
En dehors de la supplémentation calcique, bénéfique chez les femmes à apports insuffisants, l’aspirine à faible dose est le seul médicament dont l’efficacité est établie en prévention primaire de la prééclampsie. Son mécanisme, la restauration de la balance thromboxane A2 / prostacycline par inhibition de la cyclo-oxygénase-1 plaquettaire, explique son efficacité dans la pathologie vasculaire placentaire, et son bénéfice est conditionné par une dose de 100 à 160 mg, une prise vespérale et surtout une initiation avant 16 SA. La question n’est plus de savoir si elle agit, mais chez qui, et de le savoir assez tôt. Trois stratégies d’identification précoce ont été successivement évaluées. Les facteurs de risque cliniques, utilisés par les essais historiques puis par les recommandations anglo-saxonnes, sont soit trop restrictifs — l’antécédent de prééclampsie exclut par construction la nullipare — soit si larges que jusqu’à 85 % des femmes deviendraient éligibles. Le Doppler des artères utérines du premier trimestre, reflet direct de l’invasion trophoblastique, offrait un rationnel physiopathologique séduisant ; les essais randomisés en double insu se sont néanmoins révélés négatifs, dont l’essai français PERASTUN conduit chez 1 104 nullipares sélectionnées sur ce seul critère et traitées par 160 mg avant 16 SA (16,0 % vs 14,4 %), le Doppler isolé manquant de spécificité et sélectionnant une population à faible risque absolu dont la prééclampsie est majoritairement tardive — forme sur laquelle l’efficacité de l’aspirine est au mieux marginale. Les algorithmes combinés, associant facteurs maternels, pression artérielle moyenne, Doppler et PlGF, font mieux : l’essai ASPRE réduit de 62 % la prééclampsie avant 37 semaines d’aménorrhée, mais sur une population dont une part du bénéfice provient de femmes déjà identifiables par leurs antécédents ; l’essai français RANSPRE, en cours, randomise pour la première fois la stratégie de dépistage elle-même. Cette incertitude sur la population cible explique l’hétérogénéité majeure des recommandations internationales et engage directement la tolérance : si le profil fœtal reste rassurant aux doses antiagrégantes, les données maternelles récentes, dont une cohorte nationale française de 5,8 millions de grossesses, objectivent un excès de complications hémorragiques. Préciser qui traiter est la condition du maintien d’une balance bénéfice/risque favorable.
Objectif Les fibromes utérins sont une pathologie bénigne fréquente, responsables de symptômes pelviens et d’altération de la qualité de vie. La myolyse, technique mini-invasive de destruction thermique du fibrome, représente une alternative conservatrice. Matériel et méthodes Étude rétrospective monocentrique incluant 49 patientes opérées à l’hôpital Saint-Vincent de Paul (Lille) entre août 2021 et décembre 2024 pour fibromes symptomatiques (FIGO 2 à 6). Les patientes ont été traitées par myolyse par cœlioscopie ou voie vaginale sous contrôle échographique. Le critère principal était la diminution du volume du fibrome à l’IRM à 6 mois. Les critères secondaires incluaient l’évolution des scores EVA, HIGHAM, UFS-QOL (HRQL, SSS). Résultats Un total de 93 fibromes ont été traités. La réduction médiane du volume des fibromes était significative : −15cm3 [−29,3 ; −1,4] soit −38,78 % [−62,14 ; −6,02] de leur volume (p<0,0001). Les scores EVA, HIGHAM et SSS se sont améliorés significativement, avec une augmentation concomitante du HRQL (+24,46 points, p<0,0001). Le taux global de complications était de 20,4 %, dont deux complications majeures (grade 3B). Neuf patientes (18,4 %) ont nécessité une reprise chirurgicale pour complément de traitement. Conclusion La myolyse par radiofréquence constitue une alternative mini-invasive prometteuse pour les fibromes utérins, améliorant symptômes et qualité de vie, mais nécessite des études prospectives pour confirmer son efficacité, sa sécurité et standardiser ses indications.
Objectifs L’objectif principal de cette étude est d’étudier l’apport de la réalisation d’une échocardiographie fœtale systématique dans une population de femmes avec diabète prégestationnel dans la détection des cardiopathies fœtales sévères. L’objectif secondaire était d’analyser la prévalence des cardiopathies en fonction des taux d’HbA1c périconceptionnels. Méthodes Étude rétrospective monocentrique menée sur dix ans (2014–2024), incluant toutes les grossesses compliquées d’un diabète prégestationnel suivies dans une maternité de type III. Le type de diabète, l’HbA1c périconceptionnelle, les données échographiques et les issues périnatales ont été recueillis. Les cardiopathies congénitales sévères étaient confirmées en postnatal et définies par la nécessité d’une prise en charge chirurgicale néonatale. Résultats Au total, 331 femmes correspondant à 428 grossesses ont été incluses. Toutes ont bénéficié d’une échocardiographie fœtale par un cardiopédiatre. La prévalence globale des cardiopathies congénitales était de 4,4 % (19/428), dont 1,5 % de formes sévères (6/428). Toutes les cardiopathies sévères ont été détectées lors de l’échographie de dépistage. Parmi les femmes, 6,9 % avec une HbA1c périconceptionnelle ≥10 % présentaient une cardiopathie sévère. Conclusions L’échocardiographie systématique par un cardiopédiatre semblerait ne pas apporter de bénéfice supplémentaire concernant la sensibilité du dépistage primaire des cardiopathies sévères liées au diabète. La réalisation d’une échocardiographie fœtale doit être réservé à la caractérisation précise de la cardiopathie si une dernière est détectée lors des échographies de dépistage et de diagnostic ou en cas de diabète déséquilibré.
Objectif : La prise en charge des patientes atteintes d’endométriose reste encore aujourd’hui marquée par un parcours de soin morcelé, long et éprouvant, une errance diagnostique importante et un manque de coordination entre les différents intervenants. Dans ce contexte, la filière régionale EndOccitanie se développe afin d’améliorer l’organisation des soins. Cette étude avait pour objectif d’identifier les attentes des patientes vis-à-vis de la filière EndOccitanie.Méthodes : Dans cette étude épidémiologique descriptive, nous avons interrogé les patientes atteintes d’endométriose à l’aide d’un questionnaire diffusé via les associations de patientes EndoFrance, Endomind et la filière EndOccitanie. Les participantes ont évalué différents aspects du parcours de soin à l’aide d’une échelle de likert.Résultats : Les résultats montrent que les attentes majeures concernent l’accès à une information claire et fiable, la mise en place d’un parcours coordonné et accessible, ainsi qu’une prise en charge globale de la maladie, intégrant notamment la douleur, la sexualité et la fertilité.Conclusion : Ces éléments confirment l’importance de renforcer la structuration de la filière EndOccitanie pour améliorer l’accessibilité, la continuité et la qualité des soins. Une réévaluation ultérieure permettra de mesurer l’impact des actions mises en place.
OBJECTIVE:The management of patients with endometriosis remains marked by a long, fragmented, and poorly coordinated care pathway, leading to significant diagnostic delay. In this context, the regional EndOccitanie network is being developed to improve the organization and quality of care. The aim of this study was to identify the expectations of patients regarding this network. METHODS:We conducted a descriptive epidemiological study using an online questionnaire administered through the LimeSurvey platform and distributed via the patient associations EndoFrance, Endomind, and the EndOccitanie network. Participants, all diagnosed with endometriosis, evaluated various aspects of their care pathway using a Likert scale. RESULTS:The results highlight several priority expectations: access to clear and reliable information, the implementation of a coordinated and accessible care pathway, and a comprehensive approach to the disease, including pain management, sexuality, and fertility. CONCLUSION:These findings underscore the need to further strengthen the structuring of the EndOccitanie network in order to improve the accessibility, continuity, and quality of care. A future reassessment will help measure the impact of the actions implemented.
OBJECTIVES:Management of pregnancies of unknown location (PUL) relies on close monitoring with serial human chorionic gonadotropin (hCG) measurements and repeated ultrasound examinations to exclude ectopic pregnancy (EP). Although safe, this strategy leads to multiple consultations and significant organizational and economic burden. This paper aims to develop and preliminarily validate a simplified clinical algorithm to stratify the risk of EP in women presenting with PUL, in order to adapt follow-up frequency. METHODS:The prospective monocentric OPTIGLI study was conducted at Nantes University Hospital between May and September 2023. All women presenting with PUL were included after informed non-opposition. Fifteen clinical, biological, and ultrasound variables were analyzed using univariate and multivariate logistic regression. A composite predictive score was constructed from significant variables, and its positive predictive value (PPV) and negative predictive value (NPV) were calculated. Economic evaluation and patient satisfaction assessment were also performed. RESULTS:A total of 162 patients were included; the EP rate was 19.8%. Pregnancy occurring with a copper intrauterine device (IUD) was significantly associated with EP (p = 0.0089). The presence of a lateral uterine mass was associated with earlier EP diagnosis (p = 0.0169). The algorithm showed an NPV of 99.0% and a PPV of 22.0%, allowing reduced follow-up intensity in two-thirds of patients, with an estimated cost reduction of nearly euro10,000 over four months. CONCLUSION:The OPTIGLI algorithm is a simple and safe tool for rationalizing PUL management. Multicenter validation is required to confirm its robustness and potential integration into national clinical protocols.
Objectifs : La prise en charge des grossesses de localisation indéterminée (GLI) repose sur une surveillance rapprochée par dosages séquentiels de l’hCG et échographies répétées afin d’exclure une grossesse extra-utérine (GEU). Cette stratégie, bien que sécuritaire, génère une multiplication des consultations et un impact organisationnel et économique important.Cet article vise à élaborer et valider de manière préliminaire un algorithme clinique simplifié permettant de stratifier le risque de GEU chez les patientes présentant une GLI, afin d’adapter la fréquence du suivi.Méthodes : L’étude prospective monocentrique OPTIGLI a été conduite au CHU de Nantes entre mai et septembre 2023. Toutes les patientes consultant pour une GLI ont été incluses, sous réserve de leur non-opposition. Quinze variables cliniques, biologiques et échographiques ont été analysées par régression logistique univariée et multivariée. Un score composite prédictif a été construit à partir des variables significatives, et ses valeurs prédictives positive (VPP) et négative (VPN) ont été estimées. Une analyse médico-économique et une évaluation de la satisfaction ont complété l’étude.Résultats : Cent soixante-deux patientes ont été incluses ; le taux de GEU était de 19,8 %. La grossesse sur dispositif intra-utérin (DIU) était significativement associée à une GEU (p = 0,0089). La présence d’une masse latéro-utérine était corrélée à un diagnostic plus rapide (p = 0,0169). L’algorithme présentait une VPN de 99,0 % et une VPP de 22,0 %, permettant d’espacer le suivi de deux tiers des patientes, avec une économie estimée à près de 10 000 euro sur quatre mois.Conclusion : L’algorithme OPTIGLI constitue un outil simple et sécurisé pour rationaliser le suivi des GLI. Une validation multicentrique est nécessaire pour confirmer sa robustesse et son intégration dans les protocoles nationaux.
La mobilité et les positions verticales durant le travail font partie des soins intrapartum recommandés tant par l’Organisation mondiale de la santé (OMS, 2018) que par la Haute Autorité de santé (HAS, 2017) chez les parturientes à bas risque obstétrical, et plus récemment par les recommandations SFAR-CARO-HAS 2025 sur l’analgésie périmédullaire. Sur le plan physiologique, la verticalisation et les changements de posture optimisent la dynamique utérine par effet gravitationnel, améliorent la perfusion utéroplacentaire en évitant la compression aorto-cave et exploitent la mobilité pelvienne (nutation, contre-nutation, antéversion, rétroversion) qui modifie de plusieurs millimètres les diamètres des détroits supérieur et inférieur. Les revues systématiques Cochrane suggèrent qu’au premier stade du travail, les positions verticales et la déambulation raccourcissent la durée du travail sans effet délétère maternel ou néonatal, et réduisent le recours à l’analgésie péridurale, quoique avec un niveau de preuve modéré du fait de l’hétérogénéité méthodologique et du risque de biais des essais inclus. Au second stade, la position verticale réduit la durée d’expulsion chez les femmes sans péridurale, tandis que les données restent plus incertaines en présence d’une analgésie péridurale ; l’essai BUMPES et les méta-analyses récentes de Verastegui-Martín et Pan ne retrouvent pas de bénéfice clinique majeur de la verticalisation sous péridurale à faibles doses, sans effet délétère identifié. En France, selon l’Enquête nationale périnatale 2021, 82,7 % des femmes ont bénéficié d’une analgésie péridurale et 74,2 % d’une autoadministration de type PCEA. Malgré la convergence des recommandations, la mobilisation reste sous-utilisée. Les freins identifiés sont organisationnels, techniques (dont l’absence d’accompagnement « one-to-one » par les sages-femmes), culturels et liés aux préférences maternelles. La diffusion d’une culture de la mobilité suppose une formation pluriprofessionnelle, le déploiement de matériel adapté et une information précoce des femmes en anténatal.
Contexte L’hyperémèse gravidique (HG) demeure l’une des complications les plus invalidantes du premier trimestre, avec un risque de récidive élevé après un épisode antérieur, ce qui pèse lourdement sur le projet parental et la santé mentale des patientes. Des travaux récents placent GDF-15 au cœur de la physiopathologie de l’HG, suggérant qu’un niveau basal faible de GDF-15 pré-gestationnel peut favoriser une hypersensibilité à sa hausse brutale au 1er trimestre. L’hypothèse d’une désensibilisation préconceptionnelle ouvre une voie à la prévention de la récidive. Des données observationnelles indiquent que la metformine, qui augmente GDF-15, pourrait réduire le risque d’HG lorsqu’elle est utilisée avant la conception. Une cohorte observationnelle rapporte une tendance non significative à la baisse du risque d’HGG après exposition préconceptionnelle à la metformine (aOR ≈ 0,50 ; IC95 % 0,07–3,39) mais sans effet sur les nausées et vomissements de la grossesse (NVG). Les résultats sont limités par la faible puissance. En parallèle, une large enquête rétrospective rapporte une réduction substantielle et statistiquement significative du risque d’HG et de NVG sévère avec la metformine préconceptionnelle (aOR ≈ 0,29 pour une 1re grossesse ; aOR ≈ 0,18 pour une 2e grossesse après ajustement sur la récidive). Position Le rationnel mécanistique est convaincant et les signaux cliniques sont encourageants, mais aucun essai randomisé n’a encore démontré l’efficacité préventive de la metformine ; des travaux complémentaires sont nécessaires avant toute recommandation en pratique.
Objectifs Évaluer les résultats cliniques, biologiques et les modifications hémodynamiques utérines après la pose d’un système intra-utérin au lévonorgestrel (SIU-LNG) chez des femmes atteintes d’adénomyose symptomatique associée à des saignements menstruels abondants. Méthodes Cette étude prospective observationnelle a inclus des femmes préménopausées âgées de≥30 ans présentant une adénomyose diagnostiquée par échographie transvaginale selon des critères échographiques reconnus compatibles avec les descripteurs ultérieurement formalisés dans le consensus MUSA révisé. Les pertes menstruelles évaluées par le Pictorial Blood Loss Assessment Chart (PBAC), la douleur évaluée par échelle visuelle analogique (EVA), les paramètres hématologiques, le volume utérin ainsi que les indices Doppler des artères utérines — indice de résistance (IR) et indice de pulsatilité (IP) — ont été évalués avant la pose du SIU-LNG et après 12 mois de suivi. Les comparaisons avant/après traitement ont été réalisées à l’aide de tests statistiques appariés. Résultats Soixante-cinq patientes ont complété le suivi à 12 mois. Les scores PBAC ont significativement diminué (169,6±49,6 vs 42,4±20,6 ; p<0,001) de même que les scores EVA (4,2±1,8 vs 2,4±0,8 ; p<0,001). Les taux d’hémoglobine et d’hématocrite ont augmenté significativement (p<0,001). Une réduction significative du volume utérin a été observée (161,3±33,5mL vs 123,0±28,0mL ; p<0,001). Les valeurs d’IP des artères utérines n’ont pas été modifiées de manière significative, tandis que les valeurs d’IR ont augmenté significativement des deux côtés (p<0,001). Aucune corrélation significative n’a été observée entre les variations de l’IR, la diminution du score PBAC et la réduction du volume utérin. Une aménorrhée a été observée chez 21,5 % des patientes à 12 mois. Aucun cas de maladie inflammatoire pelvienne ni de formation de kyste ovarien n’a été rapporté. Conclusions Chez les femmes atteintes d’adénomyose symptomatique, le SIU-LNG est associé à une amélioration clinique et hématologique significative ainsi qu’à une réduction du volume utérin à 12 mois. L’augmentation observée de l’indice de résistance des artères utérines suggère que des modifications hémodynamiques pourraient participer à la réduction des saignements, en complément de la suppression endométriale, bien que cette relation demeure exploratoire. Le SIU-LNG apparaît ainsi comme une option thérapeutique efficace, bien tolérée et conservatrice de l’utérus dans la prise en charge de l’adénomyose symptomatique.
Objectif Les revues systématiques sont des piliers de la médecine fondée sur les preuves, mais leur réalisation est chronophage et sujette aux erreurs. Les grands modèles de langage (Large Language Models, LLM), tels que ChatGPT ou Claude, offrent de nouvelles perspectives d’automatisation partielle de ces processus. Cet article présente une synthèse critique des usages actuels des LLM dans les différentes étapes des revues systématiques et méta-analyses en santé. Méthodes Revue narrative menée à partir d’une recherche bibliographique dans PubMed et Scopus (2019–2025), incluant les études empiriques, revues de portée, preprints et documents techniques abordant l’intégration des LLM dans une ou plusieurs étapes du processus de revue systématique. Résultats Les LLM peuvent assister la génération de questions de recherche, la formulation des stratégies bibliographiques, le tri des références, l’extraction des données, la production de scripts de méta-analyse et la rédaction des synthèses. Les performances rapportées sont souvent élevées, notamment pour la sélection des articles et l’extraction de données quantitatives, avec des sensibilités atteignant 95–98 %. Toutefois, des limites importantes subsistent : hallucinations, biais, erreurs d’interprétation, et variabilité selon les modèles. De plus, l’évaluation indépendante reste rare. Conclusion Les LLM montrent un potentiel prometteur pour accélérer certaines étapes des revues systématiques, à condition d’un encadrement méthodologique rigoureux. Une approche semi-automatisée, combinant les forces de l’IA et l’expertise humaine, apparaît aujourd’hui comme la plus sûre. L’optimisation des prompts, la validation des résultats et la transparence sur l’usage de ces outils sont indispensables pour garantir la qualité des synthèses produites.
OBJECTIVE:The aim of this study is to evaluate the impact of outpatient management on the transfusion rate of blood products for post-mastectomy hematoma since the implementation of the Nursing Support and Post Ambulatory Follow-up Device at Home (DIASPAD). METHOD:This is a retrospective monocentric observational study carried out January 1, 2011 and December 31, 2022, at the Henri Becquerel Center. It covers all adult women undergoing total mastectomy with or without associated axillary surgery, without breast reconstruction, who developed a hematoma requiring drainage within 30 days of the initial surgery. The study assesses the use of blood products during hematoma management and compares their use according to two distinct hospitalization modes: conventional hospitalization versus outpatient hospitalization. RESULTS:During the study period, 80 patients required revision surgery for post-mastectomy hematoma. Twenty-eight of them received a transfusion, i.e. 35%; with no significant difference between the two hospitalization groups: 37.1% in the outpatient group and 33.3% in the conventional group (P=0.72). CONCLUSION:Performing mastectomies on an outpatient basis does not appear to have an impact on the utilization rate of blood products when complicated by hematoma.
Objectif L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact de la prise en charge en ambulatoire sur le taux de transfusion en produits sanguins labiles pour hématome post-mastectomie depuis la mise en place du dispositif infirmier d’accompagnement et de suivi post-ambulatoire à domicile (DIASPAD). Méthode Il s’agit d’une étude observationnelle, monocentrique, rétrospective réalisée entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2022, au Centre Henri Becquerel. Elle s’intéresse à toutes les femmes majeures prises en charge pour une mastectomie totale avec ou sans geste axillaire associé, sans geste de reconstruction mammaire, ayant présenté un hématome drainé au bloc opératoire dans les 30j suivant la chirurgie initiale. Elle évalue le recours à l’utilisation des produits sanguins labiles au cours de la prise en charge de l’hématome et compare leur utilisation selon deux modes d’hospitalisation distincts : hospitalisation conventionnelle versus hospitalisation ambulatoire. Résultats Sur la période de l’étude, 80 patientes ont nécessité une reprise chirurgicale pour hématome post-mastectomie. Vingt-huit d’entre elles ont reçu une transfusion, soit 35 % ; sans différence significative entre les deux groupes d’hospitalisation : 37,1 % dans le groupe ambulatoire, et 33,3 % dans le groupe conventionnel (p=0,72). Conclusion La réalisation des mastectomies en ambulatoire ne semble pas avoir d’impact sur le taux de transfusion en produits sanguins labiles lorsque celles-ci se compliquent d’un hématome.