
Cet article examine comment les économistes libéraux français ont abordé la question de l’amélioration du sort des ouvriers entre 1870 et 1914. En s’appuyant sur les contributions d’auteurs ayant participé aux débats de la Société d’économie politique et ayant publié dans le Journal des économistes , il met en lumière la diversité des positions en présence, remettant ainsi en cause l’idée d’un libéralisme homogène. Alors que certains, comme Guyot ou Passy, rejettent toute intervention, une première série d’économistes, représentée par Molinari ou Royer, propose d’améliorer le fonctionnement du marché du travail en facilitant la circulation de l’information et la mobilité des ouvriers. Une seconde série, illustrée par les développements de Colson et Cheysson, admet une intervention de l’État limitée, notamment sous la forme d’une assistance accordée aux plus démunis en échange d’un travail et de la mise en place d’un système d’assurances sociales.
Ce papier vise à étudier si la théorie du revenu de base inconditionnel (RBI) de Van Parijs répond à la critique portant sur l’absence de responsabilité individuelle des bénéficiaires. Pour cela, nous considérons tout à la fois la théorie du RBI d’une part, les expériences de terrain d’autre part. Les résultats théoriques et empiriques suggèrent que le RBI ne conduit pas nécessairement à une baisse de l’offre de travail, mais l’absence de proposition de financement pérenne suffisamment détaillée limite leur portée. Ainsi, tant l’argumentaire théorique de Van Parijs que les résultats d’expérimentations sont de ce fait aisément contestables.
Cet article explore la critique de la morale économique du thrift par Jack London à travers deux de ses oeuvres Le Peuple d’en bas et Martin Eden . En croisant ses perspectives avec celles de Marshall et de Pigou, l’étude montre les effets destructeurs du thrift pour la classe ouvrière. Bien que présenté comme un vecteur d’ascension sociale, le thrift renforce souvent les inégalités et contribue au malheur des agents économiques. Cette analyse enrichit les débats sur l’histoire de la pensée économique et l’économie morale.
L’objet de cet article est de réaliser étude réflexive et rétrospective pour identifier les racines théoriques de la théorie monétaire de Jean Cartelier. En partant des travaux des auteurs qui représentent l’analyse monétaire et que Cartelier cite le plus souvent (Steuart, Keynes et Schumpeter), nous montrons dans quelle mesure Cartelier s’en inspire ou s’en éloigne. En partant des trois hypothèses fondamentales de l’analyse monétaire (unité de compte, raisonnement en déséquilibre et endogénéité de l’offre de monnaie), nous pourrons voir quel est le degré d’homogénéité et de cohérence de l’analyse monétaire ou nominale. Nous verrons que la convergence entre les travaux de Cartelier et ceux des trois auteurs précités est très forte en ce qui concerne la monnaie endogène et l’analyse de l’économie en déséquilibre. Le point sur lequel Cartelier se démarque le plus nettement concerne les implications logiques du postulat de l’unité de compte.