
Introduction. Il existe de nombreux supports d’information en salle d’attente, dont les écrans. Le concept de démocratie en santé encourage à impliquer les usagers dans le développement du système de santé. Après l’installation d’écrans dans les salles d’attente d’une maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) urbaine du Grand Est, les patients ont été impliqués dans la coconstruction d’un diaporama prochainement projeté. Objectifs. Explorer les attentes des patients et rechercher un consensus sur le contenu du diaporama diffusé par écrans dans les salles d’attente de cette MSP. Méthode. Combinaison d’une étude qualitative par focus groups (FG) et d’une recherche de consensus par méthode Delphi impliquant les usagers de la MSP. Quatre FG avec un total de vingt patients puis une méthode Delphi à deux tours avec dix-huit autres patients ont été réalisés. Les items de la méthode Delphi ont été construits à partir des résultats de l’analyse des FG. Résultats. Au terme de ces deux phases, les usagers souhaitaient des messages concernant l’organisation de la MSP et divers sujets de santé, dont la prévention (cancers, vaccins, etc.), avec du contenu à but divertissant. Conclusion. Dans le cadre de la démocratie en santé avec mise en place d’une démarche participative, cette étude a conduit à la création par les usagers du contenu du diaporama destiné à transmettre des messages d’information aux patients.
Publication originale de Vincent YM, Gocko X, François C, Supper I, Cauchon M, Boussageon R (Département de médecine générale de Bordeaux) Fam Pract 2025;42:cmaf079. Si les facteurs de risque ont été clairement identifiés au niveau populationnel, la complexité des interactions entre les différents facteurs, qu’ils soient modifiables ou non, rend incertaine l’évaluation individuelle. Depuis 1997, de nombreuses études ont étudié le score calcique pour affiner l’évaluation du risque, à côté des échelles usuelles. Le score calcique coronaire (SCC) est une évaluation chiffrée de l’étendue des dépôts athéromateux calcifiés observés au niveau des parois des artères coronaires.
MRC : la cystatine en renfort Des chercheurs britanniques ont mené une étude de cohorte prospective longitudinale sur 1 229 adultes atteints de maladie rénale chronique stade 3 (DFG estimé à 30-59 mL/min/1,73 m²), suivis pendant trois ans, afin d’évaluer la précision des équations d’estimation du débit de filtration glomérulaire (DFG) combinant créatinine et cystatine C par rapport aux méthodes classiques fondées sur la créatinine seule. Les participants ont eu des mesures répétées du DFG par clairance à l’iohexol (méthode de référence), ainsi que des dosages sériques de créatinine et cystatine C. Les équations testées étaient CKD-EPI (Chronic Kidney Disease Epidemiology Collaboration) et EKFC (European Kidney Function Consortium), avec ou sans cystatine C. Après trois ans, 875 patients avaient des données complètes. Le DFG médian mesuré était passé de 48,1 mL/min/1,73 m² à 43,6 mL/min/1,73 m², correspondant à la dégradation attendue de la fonction rénale. Les résultats ont montré que toutes les équations sous-estimaient la baisse du DFG mesuré, mais que les équations combinant créatinine et cystatine C (CKD-EPIcréatinine-cystatine = 78,6 % d’accord avec la variation mesurée ; IC95 = 75,8-81,3 ; EKFCcréatinine-cystatine = 80,2 % ; IC95 = 77,4- 82,8) étaient significativement plus précises que celles fondées sur la créatinine seule (CKD-EPIcréatinine = 73,1 %, IC95 = 70,1-76,1). La sensibilité des équations pour détecter une progression ≥ 25 % du DFG (critère KDIGO) restait faible (< 54,1 %) pour toutes les méthodes, alors que la spécificité dépassait 90 %. Les auteurs concluaient que l’utilisation systématique des équations combinant créatinine et cystatine C pouvait améliorer le suivi de la maladie rénale chronique, même si leur capacité à détecter une aggravation rapide restait limitée. BMJ 2026. doi:10.1136/bmj-2025-085005.
Introduction. La maltraitance infantile n’est pas assez repérée en médecine générale. Le PRSI est un outil récemment créé par notre équipe pour le repérage de la maltraitance infantile en médecine générale. Objectif. Déterminer le seuil de positivité du PRSI. L’objectif secondaire était d’évaluer son intérêt dans la pratique médicale. Méthode. Étude observationnelle, transversale, réalisée de février 2021 à mai 2022. Les scores de PRSI d’adolescents de 13 à 18 ans exposés ont été comparés aux non-exposés à la maltraitance. Les réponses au PRSI ont été évaluées et comparées entre les deux groupes avec appariement selon l’âge et le sexe. Analyses descriptives comparatives avec test Chi2, Fisher et Mann-Whitney (logiciel pvalue.io, seuil de significativité retenu de 5 %). Résultats. 62 questionnaires ont été inclus, dont 26 originaires d’adolescents exposés à la maltraitance. Le PRSI comprenait 4 questions et aboutissait à un score sur 10 points. Les valeurs respectives de chaque question ont été pondérées. Un score au PRSI supérieur ou égal à 3 pouvait significativement faire suspecter une maltraitance. La médiane des non-exposés à la maltraitance était de 2,0 (1,0-3,0) et des exposés à la maltraitance de 7,0 (3,3-7,0). Pour un seuil de positivité supérieur ou égal à 3, 22 des 26 exposés à la maltraitance étaient repérés, et 11 des 36 non exposés à la maltraitance étaient suspectés. Discussion. Ce travail a permis la validation du seul outil de repérage de la maltraitance en médecine générale chez les 13-18 ans. Le seuil de 3 permettait d’augmenter la probabilité de repérage. Une étude précédente a montré que le PRSI était réalisable dans la pratique de médecine générale. D’autres projets étaient en cours d’étude afin de confirmer ses résultats à une plus grande échelle et déterminer les stratégies induites dans la pratique par un résultat positif.
Introduction : La mise en relation entre étudiants en 3ᵉ cycle (E3C) et directeurs de thèse constitue un enjeu clé dans l'organisation des thèses en médecine générale. Les plateformes numériques d'appariement, telles qu'Adopteunethese.fr, offrent des solutions potentielles pour répondre à ce défi. Cette étude a pour objectif d’évaluer l’efficacité de cet outil en analysant la satisfaction des utilisateurs et en identifiant les axes d’amélioration nécessaires. Méthode : Une étude transversale mixte convergente a été conduite, combinant des données d’utilisation de la plateforme, une évaluation quantitative basée sur le System Usability Scale (SUS), et une analyse qualitative approfondie via des entretiens collectifs. Les participants comprenaient des E3C et des médecins thésés. Résultats : La plateforme compte 1132 membres inscrits, 119 projets de thèse soumis et 60 appariements réalisés. Le score SUS moyen de 81.11 témoigne d’un bon niveau de satisfaction des utilisateurs. L’analyse des usages révèle une disparité entre projets soumis par les directeurs et les thésards. Les premiers reçoivent plus de candidatures (116 vs. 23, p < 0.001) et aboutissent à plus d’appariements (43 vs. 17, p < 0.001). Les entretiens collectifs ont confirmé l’utilité perçue de la plateforme, tout en identifiant des améliorations prioritaires, notamment sur les filtres de recherche, la visibilité des projets soumis par les thésards et la centralisation des ressources. Discussion : Cette étude met en évidence les atouts et les limites d’une plateforme numérique facilitant l’appariement entre thésards et directeurs de thèse en médecine générale. L’analyse des comportements d’utilisation révèle une participation active des directeurs, mais une moindre visibilité des projets soumis par les thésards, suggérant un déséquilibre à corriger via des outils de valorisation des initiatives des étudiants. Cette évaluation souligne l'intérêt de développer des plateformes adaptées aux besoins spécifiques des utilisateurs, et de les intégrer dans un cadre national cohérent. Conclusion : Cette étude illustre la pertinence d’évaluer les outils numériques d'appariement comme Adopteunethese.fr, non seulement pour garantir leur efficacité, mais aussi pour orienter leur amélioration continue. Dans un contexte où l'utilisation de solutions numériques se généralise, des futures études sont essentielles pour mieux comprendre leur impact sur la collaboration académique et pour guider leur intégration dans les environnements éducatifs.
Introduction. Depuis plus de vingt ans, la médecine générale structure le contenu pédagogique de la formation de ses futurs professionnels. Cette structuration s’est traduite par les réformes de 2017 (nouvelle maquette de stages) et 2023 (ajout de la phase de consolidation). Cette étude visait à analyser l’évolution de l’attractivité du diplôme d’études spécialisées de médecine générale (DES-MG) entre 2010 et 2023, avec plusieurs indicateurs. Méthode. Étude observationnelle réalisée sur l’ensemble des affectations des étudiants aux Épreuves classantes nationales (ECN) entre 2010 et 2023. Trois indicateurs d’attractivité ont été analysés : l’indicateur de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), variant de 0 (très attractif) à 1 (peu attractif), ainsi qu’une version modifiée de cet indicateur intégrant les postes non pris, le rang médian des étudiants affectés rapporté au percentile et le classement du DES-MG parmi les 500 premiers choix. Résultats. Sur 111 748 étudiants affectés, 43,4 % ont choisi la médecine générale. L’indicateur DREES modifié révèlait une amélioration globale de l’attractivité, passant de 0,98 (faible attractivité) en 2010 à 0,77 (meilleure attractivité) en 2022, suivie d’une légère diminution en 2023 (0,83). Le rang médian exprimé en percentile a fluctué entre 70,16 (2017) et 66,08 (2022), traduisant une tendance à l’amélioration avec rechute en 2023. La médecine générale est passée de la 12e place en 2015 à la 5e en 2023 parmi les 500 premiers choix, meilleur résultat historique. Discussion. L’attractivité du DES-MG s’est sensiblement améliorée depuis 2010, en parallèle de la structuration pédagogique et universitaire de la spécialité. Après 2017, l’attractivité s’est améliorée. Les années des réformes 2017 et 2023 ont été marquées par un tassement de l’attractivité plus marqué en 2023. L’indicateur DREES modifié semble plus robuste et pertinent pour évaluer l’attractivité à long terme que les autres indicateurs.
CONTEXTE L’introduction d’une statine, en prévention primaire, doit se faire dans une approche centrée sur le patient lorsque le bénéfice de sa mise en place est avéré1. Après 75 ans, en l’absence d’événement cardiovasculaire, du fait du manque d’essai clinique randomisé (ECR), la question de l’arrêt ou du maintien du traitement par statine reste sans réponse absolue. Actuellement, aucune donnée scientifique robuste n’est disponible pour appuyer ce choix. OBJECTIF Évaluer la non-infériorité de l’arrêt des statines en prévention primaire chez des patients de 75 ans et plus sans maladie cardiovasculaire ou athérosclérose (MCVA), en comparaison avec leur maintien sur la mortalité toutes causes confondues.
La notion de décision éclairée occupe désormais une place structurante dans le cadre légal et éthique de la pratique médicale. Elle affirme le droit fondamental du patient à recevoir une information complète, compréhensible et pertinente lui permettant d’exercer son autonomie. Résumer la décision éclairée à un simple transfert d’information reflète une vision essentiellement cognitive et légale qui ne correspond ni à la réalité de la clinique ni aux données contemporaines issues de la psychologie, de l’éthique et des sciences de la communication. Une décision peut en effet être juridiquement éclairée tout en demeurant vécue comme confuse, anxiogène ou difficilement applicable dans la vie quotidienne du patient. Pour comprendre ce décalage, il faut replacer la décision dans le tissu relationnel au sein duquel elle émerge et reconnaître que la confiance constitue la condition de son appropriation.
Contexte : Soixante-dix-sept pour cent des étudiants en médecine avaient des symptômes de burn-out en France en 2021. Ces taux sont plus élevés qu’en population générale. Un rapport gouvernemental demande aux universités de favoriser le bien-être de leurs étudiants. L’équipe du DUMG de Montpellier-Nîmes a réinventé la journée d’accueil des étudiants du DES de médecine générale dans cet objectif. La journée s’organisait autour de cinq ateliers : activité physique, prendre soin de soi, peinture, nutrition et comprendre le DES. L’objectif principal de notre travail était d’explorer les points de vue des étudiants de 3e cycle (E3C) concernant leur journée de rentrée. Méthode : Une étude qualitative par entretiens individuels semi-dirigés auprès d’internes volontaires en première année de médecine générale a été menée jusqu’à saturation des données. Une analyse thématique a été réalisée avec triangulation des données. Ré sultats : Onze entretiens ont été réalisés entre avril et septembre 2024. Grâce à une méthode pédagogique innovante, la journée d’accueil a permis aux E3C de se rencontrer, de renforcer leurs liens, de créer un sentiment de solidarité. C’était indispensable pour les E3C qui souffriraient d’isolement. Ils ont également rencontré l’équipe enseignante dans un climat de bienveillance. Les E3C ont été sensibilisés à leur bien-être. Ils ont tiré des enseignements nécessaires à leur pratique de médecin de premier recours concernant l’intérêt du travail en équipe et de prendre soin de soi. Conclusion : Cette étude nous a permis de comprendre comment a été vécue l’approche innovante de la journée d’accueil des E3C et l’importance du premier contact entre les étudiants et l’équipe enseignante. La rupture de l’isolement, la bienveillance et la disponibilité de l’équipe enseignante, le sentiment de considération générés sont des éléments pouvant participer directement au bien-être des étudiants.
La prise en soins des patients souffrant de lombalgie chronique est souvent décevante. La lombalgie est un symptôme sans cause anatomique identifiable, utilisée comme diagnostic pour expliquer l’état d’un patient. Ses définitions et ses facteurs de risque sont nombreux, servent de base aux stratégies thérapeutiques et ne semblent pas toujours pertinents pour les médecins généralistes (MG). Ils peuvent également dérouter les patients. En l’absence d’un traitement spécifique, l’approche biomédicale de la lombalgie chronique a été repensée avec pour objectif d’adopter un modèle biopsychosocial pour cette affection complexe.
Introduction. Les anomalies de fermeture du tube neural concernent une grossesse sur mille en France. Elles sont à l’origine de malformations, aux conséquences parfois lourdes voire mortelles, pouvant être prévenues par l’administration d’acide folique dès la période péri-conceptionnelle. 79 % de femmes sont supplémentées en acide folique durant leur grossesse, avec moins d’un tiers l’ayant débuté avant la grossesse. Objectifs. Explorer les perspectives croisées des acteurs de cette prévention sur ordonnance. Méthode. Étude qualitative par entretiens semi-dirigés individuels et de groupe avec double codage indépendant par deux enquêtrices. Analyse en théorisation ancrée. Résultats. Au total, 14 femmes et professionnels de santé ont été interrogés. L’analyse révélait une ambivalence nettement perçue entre le souhait d’une mise à distance du corps médical pendant cette période et un besoin de réassurance et d’informations répétées. Les professionnels de santé enquêtés s’accordaient sur la nécessité d’un travail autour d’une revalorisation de la prévention primaire dans le cadre d’un projet conceptionnel. Les enquêtés considéraient l’intérêt de multiplier les modalités de prévention, dans et en dehors du milieu médical. Conclusion. Cette étude mettait en évidence une double ambiguïté dans le rapport à la prévention en période péri-conceptionnelle : confiance dans la molécule malgré une faible connaissance et demande de réassurance par les professionnels de santé avec un souhait de démédicaliser. C’est in fine l’approche médico-centrée de la prévention qui était questionnée.
Contexte. Les thèses d'exercice sont une obligation pour l'obtention du DES de médecine avec un double enjeu - validation pédagogique et promotion de la recherche. Plusieurs défis demeurent, notamment la difficulté pour les étudiants de 3ᵉ cycle de participer à des projets de recherche, de disposer d’un temps dédié et de trouver un directeur de thèse. Ces problématiques ont été accentuées par les récentes réformes du 3ᵉ cycle. Objectif. L’objectif est de concevoir et évaluer une plateforme numérique d’appariement entre thésards et directeurs en médecine générale. Méthode. Le développement a suivi le modèle SAM (Successive Approximation Model) avec trois phases : préparation, conception itérative et développement itératif. Une évaluation des besoins a été réalisée via un questionnaire diffusé au niveau national auprès des universitaires en médecine générale. Une première version de la plateforme a été construite et améliorée en fonction des retours des utilisateurs. L’évaluation a été menée à l'aide du System Usability Scale (SUS) et d’entretiens collectifs (EC). Résultats. La plateforme, accessible sur adopteunethese.fr, permettait facilement de former des binômes alignés sur les intérêts et compétences des utilisateurs. En juin 2024, elle comptait 432 membres, 44 projets de thèse et 9 appariements réalisés. Le score SUS était de 80,6 indiquant une bonne facilité d’utilisation. L’évaluation qualitative par EC a souligné la nécessité d'améliorations comme des filtres de recherche plus précis, une reformulation de certains termes et une promotion plus active de la plateforme pour augmenter son utilisation. Conclusion. Adopteunethese.fr est un outil gratuit en ligne, développé pour répondre efficacement aux défis de la thèse à la fin de la 3e année.L’outil est jugé utile et convivial. Des améliorations sont nécessaires En intégrant les suggestions et en élargissant son application, la plateforme pourrait devenir un outil clé pour la communauté académique médicale à l’échelle nationale.
Contexte. L’effet blouse blanche (EBB) est un phénomène bien connu par les professionnels de santé, caractérisé par une augmentation de la pression artérielle chez les patients au cabinet comparativement à une mesure faite en ambulatoire. Les mesures ambulatoires de pression artérielle étant parfois compliquées à obtenir, nous avons développé le concept d’effet blouse blanche résiduel (EBBR) caractérisé par une diminution de la pression artérielle systolique de plus de 10 mmHg au décours de trois mesures de pression artérielle successives lors d’une même consultation. Cependant, la reproductibilité à court terme de ce phénomène sur plusieurs consultations successives est inconnue. Objectifs. L’objectif principal de ce travail était d’estimer la reproductibilité à court terme de l’EBBR en médecine générale. Les objectifs secondaires étaient de rechercher des facteurs influençant la reproductibilité de l’EBBR ; estimer la reproductibilité de l’EBBR en utilisant plusieurs définitions faisant varier la valeur de diminution de la PAS (5 mmHg ou 15 mmHg) et le nombre de mesures effectuées (2 ou 4). Méthodes. Étude observationnelle transversale régionale concernant les sujets majeurs non hypertendus connus consultant en soins courants en médecine générale en ex-Basse-Normandie (départements du Calvados, de la Manche et de l’Orne) acceptant de participer à l’étude. L’EBBR est mesuré à l’aide d’un tensiomètre semi-automatisé. La reproductibilité de l’EBBR est évaluée à partir de quatre mesures de pression artérielle avec une minute d’intervalle, prises à deux reprises lors de deux consultations de médecine générale à 30 ± 10 jours. Résultats attendus. Cette étude permettra d’estimer la reproductibilité de l’EBBR en médecine générale. Elle fournit également des informations susceptibles d’amener à la création d’un suivi de cohorte longitudinale afin de vérifier à plus long terme la pertinence clinique de l’EBBR en médecine générale.
Introduction. L’exposition au rayonnement ultraviolet est le principal facteur de risque modifiable du développement des cancers cutanés. Les connaissances sur les moyens de protection solaire et les comportements de la population française sont partiels. Objectif. Identifier les populations de patients auprès desquelles les médecins généralistes (MG) du Nord et du Pas-de-Calais transmettaient une information sur la protection solaire. Mé thode. Étude quantitative observationnelle descriptive transversale réalisée de septembre à novembre 2023 parmi un échantillon de MG du Nord et du Pas-de-Calais tirés au sort dans l’annuaire de la Caisse Primaire d’Assurance maladie. Les données ont été recueillies via un questionnaire anonymisé envoyé par mail. Résultats. Le taux de participation était de 35 % (n = 70/200). Quarante- quatre pour cent (n = 31/70) des MG ont déclaré informer souvent leurs patients sur la protection solaire, majoritairement lors de la période estivale ou lors de séjour en zones ensoleillées. La majorité des médecins (73 %, n = 51) a déclaré avoir les connaissances nécessaires pour informer le patient sur ce sujet et 70 % (n = 49) ont affirmé identifier facilement une personne à risque de cancer cutané. Les patients ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancers cutanés ou ayant un phototype clair étaient les patients plus informés. Peu de MG possédaient des outils de prévention solaire et 46 MG (66 %) aimeraient avoir une affiche ou des dépliants. Conclusion. Les MG de l’échantillon transmettent une information sur la protection solaire mais pas systématiquement, même chez les sujets à risque. La majorité des médecins de notre étude aimerait une affiche ou un dépliant pour leur cabinet médical pour améliorer l’information du patient.
« Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? » Edward Lorenz, American Association for the Advancement of Science, Conférence prédictibilité du météorologue, 1963. En ce beau mois de juin, nous avons envie de laisser la fenêtre ouverte, et parfois un papillon fait irruption. Le nombre de cas de rougeole recensés par le US Center for Disease Control and Prevention (CDC) était de 284 en 2024 et de 2 288 en 2025. Le nombre de décès dus à la rougeole était de 0 en 2024 et de 3 en 2025. Le taux de vaccination des enfants était de 95,2 % pendant l’année scolaire 2019-2020 et de 92,5 % en 2024-20251. Plusieurs scientifiques ont relié ces faits et les positions vaccinosceptiques du secrétaire du département américain de la Santé et des Services sociaux, Robert Francis Kennedy Jr (RFK). Il a participé à la fabrique du doute autour du lien entre le vaccin contre la rougeole et l’autisme2. L’irruption de ce lien dans les débats a surpris les scientifiques pensant l’affaire Wakefield classée, en particulier avec la reconnaissance de la fraude et la radiation de ce chirurgien à l’origine de ce lien3. Ce lien n’appartenait plus au socle épistémique commun. Comment expliquer cette irruption et cette fracture du socle épistémique commun ? Comment, à un moment donné, une idée devient-elle socialement, politiquement, acceptable dans l’espace public ? D’après Joseph P. Overton, les responsables politiques agissent à l’intérieur d’une « fenêtre » définissant ce qu’il est possible de défendre sans perdre de légitimité. Les idées situées hors de cette fenêtre sont perçues comme radicales et impensables. Le lien entre le vaccin contre la rougeole et l’autisme était un impensable pour les scientifiques, porté par les radicaux antivaccins. La mésinformation à laquelle RFK a participé a pu rendre ce lien acceptable, raisonnable, voire populaire. Son rôle de secrétaire du département de la Santé est à même de modifier les politiques de santé publique puisqu’il a le droit de ne pas tenir compte des recommandations des scientifiques de la Food and Drug Administration et du CDC4. Comment cette fenêtre s’est-elle ouverte ? Joseph P. Overton répond par la place des médias et réseaux sociaux et des crises sanitaires. RFK a été fondateur et président d’un de ces médias : Children’s Health Defense. Cette association à but non lucratif fait le lien entre le calendrier vaccinal des enfants et « l’épidémie d’autisme », avec quelques témoignages participant à la fabrique du doute. Elle s’inscrit probablement dans le concept d’astroturfing, qui consiste à rendre crédible une idée et à prétendre qu’elle vient d’un grand nombre d’individus indépendants et sans lien entre eux alors qu’en réalité tout cela est le résultat d’un effort coordonné par une source centralisée. L’astroturfing a des outils désormais connus : pétitions, achat de profils en ligne, création de bots, faux profils, faux commentaires, etc5. Dans la théorie du chaos de Lorenz, la mésinformation de RFK pourrait bel et bien avoir un effet papillon sous la forme d’une épidémie de rougeole... Ça, ce sont les Américains… En France, le socle épistémique est plus solide, il ne craint pas la fracture… En sommes-nous certains ? Santé publique France a recensé 117 cas de rougeole en France en 2023, 483 en 2024 et 873 en 2025. Cinq décès de rougeole ont été recensés en 2025. Le taux de vaccination à deux doses en 2025 était de 87,8 %6. Que faire ? Je vous propose de lutter contre notre pensée paresseuse, de répondre à l’hésitation vaccinale et de fermer la fenêtre aux papillons RFK et à ses ersatz français !
Depuis les années 1970, la reconnaissance des savoirs expérientiels est un champ de lutte épistémologique. Porté par le champ de la psychologie et des sciences de l’éducation, le savoir expérientiel a participé au concept de « formation expérientielle » et son apprentissage en situation, bien connu des généralistes. La réflexivité de Dewey, l’éducation centrée sur l’apprenant et l’empathie de Rogers, l’autodidaxie d’Illich ont elles aussi contribué à la reconnaissance des savoirs expérientiels1. L’épistémologie analyse régulièrement les différents savoirs (savant, expérientiel, etc.), leurs relations, leur légitimité, et leur hiérarchie. Cette hiérarchie varie avec notre construit social et culturel. Par exemple, un scientifique va se prononcer en faveur d’un vaccin en accordant une valeur épistémique haute aux études répliquées, moyenne aux études épidémiologiques et aucune aux témoignages. Un non-scientifique antivaccin va se prononcer contre ce vaccin en accordant une valeur épistémique haute aux expériences sensorielles et perceptives, moyenne aux témoignages, et aucune au discours médical et scientifique2. Et nous, médecins généralistes, comment classons-nous le témoignage d’un patient ? Par exemple, un patient qui nous dit avoir arrêté sa statine qu’il prenait depuis plusieurs mois du fait d’une gonalgie présente… depuis plusieurs mois. Et le patient d’ajouter : « Les statines, docteur, vous savez… ». Le médecin peut n’attribuer à ce témoignage aucune valeur épistémique. Circonspect, il balaiera d’un revers de main cette attribution. L’expérience s’efface face au savoir scientifique. Le médecin peut aussi accueillir cette plainte et proposer au patient d’arrêter, puis de reprendre la statine et d’évaluer les gonalgies afin de vérifier par l’expérience cette attribution. Savoir scientifiques et expérientiels interagissent. Cette expérience d’arrêt de la statine ne vous semble pas reposer sur un savoir scientifique ? Vous n’y accordez aucune valeur épistémique ? Elle introduit pourtant le concept de drucebo : contraction de drug et placebo ou nocebo. Le drucebo peut être défini par les effets bénéfiques ou indésirables d’un médicament, qui résultent de l’attente et ne sont pas causés pharmacologiquement par le médicament3. Et elle fait aussi référence à une catégorie d’essai clinique : le N-of-1. Dans un essai N-of-1, l’objectif est de comparer l’effet d’une nouvelle exposition aux statines à celui d’un placebo chez des patients ayant déjà exprimé une myalgie liée aux statines, le tout en double aveugle avec trois comparaisons croisées et des périodes de sevrage de trois semaines4. Les savoirs expérientiels se seraient-ils intégrés au savoir scientifique ? La consultation est un lieu fécond en interactions épistémologiques où le patient fait l’expérience du savoir scientifique et le médecin intègre l’expérience à son savoir scientifique. Ces interactions transforment le curriculum des deux acteurs. Qui apprend le plus de l’autre ? Pour le savoir, je vous propose de faire l’expérience…
Contexte. La nouvelle maquette de formation du diplôme d’études spécialisées de médecine générale publiée le 9 août 2023 comprend la soutenance de la thèse avant la fin de la troisième année. La spécialité médecine générale a le ratio enseignants/enseignés le plus faible de toutes les spécialités. Face à cette échéance et ce ratio, les enseignants d’Auvergne-Rhône-Alpes (AuRA) ont créé un enseignement hybride à la thèse. La phase asynchrone en ligne, accessible librement et réalisable en autonomie, permettrait de limiter l’impact sur le temps d’enseignement. Objectif. Définir les objectifs pédagogiques (OP) communs aux quatre départements de médecine générale (DMG) de la région AuRA pour la phase asynchrone en ligne de l’enseignement hybride à la thèse. Méthode. Consensus obtenu selon la technique du groupe nominal, en cinq étapes : recensement et description des programmes pédagogiques de chaque DMG, recueil des OP de chaque enseignement, vote selon une échelle de Likert, résolution des désaccords par consensus, organisation des OP sélectionnés en une séquence pédagogique commune. Les OP ont ensuite été soumis à un panel d’experts selon la méthode Delphi. Résultats. Quatre enseignants ont recensé les ressources pédagogiques disponibles au sein de leur DMG d’appartenance, regroupant ainsi soixante-huit OP. À l’issue de la première étape de vote, seulement deux OP ont été validés et deux OP ont été éliminés. Après discussion, quatorze OP ont finalement été validés puis organisés en sept thématiques différentes : organisation pratique, fiche de thèse, problématique, recherche documentaire, méthodes de recherche, rédaction scientifique, démarches réglementaires. Le panel d’experts a validé l’ensemble des OP dès le premier tour de vote. Conclusion. Ce travail encourage l’amélioration de la qualité et de l’efficience des enseignements à échelle régionale ou nationale par la synthèse d’enseignements déjà existants.
À vos tasses ! Une étude de cohorte américaine avait pour objectif d’évaluer le lien entre la consommation de caféine (thé ou café), le risque de démence et les performances cognitives. Elle a inclus 131 821 adultes (65,7 % de femmes), suivis jusqu’à 43 ans (médiane = 36,8 ans ; 4,3 millions de personnes-années), avec 11 033 cas de démence. Les participants ont été classés en 4 quartiles selon leur consommation de café et 3 tertiles selon leur consommation de thé/café décaféiné. Une consommation élevée de café caféiné était associée à une diminution du risque de démence : l’incidence passait de 330 à 141 cas pour 100 000 personnes-années entre les plus faibles et les plus fortes consommations (HR = 0,82 ; IC95 = 0,76-0,89). Pour le thé, l’incidence passait de 321 à 201 cas/100 000 personnes-années (HR = 0,86 ; IC95 = 0,83-0,90). En revanche, le café décaféiné n’était pas associé à une diminution du risque de démence. Le déclin cognitif subjectif (plaintes de mémoire) concernait 9,5, 9,8, 8,7 et 7,8 % des participants selon la consommation croissante de café caféiné (PR = 0,85 ; IC95 = 0,78- 0,93). Pour le thé : 9,5, 9,2, 8,1 % (PR = 0,86 ; IC95 = 0,80-0,93). À l’inverse, le café décaféiné était associé à une fréquence plus élevée de plaintes (8,5, 8,8, 9,7 % ; PR = 1,16 ; IC95 = 1,08-1,24). Chez 17 139 personnes de plus de 70 ans, la cognition a été évaluée par un test téléphonique (TICS, score de 0 à 41). Les plus gros consommateurs de café caféiné avaient un score légèrement plus élevé (+ 0,11 point), soit un effet très faible, équivalent à environ 0,6 année de vieillissement cognitif en moins. Ces résultats suggèrent donc un effet protecteur modéré mais robuste de la caféïne sur la cognition et le risque de démence. JAMA 2026. doi: 10.1001/jama.2025.27259
Le diabète est une maladie chronique qui touche près de 10 % des Canadiens. Les patients se sentent souvent en difficulté dans la gestion de leur maladie, avec une inadéquation entre les recommandations des professionnels de santé et les besoins ressentis des patients1,2. Les autosoins désignent l’ensemble des gestes, habitudes et comportements qu’une personne adopte de manière volontaire et autonome pour préserver ou améliorer sa santé physique, mentale, émotionnelle ou sociale. D’après les experts, les autosoins sont un élément fondamental permettant aux individus d’acquérir les compétences et la confiance nécessaires pour gérer efficacement leur diabète. Les principales barrières documentées sont un niveau de littératie en santé faible, des conditions socio-économiques défavorables et un accès limité aux ressources éducatives3.
Contexte. La maladie d’Osgood-Schlatter est une ostéochondrose fréquente chez l’adolescent en croissance, touchant l’apophyse tibiale antérieure et provoquant des douleurs lors des activités physiques. Sa prévalence est estimée à environ 10 % chez les sportifs et 4 % dans la population générale. Les recommandations actuelles reposent essentiellement sur l’avis d’experts et manquent de fondement clinique robuste. Une précédente revue systématique (2018-2020) avait déjà souligné l’absence de preuve convaincante concernant l’efficacité des traitements non chirurgicaux, justifiant une actualisation. Méthodes. Une revue systématique a été conduite selon les critères PRISMA et enregistrée sur PROSPERO (CRD420251028687). Les études sélectionnées devaient évaluer un traitement non chirurgical avec au moins un critère clinique pertinent (douleur, durée des symptômes, reprise du sport, qualité de vie). Les bases interrogées comprenaient PubMed, Embase, CENTRAL et Medline ; la littérature grise a été explorée via Google® et Qwant® Le risque de biais a été évalué avec les outils Cochrane ROB 2 et ROBINS-I. Une méta-analyse était initialement prévue, mais n’a pas pu être réalisée en raison de l’hétérogénéité des données. Résultats. Parmi 3 491 publications identifiées, 16 études originales (1948-2022) ont été incluses, totalisant 1 162 patients. Quatre études randomisées en double aveugle (niveau 2) ont évalué l’efficacité des injections sous-patellaires de dextrose + lidocaïne versus lidocaïne seule, avec des résultats contradictoires. Douze études non randomisées (niveau 4) ont examiné diverses thérapies non invasives (repos, étirements, kinésithérapie, AINS, ondes de choc, PRP, etc.), mais avec des méthodologies très hétérogènes et souvent un haut risque de biais. Conclusion. Cette revue met en évidence la faiblesse méthodologique générale des études sur les traitements non chirurgicaux. Les rares essais de bonne qualité portent sur des approches invasives, sans comparaison directe avec les traitements conservateurs recommandés. En l’état actuel des connaissances, seules les mesures conservatrices classiques (repos, étirements, renforcement) peuvent être proposées avec un niveau de recommandation C. Il est nécessaire de standardiser les critères d’évaluation et de réaliser des essais comparatifs de qualité pour établir des recommandations solides.