alluvial terrace. This lœss sequence covers the transition from the Middle Pleniglacial to the Upper Pleni-glacial, between approximately 35 and 24 ka. The Renancourt 2 sequence provides the most detailed malacological record to date for this period in the region. Backed up by several radiocarbon and OSL dates, the evolution of the malacofauna allows correlations to be proposed with the succession of stadial and interstadial phases defined in the NGRIP record. Dating, micromorphological study, regional stratigraphic correlations and malacological study all contribute to placing the stratigraphic unit containing the lithic industry at the end of the Middle Pleniglacial, at the top of the Saint-Acheul/Villiers-Adam soil complex. This unit was formed by aeolian deposits but also by colluvial processes. The occupation took place during a malacozone, which reflect an interstadial context. The three 14C ages selected for the part of unit [8] concerned by the archaeological occupation yield very similar intervals of 32,147-33,684 (bone 664), 31,749-33,532 (bone 439) and 31,913-33,768 cal BP (earthworm granule). The Gravettian occupation can thus be correlated with Greenland interstadial (GI) 5.2 or possibly GI 6. In any case, detailed study of the Renancourt 2 sequence demonstrates the link between archaeological occupation and a phase of interstadial climatic improvement. This site is therefore a major element in demonstrating the discontinuous occupation of the region during the Upper Palaeolithic, in relation to short phases of climatic improvement and the concomitant presence of vegetation allowing the expansion of large herbivores.
L’étude engagée porte sur des paléosols attribués à l’interstade de l’Allerød (14 692-12 896 cal. BP) dans le bassin de la Grande Limagne d’Auvergne (Massif central, France), fossilisés sous le complexe téphrique CF1a-CF1b issu de l’éruption du Puy de la Nugère.Les analyses micromorphologiques et sédimentologiques mettent en évidence une large gamme de traits pédogénétiques, tels que des structures hydromorphes, des accumulations carbonatées et des horizons organo-minéraux riches en matière organique permet-tant d’identifier plusieurs types de sols, parmi lesquels, un chernosol (CF-PCH), un colluviosol calcaire (LP-GAR), un colluviosol alluvio-colluvial (PDC-CP) et un colluviosol argileux à caractère rédoxique (CF-RJA).Cette diversité pédologique reflète des contextes géomorphologiques contrastés et des conditions environnementales variables à l’échelle du bassin. L’état de conservation exceptionnel de ces sols constitue ainsi une archive paléopédologique précieuse pour la reconstitution des dynamiques environnementales rapides de l’Allerød dans les marges méridionales de l’Europe au cours du Tardiglaciaire.
Les évolutions long-termes des paysages et environnements alpins sont contrôlées par l'interaction entre processus endogènes (tectonique, géodynamique) et exogènes (climat, érosion). Pourtant, leurs contributions respectives restent difficiles à quantifier, chacun opérant à des échelles spatio-temporelles variées et emboîtées (du mètre au kilomètre et de la centaine au million d'années). Ces paramètres physiographiques ont fortement influencé l'habitabilité des régions alpines et le développement long-terme des écosystèmes. Depuis la fin du Néogène, l'évolution des Alpes occidentales a été marquée par des changements tectoniques et climatiques majeurs. Le couplage entre ces processus internes et externes, a entraîné des variations dans les taux d'exhumation et le développement du relief, ainsi qu'une réorganisation du réseau hydrographique. Cependant, ces dynamiques restent mal contraintes en raison de la rareté des archives géomorphologiques disponibles, qui sont érodées généralement rapidement (~10-100 ka) en contexte alpin. Ces travaux de thèse se focalisent sur les massifs subalpins, du Vercors et de la Chartreuse, où l'évolution long terme du relief est reconstituée en mesurant les taux d'incision des vallées grâce à la datation des archives géomorphologiques. Ces massifs calcaires bénéficient d'une « immunité karstique », qui permet la préservation, sur le long terme (~10 Ma), de générations successives d'archives, tant en surface (replats, paléo-vallées) qu'en sub-surface (réseaux souterrains). La géométrie 3D de ces archives est modélisée pour reconstruire les paléo-niveaux de base correspondants, et les sédiments associés sont datés (isotopes cosmogéniques 26Al et 10Be, paléomagnétisme, U-Th et U-Pb) afin de contraindre les phases de fonctionnement, d'abandon, et parfois de réactivation, de ces systèmes. Cette étude a permis d'établir un modèle d'évolution des reliefs subalpins et des réseaux souterrains associés. La production et la réorganisation du relief est dans un premier temps couplée à la structuration tectonique des massifs subalpins à la fin du Miocène. Après une quiescence pliocène, la réjuvénation du relief est ensuite corrélée aux oscillations climatiques et glaciaires pléistocènes. Ce travail souligne le fort potentiel des archives karstiques pour reconstituer l'évolution long terme des environnements alpins.
Le dernier interglaciaire (LIG pour Last Interglacial, 130000 - 115000 ans avant aujourd’hui) constitue une période privilé-giée pour les modèles du Système Terre utilisés pour les projections climatiques au xxie siècle. Jusqu’à présent, ces modèles pour simuler le dernier interglaciaire n’utilisaient comme forçages que la variation des paramètres orbitaux et le changement du contenu atmosphérique en gaz à effets de serre (principaux gaz : CO2, CH4 et N2O). Dans cet article, nous examinons le fait qu’au dernier interglaciaire, le niveau marin (GMSL pour Global Mean Sea Level) s’est stabilisé entre 2,7 et 9 m plus haut qu’au préindustriel. La contribution des calottes groenlandaise et antarctique reste difficile à établir (Kopp et al., 2009 ; Dutton & Lambeck, 2012 ; Quiquet et al., 2013 ; Barnett et al., 2023). Nous avons donc cherché à modéliser, à travers des expériences de sensibilité, l’impact de la seule prise en compte de ce niveau marin sur le climat du LIG. Nous avons effectué des simulations à l’équilibre, semblables à celles récemment publiées par Zhang et al. (2023) avec le modèle du système Terre norvégien (NorESM1-F). Nos simulations avec le modèle de l’IPSL en version CM6A basse résolution (IPSL-CM6A-LR) montrent également une forte sensibilité du climat du LIG à la prise en compte du niveau marin. Nous analysons ici les points communs et les différences régionales que montrent les résultats de ces simulations pour les deux modèles. La première conclusion importante est que, pour les deux modèles, la prise en compte du niveau marin a un impact notable sur le climat simulé; c’est donc un facteur à prendre en compte. La seconde conclusion est que la réponse des températures de surface des deux modèles à cet impact a des caractéristiques régionales différentes.
Glacial landforms of the Dombes Plateau provide a detailed record of the Rissian glaciation (MIS 6). More than 4,000 convex landforms were extracted using high resolution LiDAR data (5 m) processed by Volumetric Obscurance morphometric index (VO index). These were segmented according to their vertical amplitude, allowing the distinction between morainic deposits (> 6 m) and subglacial bedforms (< 6 m). This approach provides the first exhaustive mapping of glacial landforms in this area. Three types of glacial landforms are identified. The first corresponds to radially organized bedforms aligned along a southeast-northwest axis, showing a continuum from drumlins to megaflute, which reflects variations in ice-flow velocity and basal shear stress gradients. The second consists of several generations of frontal morainic ridges arranged in successive arcs, indicating a stepwise retreat punctuated by stillstands. The third corresponds to hummocky moraines, interpreted as deposits formed by the downwasting of dead ice within a saturated till. The superposition of glacial landforms from different generations, often in cross-cutting patterns, records at least three reconfi-gurations of ice flow. The Dombes landscape thus represents a composite and diachronous record of multiphase deglaciation of the Dombes glacial lobe during the Rissian MIS6 stage. This study confirms the efficiency of the VO index in discriminating glacial micro-reliefs in low-amplitude topographic settings. It highlights the instability of the glacier margin during the Middle Pleistocene, characterized by alternating phases of fast flow, stagnation, and retreat. The Dombes Plateau therefore constitutes a key site to document the polyphased dynamics of Alpine ice lobes and their response to climatic and hydrological variability.
Homo neanderthalensis est présent en Europe occidentale depuis au moins 200 000 ans avant le présent (ka BP), à travers deux cycles glaciaire-interglaciaire, jusqu'à son extinction autour de 40 ka BP, alors que les premières populations d'Homo sapiens s'installent sur le continent. Parmi les principales hypothèses expliquant le déclin de Néandertal figurent notamment la compétition directe ou indirecte avec Sapiens, ainsi que les changements climatiques abrupts pendant la dernière période glaciaire, au cours du stade isotopique marin (MIS) 3. Le climat en Europe durant cette période a été marqué par une succession de réchauffements (interstadiaires) et de refroidissements (stadiaires) à échelle sub-millénaire (cycles de Dansgaard-Oeschger), ainsi que par plusieurs évènements froids et arides extrêmes liés à des débâcles massives d'icebergs dans l'Atlantique Nord (les stadiaires de Heinrich, HS). Si le HS4 (~39.9-38.2 ka BP), contemporain des dernières occupations néandertaliennes, est bien connu et documenté grâce aux carottages marins au large de la Péninsule Ibérique, les évènements analogues précédents sont moins bien connus, entravant notre compréhension des dynamiques de population néandertaliennes face à un environnement instable sur le long terme. Cette thèse propose donc de retracer l'histoire des changements environnementaux rapides des derniers 200 000 ans (MIS 7-1) afin d'explorer leur potentiel impact sur les populations néandertaliennes jusqu'à leur extinction. L'étude palynologique de la carotte sédimentaire ODP 976 en mer d'Alboran (sud-ouest Méditerranéen) a mis en évidence la dynamique de la végétation dans une région clé souvent présentée comme un refuge climatique pour les populations humaines. Une approche quantitative à partir des assemblages polliniques a été utilisée afin de reconstituer les paramètres climatiques (températures et précipitations) annuels et saisonniers au cours des derniers 200 ka à travers différentes méthodes (MAT, WA-PLS, RF, BRT). Finalement, une synthèse des sites archéologiques associés à Néandertal en Méditerranée occidentale a permis d'évaluer la dynamique des populations néandertaliennes au cours du temps. Les résultats montrent que la région du sud-ouest méditerranéen s'est montrée très sensible aux évènements climatiques froids de l'Atlantique nord depuis 200 000 ans, avec des conditions particulièrement arides et une prédominance de la végétation steppique et semi-désertique pendant les HS. Un climat froid et aride a affecté la région pendant l'avant-dernière période glaciaire (MIS 6, entre ~190-129 ka BP), période marquée par des oscillations climatiques moins intenses par rapport aux MIS 4 et 3 (~70-30 ka BP). Le HS11, pendant la Terminaison glaciaire 2, se démarque par sa durée (~6000 ans), son intensité et sa structure complexe, à un moment clé où les industries lithiques du Paléolithique Inférieur semblent définitivement abandonnées. Plusieurs refroidissements abrupts ont été enregistrés pendant le dernier interglaciaire (MIS 5, 129-71 ka BP), d'une intensité moindre comparé à ceux des MIS 4-3. Les épisodes les plus extrêmes traversés par Néandertal dans la région correspondent aux HS11 (~132 ka BP), HS6 (~61 ka BP), HS5 (~48 ka BP) et HS4 (~39 ka BP). Finalement, l'instabilité climatique croissante caractérisant l'entrée progressive en glaciation a pu influencer la diversification des comportements néandertaliens au cours des MIS 4 et 3, et favoriser une dynamique de replis répétés dans les refuges glaciaires. Malgré des données chronologiques encore limitées, la synthèse met en évidence une potentielle vulnérabilité des populations néandertaliennes face au HS6, au HS5 et au HS4 qui ont pu jouer un rôle dans leur extinction finale. Cette étude contribue à l'obtention d'une séquence paléoenvironnementale de référence décrivant à haute résolution toute la variabilité climatique en Méditerranée occidentale.
The preventive excavation led in Reims, at the rue du colonel Fabien, affected levels well before the site was anthropized. It thus enabled us to address environmental issues and understand the context in which the city was built, going well beyond the strictly archaeological framework. Five palynological and pedosedimentary sequences, benefiting from a humid context particularly favo-rable to well-preserved pollens, enable a reconstruction of the landscape evolution of the Vesle River and its alluvial dynamics since the Preboreal period. Combining those palynological studies with sedimentological analyses and organic matter dosage provides a better understanding of sedimentation and pedogenesis processes. We precised the chronostratigraphy based on twenty-two radiocarbon dating and terminus post quem based on archaeological remains. Bayesian analyses refine the chronosequences and radiocarbon data. These combined studies reveals a predominantly closed landscape in the early Holocene, with channels filled with organo-mineral deposits and plant cover dominated by pine and birch trees during the Preboreal, followed by hazel at the Boreal period. Environmental humidity and channel abandonment continue during the Atlantic, even if there is a major hiatus in the sedimentation and palynological sequences. However, at the end of the Atlantic, a mixed oak-lime forest characterizes the environment. The presence of cereal taxa during the Middle Neolithic corresponds to the first anthropogenic occurrences in the area. Alluviation defines the Subboreal, but the environments appears to be generally open during the Subatlantic, following a massive land clearing by Iron Age societies. We compared the data obtained during the excavation with the results of local environmental and geomorphological studies, providing a diachronic overview of the evolution of the Vesle River and its surroundings during the Holocene.
The Combe Chevalière provided an interesting sequence for reconstructing the subalpine vegetation over the last 18,000 years. This sequence, derived from a wetland area and documented in parallel with a sedimentological study, is subject to periods of low water input that lead to the drying of the area and, consequently, low or no sedimentation, as well as poorer preservation of pollen assemblages compared to other sediment types. The studied sequence is therefore incomplete, and despite a sedimentary hiatus at the Preboreal level, it still provides insight into the vegetation dynamics near the study area, at the subalpine level, as well as at the upper limit of the montane zone. Since Combe Chevalière is bordered by areas of Mesolithic occupations, this study provides an environmental context for these sites. The palynological analysis of Combe Chevalière follows numerous other studies conducted at different vegetation levels, thus contributing to a broader analysis of vegetation evolution within the Vercors Massif. The vege- tation evolution is consistent with the various vegetation zones. Late-glacial climatic variations are characterized by oscillations of Pinus, Betula, and Juniperus in the hill and montane zones, while the more rigorous climate of the subalpine zone is dominated by herbaceous plants. Pinus and deciduous trees were present in the sub-alpine zone since 9,000 years ago (cal. BP), and were replaced by herbaceous and Picea during the Subboreal. Competition with Abies, recorded since 7,800 cal. BP, seems to be the cause of the decrease in this taxon from the Subatlantic period onwards. Human impact also varies with altitude. In the hill zone, Juglans, Castanea, and Populus were cultivated during the Subatlantic period, while at the same time, in the montane zone, human activity is reflected in the forest exploitation of Abies.
Dans les séquences lœssiques du Dernier Glaciaire (Weichselien) du nord de la France, le Pléniglaciaire moyen (PGM, 60 - 35 ka), associé au stade isotopique marin (SIM) 3, est assez mal défini en raison d’un bilan pédosédimentaire peu épais et généralement peu contrasté. La séquence de versant de Morcourt (Somme) présente une accumulation sédimentaire exceptionnelle d’environ 10 m d’épaisseur sur laquelle des analyses géochronologiques, malacologiques et sédimentologiques ont été réalisées en vue de proposer une reconstitution paléoenvironnementale détaillée. Le cadre chronologique établi pour le complexe de sols à la base de la séquence (~ 2 m d’épaisseur) entre environ 58 et 30 ka confirme son attribution au PGM. La séquence repose sur un substrat crayeux altéré et débute par une phase d’érosion majeure du versant marquant la transition avec le Pléniglaciaire inférieur rarement enregistrée sur les sites de cette région. S’ensuit la mise en place de niveaux de colluvions puis de plusieurs niveaux de sols bruns boréaux à brun arctique dans un contexte à sédimentation lœssique faible. Dans ces horizons faiblement carbonatés (inédit pour la période), l’étude malacologique met en évidence la transition d’un environnement steppique vers une toundra plus humide. Enfin, le dépôt de lœss calcaire sus-jacent de 6 m d’épaisseur est attribué au Pléniglaciaire supérieur (PGS, 35 - 15 ka, ≈ SIM 2) par comparaison avec les autres enregistrements régionaux. L’identification d’horizons repères du PGM et du PGS et leur datation permet de proposer des corrélations longue-distance avec les séquences stratigraphiques à l’échelle de l’Europe nord-occidentale (Allemagne et Belgique), ainsi qu’avec l’enregistrement de référence des variations climatiques globales au Pôle Nord (δ18O de NGRIP). Les travaux de terrain et les analyses de laboratoire ont démontré la qualité de l’enregistrement à Morcourt, qui devient ainsi une nouvelle séquence de référence pour les lœss du Dernier Glaciaire du nord de la France.
Dans les séquences lœssiques du Dernier glaciaire (Weichselien) du nord de la France, le Pléniglaciaire moyen (PGM) se caractérise par un ralentissement de la sédimentation lœssique, favorisant le développement du « complexe de sols de Saint-Acheul / Villiers-Adam» durant les phases interstadiaires plus tempérées. À l’inverse, le Pléniglaciaire supérieur se distingue par une intensification marquée de la sédimentation lœssique et la disparition des horizons pédologiques de type sol brun boréal/arctique, traduisant des conditions climatiques nettement plus rigoureuses. Les horizons-repères pédologiques et périglaciaires du PGM et du PGS sont bien documentés sur plusieurs sites de référence du nord de la France, autorisant des corrélations stratigraphiques régio-nales et leur extension de proche en proche à la Belgique et à l’Allemagne.La limite entre le PGM et le PGS reste néanmoins difficile à caractériser, en raison des critères stratigraphiques ou chrono-cli-matiques et de la présence fréquente d’un hiatus dans les séquences, notamment autour de 34 ka. Sur la base des enregistrements à haute résolution d’Havrincourt et de Nussloch, cette limite est souvent placée au sommet du dernier sol brun arctique (Lohner Boden), attribué au PGM et daté d’environ 34 ka, i.e. contemporain des interstades groenlandais (GI) 7 ou 6.L’étude de la séquence d’Haynecourt (Pas-de-Calais) apporte un éclairage nouveau, grâce à un enregistrement pédo-sédimentaire relativement continu et surtout bien daté (17 dates radiocarbone). Les âges radiocarbone obtenus sur les granules calcitiques de vers de terre permettent de décrire une phase de transition longue d’environ 6 000 ans (~ 36,5-30,5 ka), correspondant à une dégradation progressive des conditions climatiques. Ces résultats permettent de proposer une subdivision du PGM en deux sous-phases : la sous-phase A (~ 55-36,5 ka / GI-17 à GI-8), marquée par des sols bruns boréaux à arctiques, et la sous-phase B (~ 36,5-30,5 ka / GI-7 à GI-5.1), caractérisée par un environnement de type toundra. Dans ce schéma il est proposé de placer la limite PGM / PGS vers 30,5 ka.
La région des marais de Saint-Gond présente l’intérêt d’être située au cœur d’une exceptionnelle concentration de zones de marais favorables à la préservation des enregistrements paléoenvironnementaux (sédiments, pollens, macrorestes, charbons de bois) et de sites néolithiques à vocation domestique, artisanale et funéraire. Une étude multiproxys combinant sédimentologie et palynologie a été menée sur les séquences les plus dilatées. Les plus anciens dépôts sont datés entre 15 057 et 14 359 cal BP et sont contemporains du Dryas ancien, période rarement décrite dans l’est du Bassin Parisien. Les enregistrements étudiés décrivent une dynamique fluviale méandriforme jusqu’au début de l’Holocène, très sensible aux variations du débit hydrique et de l’évolution de la végétation dans les marais. La mise en place des peuplements forestiers de l’Holocène a favorisé la turfigenèse qui perdure jusqu’à nos jours. Les enregistrements contemporains des niveaux néolithiques se sont révélés très peu dilatés ce qui peut être interprété comme un arrêt de la sédimentation.
The Saint-Gond marshes region has the advantage of being located at the heart of an exceptional concentration of marshland areas favourable to the preservation of paleoenvironmental records (sediments, pollens, macroremains, charcoal) and Neolithic domestic, artisanal and funerary sites. A multiproxy study combining sedimentology and pollen analysis was carried out on the most dilated sequences. The oldest deposits are dated between 15,057 and 14,359 cal. BP and are contemporary with the Younger Dryas, a period rarely described in the eastern Paris Basin. The records studied describe meandering river dynamics until the early Holocene, highly sensitive to variations in water flow and evolution of marsh vegetation. The establishment of forest stands in the Holocene favoured turfigenesis, which continues to this day. Records from the Neolithic levels show very little expansion, which may be interpreted as a halt in sedimentation.
During the Last glacial,i.e. Weichselian, the Middle Pleniglacial (MPG) of northern France is characterized by a slowdown in loess sedimentation, which allowed for the development of the "Saint-Acheul / Villiers-Adam soil complex" during milder inters-tadial phases. In contrast, the onset of the Upper Pleniglacial (UPG) is marked by a sharp intensification of loess deposition and the disappearance of arctic/boreal brown soil pedogenic horizons, reflecting increasingly harsh climatic conditions. The pedogenic and periglacial marker horizons of the MPG and UPG are well documented at several key sites in northern France, enabling regional stratigraphic correlations that can be extended to Belgium and Germany. However, the boundary between the MPG and UPG remains difficult to define due to the diversity of criteria employed-either stratigraphic or chrono-climatic-as well as the frequent occurrence of a sedimentary hiatus, particularly around 34 ka. Based on high-resolution records from Havrincourt and Nussloch, this boundary is often placed at the top of the last arctic brown soil (Lohner Boden), attributed to the PGM and dated to approximately 34i.e.ka, contemporaneous from Greenland interstadial (GI) 7 or 6. The study of the Haynecourt sequence (Pas-de-Calais) provides new insight thanks to a continuous and well-dated pedo-se-dimentary record. Radiocarbon dates obtained from calcitic granules indicate a transitional phase lasting around 6,000 years (similar to 36.5-30.5 ka), reflecting a progressive climatic deterioration. These results support a subdivision of the MPG into two chro-no-climatic subphases: Subphase A (similar to 55-36.5 ka / GI-17 to GI-8), marked by boreal to arctic brown soils, and Subphase B (similar to 36.5-30.5 ka / GI-7 to GI-5.1), characterized by an increasingly severe, tundra-like environment. Within this framework, we propose to the MPG UPG around 30.5 ka.
In the loess sequences of the Last Glacial (Weichselian) of northern France, the Middle Pleniglacial (MPG, 60-35 ka) almost equivalent to the marine isotope stage (MIS) 3, is relatively poorly understood due to a thin and generally uncontrasted pedosedimentary record. The Morcourt slope sequence (Somme) presents an exceptional total sedimentary accumulation of approximately 10 m in thickness on which geochronological, malacological and sedimentological analyses were carried out to propose a detailed paleoenvironmental reconstruction. The chronological framework established for the soil complex at the base of the sequence (similar to 2 m thick) between approxi-mately 58 and 30 ka confirms its attribution to the MPG. The sequence rests directly on the weathered calcareous substrate and begins with a phase of major slope erosion marking the transition with the Lower Pleniglacial, rarely recorded on sites in this region. It is followed by the deposit of levels of colluvium and the formation of several levels of boreal to arctic brown soils in a context low loess sedimentation. In these weakly carbonated horizons, the study of mollusc assemblages highlights for the first time the tran-sition from a steppe environment to a more humid tundra. Finally, the 6-m thick upper layered calcareous loess deposit is attributed to the Upper Pleniglacial (UPG, approximate to MIS 2, 35-15 ka) by comparison with other regional records. The identification of MPG and UPG marker horizons and their dating make it possible to propose long-distance correlations with stratigraphic sequences across northwestern Europe (Germany and Belgium) as well as with a reference indicator of global climate variations (delta O-18 from NGRIP). Field and laboratory work demonstrated the quality of the high-resolution recording of the Morcourt sequence, making it new reference for the Last Glacial loess of northern France.
We report on two exquisitely preserved, extremely small Ursus spelaeus skeletons that were found in 2014 at the karst cavity known as "Tecchia di Equi", in the Apuan Alps (Massa-Carrara Province, Tuscany, central Italy). The most complete specimen includes the skull, which displays an undeformed three-dimensional morphology and is still connected to the cervical vertebrae. The cervical and thoracic vertebrae and the ribs are fully articulated. The 23 mm-long scapulae and the right humerus and tibia are also preserved. The second specimen displays a fairly complete rib cage, part of the vertebral column and the 26 mm-long right scapula. The preserved forelimbs include both the 31 mm-long humeri as well as the corresponding ulnae and radii. Overall, the two studied cubs stand out for their excellent preservation state. Many features of both skeletons reveal their overly young ontogenetic age, namely: the cranium is edentulous, and displays unfused sutures and open fontanelles; the vertebrae are only partly ossified; and the long bones lack the epiphyses. By comparing the measurements of the scapulae and long bones of the studied specimens with those of very young conspecific individuals from other sites of central Europe, an age at death of less than a week is proposed for both cubs, which most likely belong to the same litter. They may have died from starvation shortly after birth, similar to what happens to many modern bear cubs due to the often critical nutritional conditions of pregnant females during hibernation.
La fouille préventive de la rue du Colonel Fabien à Reims, impactant des niveaux bien antérieurs à l’anthropisation du site, a permis d’aborder des problématiques environnementales et de comprendre le contexte d’implantation de la ville, allant ainsi bien au-delà du cadre archéologique stricto sensu. Bénéficiant de conditions humides particulièrement favorables à la réalisation d’études polliniques, cinq séquences palynologiques et pédosédimentaires permettent de reconstituer l’évolution paysagère du site et des dynamiques alluviales depuis le Préboréal. Ces données sont complétées par des analyses sédimentologiques et des dosages de matière organique, offrant une meilleure compréhension des processus (sédimentation, pédogenèse) et un cadre chronostratigraphique bénéficiant de vingt-deux datations absolues en plus des relatives (terminus post quem et mobilier archéologique). Ce dernier a fait l’objet d’analyses bayésiennes afin d’affiner les chronoséquences. Ces études mettent en évidence un paysage majoritairement fermé au début de l’Holocène, où les chenaux sont comblés de dépôts organo-minéraux et le couvert végétal est dominé par le pin et le bouleau au Préboréal puis par le noisetier au Boréal. L’Atlantique semble marqué par un hiatus dans la sédimentation. La fin de la chronozone est toutefois enregistrée ; l’environnement y est caractérisé par une chênaie mixte à tilleul, et les premières occurrences d’indices anthropiques du Néolithique moyen sont illustrées par la présence de céréales. Le Subboréal connaît une reprise de l’alluvionnement mais c’est au Subatlantique que les milieux apparaissent généralement ouverts suite aux défrichements massifs des populations de l’âge du Fer. Les données obtenues lors de la fouille sont confrontées aux résultats des études environnementales et géomorphologiques locales et offrent une première synthèse de l’évolution holocène de la Vesle dans le secteur de Reims.