
Cet article analyse les pratiques de désignation au sein de la coopérative Plateau Urbain, dédiée à l’occupation temporaire de bâtiments vacants pour des activités solidaires. Née en association puis structurée en S cic en 2017, elle vise une gouvernance partagée impliquant salarié·es, partenaires et occupant·es. Focus sur une année de développement d’une gouvernance « démocratique » et inclusive, et les quatre phases d’expérimentation de ce tirage au sort.
Prenant appui sur une étude au sein de plusieurs S cop et S cic , nous proposons une lecture des pratiques de contrôle à l’aune du principe coopératif de démocratie. Pour cela, l’étude mobilise une approche par le « package de contrôle » (Malmi et Brown, 2008) qui donne à voir comment les contrôles s’articulent pour rendre effective la stratégie de l’organisation. Les résultats suggèrent que la démocratie, pour être effective, doit s’appuyer sur des pratiques de contrôle à forte valence démocratique. L’étude insiste également sur le rôle majeur des mécanismes informels et met en lumière le rôle de la formalisation des pratiques ainsi que l’ambiguïté autour de celle-ci.
Les instances de représentation des travailleurs en entreprise en Allemagne et en France n’ont pas apporté la preuve qu’ils constituaient des contre-pouvoirs à l’autorité patronale. En France, les principales organisations syndicales, élargies et défaites de leurs moyens, oscillent entre contrôle et codécision. Pour promouvoir une nouvelle forme de démocratie au travail, il est suggéré de créer de nouvelles instances délibératives inter-firmes sur un périmètre donné associant les représentants des salariés et les parties prenantes concernées dans la perspective de développer la soutenabilité des activités économiques.
Cet article étudie les pratiques et représentations contemporaines de l’autogestion à partir de l’implication des auteur·es, à la fois chercheur·es et participant·es d’un collectif. Il met en évidence un fort pluralisme, un renouvellement des finalités et des difficultés de mise en œuvre, parfois perçues comme des compromis avec les valeurs. Ce flou complique le positionnement face aux modèles classiques. En s’appuyant sur J. Dewey, l’article souligne une caractéristique commune : une réflexivité continue.
Les préoccupations croissantes pour la démocratie au travail s’accompagnent d’un regain d’intérêt pour la gestion participative. Sa contribution est toutefois ambivalente : si elle peut constituer un pilier d’une transition démocratique, elle tend aussi à reconfigurer la subordination et à pérenniser le capitalisme. Dans cet article, nous argumentons que la gestion participative peut contribuer à la démocratie au travail non pas comme mécanisme de démocratisation mais comme dispositif formateur susceptible de développer des facteurs de conversion de la capabilité à la participation démocratique. Nous appuyons cette proposition sur une étude de cas ethnographique réalisée dans un magasin de l’entreprise Decathlon en Belgique.
Cet article poursuit trois objectifs : (a) décrire brièvement la théorie de l’entreprise démocratique, (b) présenter les problèmes pratiques rencontrés dans de nombreuses structures juridiques visant à mettre en place une entreprise détenue par ses salariés, principalement les plans d’actionnariat salarié ( Employee Stock Ownership Plans , ESOP) aux États-Unis et les fiducies d’actionnariat salarié ( Employee Ownership Trusts , EOT) au Royaume-Uni et (c) présenter le modèle Coop-ESOP qui tente de résoudre ces problèmes structurels de manière pratique et applicable.
Analysant les liens entre participation des travailleurs et transition écologique en Belgique, cet article présente les résultats de deux études de cas de coopératives, dont l’activité principale (écoconstruction et cyclo-logistique) est explicitement alignée sur des objectifs environnementaux. En examinant les configurations spécifiques de participation de travailleurs aux décisions au sein des coopératives et leur rôle dans les contributions écologiques développées par celles-ci, l’article vise à contribuer à la compréhension du potentiel écologique de la démocratisation du travail et des entreprises.
Cette enquête immersive, menée dans le réseau Cuma, s’intéresse à l’organisation du repérage d’innovations de terrain pour soutenir des transformations de l’agriculture. Les pratiques de repérage étudiées apparaissent plurielles, implicites et partiellement coordonnées à l’échelle du réseau fédératif. Les résultats ouvrent des pistes de réflexion pour la professionnalisation et l’organisation du repérage d’innovations, dans un contexte de mise à l’agenda stratégique de cette activité dans différents réseaux de développement agricole en France.
Cet article examine la gouvernance du réseau fédératif des coopératives d’utilisation de matériel agricole (Cuma). Notre analyse qualitative montre que ce réseau exemplifie deux propriétés essentielles du polycentrisme : une coordination réalisée sans recours à la hiérarchie et une morphologie s’adaptant aux évolutions de l’environnement institutionnel. En conservant un équilibre complexe entre autonomie et mutualisation, le réseau produit des effets bénéfiques pour les membres des Cuma et réduit les externalités environnementales négatives.
Le modèle coopératif des Cuma est un modèle qui atteste, depuis plus de vingt ans, grâce à des expérimentations éprouvées, sa capacité à répondre aux enjeux d’alimentation et de développement durable dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne.
Plus de 10000 coopératives d’utilisation de matériel agricole permettent aux exploitations agricoles françaises de partager des équipements et du travail depuis quatre-vingts ans. Caractérisées par leur petite taille, ces coopératives forment le plus grand réseau de groupes d’agriculteurs, pourtant discret au niveau institutionnel. Comment expliquer cette singularité coopérative ? Cet article montre le rôle de la structuration d’un réseau fédératif spécifique ainsi que la diversité des motivations à recourir aux Cuma, faisant coexister une hétérogénéité d’adhérents en mettant sous silence les différences internes.
Cet article s’intéresse aux bénéfices environnementaux des Cuma (coopératives d’utilisation de matériel agricole). Nous conceptualisons les Cuma comme des communs artéfactuels et nous apportons les preuves empiriques de leur comportement agroécologiques. Nous montrons tout d’abord comment le capital social au sein d’une Cuma conditionne son investissement dans des actifs agroécologiques, puis comment la densité et des actions des membres de Cuma réduisent l’utilisation des pesticides au niveau territorial.